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nonau

Parcoursup: Il autorise les universités à définir des « attendus » qui serviront de critères pour examiner les dossiers des bacheliers (Options, séjours à l'étranger et engagement associatif...)...

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nonau

Comment est-il possible qu’un pays qui possède d’aussi bons services statistiques et qui a planifié la réussite de 80% d’une génération au baccalauréat depuis 1984 soit si surpris de voir son nombre d’étudiants à l’université augmenter? N'aurait-on pas vu arriver les étudiants supplémentaires, alors que 99% d’entre eux fréquentent l’école depuis la maternelle? Il semble que l'adage selon lequel «gouverner, c’est prévoir» n’est plus respecté depuis longtemps.

Vers un renforcement des inégalités

Ce nouveau mode de sélection ("les attendus") renforce les inégalités entre les bacheliers. Beaucoup des attendus n’ont pas grand-chose à voir avec le parcours scolaire. Est-on obligé de parler de cursus, de CV pour des élèves qui sortent de l’école? Je crois qu’en terminale, je n’aurais rien pu dire qui ne soit indiqué dans mon dossier scolaire, à moins de faire la liste de mes colonies de vacances et de mes goûts musicaux.

La capacité à se valoriser et à mettre ses atouts en avant est très variable suivant les individus; elle recoupe des compétences sociales qui n’ont sans doute pas à entrer en compte comme critère de jugement dans un pays déjà très inégalitaire scolairement –nous sommes champions en la matière.

Les activités extra-scolaires dépendent hélas encore beaucoup du milieu d’origine et de l’engagement familial dans le parcours de l’enfant, notamment financier: les inscriptions en club de sport, en cours de musique... ont un coût. De même, faire des «séjours à l’étranger» un attendu confirmé relève purement et simplement du tri social.

Cette sélection pose également la question de l’anticipation: à quel âge est-on censé commencer à préparer son orientation et cocher les bonnes cases des attendus? Est-ce vraiment trop tard de choisir une voie à 18 ans?

Un recrutement basé sur les compétences sociales et les activités extra-scolaires s’opère déjà dans de nombreuses filières sélectives et à l’entrée des grandes écoles. Science Po et l’Essec –entre autres– ont dû créer des dispositifs d’ouverture sociale tant il leur était impossible d'offrir autre chose qu’un entre-soi de privilégiés à leurs étudiants. Ce sera désormais peut-être aussi le cas dans certaines universités.

.... «Pour départager des dossiers similaires, les universités valoriseront aussi certains éléments du parcours de lycéen en cohérence avec la formation demandée. En droit, à Cergy-Pontoise, il pourra s'agir des cours de latin ou grec suivis jusqu'en terminale ou encore le fait d'avoir été en classe européenne ou en section internationale. De même, les options “Droit et grands enjeux du monde contemporain” en terminale L et “sciences sociales et politiques"” en ES seront considérées comme un plus dans le parcours de l'élève. L'université d'Aix-Marseille tiendra compte des séjours à l'étranger, de l'engagement citoyen ou associatif… À Bordeaux, en STAPS, les éléments permettant d'apprécier les compétences sportives ou l'investissement associatif seront pris en compte dans l'analyse des dossiers, comme les licences ou le BAFA. Pour certaines formations, un CV détaillant tous ces éléments est ainsi demandé.»

https://www.slate.fr/story/157405/education-parcoursup-enseignement-superieur-universites-attendus

« Quand les parents d’élèves à Aulnay-sous-Bois, Sevran ou Tremblay, découvriront dans les attendus que leur fils pourra faire une croix sur Staps (sports) parce qu’il n’a pas le Bafa ou qu’il ne s’est pas investi dans une association, ils seront en colère. » Que diront ceux, aussi, qui s’apercevront qu’il faudra avoir fait un séjour linguistique pour prétendre entrer en fac de langues ?

https://humanite.fr/parcoursup-selection-luniversite-une-reforme-ni-legale-ni-legitime-649050

Un système à deux vitesses se met en place avec un "bac à la carte" d'un niveau différent suivant les établissements, une inscription à l'université qui sera encore plus inégalitaire, car les attendus seront bien entendus, plus à la portée des familles aisées qui connaissent bien le système. C'était déjà le cas pour les classes prépas ou les écoles privées, ce sera désormais le cas pour l'université. Il y aura aussi les "universités élitistes" avec des "attendus" ambitieux et des universités poubelles pour les autres...

