Aller au contenu
André Jorge

Balance ton porc, Balance ta truie et autres...

Messages recommandés

André Jorge

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api

La majorité ne cite pas nommément l'agresseur/le harceleur. Dans l'ensemble, on a quand même cette conscience du risque de diffamation (quoique, si ça pouvait permettre l'ouverture d'une vraie enquête donnant une possibilité à la victime de se défendre réellement...) et, tout simplement, malgré tout, du respect de l'autre. Ce n'est pas parce que l'autre s'est comporté en enflure qu'on doit se rabaisser à son niveau.

Après, je comprends parfaitement cette envie/ce besoin de dénoncer pour protéger d'éventuelles nouvelles victimes. Les gens ont tendance à rester sourds. C'est comme les "tout le monde savait" : ben oui, tout le monde savait, mais tout le monde se tait. Pourquoi ?

Quand au fait de dénoncer par une plainte : oui, mille fois oui. Le gros problème encore, c'est qu'il faudrait qu'il y ait une véritable enquête. Pas un truc où 95% des plaintes finissent au placard, classées sans suite, circulez y'a rien à voir. Parce que là, le type il se dit (et il dit aux autres ahah :dry: ) : "ben vous voyez, y'a pas de poursuite, donc j'ai rien fait, donc elle ment".

Bref, on en parle beaucoup en ce moment, c'est bien, ça peut amener à faire réfléchir quelques personnes. Maintenant, est-ce que ça va être suivi d'effets ou est-ce que ça va retomber comme un soufflet ?

  • Upvote 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
coccinutella
il y a 29 minutes, PommeD'Api a dit :

La majorité ne cite pas nommément l'agresseur/le harceleur. Dans l'ensemble, on a quand même cette conscience du risque de diffamation (quoique, si ça pouvait permettre l'ouverture d'une vraie enquête donnant une possibilité à la victime de se défendre réellement...) et, tout simplement, malgré tout, du respect de l'autre. Ce n'est pas parce que l'autre s'est comporté en enflure qu'on doit se rabaisser à son niveau.

Après, je comprends parfaitement cette envie/ce besoin de dénoncer pour protéger d'éventuelles nouvelles victimes. Les gens ont tendance à rester sourds. C'est comme les "tout le monde savait" : ben oui, tout le monde savait, mais tout le monde se tait. Pourquoi ?

Quand au fait de dénoncer par une plainte : oui, mille fois oui. Le gros problème encore, c'est qu'il faudrait qu'il y ait une véritable enquête. Pas un truc où 95% des plaintes finissent au placard, classées sans suite, circulez y'a rien à voir. Parce que là, le type il se dit (et il dit aux autres ahah :dry: ) : "ben vous voyez, y'a pas de poursuite, donc j'ai rien fait, donc elle ment".

Bref, on en parle beaucoup en ce moment, c'est bien, ça peut amener à faire réfléchir quelques personnes. Maintenant, est-ce que ça va être suivi d'effets ou est-ce que ça va retomber comme un soufflet ?

Je dois avoir un souci  sur mon PC et je n'arrive pas à lancer la vidéo ... mais bref

Je rebondis sur ça, j'ai essayé de dénoncer quelqu'un, mais ça reste compliqué ....(harcèlement moral, pas sexuel) Les rares témoins refusent généralement de témoigner .... 

Et oui, clairement c'est 95% des plaintes pour harcèlement moral qui finissent par un non lieu ....

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
cat99

Je n'arrive pas à lire la vidéo non plus.

Je suis d'accord avec Pom à 100 % .

Et les victimes sont victimes encore une fois parce que 95 % des plaintes n'aboutissent pas .

Il faut vraiment changer les lois dans notre pays, les peines sont trop faibles et il n  y  a rien de prévu pour les mineurs.  Donc un grand taux de récidive avec des incivilités qui grandissent à chaque fois et les victimes sont les jeunes filles et les femmes.

Je suis d'accord avec Pom à 100 % .

