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sophsoph

Gérer la séparation de fin d'année

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sophsoph

Bonsoir,

C'est la deuxième année où je vais devoir, en juillet, quitter des élèves que j'ai eu trois ans dans ma classe. Et cette année, je sens que la séparation va être difficile. Je n'ai que 4 CM2 et ils sont vraiment sympas, serviables, gentils entre eux et avec moi. Je trouve qu'en trois ans, ils ont vraiment bien évolué, sont sérieux dans leur travail et ça y est, ils sont prêts pour le collège... Sauf qu'ils n'ont pas très envie d'y aller car ils n'ont pas très envie de partir de notre toute petite école.

De mon côté, je me suis vraiment attachée à eux, ils m'ont confié beaucoup de choses personnelles et j'ai parfois eu cette impression d'être une deuxième maman pour eux. Je sais que les deux filles mijotent une surprise (chantante, j'ai peur!) et n'arrêtent pas de me dire que ça va être dur la fin d'année, etc... Je sais que j'en reverrai trois d'entre eux car les petites soeurs/petits frères sont encore dans l'école. Mais pour l'un, ce sera fini, c'est le petit dernier. Il n'arrête pas dire à sa mère que je vais lui manquer, qu'il redoute de partir au collège. De mon côté, je suis très attachée à lui, et une certaine complicité est née entre nous, sans qu'il ne dépasse jamais aucune limite. Je commence à redouter moi aussi le moment où je devrai lui dire au-revoir, ce moment où on passe du "très intense" à "plus rien". C'est le genre de gamin dont j'ai envie d'avoir de vraies nouvelles, pour savoir si ça se passe bien au collège ensuite, savoir s'il est bien dans ses baskets, etc...

Est-ce que ça vous est déjà arrivé? Comment avez-vous géré la transition, émotionnellement parlant?

 

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Miss Philoména

J'ai eu un élève, à mes débuts, très dur en classe, inconsolable le dernier jour, qui m'a écrit pendant l'été...et j'ai répondu une fois pour lui dire que grandir, c'était aussi savoir se dire au revoir...Je suis partie à chaque fin d'année en laissant mon mail, en disant que s'il voulait, ils pouvaient donner des nouvelles. Certains l'ont fait...Ensuite, je crois qu'on prépare peut-être plus cela pendant les 3 années ...

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sophsoph
il y a 10 minutes, Miss Philoména a dit :

J'ai eu un élève, à mes débuts, très dur en classe, inconsolable le dernier jour, qui m'a écrit pendant l'été...et j'ai répondu une fois pour lui dire que grandir, c'était aussi savoir se dire au revoir...Je suis partie à chaque fin d'année en laissant mon mail, en disant que s'il voulait, ils pouvaient donner des nouvelles. Certains l'ont fait...Ensuite, je crois qu'on prépare peut-être plus cela pendant les 3 années ...

Je pense que je ne suis pas non plus mûre de ce côté-ci...

Je vais avoir du mal à gérer leur chagrin, mais le mien aussi. Certaines années, je les aurais bien envoyés au collège quelques mois plus tôt, avec un grand coup de pied au c... Mais là, je les garderais bien un peu plus. Je vais travailler le baume au coeur, j'ai l'impression que la bonne humeur flotte dans ma classe. Je prends vraiment du plaisir à leur apprendre des choses.

Et puis, il y a trois ans, une maman est venue me voir en me disant qu'elle avait peur que j'en bave avec son fils, et j'avais bien stressé... Pour découvrir un môme qui fonctionne à l'affectif, qui travaille pour faire plaisir à la maîtresse. Un enfant qui se met à réfléchir de plus en plus, qui devient le moteur de la classe. Pas un élève brillant, mais un leader sympa.

L'idée de laisser mon numéro ou mon mail ne me déplaît pas, ça permet de montrer que le lien ne se brise pas totalement s'ils le souhaitent.

 

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giga

La fin de l'année est parfois un déchirement ...

J'en ai gardé certains 8 ans (en Classe unique !) ... J'ai quitté l'école, certains m'écrivent toujours 13 ans après, une carte de voeur, un faire part (gloups !) ...