Comme pour les autres secteurs publics, ces politiques ont mis à genoux le service public de l'enseignement (loi LRU, APB, 80% d'élèves avec un bac et des notations "à la carte" pour y parvenir...) pour faire passer leur système libéral basé sur de vagues compétences subjectives plutôt que sur des savoirs disciplinaires directement rattachés à des conventions collectives...

D'ailleurs "parcoursup" est soutenu par le MEDEF!

 

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fleur7

Je ne suis pas choquée que les filières aient des attendus. Leur priorité d'ailleurs est l'adéquation entre le bac préparé et la formation proposée. Je trouve par contre dérangeant que les élèves de terminale aient découvert ces attendus en janvier pour une clôture des dossiers en mars. 

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fleur7

Concernant le CV il est loin d'être demandé par toutes les écoles. Mon fils a demandé des CPGE et des licences et n'a eu aucun CV à faire.

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borneo

Qu'est-ce que tu proposes pour sélectionner les étudiants à l'entrée en fac ?

Je pense que c'est un énorme gâchis de faire croire à tous les bacheliers qu'ils peuvent réussir en fac. Ce serait plus honnête de dire franchement à certains qu'ils ont une probabilité proche de zéro de réussir leur première année.

Quoiqu'une simple dictée de niveau 3e pourrait suffire... ;)

 

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nonau
Il y a 8 heures, borneo a dit :

Qu'est-ce que tu proposes pour sélectionner les étudiants à l'entrée en fac ?

Je pense que c'est un énorme gâchis de faire croire à tous les bacheliers qu'ils peuvent réussir en fac. Ce serait plus honnête de dire franchement à certains qu'ils ont une probabilité proche de zéro de réussir leur première année.

Quoiqu'une simple dictée de niveau 3e pourrait suffire... ;)

 

Exactement...Mais il existait une sélection basée sur des champs disciplinaires que les politiques ont volontairement détruit...le bac!

Posons nous la vraie question: pourquoi avoir sournoisement et volontairement tué le bac?

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borneo

Je ne pense pas que le bac soit un bon indicateur. D'abord tous les bacs permettent d'entrer à l'université, alors que certains n'y préparent pas du tout. Et même dans les filières traditionnelles (S ES et L), un bac obtenu ric-rac avec 10 de moyenne, c'est trop juste pour réussir en fac. Et justement, ce sont ces élèves-là qui vont vouloir y aller, puisque c'est la seule voie ouverte sans dossier.

Il faut savoir qu'un élève "limite" n'a aucune chance d'être accepté en BTS ou en DUT. Il faut un dossier plutôt bon (élèves dans le créneau de la mention AB) pour être retenu. Donc il se retrouve en fac.

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nonau
Il y a 7 heures, borneo a dit :

Je ne pense pas que le bac soit un bon indicateur. D'abord tous les bacs permettent d'entrer à l'université, alors que certains n'y préparent pas du tout. Et même dans les filières traditionnelles (S ES et L), un bac obtenu ric-rac avec 10 de moyenne, c'est trop juste pour réussir en fac. Et justement, ce sont ces élèves-là qui vont vouloir y aller, puisque c'est la seule voie ouverte sans dossier.

Il faut savoir qu'un élève "limite" n'a aucune chance d'être accepté en BTS ou en DUT. Il faut un dossier plutôt bon (élèves dans le créneau de la mention AB) pour être retenu. Donc il se retrouve en fac.

Je ne te parle pas de la parodie de "bac" que l'on donne depuis la fin des années 80 sous l'impulsion de la magnifique loi d'orientation de Jospin, mais d'un vrai bac qui faisait office de sélection jusqu'à la fin des années 70...

Tuer le bac c'est tuer un diplôme national sur lequel sont basées toutes les conventions collectives et les grilles salariales. Plus de bac, plus de grilles...Et mise en place de vagues compétences subjectives...