Je suis dégoutée du système, on gifle un député , un ministre tout se met en place on gifle un prof, on crache au visage d'un policier, on insulte une infirmière et ....pas grand chose...

Il faut éduquer mais à un moment donné la sanction doit tomber...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
lecavalier

(Pour lire la vidéo, il faut autoriser la page sur son bloqueur de pub NoScript.)

Raconter une agression sans donner de nom, ce n'est pas dénoncer. C'est relater un fait. Dénoncer, c'est donner un nom.

Si twitter est plus accueillant qu'un commissariat de police, ne pas s'étonner que ça ressorte plutôt sur twitter.

L'affaite Weinstein et #balancetonporc sont deux choses différentes. Dans l'affaire Weinstein, il y avait un enjeu: l'argent et son pouvoir dans le milieu cinéma-médias-politique. Dans #balancetonporc, des comportements obscènes par des gens immoraux.

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
lecavalier

- proclamer la neutralité axiologique du libéralisme: l'économie ne reconnaît ni le bien ni le mal.

- développer la pub, moteur de la consommation, qui associe l'image de la femme érotisée à la marchandise pour amplifier la pulsion d'achat. La femme est "chosifiée" pour atteindre un objectif marketing plus important que sa dignité.

- accepter et banaliser la pornographie (un business énorme, c'est bon pour le PIB). Mais le porno en libre accès pour les ados modifie profondément leurs comportements envers l'autre sexe. Le porno, c'est utiliser l'autre comme un objet de jouissance. C'est une relation de violence.

- s'étonner naïvement ou fourbement que la femme en subisse les conséquences.

- proclamer qu'il faut éduquer, mais ne rien changer aux causes du problème.

- s'étonner dans 5 ans que ça a encore empiré.

- répéter stérilement qu'il faut éduquer.

 

" A mesure que diminue la liberté économique & politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation."

Aldous HUXLEY, 1946, Brave New World

 

  • Upvote 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api
Il y a 2 heures, lecavalier a dit :

 

Raconter une agression sans donner de nom, ce n'est pas dénoncer. C'est relater un fait. Dénoncer, c'est donner un nom.

Tout à fait.

Si twitter est plus accueillant qu'un commissariat de police, ne pas s'étonner que ça ressorte plutôt sur twitter.

Les commissariats sont, normalement, de plus en plus formés à accueillir la parole des victimes de violences sexuelles. Je reste sur l'idée que le problème, c'est le silence coupable de la société qui préfère ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire voire pire, mettre en tort la personne qui accuse, plutôt que d'admettre qu'il y a des tordus autour d'eux. Et que ces tordus ressemblent à monsieur et madame tout le monde.

On ne dénonce pas par plaisir. Prenons la peine d'écouter celles qui osent briser le silence. (je sais, on va me ressortir le couplet de la dénonciation calomnieuse mais 1) c'est rare, 2) elle existe aussi dans tous les autres délits et crimes et on ne la ressort pas à chaque fois en étendard.).

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
kiko

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Pom': "On ne dénonce pas par plaisir." Il est grand de mettre au grand jour les paroles de ceux/celles qui n'ont jamais osé parler aux autorités ou à leurs proches et familles. Parce que dans ce genre d'agressions, la suspicion est encore trop souvent trop fréquente à l'encontre des victimes, j'ai entendu et j'entends encore trop de paroles visant à culpabiliser les victimes. si, si ... Comment parler dans ce contexte?  J'espère que ce qui se passe en ce moment permettra d'avancer, j'en doute car, en privé ou au travail, je trouve que beaucoup de  personnes gardent une certaine distance face à cela, les paroles sont presque fatalistes ... J'ai arrêté d'en parler mais je suis cela de très près. Il va falloir que les choses bougent et vite ... 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Nao
Il y a 6 heures, lecavalier a dit :

- proclamer la neutralité axiologique du libéralisme: l'économie ne reconnaît ni le bien ni le mal.

- développer la pub, moteur de la consommation, qui associe l'image de la femme érotisée à la marchandise pour amplifier la pulsion d'achat. La femme est "chosifiée" pour atteindre un objectif marketing plus important que sa dignité.