Pour me consoler (et les consoler), je leur disais qu'ils feraient toujours parti de moi, de mes souvenirs ... et moi des leurs (la seule maitresse qu'ils ont connue) ... mais que j'étais fière de ce qu'ils étaient devenus et qu'ils allaient continuer ainsi. Que grandir, c'était faire/apprendre/découvrir de nouvelles choses !

Et il m'est arrivé de donner cet exemple à mes "grands, très matures mais qui avaient du mal à partir"  ... "Je suis comme une maman, j'ai envie de garder mon enfant tout petit, qu'il ne grandisse pas, qu'il reste avec moi ... Les enfants handicapés restent toujours avec leur maman, ils restent toujours les "tout-petits" de leur maman ... est ce qu'elles sont heureuses ?  Non !  c'est de voir son enfant grandir qui rend heureux. Je suis heureuse de te voir grandir !"

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sophsoph

Giga, merci beaucoup pour ton témoignage. 8 ans... c'est énorme en effet, j'imagine bien la force des liens créés! 

Au début de ma carrière, j'ai eu beaucoup de conseils de collègues qui me disaient de ne jamais sourire en classe, d'être un dragon, de ne pas les aimer, qu'on avait des élèves devant nous et pas des enfants...  Et j'avais l'impression d'être une extra-terrestre!

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titane77
il y a 34 minutes, sophsoph a dit :

Giga, merci beaucoup pour ton témoignage. 8 ans... c'est énorme en effet, j'imagine bien la force des liens créés! 

Au début de ma carrière, j'ai eu beaucoup de conseils de collègues qui me disaient de ne jamais sourire en classe, d'être un dragon, de ne pas les aimer, qu'on avait des élèves devant nous et pas des enfants...  Et j'avais l'impression d'être une extra-terrestre!

:blink:

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Gianna

J'ai certains de mes élèves depuis 4 ans, eux je les suivrais encore deux ans.

Les autres depuis 3 ans, et ça va être dur pour certains (d'autres, je suis super contente de les laisser partir !) mais je les verrai toujours sur la cour !

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sophsoph
Il y a 9 heures, titane77 a dit :

:blink:

C'est pourtant véridique.Dans l'école de mon stage filé, les collègues me disaient : "Tu ne leur souris jamais, sinon ils pensent que tu es faible et ils en profitent!". J'avais des CE1, et avec le recul, je me dis que j'aurais dû écouter mon instinct plutôt que ces collègues. Dans une autre école aussi, en T1, j'ai eu droit à :"tu ne dois surtout pas sourire les trois premiers mois". Résultat: je passais pour une méchante, les gamins ne m'aimaient pas et ne faisaient rien pour me faciliter l'existence....

J'ai tendance à penser que la bienveillance passe par le sourire, par l'accueil, par le regard, par le :"je suis là pour toi". J'aime me dire qu'on les prend à un point et qu'on les hisse à un autre au fil du temps, qu'on leur enseigne du contenu, mais tellement de savoir-être et savoir-faire... 

 

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petitelaura

alors moi c'est pareil

j'en ai parfois certains qui restent 6 ans dans ma classe

qui sont arrivés enfants craintifs, rebelles ou autre et qui repartent (la majorité)ado et élèves

on a galéré ensemble pour apprendre à lire, pour se faire confiance, pour gérer leur handicap, leur image d'eux même, le comportement....

j'ai joué la maitresse mais aussi l'éduc, la psy, la maman, le gendarme....

certains au bout de 4/5/6 ans sont prêts à partir, ca se fera naturellement

d'autres sont déjà angoissés à l'idée de partir (et certains, contrairement à vous, ne savent même pas ou ils seront l'an prochain)

chaque année j'ai des pleurs ... une année l'inspectrice est passé dans la cour, j'avais la porte ouverte et elle a entendu des pleurs.... elle est arrivé et a trouvé un enfant en boule derrière la porte à pleurer et m'a demandé pourquoi.... elle semblait étonné de voir la séparation si difficile....