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nonau

Après l’explosion des cours particuliers lancés par des entreprises privées, voici lancées les entreprises de l’orientation. Une nouvelle preuve que l’éducation est devenue un marché. Exemple avec tonavenir.net, ou comment acheter son parcours d’étudiant.

https://larotative.info/avec-la-loi-vidal-de-nouvelles-2631.html

 

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jeanounette
Le 04/03/2018 à 20:48, fleur7 a dit :

Je ne suis pas choquée que les filières aient des attendus. Leur priorité d'ailleurs est l'adéquation entre le bac préparé et la formation proposée. Je trouve par contre dérangeant que les élèves de terminale aient découvert ces attendus en janvier pour une clôture des dossiers en mars. 

c'est choquant entre autre car les attendus relèvent de l "extrascolaire" et que l'on sait très bien que selon les familles l'offre extrascolaire n'est pas la même. L'exemple des séjours à l'étranger par exemple, à lui seul c'est un vrai scandale ! Comme si toutes les familles pouvaient se le permettre ... On va bien assister à une sélection par l'argent et la classe sociale pour l'accès à l'université.

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ronin
Il y a 4 heures, nonau a dit :

Je ne te parle pas de la parodie de "bac" que l'on donne depuis la fin des années 80 sous l'impulsion de la magnifique loi d'orientation de Jospin, mais d'un vrai bac qui faisait office de sélection jusqu'à la fin des années 70...

Tuer le bac c'est tuer un diplôme national sur lequel sont basées toutes les conventions collectives et les grilles salariales. Plus de bac, plus de grilles...Et mise en place de vagues compétences subjectives...

Honnêtement, qui soutiendrait le retour à un taux de réussite autour de 50 % au lieu des 90 % actuels ? les syndicats sont contre, les élèves sont contre, les parents sont contre. On a vendu le diplôme pour tous et le droit à la fac. Va dire à l'UNEF que ce n'est plus possible. Alliance de tous les politiques et syndicats sur le sujet. On gère des flux, point barre.

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nonau
Il y a 9 heures, ronin a dit :

Honnêtement, qui soutiendrait le retour à un taux de réussite autour de 50 % au lieu des 90 % actuels ? les syndicats sont contre, les élèves sont contre, les parents sont contre. On a vendu le diplôme pour tous et le droit à la fac. Va dire à l'UNEF que ce n'est plus possible. Alliance de tous les politiques et syndicats sur le sujet. On gère des flux, point barre.

C'est vrai c'est tellement mieux la sélection par l'argent qui se profile...Car ne soyons pas dupes, ce système va entrainer des bacs à la carte à plusieurs vitesses d'une part, et d'autre part des universités qui sélectionneront (pour le moment, car rapidement nous allons assister à une inflation importante  des coûts d'inscription comme aux EU ou au RU) sur des critères extra scolaires. D'après vous les meilleures universités que vont-elles faire? Ou pour attirer une certaine frange de la population étudiante quels attendus vont-elles mettre en avant? Pourquoi le marché privé de l'orientation se développe -t-il de sorte (conseillers privés, coachs...)?

A la sélection par l'argent ou des "attendus" je préfère celle des connaissances disciplinaires, plus transparente et républicaine.

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ronin

Mais je suis bien d'accord. Seulement dès que l'on parle sélection tout le monde hurle au scandale avec une hypocrisie hallucinante. Toutes les tentatives de mettre en place une sélection républicaine se heurte à un refus total des élèves comme des familles. Donc on fait la sélection autrement... 

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ronin

Ouais. Mais comme c'est seulement consultatif, ça ne change rien.

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jeanounette

certes mais ça montre au moins qu'il y a un rejet.

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nonau

"Les attendus et les chiffres proposés sur Parcoursup sont dissuasifs, voire intimidants, en particulier pour les jeunes de classes populaires et leur famille, plus sensibles aux risques objectifs de la poursuite d’étude", estime le Snes qui relève par exemple la baisse des capacités d'accueil en 2018 en droit (Paris 1 : 640 places cette année, 690 l’an dernier) ou en médecine (en Ile de France : 2900 places de moins que l’an dernier, presque 25%). "Les attendus locaux posent des exigences élevées voire extravagantes, qui ne semblent avoir été conçues par certaines universités que pour leur permettre de faire leur marché parmi les bacheliers", estime le syndicat. Le Snes " appelle les enseignants à ne pas barrer la route aux élèves, à porter en conseil de classe des avis favorables sur toutes les formations anciennement non sélectives". Il invite aussi les professeurs principaux à ne pas renseigner le pavé « éléments d’appréciation » de la fiche Avenir.

http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2018/03/06032018Article636559198285611415.aspx

Qui va lire de manière attentive chaque CV parmi les centaines de milliers qui vont déferler sur les universités? pff

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Nao

Je suis partagée sur ce genre de fonctionnement.