- accepter et banaliser la pornographie (un business énorme, c'est bon pour le PIB). Mais le porno en libre accès pour les ados modifie profondément leurs comportements envers l'autre sexe. Le porno, c'est utiliser l'autre comme un objet de jouissance. C'est une relation de violence.

- s'étonner naïvement ou fourbement que la femme en subisse les conséquences.

- proclamer qu'il faut éduquer, mais ne rien changer aux causes du problème.

- s'étonner dans 5 ans que ça a encore empiré.

- répéter stérilement qu'il faut éduquer.

 

" A mesure que diminue la liberté économique & politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation."

Aldous HUXLEY, 1946, Brave New World

 

Ce n'est plus vraiment de la liberté sexuelle dont on parle ici, cela dit. C'est une absence totale de considération de l'Autre.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
clerissalak
Il y a 18 heures, Nao a dit :

Ce n'est plus vraiment de la liberté sexuelle dont on parle ici, cela dit. C'est une absence totale de considération de l'Autre.

+1

Parce que restreindre la liberté sexuelle serait un progrès ?

Pour moi les libertés ne sont pas à opposer entres elles ...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Moustache

Contenu supprimé.

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Lena

:ninja:

(certains membres du "personnel politique" étant très ... enfin pas... comment peut-elle affirmer ne rien avoir vu, entendu, voire subi? )

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api

C'est sûr qu'il y a différents niveaux de harcèlement, avec des répercussions plus ou moins graves sur la vie de la victime, mais c'est tout autant condamnable et inacceptable. Si on commence à tolérer certains actes "mineurs", forcément ça laisse la porte ouverte à des actes plus importants.

Parler de tout ça ne changera pas en mal la relation homme-femme : la séduction, c'est du respect. Le harcèlement non. La différence elle est là et on la distingue bien dans la vie courante.

"J'aime bien la grivoiserie" : Elle n'a aucune idée des impacts traumatiques que certaines """grivoiserie""" peuvent avoir alors ! (Pommed'Api, qui a connu le harcèlement sur plusieurs mois, l'agression, la manipulation, les intimidations, les menaces plus ou moins voilées pour la faire taire parce que bon, elle est causante la Pomme...et qui voit bien que tout le monde sait mais tout le monde se tait, il est teeeeellement bien ce type hein il a pas pu faire ça... et pourtant, il a même recommencé, en utilisant ma plainte pour manipuler d'autres, trop fort).

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
kiko

Extrait:

En 2016 déjà, quand 17 anciennes ministres avaient dit "stop" au silence et à l'impunité autour d'histoires de harcèlement sexuel, Mme Boutin avait affirmé avoir "honte" de ses consoeurs, "qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés".

J'en reste sans voix ......... Avoir honte de ses consoeurs .... Mais justement, certaines victimes ont honte de déposer plainte, parce qu'elles ont peur de ce genre de réaction.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
orime

Elle parle aussi de grivoiserie quand Polanski ou des prêtres violent des enfants ? 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
prof désécol

https://www.causeur.fr/balance-ton-porc-chapelle-pajol-147405

Citation

Balance ton porc... sauf celui de La Chapelle-Pajol ?

Étonnant, le parallèle fait par la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, entre le « harcèlement invisible » sur le boulevard Saint-Germain et celui inquiétant du quartier de La Chapelle-Pajol. Il fallait tout de même oser ! Surtout après le silence des autorités lors des agressions dont furent victimes les femmes dans ce quartier.

On notera avec stupéfaction que la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat ne rédigea alors aucun communiqué. Aucune sénatrice, aucun sénateur au sein de cette délégation, toute appartenance confondue, ne s’en est ému. Ayant adressé un mail à la Conseillère en charge du secrétariat de cette délégation pour m’étonner de ce silence, je ne reçus aucune réponse. Collaborateur parlementaire à l’époque, je n’étais pas dans mon rôle. Certes. Mais quel parlementaire a jamais reçu mandat pour se taire devant ces faits ?

