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tangi75

Contructivisme, de quoi parle-t-on ?

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Betba

Moi j'ai un lecteur Blue Ray mais je crois que là n'est pas vraiment le sujet de ce topic :angel_not: Oui, parce que j'ai tout lu :albert:

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Sapotille

Moi j'ai un lecteur Blue Ray mais je crois que là n'est pas vraiment le sujet de ce topic :angel_not: Oui, parce que j'ai tout lu :albert:

Alors là Betba, tu es "mon homme"..... enfin, celle que je cherche ....

Et l'odeur de la lavande et la musique des cigales, quand on est loin de la France, ça a un goût particulier...

Tu me donnes ton adresse e-mail en MP?

J'ai une doute, si ton lecteur est américain, je crois que ce n'est pas compatible !!! :cry:

Ai-je raison ?

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loodie

Bonjour à toutes et à tous,

Ma question porte donc sur la pédagogie constructiviste: qu'est-ce précisément et comment est-elle mise en œuvre à l'école ?

Avant de développer cette question je tiens à préciser quelques points :

- Je ne cherche pas à polémiquer sur les méthodes de lecture ou de math d'hier ou d'aujourd'hui, à militer pour le savoir, le maître ou l'élève au centre du système

- Je souhaite juste accompagner ma fille dans ses apprentissages en bonne harmonie avec la progression suivie au sein de l'école.

Un texte de Philippe Perrenoud, "Le constructivisme n'est ni un dogme, ni une mode" (http://www.alter-education.org/version_noire/constructivisme.htm) décrit à mon sens parfaitement le concept et les enjeux. Mon problème est que ce que j'observe des méthodes en vigueur qui se revendiquent constructivistes répond assez mal à cette définition. Les adversaires de ce courant majoritaire utilisent quant à eux ce terme comme un anathème. Des affrontements virulents font régulièrement les gros titres mais si je regarde de près la ligne de front annoncée par les deux camps, la frontière constructivisme-transmission me semble quasi-déserte. Peu de constructivisme effectivement constaté et aucun parent ou association pour en réclamer plus.

Commençons par un domaine où la définition du constructivisme semble consensuelle, les sciences. Une approche (socio-)constructiviste comme la Main à la Pâte est pour tout scientifique évidemment plus alignée avec la nature réelle de la science qu'une pure transmission traditionnelle qui sert en pratique plus à sélectionner (reproduire) une élite (masculine) qu'à développer un esprit scientifique. Pourtant malgré la position institutionnelle forte des "constructivistes" dans l'EN, l'enseignement scientifique reste très largement de la simple transmission. Est-ce du à la culture majoritairement littéraire des enseignants du primaire ou à une question d'emploi du temps (vraie complexité de préparation) ? Il est clair qu'on ne peut pas prendre le temps de faire tout découvrir par l'expérience et qu'une transmission théorique plus large est incontournable pour espérer "se hisser sur les épaules des géants". Sur la partie expérimentale j'ai déjà de quoi occuper mes week-ends.

Passons aux maths. Les programmes de géométrie se sont fortement réduits au cours des dernières décennies. Au CP par exemple, certains manuels ne vont guère au delà du tracé à la règle le plus basique et du coloriage de figures. L'abandon de la transmission est net mais on me semble loin d'un progrès par la voie du constructivisme. Outre son utilité pratique au quotidien et son importance dans l'histoire des sciences, la géométrie est pourtant un formidable support au développement des capacités de résolution de problèmes, tant abstraits que concrets.

Côté arithmétique, la numération semble aujourd'hui beaucoup plus séduisante que par le passé (enseignement à l'ancienne ou maths modernes) mais relativement déconnectée des opérations arithmétiques, abordées tardivement, et nettement de la résolution de problèmes. Curieux d'un point de vue constructiviste quand on se souvient que le nombre et l'opération sont indissociables dans l'histoire des mathématiques depuis le Néolithique.