D'un côté ça peut empêcher certains jeunes tout à fait capables d'accéder à un cursus faute d'ouverture culturelle et sociale (et faute d'aisance financière).

D'une autre côté ça fait un tri parmi ceux qui sont là pour une bonne raison et ceux qui sont là faute de mieux ou parce que 'je savais pas trop, je me donne une année sabbatique". Pour en avoir subi pas mal durant mes années universitaires, je me dis que ces gens-là n'auraient jamais du poser une fesse sur un banc d'amphi. De plus, un étudiant coûte cher à l’État. Alors s'il vient à la fac pour jouer les fumistes, je pense au gaspillage de l'argent des contribuables.

Alors pour moi, un tri est impératif, mais autant le dire franchement.

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fleur7

Critères de sélections pour un filière sous tension, une Paces:

- Type de baccalauréat.

- Domaine scientifique : notes dans les matières scientifiques de la série du baccalauréat (mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la terre, ...) en première et terminale.

- Domaine des compétences littéraires et argumentaires :

               - Notes aux épreuves anticipées de français du baccalauréat

               - Notes dans les matières littéraires de la série du baccalauréat (français, philosophie, histoire, sciences économiques et sociales, ...) en première et terminale.

- L'avis du Conseil de Classe de Terminale.

Critères de sélections pour une CPGE MPSI:

Bulletins de première et de terminales, fiche Avenir.

Les professeurs des matières scientifiques (ou le professeur principal) préciseront sur la fiche avenir les capacités de l'étudiant en matière de: 

- Rapidité, rigueur, abstraction et concentration

- Qualité de l'expression orale et écrite, soin apporté aux copies

- Curiosité et participation

- Capacité à augmenter sa charge de travail en classe préparatoire.

Je précise que aucun CV n'est demandé. On peut donc constater que la sélection ne se fait aucunement sur des critères sociaux. 

 

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jeanounette
il y a 38 minutes, Nao a dit :

Je suis partagée sur ce genre de fonctionnement.

D'un côté ça peut empêcher certains jeunes tout à fait capables d'accéder à un cursus faute d'ouverture culturelle et sociale (et faute d'aisance financière).

D'une autre côté ça fait un tri parmi ceux qui sont là pour une bonne raison et ceux qui sont là faute de mieux ou parce que 'je savais pas trop, je me donne une année sabbatique". Pour en avoir subi pas mal durant mes années universitaires, je me dis que ces gens-là n'auraient jamais du poser une fesse sur un banc d'amphi. De plus, un étudiant coûte cher à l’État. Alors s'il vient à la fac pour jouer les fumistes, je pense au gaspillage de l'argent des contribuables.

Alors pour moi, un tri est impératif, mais autant le dire franchement.

Et on en fait quoi des étudiants refusés ? Des chômeurs ? Des exclus qui coûteront à la société de toute façon ?

Le problème c'est la capacité d'accueil des universités qui n'a pas été anticipée, volontairement car cela coûte.

Mais encore une fois penser l'éducation en terme de coût uniquement c'est ne pas comprendre que c'est un investissement pour l'avenir. Je préfère voir des jeunes qui "glandouillent" à la fac car ils en retireront toujours quelque chose plutôt que des jeunes désoeuvrés ou allant grossir les rangs des chômeurs. Quand on an 17 - 20 ans on a le droit de se chercher .

 

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jeanounette
il y a 33 minutes, fleur7 a dit :

Critères de sélections pour un filière sous tension, une Paces:

- Type de baccalauréat.

- Domaine scientifique : notes dans les matières scientifiques de la série du baccalauréat (mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la terre, ...) en première et terminale.

- Domaine des compétences littéraires et argumentaires :

               - Notes aux épreuves anticipées de français du baccalauréat

               - Notes dans les matières littéraires de la série du baccalauréat (français, philosophie, histoire, sciences économiques et sociales, ...) en première et terminale.

- L'avis du Conseil de Classe de Terminale.