[...]

Ce qui est toutefois surprenant dans ce déchaînement si contraire au silence qui entoura hier les agressions de la Chapelle-Pajol, c’est le deux poids deux mesures de ceux qui choisissent avec quels loups hurler, avec lesquels se taire. Sans doute s’explique-t-il chez nombre de professionnels de l’indignation sélective par le désir d’être de parfaits progressistes : d’un côté ne plus tolérer chez les occidentaux que nous sommes le moindre signe d’une quelconque inégalité hommes/femmes, de l’autre tolérer cette inégalité chez les orientaux par souci de ne pas verser dans un ethnocentrisme coupable de ne pas savoir s’ouvrir à la singularité d’autres mentalités dont le droit à la différence serait imprescriptible. [...]

 

A lire aussi, pour compléter l'article précédent :

http://www.leparisien.fr/paris-75018/harcelement-les-femmes-chassees-des-rues-dans-le-quartier-chapelle-pajol-18-05-2017-6961779.php

Citation

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol

Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol, à Paris (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

Révoltées, des habitantes du quartier ont décidé de lancer une vaste pétition pour dénoncer la situation. Et un quotidien de plus en plus oppressant. Celui des jeunes filles, qui ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux. [...]

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api

:(

Quelle fierté peuvent bien retirer ces hommes qui harcèlent et empêchent les femmes de vivre normalement ? C'est faire preuve de bien peu de courage (et de c...... si vous me permettez) que d'obliger les femmes à rester enfermées chez elles, en s'y mettant à plusieurs pour leur faire peur.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
cajou
Le 22/10/2017 à 19:43, Nao a dit :

Ce n'est plus vraiment de la liberté sexuelle dont on parle ici, cela dit. C'est une absence totale de considération de l'Autre.

 Disons que dans cette citation, AH parle de la liberté sexuelle des hommes : pour beaucoup, la liberté sexuelle c'est assouvir ses fantasmes sans porter aucune responsabilité ni culpabilité. Il ne veut pas dire qu'il faut restreindre la liberté sexuelle, mais que le pouvoir et l'oppression économique considère cet espace comme un défouloir utile ...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Argon
Le 21/10/2017 à 21:45, PommeD'Api a dit :

Quand au fait de dénoncer par une plainte : oui, mille fois oui. Le gros problème encore, c'est qu'il faudrait qu'il y ait une véritable enquête. Pas un truc où 95% des plaintes finissent au placard, classées sans suite, circulez y'a rien à voir.

Mouais. Porter plainte contre des faits objectifs et bien établis, évidemment. Mais c'est plus compliqué dès lors qu'on entre dans les domaines du ressenti et du parole contre parole.

Je ne connais pas de chiffres, mais je ne serais en effet pas surpris que bon nombre des plaintes correspondent à ce dernier cas, où les enquêtes risquent a priori d'être souvent une perte de temps...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api
il y a 12 minutes, Argon a dit :

Mouais. Porter plainte contre des faits objectifs et bien établis, évidemment. Mais c'est plus compliqué dès lors qu'on entre dans les domaines du ressenti et du parole contre parole.

Je ne connais pas de chiffres, mais je ne serais en effet pas surpris que bon nombre des plaintes correspondent à ce dernier cas, où les enquêtes risquent a priori d'être souvent une perte de temps...

D'où l'importance d'une véritable enquête, pas un truc où on se contente d'interroger la plaignante et l'accusé : il y en a un qui dit blanc, l'autre noir donc on sait pas donc on classe. C'est beaucoup plus complexe et pernicieux ces violences-là.

A vrai dire, un harceleur fait rarement une seule victime. Donc si on se donnait un peu la peine de creuser, on sortirait du fameux (et fumeux ? je dis ça parce que c'est quand même bien pratique ça pour éviter d'aller plus loin) parole contre parole.