 

je leur dis que j'ai très envie de les revoir plus tard (cette année j'ai revu un jeune qui a maintenant 16 ans, fait 2m .... j'ai adoré quand il m'a dit "bonjour maitresse")

et la dernière période j'essaie de les préparer à la séparation....

la cette année ca va etre dur, je vais en avoir entre 3 et 6 qui partent (en fonction des places) dont un qui me fait un truc pas top en ce moment et que je sens qu'il va exploser en dernière période.

surtout que cette année on a fait un super projet qui nous a rapproché tous ++++++

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corazon

Ca me fait penser à ma fin d'année dernière. Certains avaient fait 3 ans avec moi, d'autres 2 ans et l'autre partie 1 seule mais la fin d'année fut pleine d'émotion. On a fait des supers projets, ils étaient tops, c'étaient un plaisir de travailler avec eux.

Ils m'ont fait des tonnes de surprises, dont certaines cachées que j'ai retrouvées le soir. J'ai eu des larmes (d'un côté comme de l'autre), des câlins, des petits mots... Aussi bien des garçons que des filles. Certains sont même revenus le dernier jour alors que normalement ils devaient être absents pour l'Aïd : "On ne pouvait pas ne pas venir le dernier jour pour te dire au revoir pour de bon". Du coup, deux jours d'au revoir déchirants.

On a profité de ces années passées ensemble, je sais qu'ils se souviendront de moi et je me souviendraisd'eux. D'ailleurs, la rentrée cette année a été compliquée car pas du tout le même profil de classe. Par contre, je ne laisse ni mail, ni adresse mais certains repassent pour le plaisir de faire un coucou ou envoie une carte à l'école. Pour d'autres, on a des nouvelles via les collègues du collège.

Je pense que ça fait partie de notre métier. Il faut profiter à fond de ces classes comme ça qui nous donne plaisir à avancer et à travailler et essayer de partager au mieux les derniers moments surtout en fin de période où on peut être un peu plus "cool" niveau apprentissages. Par contre, je mettais beaucoup l'accent sur ce qu'ils étaient devenus, leur évolution, leurs progrès et leur disais que j'aimerai qu'ils continuent à grandir "bien". Qu'ils allaient aussi se plaire au collège...

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sophsoph

Petitelaura et Corazon, vos récits sont très touchants. Je me sens moins extra-terrestre à ressentir des émotions fortes. J'essaie aussi de leur vanter les mérites du collège, en leur disant qu'ils sont prêts à y aller, qu'ils vont découvrir plein de choses intéressantes... Mais avec les frères/soeurs qui leur font des récits pas toujours roses de la vie au collège, ils s'inquiètent (pour certains, c'est les devoirs, les changements de salle, mais pour tous il y a les relations aux autres, la prégnance de la sexualité et du tabac, la pression vers la norme, qui les inquiète). Passer d'une école avec une quarantaine d'enfants qu'on connaît tous à un petit collège de 400 élèves, c'est aussi un sacré choc pour eux.

J'aimerais bien les revoir après la rentrée, qu'ils me racontent un peu leur classe, leurs premiers jours, leurs premières réussites, etc... 

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2caille

 

il y a 6 minutes, sophsoph a dit :

 Mais avec les frères/soeurs qui leur font des récits pas toujours roses de la vie au collège, ils s'inquiètent (pour certains, c'est les devoirs, les changements de salle, mais pour tous il y a les relations aux autres, la prégnance de la sexualité et du tabac, la pression vers la norme, qui les inquiète). Passer d'une école avec une quarantaine d'enfants qu'on connaît tous à un petit collège de 400 élèves, c'est aussi un sacré choc pour eux.

J'aimerais bien les revoir après la rentrée, qu'ils me racontent un peu leur classe, leurs premiers jours, leurs premières réussites, etc... 

Bonjour, 

C'est peut être irréaliste ce que je propose mais pourquoi ne pas envisager au cours de l'année une ou deux visites dans ta nouvelle classe des grands sixièmes qu'ils seront devenus pour expliquer et mener un projet commun avec les CM2 futurs 6eme de l'an prochain. Nous faisons ça ici dans le cadre de la liaison gs cp et ça permet de revoir les  nouveaux grands CP et de rassurer quelque peu les futurs nouveaux petits CP qui auront déjà des quelques contacts. 

 

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corazon

Et pour rebondir sur ce que tu disais du côté dragon. Je suis une maîtresse très crainte surtout par ceux qui ne sont pas dans ma classe. :angel_not:

Certaines de mes élèves pot de colle de l'an dernier me l'ont dit : On avait peur d'être dans ta classe au début. Mais maintenant on est trop bien.