Critères de sélections pour une CPGE MPSI:

Bulletins de première et de terminales, fiche Avenir.

Les professeurs des matières scientifiques (ou le professeur principal) préciseront sur la fiche avenir les capacités de l'étudiant en matière de: 

- Rapidité, rigueur, abstraction et concentration

- Qualité de l'expression orale et écrite, soin apporté aux copies

- Curiosité et participation

- Capacité à augmenter sa charge de travail en classe préparatoire.

Je précise que aucun CV n'est demandé. On peut donc constater que la sélection ne se fait aucunement sur des critères sociaux. 

 

Sauf qu'on sait très bien que tous ces attendus, les enfants des catégories les plus favorisées les acquièrent plus facilement. Donc on ferme bien des portes à des élèves qui peut-être ne les ont pas à ce moment là, mais les auraient peut-être développés en étant confrontés au travail demandé par cette filière. Donc on prend le risque de créer des frustrations, des colères, des sentiments d'exclusion qui tôt ou tard se retourneront contre la société entière.

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Nao
il y a 15 minutes, jeanounette a dit :

Et on en fait quoi des étudiants refusés ? Des chômeurs ? Des exclus qui coûteront à la société de toute façon ? Tu extrapoles et tu essaies de me faire dire ce que je ne pense pas. Façon manichéenne de voir les choses, ça me fatigue car ça pourrit la discussion et si je me laissais tenter je t'enverrai balader. Comme je suis en vacances et donc calme, je te dirai que la formation professionnelle est une solution qui conviendrait à beaucoup de ces désœuvrés. Sauf que voilà, on les force à trainer sur une chaise en classe depuis des années alors qu'ils ont peut être besoin d'autre chose et que cet autre chose pourrait leur être proposé bien avant le sacro saint bac.

Le problème c'est la capacité d'accueil des universités qui n'a pas été anticipée, volontairement car cela coûte. Et oui, mon bon monsieur (ma brave dame ?), les finances ne sont pas extensibles à l'infini.

Mais encore une fois penser l'éducation en terme de coût uniquement c'est ne pas comprendre que c'est un investissement pour l'avenir. Je préfère voir des jeunes qui "glandouillent" à la fac car ils en retireront toujours quelque chose plutôt que des jeunes désoeuvrés ou allant grossir les rangs des chômeurs. Quand on an 17 - 20 ans on a le droit de se chercher . Un gosse qui glandouille se cherche peut être mais c'est un coût que l’État ne doit pas permettre selon moi. De plus  ça enquiquine ceux qui sont là pour bosser. Depuis des années on oblige ces derniers à supporter les casses-pieds de service à l'école, au collège, au lycée et ce serait bien à un moment donné, qu'on préserve aussi les bosseurs, qu'on leur assure un moment zen pour atteindre leur objectif. Parce que ces derniers ne sont pas forcément les futurs golden boy nantis de France, ce sont aussi des gens qui se financent seuls et qui se débrouillent comme ils le peuvent. Parfois même ils appartiennent à cette catégorie sociale qui galère et qui veut s'en sortir.

 

 

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jeanounette
il y a 11 minutes, Nao a dit :

 

La formation professionnelle il me semble que tu en bénéficies quand tu es déjà salarié. Là on parle de jeunes qui sortent du lycée.

"Les finances ne sont pas extensibles à l'infini" : le discours ambiant passe bien à ce que je vois. De l'argent il y en a mais on le redistribue aux plus riches .

Tu mélanges les "casse pieds" et les potentiels étudiants qui n'ont pas ce profil mais qui se verront fermer quand même les portes de la fac .

Merci de m'accuser de pourrir le débat uniquement parce que je ne suis pas d'accord avec ton discours.

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fleur7
il y a 28 minutes, jeanounette a dit :

Sauf qu'on sait très bien que tous ces attendus, les enfants des catégories les plus favorisées les acquièrent plus facilement. Donc on ferme bien des portes à des élèves qui peut-être ne les ont pas à ce moment là, mais les auraient peut-être développés en étant confrontés au travail demandé par cette filière. Donc on prend le risque de créer des frustrations, des colères, des sentiments d'exclusion qui tôt ou tard se retourneront contre la société entière.