Et puis, si je te suis, comment prouver une agression alors (ce qui va au-delà du harcèlement en tant que tel) ? Ce n'est pas du ressenti, c'est du fait objectif et établi. Pourtant, pas de témoin, pas de trace visible. Donc on ne dit rien ? Ou alors on creuse un peu, notamment du côté de l'impact traumatique ou, encore une fois, du côté des potentielles autres victimes.

Bref, on fait un effort.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Argon
Il y a 11 heures, PommeD'Api a dit :

D'où l'importance d'une véritable enquête, pas un truc où on se contente d'interroger la plaignante et l'accusé : il y en a un qui dit blanc, l'autre noir donc on sait pas donc on classe. C'est beaucoup plus complexe et pernicieux ces violences-là.

 Justement : la Justice, en République, c'est noir et blanc. On est coupable, ou on ne l'est pas. Les faits sont établis, ou ils ne le sont pas. Et le bénéfice du doute va à l'accusé.

J'ajoute : et c'est très bien comme ça !  C'est la base même de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et du contrat social républicain. La procédure est la protection du citoyen contre les abus du pouvoir. Lorsque la Justice n'est plus neutre et objective, elle n'a plus aucune légitimité, et les fusils ressortent vite...

Cela ne signifie pas qu'il ne faut rien faire — seulement que la voie judiciaire n'est pas forcément, et surtout pas toujours, la meilleure. En fait, comme tu le soulignais toi-même, elle est souvent désastreuse : une plainte sincère classée sans suite, même pour les meilleures raisons procédurales, a de bonnes chances d'enfoncer un peu plus la victime...

Il y a 11 heures, PommeD'Api a dit :

A vrai dire, un harceleur fait rarement une seule victime. Donc si on se donnait un peu la peine de creuser, on sortirait du fameux (et fumeux ? je dis ça parce que c'est quand même bien pratique ça pour éviter d'aller plus loin) parole contre parole.

"Rarement" ? Comment le sais-tu ?   Il est clair que, parmi les cas un peu médiatiques, on trouve beaucoup de multirécidivistes. Mais où est la poule, et où est l'œuf ?

Cela dit, le cas de ces multirécidivistes est celui qui pose le moins de problèmes, du point de vue judiciaire : pour le coup, en effet, on n'est plus parole contre parole et les faits sont (relativement) faciles à établir...

Il y a 11 heures, PommeD'Api a dit :

Et puis, si je te suis, comment prouver une agression alors (ce qui va au-delà du harcèlement en tant que tel) ?   (...) pas de témoin, pas de trace visible. 

 C'est en effet compliqué. Cela dit, c'est vrai de la plupart des crimes : le cambrioleur de base s'arrange en général pour éviter les témoins et les traces qui l'incriminent. Pourtant, on arrive à en coffrer quelques-uns.

Il y a 11 heures, PommeD'Api a dit :

Et puis, si je te suis, comment prouver une agression alors (ce qui va au-delà du harcèlement en tant que tel) ? Ce n'est pas du ressenti, c'est du fait objectif et établi.

  Uh...   Du fait objectif, certainement, si c'est le cas qu'on considère ici. Du fait établi, pas forcément. Ce n'est pas du tout la même chose. Un fait contesté ne peut pas être considéré comme établi, sauf due prodédure.  (et s'il n'y a pas de contestation, que l'accusé reconnaît sa propre culpabilité, les choses sont également relativement facile...)

Il y a 11 heures, PommeD'Api a dit :

Pourtant, pas de témoin, pas de trace visible. Donc on ne dit rien ? Ou alors on creuse un peu, notamment du côté de l'impact traumatique 

 L'existence d'un traumatisme ne prouve rien — rien d'autre que l'existence de ce traumatisme. Et ce n'est pas parce que traumatisme il y a qu'il y a nécessairement aussi un coupable, encore moins que le discours du traumatisé peut être considéré comme objectif.

Toutes proportions gardées, essaye de te souvenir du dernier incident un peu traumatisant pour toi avec une personne qui t'es chère. Quelles sont les chances qu'elle en ait le même souvenir que toi — à supposer qu'elle s'en souvienne même —, qu'elle ait gardé la même évaluation des "fautes" respectives et de leur importance ? 

