aureliann, le 10/12/2007, 19:42, dit :
Entièrement d'accord avec ton analyse de notre tâche JBB.
Pour ma part, je suis en adapt sur 2 groupes scolaires de Marseille et à l'issue de ce premier trimestre, force est de constater que je n'ai pas eu l'efficacité que j'espérais malgré mon souci d'individualisation de l'enseignement..
J'ai géré 75 gamins par groupes de 2 à 6 à raison de 6 groupes par jour et d'une intervention pour chacun d'entre eux de 45 minutes deux fois par semaine... Et les résultats ne se sont réellement manifestés que sur certains élèves qui avaient davantage besoin de prendre confiance en eux que de pallier des difficultés scolaires non gérables par leur enseignant.
Nous avons donc décidé de changer notre fusil d'épaule avec le RASED pour la rentrée : Au risque de faire hurler les maitres E titulaires du titre, je vais intervenir chaque matin dans les classes au cours des séances de l'enseignant afin d'aider les enfants en difficulté et je les reprendrai en classe d'adapt l'après midi pour revoir avec eux les notions ayant posé des difficultés le matin en classe.... Je cible du coup le cycle 2....
A voir au niveau des résultats...
Merci de ta réponse, Auréliann.
J'ai un fonctionnement complètement différent, puisque je reçois ceux "qui ont (ou pour qui on a) déjà tout essayé " sur l'agglomération chambérienne, 10 élèves de deux à trois ans de retard par rapport à la classe d'âge, 9,10,12ans. Je "recycle" 20 à 30% en CM1 ou CM2 et je peux garder les autres 2 à 3 ans, seulement s'ils sont assez solides pour "encaisser" le grand groupe, aborder un autre rythme de travail, et des connaissances de bases très solides. J'arrive à intégrer partiellement certains élèves, certaines années... Le but de la manoeuvre, c'est d'arrêter "le vernissage intellectuel" en ne passant pas sur des notions peu ou mal intégrées, plus d'empilement branlant de connaissances... J'individualise au maximum, avec moult fiches papier (merci Word), logiciels (six ordis en fond de classe). Les arrivants passent un temps important à réapprendre à faire quelque chose, à s'organiser, à se remettre au boulot. Inutile de dire que leur difficulté scolaire n'est que le révélateur d'un imbroglio dans leur tête, pour des raisons X,Y ouZ. Pour exemple je suis resté sur la numération
jusqu'à présent avec certains, mais cela m'a permis d'aller plus vite sur + et -... Bien d'accord aussi pour dire que le problème n'est pas strictement résolvable par l'Ecole (l'institution) et que la pédagogie a aussi ses limites... Donc, pour un travail comme tu le fais (tu ne dois pas chômer) , il faut que ta "clientèle" soit "triée" et que les élèves soient "sur le fil du rasoir" et pas au fond du trou (comme les miens lorsqu'ils arrivent). Dans notre secteur
artisanal, ne cédons pas au devoir de résultat car remettre les gens à niveau en un temps record nous obligerait peut-être à monter une "école privée" (c'est une vanne!). Si au moins "ils " viennent à l'école avec le sourire et qu'ils en savent un peu plus en travaillant avec nous, on aura restauré leur estime de soi (terminologie à la mode; je préfère dire "cure de remise en forme), on aura gagné en en sauvant quelques-uns, en s'occupant d'eux, même si nous ne devons pas nous considérer comme des "rédempteurs". Pour ma part, au risque de heurter certains, je pense qu'il n'est vraiment pas sûr qu'en laissant des gens dormir ou simplement dépassé au fond d'une classe on améliore leurs performances, mais les mots intégration, stigmatisation des élèves de classes dites fermées sont passées par là.... Quand à l'individualisation du travail avec 25 ou 30 clients, on peut essayer ...avec un peu de bouteille dans le métier et d'envie.
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