Cours d'Histoire cet après-midi. Nous étudions Napoléon.
La classe est intéressée, mais assez survoltée. Toto et Gégé font la danse de la réponse, à demi-levés. C'est à qui participera le plus. Sélim et Bouille-à-bisous (des joues comme des pommes, regard coquin, un rêve de petit galopin) se pincent à tour de rôle, cachés derrière Julie-qui-n'aime-plus-Pierrot et Miss Baobab-dans-la-main. Mais ils ne ratent pas un mot de la leçon, et s'agrippent l'un à l'autre pour s'empêcher mutuellement de répondre. Vitamine est en équilibre instable sur un pied de sa chaise, et Nounours essaie de faire se reproduire ensemble deux de ses stylos Frixion préférés. Il est encore dans la leçon de sciences de jeudi dernier. La faute au changement d'heure, sans doute.
J'ai imprimé en belles couleurs des reproductions de deux des tableaux de sacre de Napoléon, à comparer à celui de Louis XIV peint par Hyacinthe Rigaud. (Orthographié pendant l'évaluation par ma petite Vitamine, j'avais oublié de vous le raconter, "Yacinq Rideaux". Avec le "x", ben tiens.
)
Bref, nous avons retrouvé les symboles royaux, le manteau de velours doublé d'hermine, noté le changement de couleur. Mais mes reproductions ne sont pas assez grandes pour distinguer les abeilles brodées sur le manteau rouge en lieu et place des fleurs de lys sur le manteau bleu. Je fais donc la maîtresse sérieuse:
"Les enfants, regardez bien le manteau de Napoléon. Ce ne sont plus des fleurs de lys qui y sont brodées. Il a choisi un insecte, représentant le travail et la bonne entente (si je parle de "concorde", Sélim va me demander s'il y avait déjà les avions à cette époque). A votre avis, quel est cet insecte?"
- Un scorpion! lance Adam, péremptoire.
- Une mante religieuse!
- Une araignée!
- Un scarabée!" lance Sélim, qui a de la culture et se rappelle la campagne d'Egypte.
Des réponses fusent de partout, pas toujours avec la main levée. La classe s'excite et le brouhaha monte, quand une toute petite voix tranquille ressort étonnament claire au milieu du chahut:
"Une fourmi rouge..."
La seconde de silence ahuri qui a suivi a explosé en un éclat de rire général, tandis que Nounours, relevant la tête de ses stylos imbriqués, continuait placidement:
"Ben quoi, c'est travailleur, une fourmi rouge..."
Comment vais-je faire sans Nounours, l'an prochain?
J'ai imprimé en belles couleurs des reproductions de deux des tableaux de sacre de Napoléon, à comparer à celui de Louis XIV peint par Hyacinthe Rigaud. (Orthographié pendant l'évaluation par ma petite Vitamine, j'avais oublié de vous le raconter, "Yacinq Rideaux". Avec le "x", ben tiens.
Bref, nous avons retrouvé les symboles royaux, le manteau de velours doublé d'hermine, noté le changement de couleur. Mais mes reproductions ne sont pas assez grandes pour distinguer les abeilles brodées sur le manteau rouge en lieu et place des fleurs de lys sur le manteau bleu. Je fais donc la maîtresse sérieuse:
"Les enfants, regardez bien le manteau de Napoléon. Ce ne sont plus des fleurs de lys qui y sont brodées. Il a choisi un insecte, représentant le travail et la bonne entente (si je parle de "concorde", Sélim va me demander s'il y avait déjà les avions à cette époque). A votre avis, quel est cet insecte?"
- Un scorpion! lance Adam, péremptoire.
- Une mante religieuse!
- Une araignée!
- Un scarabée!" lance Sélim, qui a de la culture et se rappelle la campagne d'Egypte.
Des réponses fusent de partout, pas toujours avec la main levée. La classe s'excite et le brouhaha monte, quand une toute petite voix tranquille ressort étonnament claire au milieu du chahut:
"Une fourmi rouge..."
La seconde de silence ahuri qui a suivi a explosé en un éclat de rire général, tandis que Nounours, relevant la tête de ses stylos imbriqués, continuait placidement:
"Ben quoi, c'est travailleur, une fourmi rouge..."
Comment vais-je faire sans Nounours, l'an prochain?