D'autre part, s'il s'agit de prendre soin des victimes, je doute fort qu'un contre-interrogatoire à charge visant à  démolir son témoignage et /ou à le faire passer pour incohérent (c'est aussi le boulot de l'avocat de la défense !) l'aide vraiment à passer à autre chose...

Bref : un traumatisme, ça se traite avec des toubibs et des psychologues, pas par le biais d'une plainte. Si, et seulement si, la responsabilité d'autrui est dûment établie, on peut en effet en demander réparation en justice — mais c'est loin d'être le cas général.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api

Donc, ça ne sert à rien de porter plainte, garde ton traumatisme pour toi et laisse l'agresseur continuer ses agissements puisqu'on ne lui dira jamais rien ? Quelle belle preuve d'optimisme...

Le commentaire sur le traumatisme me donne juste la nausée.

En tout état de cause, chacun de tes commentaires, quel que soit le sujet, me crispe. Je passe mon chemin à chaque fois, j'en ferai donc autant à nouveau ici.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Argon
il y a 24 minutes, PommeD'Api a dit :

Donc, ça ne sert à rien de porter plainte, garde ton traumatisme pour toi et laisse l'agresseur continuer ses agissements puisqu'on ne lui dira jamais rien ? Quelle belle preuve d'optimisme...

 "Donc"  ?   Ce n'est en aucune façon ce que j'ai écrit, ni d'ailleurs ce que je pense.

  Si "donc" il y a, c'est ta propre déduction, et tu es seule responsable de la "nausée" qui peut résulter de cette tienne conclusion scandaleuse.

 

il y a 24 minutes, PommeD'Api a dit :

(...)  me donne juste la nausée.

En tout état de cause, chacun de tes commentaires, quel que soit le sujet, me crispe.

Sympathique tout plein.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
André Jorge
Le 23/10/2017 à 18:10, Moustache a dit :

Y'a encore du boulot ! C'est bien connu, rien de mieux qu'une bonne main aux fesses pour entretenir de bonnes relations entre collègues.  Ca laisse sans voix !

Citation

"La présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate (PCD) Christine Boutin a dénoncé samedi un "dégueulis d'accusations" autour du harcèlement sexuel, estimant qu'elles risquaient d'"abîmer" les relations hommes-femmes.

"Les débats actuels me passent par dessus la tête", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Rambouillet (Yvelines), où cette pasionaria de la droite conservatrice et catholique a annoncé sa démission de son mandat de conseillère départementale, mettant fin à 40 ans de carrière politique.

"Je ne pense pas que cette espèce de torrent de révélations soit nécessaire", a affirmé l'ancienne candidate à la présidentielle, 73 ans, évoquant un "dégueulis d'accusations".

"J'aime bien la grivoiserie"

Le "climat du moment" est "insupportable" et risque d'"abîmer profondément les relations entre les hommes et les femmes", a jugé l'ex-ministre du Logement. Pour Christine Boutin, il est regrettable que les femmes en viennent à avoir des "a priori" dès qu'elles reçoivent un compliment. "La grivoiserie fait partie de l'identité française et j'aime bien la grivoiserie", a-t-elle fait valoir.

En 2016 déjà, quand 17 anciennes ministres avaient dit "stop" au silence et à l'impunité autour d'histoires de harcèlement sexuel, Mme Boutin avait affirmé avoir "honte" de ses consoeurs, "qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés".

 

source : https://goo.gl/xdoAPq

Christine Boutin ne doit pas être au courant des situations de harcèlement vécues par nombre de femmes, mais je crois qu'elle a quand même raison sur le fait que cette histoire de hashtag dénoncetonporc ne va pas améliorer les relations hommes/femmes.

Je pense qu'elle a raison également quand elle affirme que l'on laisse entendre que les hommes sont des obsédés sexuels...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Argon
il y a une heure, André Jorge a dit :

Je pense qu'elle a raison également quand elle affirme que l'on laisse entendre que les hommes sont des obsédés sexuels...