Dans de nombreux lycées en zone défavorisées des partenariats sont créés permettant des passerelles avec des écoles sélectives telles que l'INSA... Des places sont réservées aussi aux boursiers. Je considère que les élèves quelque soit leur environnement familial sont informés dès la seconde (et même avant) de l'orientation. Il y a des heures consacrées à ça au collège et au lycée, des journées organisées... Je rajouterai que grandir c'est accepter de vivre avec des frustrations...

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jeanounette
il y a une heure, fleur7 a dit :

Dans de nombreux lycées en zone défavorisées des partenariats sont créés permettant des passerelles avec des écoles sélectives telles que l'INSA... Des places sont réservées aussi aux boursiers. Je considère que les élèves quelque soit leur environnement familial sont informés dès la seconde (et même avant) de l'orientation. Il y a des heures consacrées à ça au collège et au lycée, des journées organisées... Je rajouterai que grandir c'est accepter de vivre avec des frustrations...

Des études ont pourtant prouvé que plus l'élève est issu de catégorie favorisée plus il est au courant des rouages et de la manière de fonctionner du système.

Les heures d'orientation au collège ou au lycée sont réduites à peau de chagrin et ça ne va pas aller mieux c'est bien pour ça que les offres de coach personnalisées et payantes fleurissent.

Citation

Un sociologue franchement opposé à Bourdieu (le chouchou des profs de gauche dit-on) a montré le danger de multiplier les bifurcations dans le système scolaire pour les enfants issus des familles modestes. Boudon a pris l’image de la gare de triage, de l’aiguillage. Quand on multiplie les choix, ce sont ceux qui connaissent le mieux le système, ceux qui ont les meilleurs réseaux qui font les meilleurs choix. Les autres, issus de familles modestes ont tendance à s’autocensurer, mais peut-être touche-t-on là un des  points fondamentaux (caché) des réformes qui se dessinent. Le summum de la domination, c’est de convaincre les dominés que leur sort est mérité, normal!

http://enseigner.blog.lemonde.fr/2018/02/02/la-reforme-du-lycee-et-le-syndrome-de-lotarie/

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nonau
Il y a 3 heures, Nao a dit :

 

Je suis assez d'accord mais alors pourquoi avoir prétendu que 80% d'une classe d'âge avec un bac était une grande avancée pour la société? Pour dire ensuite qu'il n'y avait plus de places pour tout le monde? C'est quoi la logique là dedans?

C'est bien la Loi Jospin qui sur l'ensemble de ses aspects à échoué (bac pour 80% d'une classe d'âge, création des IUFM au détriment des Ecoles Normales, fin du logement de fonction et de la retraite à 55 ans pour les instits, l'élève au centre des apprentissages et cie!!)

 

 

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Nao
Il y a 7 heures, jeanounette a dit :

La formation professionnelle il me semble que tu en bénéficies quand tu es déjà salarié. Là on parle de jeunes qui sortent du lycée. C'est du chipotage ! je parlais de la formation pro dès 14 ou 16 ans.

"Les finances ne sont pas extensibles à l'infini" : le discours ambiant passe bien à ce que je vois. Et oui, que veux-tu, JP pernaud est mon idole. :dry:De l'argent il y en a mais on le redistribue aux plus riches . Encore une fois, qui dit le contraire ? Les finances publiques n'ont pas à être dépensées pour ceux qui n'apporteront rien au pays, que ce soit des riches ou des pauvres.

Tu mélanges les "casse pieds" et les potentiels étudiants qui n'ont pas ce profil mais qui se verront fermer quand même les portes de la fac . Après m'être relue ce soir, je le reconnais, oui.

Merci de m'accuser de pourrir le débat uniquement parce que je ne suis pas d'accord avec ton discours.

Non, je t'accuse de cela parce que tu présentes une situation noire ou blanche et c'est exactement le genre de rhétorique servie dans des discours politiques destinés à faire peur. On doit sortir de là. Je ne suis pas naïve : je ne crois pas une seule seconde que le gouvernement actuel ait la volonté d'améliorer l'efficacité humaine du système avec ses réformes. Cela dit je pense que réformer est nécessaire et depuis longtemps.