Ayant récemment découvert par hasard les réglettes Cuisenaire dans une brocante, j'essaie par cet outil de relier ces notions pour consolider le tout. Exclusivement par le jeu à la maison, les journées sont assez longues comme ça, en utilisant par exemple ces réglettes comme des cartes d'un jeu de bataille pour intégrer les grandeurs dans un premier temps, le décompte des points se faisant via des "tapis" aux règles d'élaboration de plus en plus complexes. C'est redoutablement efficace et plaisant pour l'enfant (taille de mon échantillon : 1) qui fait facilement le lien avec le calcul tel que pratiqué à l'école. Il apprend - en complément - à calculer sur des valeurs ordinales palpables (les réglettes) sans passer systématiquement par l'équivalence cardinale (les jetons). Les égalités sont également très visuelles et les jeux auto-correcteurs. Du constructivisme soixantenaire ! Mon beau-père instit du même âge n'en revient pas de ne jamais en avoir entendu parler. Les réglettes victimes des maths modernes ?

J'ai gardé pour la fin la matière la plus chaude, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, qui alimente une foire d'empoigne récurrente digne des Médecins de Molière.

A ce stade, j'espère que l'on ne me soupçonnera pas d'anti-constructivisme primaire. J'étais pourtant (ou de ce fait) méfiant depuis la lecture des programmes de CP ("reconnaitre" les mots, ...) et encore plus à la découverte du manuel de ma fille. Rapidement elle est rentrée en connaissant systématiquement les textes par cœur (elle "lisait" en détournant la tête des textes récités inlassablement dans la journée) et surtout en ayant développée l'habitude de deviner les mots en fonction du contexte, sans souci de plausibilité. Le manuel entier est structuré dans ce sens : traitement minimaliste et annexe de la correspondance graphème/phonème, un son par semaine, nettement insuffisant pour un apprentissage rapide du déchiffrage. En quoi cette mémorisation globale et cet entraînement à la devinette et à l'approximation sont-ils constructivistes ? Ai-je tort de trouver ça profondément pervers ?

J'ai du mal à percevoir d'un point de vue conceptuel l'intérêt de la toujours forte composante globale des méthodes actuelles, au delà de l'acquisition d'une poignée de mots-outils. Encore plus de mal à trouver un socle expérimental et des évaluations qui la justifient. Ce qui ne fait pas de moi pour autant un partisan du B-A-BA. Pour m'expliquer, je vais invoquer l'IUFM via les arguments d'Evelyne Charmeux et d'André Ouzoulias. La première considère qu'il faut que les enfants apprennent en appliquant directement les techniques utilisées par les lecteurs habiles, soit ne pas "apprendre à nager sur un tabouret" selon son expression. Dans la même logique, ne faudrait-il pas interdire le quatre-pattes aux bébés ? Elle justifie également l'approche globale par la non-existence des syllabes en français écrit. Certes la Terre n'est pas plate non plus mais cela n'enlève rien à l'utilité des cartes. Un raisonnement bancal ne suffit toutefois pas à invalider une proposition. Le problème est que je n'arrive pas à trouver de données qui validerait son credo : "En fait, le déchiffrage, c'est une certaine manière de se servir de la combinatoire, manière peu efficace puisqu'elle intervient avant la compréhension, et puisqu'elle s'effectue de façon mécanique, et linéaire. Il semble aujourd'hui acquis que le déchiffrage soit à déconseiller, dans la mesure où il apparaît bien comme une gêne à la compréhension.". Au contraire, les données que je trouve (exm: Pratiques pédagogiques et apprentissage de la lecture, Liliane Sprenger-Charolles et Pascale Colé, http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2243) montrent l'inverse. Je suis preneur de sources contradictoires.

Au final, de tout ce que j'ai pu lire sur le sujet, c'est sans doute le texte "La lecture et son apprentissage" d'André Ouzoulias (http://freinet.org/ne/113/recherche113-pdf.pdf et http://www.freinet.org/ne/114/recherche114-pdf.pdf) qui m'a semblé le plus solidement étayé mais là on s'éloigne sensiblement de Charmeux. Un concept de dictionnaire mental explicite remplace les automatismes habituellement décrits. Ce qui change tout. Un automatisme se construit par une pratique régulière de la compétence qu'on souhaite renforcer (lecture habile). Ce dictionnaire mental introduit un niveau d'indirection. Nul besoin de le construire comme on va l'utiliser, surtout au début. D'où l'intérêt d'utiliser pour le construire des unités à faible coût mnésique même si on ne les utilisera plus ensuite une fois devenu lecteur habile (lecture globale). Quelles unités de construction pour ce dictionnaire donc ? Les phonèmes/graphèmes ? Trop abstraits surtout en français, langue très irrégulière. Les mots ? Pour les mots-outils peut-être, au-delà on revient au global... Les syllabes ? Pourquoi pas, même si elles n'existent pas ? Après tout, comme le quatre-pattes, c'est temporaire.