Je le crois aussi. En dépit de toute l'antipathie que je peux avoir pour Boutin, et tout en sachant qu'elle plaide d'abord pour sa propre chapelle (elle est personnellement l'une des cibles favorites des mêmes "on", pour ne pas dire l'un des archétypes incarnés de tout ce qu'ils détestent), elle met effectivement le doigt sur une volonté probablement délibérée de (re-)polariser le débat sur les rapports entre hommes et femmes, y compris par la propagation de stéréotypes genrés (sauf que lorsqu'il s'agit des hommes, et venant de soi-disant militant(e)s "antisexistes", ces stéréotypes-là ne sauraient être blâmables...).

Je ne suis pas sûr de voir ce que "on" peut avoir à y gagner. Peut-être simplement de justifier a posteriori la multiplication des postes d'experts ès genres ?

il y a une heure, André Jorge a dit :

je crois qu'elle a quand même raison sur le fait que cette histoire de hashtag dénoncetonporc ne va pas améliorer les relations hommes/femmes.

Pareil. Même si je ne doute pas que l'immense majorité de ceux qui s'engagent derrière ce hashtag sont sincères et sans arrière-pensées, la diabolisation de tout discours modéré, l'agressivité et les voies de fait n'engendrent jamais que la diabolisation en retour de tout discours modéré, l'agressivité et les voies de fait.

 

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Lena

Un #porc , c'est comme le psykk: tu crois que tu es seul(e) à le subir.

Et puis il y a internet.

Les parents subissant le psykk (psychanalyste) pour leur enfant (autiste) ont pu comprendre qu'ils n’étaient pas seuls à subir "ça", ces propos déglinguants et absurdes, contre lesquels ils étaient sans défense (parole contre parole, encore une fois; et la solution consistant à ne plus aller aux rdv, oubliez: le lâcher de services sociaux pour refus de soin n'est pas un fantasme).

C'est internet qui a permis de sortir un bon nombre d'enfants et de familles de "ça", et de faire évoluer les bonnes pratiques cliniques.

Je souhaite de tout coeur qu'un mouvement similaire existe vis à vis des #porcs.

Un souci technique: ne pas tomber sous les fourches de la diffamation, lorsque l'on connait son nom. Et tous ceux, inconnus dans la foule... ("le mien", le pire, je ne l'avais jamais vu, et ne le reverrai jamais; ce qu'il m'a fait, garantie, il l'avait déjà fait, et l'a répété depuis - l'impunité, c'est attroce).

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
abel27

On a tendance à minimiser des actes venant d'un corps auquel on appartient. Comme quand j'entends des histoires sur des profs, mon premier réflexe est de les mettre en doute alors même que je sais que l'institution ne fait pas grand chose pour protéger les enfants de ces brebis galeuses. 

Les hommes n'auraient ils pas ce même réflexe ? Ils tentent de minimiser le problème en disant que ça ne concerne pas tous les hommes. Certes mais ça ne veut pas dire que ça ne les regarde pas car c'est majoritairement eux qui dirigent le monde politique, le monde du travail, l'espace public donc s'ils ne prennent aucune décision,  c'est qu'ils nient le problème et les victimes. 

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
André Jorge
il y a une heure, abel27 a dit :

c'est majoritairement eux qui dirigent le monde politique, le monde du travail, l'espace public

Oui, et pas que...

Mais, si c'était les femmes qui étaient majoritairement à la tête des entreprises, qui occupaient la majorité des postes politiques, etc. ? 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
abel27
il y a 25 minutes, André Jorge a dit :

Oui, et pas que...

Mais, si c'était les femmes qui étaient majoritairement à la tête des entreprises, qui occupaient la majorité des postes politiques, etc. ? 

 

Et ?... Je ne comprends pas et "mais si c'était" ? Tu veux dire que si les femmes dirigeaient majoritairement, elles auraient tendance à avantager les femmes ou à nier les problèmes des hommes ? Peut-être mais ça ne fait pas avancer l'histoire.