Je suis extrêmement exigeante, je ne laisse rien passer. Mais à côté de ça, une fois qu'ils ont compris que je ne les lâcherai pas mais que c'est pour leur bien, que je les pousse, qu'ils avancent, ils voient aussi toutes les choses sympas qu'on peut faire à côté. Et comme aucun manque de respect n'est toléré dans la classe, ils se sentent bien car on crée un vrai groupe qui s'aide, s'entraide, se soutient.

Bref, tout ça pour revenir sur le fait qu'on peut être un "dragon" et à côté de ça passer de supers moments avec ses élèves et les quitter dans les larmes. :wink:

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sophsoph

Il y a dragon et dragon. Dans les exemples des collègues c'était un dragon méchant, qui ne devait surtout pas plaisanter avec ses élèves. Tout comme toi, je pense qu'être exigeant fait partie de la bienveillance et que c'est un cadre indispensable à l'apprentissage. Je ne suis pas une copine pour eux, j'ai des attentes fortes envers eux, ils le savent. par contre, ils savent aussi que je suis disponible s'ils ont besoin et qu'ils n'ont pas à avoir peur de moi. 

Caille67, on fait déjà pas mal le lien avec le collège, on a un projet rallye-découverte avec eux. J'ai aussi des anciens élèves qui passent de temps en temps, juste pour dire bonjour et parfois je les invite de façon plus "officielle" à répondre aux questions des cm.

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analilas

Alors mon témoignage va plutôt dans l'autre sens, au bout de 3 ans (j'ai un CE2-CM1-CM2 depuis 2008), je suis contente qu'ils partent au collège, je pense que j'ai donné tout ce que j'avais à donner et qu'ils sont prêts pour le collège. C'est vrai que j'adore les suivre pendant 3 ans, les voir évoluer du petit CE2 encore bébé au CM2 déjà pré-ado pour beaucoup. Mais bon, il est temps que les oisillons quittent leur nid et qu'ils attaquent leur vie de collégiens. Donc en juillet, la séparation n'est jamais difficile et puis le fait de garder les 2/3 de la classe aide aussi.

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sophsoph

ça dépend sûrement des années et des "promos" aussi. L'an passé, j'étais tristounette mais j'avais le même sentiment que toi: ces pré-ados seraient mieux au collège.

Mais cette année, j'ai des envies de partager encore beaucoup de choses avec eux... Alors, oui, ce sont des pré-ados et les deux filles ne dénoteraient pas au collège. Mais les deux garçons...l'un est toujours tellement brouillon et désordonné que je me demande comment il va se débrouiller sans que je sois derrière son dos pour lui dire de ranger ses fiches dans tel  ou tel classeur, pour vérifier s'il a noté les leçons à apprendre, pour lui dire de ramasser sa multitude de stylos par terre etc.. Et pour le deuxième, je crois que c'est vraiment la complicité qui nous unit qui va me manquer, et cette impression que d'un seul coup, je ne ferai plus partie de sa vie. En fait, c'est la première fois que je m'attache autant à un enfant (hormis les miennes :clown:). J'ai presque l'impression de le vivre comme on vivrait une rupture sentimentale, comme si mon amoureux partait ou ma meilleur copine déménageait à des millions de kilomètres.

Et pourtant, j'adore mes actuels CM1, ils sont choupinous et sympas entre eux, les CE2 qui arriveront seront sympas aussi.

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sophsoph

Ce matin, j'ai deux anciens élèves que j'avais il y a 2 ans qui sont venus répondre aux questions des CM2. Ils étaient tout émus de revenir, de me voir. Ils m'appellent madame maintenant :sweatingbullets: Je leur ai dit qu'ils pouvaient revenir quand ils voudraient et ils ont eu l'air tout contents. C'était un chouette moment :happy:

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sophsoph

Je fais remonter mon post pour savoir si vous auriez des idées de livres de littérature de jeunesse qui traitent du thème de la séparation avec la maîtresse.