J'ai donc adopté un jeu de syllabes mobiles, le Syllamots, pour introduire progressivement les syllabes, leur composition en mots et leur décomposition en phonèmes et graphèmes. J'aide à reconnaitre les mots-outils à l'intérieur des syllabes (il, elle, le, la, et, ...), je souligne les analogies (chapeau, chameau, ...), etc. Là encore, c'est redoutablement efficace et plaisant pour l'enfant qui *construit* lui-même son dictionnaire mental via son propre déchiffrage (assisté), sans ânonnement ni mémorisation globale.

Au final, j'ai l'impression de passer beaucoup de temps à ajouter des louchées de constructivisme (à la sauce ludique) pour justement compenser ce que je pense être des faiblesses importantes dans des approches qui se veulent pourtant constructivistes. Les seules critiques que l'on entend viennent des nostalgiques du B.A.BA qui reprochent justement ce constructiviste pourtant difficilement décelable. Quelqu'un marche sur la tête. Est-ce moi ? Reste un élément factuel, le rapport PISA dont le prochain est déjà précédé de rumeurs très négatives concernant le positionnement français.

Je vous remercie par avance de m'aider en pointant mes erreurs de perception ou en confirmant que cette pédagogie constructiviste l'est finalement bien peu.

trop de programmes/pas de temps

trop d'élèves/pas de sous

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loodie

trop de programmes/pas de temps

trop d'élèves/pas de sous

D'où la nécessité d'aller à l'essentiel...

ok avec toi

j'aimerais pas avoir cette maman comme parents d'élèves, vous imaginez on vous sort tout ce blalbla sur le constructivisme à 18h, à moins que cette maman soit instit, si c'est pas le cas, faut qu'elle le devienne (une fois qu'on est de l'autre côté, les belles théories s'envolent ou sont révisées: programme minceur, sinon, indigestion...)

le constructivisme en science, ohlà là, moi je veux bien, s'il ne faut pas aller chercher le matériel de sciences à l'autre bout du département le soir après l'aide perso!!!

j'ai vu dans un autre post l'idée de la pointeuse pour que les gens se rendent compte des heures de boulot que l'on fournit, je dis pour, pour et re pour!!!! on devrait demander ça aux syndicats!!! travail qui se voit, travail payé, travail chez soi, travail nié!!!

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Guest mufab
j'aimerais pas avoir cette maman comme parents d'élèves, vous imaginez on vous sort tout ce blalbla sur le constructivisme à 18h

Tangi75, si je ne m'abuse, est un papa...

Et puis je pense que s'il a posté ici, c'est justement pour qu'on lui réponde si l'on en a envie.

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tangi75

ok avec toi

j'aimerais pas avoir cette maman comme parents d'élèves, vous imaginez on vous sort tout ce blalbla sur le constructivisme à 18h, à moins que cette maman soit instit, si c'est pas le cas, faut qu'elle le devienne (une fois qu'on est de l'autre côté, les belles théories s'envolent ou sont révisées: programme minceur, sinon, indigestion...)

le constructivisme en science, ohlà là, moi je veux bien, s'il ne faut pas aller chercher le matériel de sciences à l'autre bout du département le soir après l'aide perso!!!

j'ai vu dans un autre post l'idée de la pointeuse pour que les gens se rendent compte des heures de boulot que l'on fournit, je dis pour, pour et re pour!!!! on devrait demander ça aux syndicats!!! travail qui se voit, travail payé, travail chez soi, travail nié!!!

Heu, c'est pas une maman, c'est un papa, et je crois qu'il n'y avait pas d'autre intention que de discuter dans un lieu "fait pour", pas du tout l'idée de réclamer quoi que ce soit !

Bonjour Loodie,

Rikki et Mufab ont tout bon : je n'embête pas l'instit de ma fille avec mes questions générales. Pas non plus de négation du travail des enseignants dans ce fil de discussion qui s'est déroulé dans la bonne humeur.

Il a atteint maintenant une taille critique et peu de gens vont prendre le temps de tout lire avant de répondre. Donc, même si j'apprécie beaucoup de voir Mufab et Rikki voler à ma rescousse :wub:, je propose de clore ce sujet.

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