De plus, les femmes qui occupent des postes de pouvoir ont tendance à se comporter comme des hommes car on leur demande de ne surtout pas être une femme et si elles fautent, on accuse leur féminité. D'ailleurs, je me souviens encore du débat sarko/ségolène où elle avait été taxée d'hystérique là où on aurait dit d'un homme qu'il s'était emporté (c'est bien connu, l'hystérie c'est typiquement féminin).

Tout comme même les médecins féminins en arrivent à ne pas écouter leurs patientes féminines parce qu'on leur a appris (ou pas appris dans ce cas) à le faire durant leur cursus.

Si les femmes veulent accéder à des postes de pouvoir, il faut qu'elles fassent oublier qu'elles sont femmes.

D'ailleurs, il y a un film qui est sorti dernièrement qui en parle, je ne l'ai pas vu mais il a l'air intéressant.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
PommeD'Api

Mais c’est toujours la parole de l’un contre la parole de l’autre ?

Non, non, non et non, même quand c’est un avocat prétendument ou auto-proclamé « spécialiste » qui l’affirme.

Au pénal, il faut bien sûr rapporter la preuve de ce qu’on allègue. Mais en matière de violences sexuelles, le juge ne « croit pas uniquement ce qu’il voit ». Nul besoin de témoins directs, d’ADN péremptoire (que l’on n’a de toute façon pas en matière de harcèlement sexuel et très rarement en matière de viol) mais d’un « faisceau d’indices graves et concordants » : des témoins indirects (qui ont reçu des confidences), des certificats médicaux et dossiers médicaux (médecins traitants ou du travail), la preuve d’un impact sur le travail, l’existence d’anciennes ou d’autres victimes, la preuve de démarches cohérentes de la victime, un récit précis, détaillé et circonstancié.

A savoir : au pénal, aucune difficulté à produire des enregistrements clandestins.
En droit du travail, pour l’instant c’est plus compliqué mais la jurisprudence pourrait bien changer (en tout cas nous nous y employons).

Devant le Conseil de prud’hommes ou le Tribunal administratif, la preuve du harcèlement sexuel est dite « aménagée », ce qui revient à dire qu’elle est allégée pour la salariée. En 2016, cette règle a été améliorée, amélioration à laquelle l’AVFT n’est pas étrangère. La salariée n’a pas à apporter de preuve directe et complète du harcèlement sexuel, mais des éléments matériels (« des éléments de fait ») qui permettent de le présumer (qui peuvent être les éléments pré-cités pour la procédure pénale). Une fois que le harcèlement est présumé, c’est à l’employeur d’apporter la preuve contraire : il doit convaincre que cette présomption est étrangère à tout harcèlement sexuel et que la sanction voire le licenciement de la salariée n’a rien à voir du tout avec les agissements qu’elle dénonce. Dit comme cela c’est peut-être un peu abstrait, mais concrètement cette technique de preuve bien appliquée (notamment par des avocat.es vraiment spécialisé.es) donne de bons résultats pour les salariées, d’autant que le juge du travail n’a pas le droit d’examiner les « éléments de fait » isolément. C’est la règle de « preuve globalisante », qui permet que chaque élément soit éclairé par les autres. C’est un peu comme quand vous allez chez le médecin : chaque symptôme, pris isolément, permet difficilement de se faire idée, mais les relier les uns aux autres permet d’établir un diagnostic.

Pour une illustration de cette technique, voir là.

Il faut aussi avoir aussi en tête que l’incroyable popularité de cette expression de « parole de l’un contre celle de l’autre » a une conséquence radicale mais aussi une fonction sociale : faire taire les victimes.

A lire en entier sur le site de l'AVFT : http://www.avft.org/2017/10/24/liberation-de-parole-femmes-autres-questions-recurrentes/

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant

  • En ligne récemment   0 membre est en ligne

    Aucun utilisateur enregistré regarde cette page.

×