Les jours passent, le jour fatidique se rapproche et j'ai un grand qui a du mal à sortir en récréation parce qu'il préfère passer du temps avec moi... Je trouve ça mimi, il est très attachant et je suis touchée par ses manifestations "d'attachement" à mon égard. Mais je voudrais aussi que la fin d'année ne soit pas un drame pour lui, et j'aimerais l'accompagner au mieux dans cette séparation (intérieurement, j'avoue que je suis moi aussi bouleversée par tout ça, mais je n'arrive pas à couper ce cordon qui nous lie bien plus qu'il ne le faudrait:unsure:). Du coup, j'ai pensé à un livre qui traiterait du thème "on se sépare mais je vous aime quand même", en gros. 

Des idées?

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helenel

Emotionnellement, perso, je gère super mal : je pleure! Chaque année! on vit des projets (mes élèves m'épatent toujours à s'emparer et à s'impliquer à fond dans ce que je peux proposer), un quotidien la plupart du temps dans la bonne humeur... c'est un crève coeur de les voir partir, et une fierté de les voir grandir... 

Je leur prépare toujours un petit mini-book avec des photos des archives de l'école depuis leur arrivée et qui retrace leur parcours. Je leur écris une petite lettre aussi pour expliquer comment ils m'ont rendu heureuse d'être "leur" maîtresse, et que c'était magique pour moi de les voir s'épanouir... Tant pis pour les larmes au moment de la remise des dictionnaires (qui est un peu le "passage officiel"). Ce sont des émotions positives, au final, je ne vois pas pourquoi les cacher ni les réfréner... Par contre, je leur dis régulièrement, quand ils expriment leur non-envie de quitter l'école que je trouve qu'ils sont prêts à y aller, que ça va être une aventure géniale, que je crois en leur capacité à se faire des nouveaux amis, à se "connecter" à d'autres enseignants, qu'ils ont fait leur temps à l'école, et que c'était une belle période.

Et l'expérience me montre qu'ils sont mûrs pour cette étape suivante, qu'une fois dans le bain, ils reviennent avec fierté me raconter leurs nouvelles aventures :) pas mal d'anciens élèves m'ont demandée en "amie" sur facebook : étant donné que je ne publie jamais rien, j'accepte, et je peux ainsi rester en contact leur souhaiter leur anniversaire, donner ou demander  des nouvelles.

Je n'ai pas de titre de littérature à proposer. Mais est-ce que tu ne pourrais pas leur écrire un petit mot pour leur dire ce qui te tient à coeur?

Il ne faut pas que la perspective de la séparation ne gâche les dernières semaines! nous les programmes sont quasi finis alors on va proportionnaliser en patissant, faire des sorties, des séances en forêt, des pique-niques, une expo...

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Nao

Bonjour Sophsoph,

J'ai connu ça une paire d'années vu que j'ai eu des GS CP CE1 dans une classe unique perdue au fin fond de la cambrousse. J'ai donné mon numéro perso aux parents avec qui ça accrochait bien juste avant de partir (mon école fermait, snif). De temps en temps j'ai des nouvelles des enfants, ça me fait chaud au cœur d'autant plus que je suis maintenant dans une école de 11 classes, ce qui est beaucoup plus impersonnel. Et les contacts s'espacent tout naturellement avec mes anciens élèves. Et c'est normal.

Alors je regrette énormément la relation privilégiée que j'avais avec tous ces élèves, on formait une sorte de famille et ça marchait super bien (et pourtant j'en avais, des petits durs). MAIS maintenant je peux me distancier de tout cela et ça fait du bien. Je me rends compte que je n'arrivais plus à dissocier le boulot de ma vie personnelle et c'était néfaste pour ma vie de famille.

Il me parait hyper important de prendre de la distance parce que si jamais, un jour, un problème survient.... Il est très difficile de prendre du recul car tout est imbriqué. A s'en rendre malade. Je prends pour exemple un ancien élève qui s'est mis à se scarifier du jour au lendemain, ou celui d'une maman qui avait décidé de m'enquiquiner tous les matins au portail. Ou un élu de mon RPI qui avait décidé de pourrir la vie de toutes les enseignantes du RPI. Je n'en dormais plus. Maintenant ce genre de truc me préoccupe beaucoup, certes, mais une fois chez moi je pense à autre chose. C'est essentiel.