Comme le dit Nonau, le taux de réussite au bac de 80% n'a plus aucun sens. Il n'en a jamais eu puisque beaucoup de jeunes sortent du système avec un bac et puis.... ben rien. Ce système a montré de très grosses faiblesses et on l'a laissé perdurer jusqu'à aujourd'hui. La situation est devenue grotesque et pour s'en sortir, on nous propose du grotesque aussi puisque le taux de réussite au bac augmente et que la sélection pré universitaire s'installe.

Proposons un système où la formation pro retrouve ses lettres de noblesse et n'est plus une impasse réservée aux élèves en grande difficulté. Les classes de lycée seraient délestées d'élèves qui n'y ont pas leur place, ce qui les rend malheureux et qui peut finir par les amener à la révolte. Le bac retrouverait une valeur. Alors ça couterait un fric fou, c'est clair. Mais ce serait un réel investissement pour le pays et ça ne serait pas une partie de nos impôts partis en l'air pour "des jeunes qui se cherchent".

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nonau
il y a 57 minutes, Nao a dit :

Non, je t'accuse de cela parce que tu présentes une situation noire ou blanche et c'est exactement le genre de rhétorique servie dans des discours politiques destinés à faire peur. On doit sortir de là. Je ne suis pas naïve : je ne crois pas une seule seconde que le gouvernement actuel ait la volonté d'améliorer l'efficacité humaine du système avec ses réformes. Cela dit je pense que réformer est nécessaire et depuis longtemps.

Comme le dit Nonau, le taux de réussite au bac de 80% n'a plus aucun sens. Il n'en a jamais eu puisque beaucoup de jeunes sortent du système avec un bac et puis.... ben rien. Ce système a montré de très grosses faiblesses et on l'a laissé perdurer jusqu'à aujourd'hui. La situation est devenue grotesque et pour s'en sortir, on nous propose du grotesque aussi puisque le taux de réussite au bac augmente et que la sélection pré universitaire s'installe.

Proposons un système où la formation pro retrouve ses lettres de noblesse et n'est plus une impasse réservée aux élèves en grande difficulté. Les classes de lycée seraient délestées d'élèves qui n'y ont pas leur place, ce qui les rend malheureux et qui peut finir par les amener à la révolte. Le bac retrouverait une valeur. Alors ça couterait un fric fou, c'est clair. Mais ce serait un réel investissement pour le pays et ça ne serait pas une partie de nos impôts partis en l'air pour "des jeunes qui se cherchent".

J'aimerais aussi que la voie pro. retrouve ses lettres de noblesse mais la volonté politique ne va pas dans ce sens. Il faudrait revoir le collège unique, et retrouver des CES où l'on pouvait découvrir la menuiserie, la mécanique etc...A l'heure actuelle seules les SEGPA mènent à un CFA! Et encore, les élèves ne peuvent plus tenir un outil dangereux, donc plus de menuiserie, de mécanique...

Il y a les beaux discours politiciens et il y a la réalité!

 

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jeanounette

Améliorer la filière pro oui bien sûr mais que l'obtention d'un bac pro ne permette pas d'aller à la fac, non .

On peut avoir choisi ou avoir été aiguillé en filière pro à 14, 15 ou 16 ans et souhaiter après se réorienter vers une filière universitaire compte tenu du fait que cette orientation se fait à un très jeune âge.

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nonau

Bac : Le décret affaiblit le diplôme national 

Nouveau bac: la note de contrôle continue laissé à l'appréciation du CDE...
 
Mais ce qui est le plus surprenant c'est que , selon l'article 8 de l'arrêté, si les professeurs vont bien corriger les copies c'est le seul chef d'établissement qui arrêtera la note de controle continu. "A partir des notes des trois séries d’épreuves communes et de l’évaluation chiffrée des résultats au cours du cycle terminal, le chef d’établissement fait une proposition de note globale de contrôle continu, pour chaque élève et pour chaque enseignement concerné, qui ne devient définitive qu’après la délibération du jury de l’examen du baccalauréat". Cette disposition, qui a une utilité technique de centralisation, sera probablement négativement ressentie par les enseignants. Et il est vrai qu'elle ouvre la porte à toutes les manipulations liées aux politiques d'établissement dans un système éducatif de plus en plus concurrentiel.
Rien ne vaut un bon examen anonymé ou un concours qu'un pseudo diplôme basé sur de vagues compétences obtenus dans un contexte pas très objectif et opaque...D'ailleurs les meilleures écoles conservent leurs concours...

 

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