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sophsoph
Le 31/05/2017 à 20:47, helenel a dit :

Emotionnellement, perso, je gère super mal : je pleure! Chaque année! on vit des projets (mes élèves m'épatent toujours à s'emparer et à s'impliquer à fond dans ce que je peux proposer), un quotidien la plupart du temps dans la bonne humeur... c'est un crève coeur de les voir partir, et une fierté de les voir grandir... 

Je ne pleure pas, mais ça résume bien mon ressenti. De la fierté et de la tristesse. L'impression qu'ils vont laisser un gros trou dans ma classe. Le petit effectif du groupe de CM2 a joué aussi beaucoup. Je leur ai fait confiance, laissé des responsabilités, j'ai beaucoup plaisanté avec eux, etc... Je suis vraiment attachée à ces quatre élèves. Mais clairement, avec l'un d'eux l'attachement est nettement plus fort. J'ai dit à ses parents qu'il n'allait pas bien en ce moment, ne jouait pas avec les autres, etc... Mais il ne leur dit rien à eux non plus. La mère pense qu'il appréhende beaucoup la séparation avec moi.

 

Helenel, j'ai suivi tes conseils et écrit une lettre à l'élève en question, pour lui rappeler qu'il partait, mais que la porte de ma classe lui serait toujours ouverte. Je lui ai dit qu'il avait de l'importance pour moi, et que s'il avait besoin de parler, il pouvait le faire, ou bien m'écrire. J'ai bien fait parce qu'il a passé une fin de semaine plus sereine, il a retrouvé de son sourire et a joué avec les autres. Sa maman doit subir une opération fin juin. Cela + la séparation moi, je crois que c'est beaucoup pour un "grand petit bonhomme".

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clicasos

+1 en plus cette année, c'est pour beaucoup le petit dernier qui part, donc des familles que je ne verrai plus et que je connais depuis des années, voire depuis que je suis dans l'école , soit depuis 2000 :sad: J'avais encore des nouvelles de mes anciens élèves mais là....

Quoique vendredi, un ancien élève est passé pour donner un coup de main pour la sono de la kermesse, c'est un adulte maintenant, mais ça fait plaisir de voir ce qu'il est devenu... Une autre va se marier l'année prochaine, je serai invitée.... Elle aura 25 ans... Les liens ne se coupent pas tous.... :wub:

Dans 15 jours, c'est la kermesse, donc je vais pleurer quand mes CM2 vont me faire leur discours d'adieux... C'est de la tristesse, de la fierté, de la joie... Mais en même temps, c'est dans l'ordre des choses, il est temps qu'ils partent au collège. L'année prochaine, ce sera au tour de mon aînée, ce sera doublement émouvant...

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sophsoph

C'est tout à fait cet effet "petit dernier qui part" que je vis mal. Et si mes élèves étaient impatients de partir vers le collège, ce serait plus facile. Mais quand tous leurs écrits sont emplis de "je déteste le collège", "gardez-moi", "faites-moi redoubler", "je veux rester avec vous"... dur dur...:sad: Et je sens qu'ils commencent à être pots de colle, je me sens comme un rocher avec ses bigorneaux :lol:

Je verrai dans trois ans, mais je ne suis pas sûre que ce soit dur quand mon aînée partira au collège, peut-être même que je serai plus dans le soulagement que la tristesse :clown:

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clicasos
il y a une heure, sophsoph a dit :

C'est tout à fait cet effet "petit dernier qui part" que je vis mal. Et si mes élèves étaient impatients de partir vers le collège, ce serait plus facile. Mais quand tous leurs écrits sont emplis de "je déteste le collège", "gardez-moi", "faites-moi redoubler", "je veux rester avec vous"... dur dur...:sad: Et je sens qu'ils commencent à être pots de colle, je me sens comme un rocher avec ses bigorneaux :lol:

Je verrai dans trois ans, mais je ne suis pas sûre que ce soit dur quand mon aînée partira au collège, peut-être même que je serai plus dans le soulagement que la tristesse :clown:

Je vois bien ce que tu dis....

 

Par contre les miens veulent que je les accompagne au collège :lol: pour être leur prof là-bas et puis ensuite au lycée et à la fac....

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sophsoph

Plus qu'une grosse semaine... Certains d'entre vous ont-ils aussi un vrai coup de blues? 

Même si je sais que j'ai besoin physiquement de vacances, que je vais être contente de passer du temps avec mes filles, j'ai l'impression de décliner moralement au fil des jours... Mes grandes CM2 pleurent régulièrement en me disant qu'elles ne veulent pas partir, c'est dur pour moi :unsure:. Un des garçons est aussi en mode déprime-pot de colle. Je me dis que c'est vraiment angoissant pour ces enfants issus de petites écoles d'aller au collège... 

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Marglou

Et c'est là que ton rôle de " garante de l'épanouissement et de la confiance en soi " prend toute son importance. C est bien à toi de les sécuriser pour qu'ils sèchent leurs larmes et se disent que plein de nouvelles choses extraordinaires les attend😀

Ils deviennent grands, et grandir c est Mega top ! 

Tes loulous ont peur, et c'est normal mais c est à nous de les laisser partir tout en les accompagnant vers le renouveau. C est à nous de leur lâcher la main, en leur montrant que de " l autre côté " , c est bien aussi.

Je comprends parfaitement ta tristesse car je l ai connue.. Mais la séparation est une étape capitale au développement de l'enfant, et nous devons les aider..

Bon courage 😋

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damdamdeo

Coucou 

J'appréhende aussi la séparation avec certains de mes élèves que je n'ai eu pour certains qu'un an.. Cela vient aussi du fait que je quitte l'école je pense.

J'ai peur de ne pas savoir gérer.. 

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Beaumont

Je pense que c'est l'un des côtés invisibles du métier, caché derrière les fameux " Ouaaahhh t'as trop de vacccannces...", qui est une vaste arnaque car c'est pas avec mon salaire que je vais partir 2 mois ( alors 4...), et je suis tellement cuit qu'il va me falloir deux semaines pour récupérer ( le jardin aussi..). Et puis comme en période c'est la course, mais où est-ce que c'est que l'on va prendre du temps pour l'avance dans les préps ?? Les vacances bien sûr ( mais alors, en est-ce vraiment ? ).

En reconversion professionnelle ( ancien petit chef 3 ème sous-sol au fond à gauche, ayant marre de faire du gras en parlant à mes armoires), je suis parti dans l'enseignement ... et perdu 1/4 de mon salaire.

Enseigner sans passer par l'affectif est pour moi un non sens : crier sur un enfant pour qu'il se taise ne le fera jamais lever un crayon ou échafauder la moindre pensée !!

Je passe donc des heures à  leur parler, à résoudre les problèmes, les faire s'exprimer... Bref , les liens se nouent, les parents rentrent dans le cercle, on fait avancer cette petite troupe chacun à leur rythme ( et donc on multiplie d'autant le travail de différenciation de l'enseignant).

Les premiers bobos, les grosses injustices, les difficultés à communiquer, les situations qui donnent envie de hurler.. On traverse tout cela avec notre regard, notre coeur et notre affect.. Comment rester de marbre, et surtout pour quoi détruire cette image d'adulte qui va sans cesser réconforter, solutionner et remettre en mouvement ?

Alors oui, après 3 ans, quand enfin on se rapproche de chez soi ( - 6 h 34 de route par semaine !!), ben on en mène pas large.. Car finalement, est-ce que je vais trouver mieux ailleurs? Mais surtout, eux.. Où vont-ils, est-ce que j'ai pu leurs donner les clés pour traverser tout ce qui les attend ?

Vendredi soir, mon épouse m'a trainé à mon école pour aller chercher mon portable oublié ( alors que bon, le réseau passe pas ) : mes élèves et mes parents m'attendaient pour une petite fête surprise..

Ce soir, un élève super discret ( pas courageux ..), à pleurer car il ne me reverrai plus, ce qui a assis maman car elle n'aurait jamais pensé ça ( double discours..).

Au NAP, je vais voir les 2, 3 que je ne reverrai plus : ça a jeté un froid, et les 40 gamins se sont tus en même temps en me voyant ( quand on pense les trésors de patience qu'il faut déployer pour en faire taire 2 des fois..) . Il faut dire qu'ils emballaient des confettis par petits sacs ( faut que je retrouve mon parapluie)..

Désolé pour cet étalage, mais moi aussi je suis dans une fin de semaine éprouvante et j'en avais besoin pour structurer ma réponse.

Pourquoi échapper à nos émotions, pourquoi demander de " s'endurcir " et risquer de détruire ce lien ? Ca fait parti de la relation, ça fait comprendre que l' école c'est partager avec un adulte et un groupe des moments, et que si l'on décide que ces moments soient présents en nous, que l'on y plonge complétement, alors chacun à sa part, et chacun comprend qu'il a le pouvoir de les changer pour mieux les vivre et se construire avec eux.

Personnellement, je vais pleurer ( enfin essayer car un "vrai mec" ça pleure pas, disait papa ), je vais leurs dire qu'ils vont me manquer, que l'on a passé des bons moments, je vais leurs donner mes coordonnées ( même le numéro de sécu s'ils veulent !), je vais répondre à chaque appel de détresse ... ( généralement, 6, 7 écrivent, puis 4,5 , puis..)

Et comme cela j'espère qu'il verront plus l'école comme cet endroit où l'on vous juge et où l'on se tait, mais un endroit fait pas des humains avec des sentiments, dans lequel leurs avis comptent et ont du poids pour changer les choses, et surtout les apprécier. Qu'ils soient toujours curieux des choses et des gens, qu'ils fassent au lieu de laisser faire.

Alors oui, j'aurais l'impression d'avoir posé une pierre sur la marche de l'ascension de l'enfance, et je serais toujours très fier et prétentieux quand un de mes pairs me dira " Mais c'est incroyable, vos élèves ils sont toujours curieux et partant".

Bon désolé pour ce trop plein d'émotions, les soirées sont compliquées en ce moment ! Pour le coup, il faut que je trouve des mouchoirs..

PS : et le repas de la pause méridienne entre collègues, dans un silence de mort, alors qu'avant on aurait dit une volière ..

 

 

 

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sophsoph

Beaumont, tu as exprimé totalement mon ressenti. J'imagine qu'en effet, un départ de l'école doit être encore plus chargé en émotions, avec les collègues que l'on quitte en plus des enfants, les lieux auxquels tu as dû t'attacher, etc... Et c'est important que tous expriment leur peine, toi y compris (et fichus apprentissages de genre qui font que les hommes ne s'autorisent pas à exprimer, à montrer aussi leurs sentiments). C'est aussi ce qui fait notre métier. Qui fait qu'on ne s'ennuie pas, qu'on vit, qu'on vibre... sinon, autant bosser à la chaîne en usine! On travaille avec des êtres humains en devenir, on apporte notre petite pierre à leur édifice. Comme tu le dis, je pense que le fait de passer beaucoup de temps à les aider, à les faire parler, à montrer de la bienveillance, renforce l'attachement. J'ose ainsi espérer que tous ces enfants que nous rencontrons, à leur tour, devrons des adultes capables de penser, de ressentir de l'empathie, et que cela aura un bénéfice plus général sur les relations entre humains. 

Je suis encore plus touchée par ton message car tu es un homme. Tu montres ainsi aux garçons un modèle masculin qui est capable d'exprimer et de ressentir des émotions plutôt que de se renfermer et de montrer les poings en cas de problème, et ça me paraît très important.

De mon côté, j'arrive de mieux en mieux à les "pousser vers la sortie" mais du coup, je prends de plus en plus sur moi pour ne rien montrer de ma peine. Avec la fatigue de fin d'année, j'ai l'impression d'être dévastée de l'intérieur. Je sais que cela ne va pas durer, qu'avec les vacances, ça va vite passer... parce que je suis adulte, parce que je l'ai déjà expérimenté. Je me dis que pour mes petites, ça doit être plus compliqué car ils le vivent pour la première fois. J'ai un chevalier servant qui passe son temps à se faire remarquer depuis quelques jours. Il m'épuise totalement, mais j'ai envie de déchirer sa décision de passage pour le garder avec moi l'an prochain :clown:

Je disais à ma collègue que ce que je ressentais s'apparentait à un chagrin d'amour. Je suis au tout début, dans la phase violente de chamboulement... je sais que le calme viendra, mais pour l'instant, le regard de mes CM2 me bouleverse totalement.

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