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Faire respecter sa personne, ses droits et sa fonction


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blacknader
il y a 51 minutes, jeanounette a dit :

Sauf que c'est bien ce que demande la députée LREM " Un chef d'établissement du premier degré", c'est pas moi qui l'invente !

Pour le reste je n'ai jamais dit que les directeurs n'avaient pas besoin d'aide que ce soit pour le secrétariat ou autres tâches.

Je te rejoignais totalement dans ton message, c'est pour cela que je l'ai cité.

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Dans l’Académie de Nice, un collègue s’est suicidé samedi 21 septembre. C’est avec une grande émotion que nous avons appris le choix tragique qu’avait fait, Frédéric Boulé, ce professeur de SVT au CIV

Un professeur de philo rend hommage à la directrice qui s’est suicidée     Elle s’appelait Renon. Christine Renon. Depuis quelques jours, le monde enseignant est

Et Fred, qui surgit toujours du bois pour des attaques personnelles ... Ça fait plus de 20 ans qu'on nous rebat les oreilles (y compris au sein de la profession et par ceux qui sont sensés nous r

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blacknader
il y a 43 minutes, bdisse a dit :

Dans tout ce qui est cité là, y'a quand même un paquet de chose qu'un directeur n'est pas obligé de faire. Et pour le reste, il y a les décharges. Il faut aussi apprendre à dé-lé-guer. Pour le téléphone, il y a le répondeur. Pour le courrier et les appels aux parents, il y a les récrés ; le Kévin, il a un PE qui peut appeler les parents lui-même, et pour le collegue absent, c'est pas au directeur de prendre la classe. Il y a des remplaçants, sinon on réparti dans les classes. Alors oui, directeur, c'est du boulot mais d'une part personne ne t'oblige à prendre le poste et d'autre part il y a des compensations (NBI et prime entre autres) , tu n'es pas obligé de tout faire. Moi, je suis directeur 6 classes, 1/4 de décharge et franchement, je me pète pas une durite tous les jours. Moi, j'en ai assez d'entendre les directeurs déchargés à temps plein se plaindre, ils devraient regarder comment ça se passe dans les classes des adjoints. Ils n'ont pas des journées faciles.

Grosse blague ?? 

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Torque

Un professeur de philo rend hommage à la directrice qui s’est suicidée

 
 
Elle s’appelait Renon. Christine Renon. Depuis quelques jours, le monde enseignant est

Elle s’appelait Renon. Christine Renon. Depuis quelques jours, le monde enseignant est ébranlé par son histoire. Elle était directrice d’école à Pantin. Elle s’est suicidée et son corps a été
découvert dans l’entrée de son école, un lundi matin. Un lundi matin. Elle a choisi de révéler sa
décision d’en finir avec la vie à l’heure et au jour de la semaine où l’école commence. Dans l’entrée de son école. L’entrée de l’école est un lieu hautement symbolique. Ce n’est pas qu’un lieu
d’accueil, c’est un rite de passage. Elle a quitté le monde par là où les enfants entrent dans celui de l’école.

Ce qui frappe dans la lettre qu’elle a écrite, c’est la très grande dignité, et -il faut relever le
paradoxe- la très grande force de cette dame qui se dira elle-même « épuisée ». C’est une lettre de
directrice d’école. Elle en a les mots, le vocabulaire, la posture, même. C’est presque un courrier
officiel. De ces offices, malheureusement, qu’on ne remplit qu’on fois, la dernière. Le courrier est à
en-tête de l’éducation nationale, daté du 21/09/2019. Il déclare, à gauche : « Affaire suivie par :
Christine Renon, Directrice d’école. » Il faut se rendre à l’évidence, et rendre ce dernier respect dû
à la personne : ce geste fatal n’est pas l’oeuvre d’une âme solitaire fragile affectée par un malheur
privé. C’est un geste officiel et signé, le geste d’une directrice d’école qui a gardé sa foi mais a
perdu ses forces et finalement sa vie dans l’impossible exercice de ses fonctions.

De fait, une question se pose, terrible, oppressante, mais inévitable : Qu’est-ce qui a tué
Christine Renon ? Dans sa lettre, dernier acte d’une directrice de l’école de la République, elle se
garde bien d’accabler des personnes. C’est tout à son honneur, un honneur qui la suivra jusque dans son geste fatal. Nous aurions pu avoir un dernier cri de rage, de haine, libéré des entraves de la bienséance. Nous aurions pu avoir des injures, des noms d’oiseaux, des accablements, des
accusations ; nous avons une analyse froide, terrible, de son métier, ou plutôt du non-métier qu’il est devenu, une liste à la Prévert des absurdités d’un système qui broie nerveusement les personnes.
La directrice énumère des tâches fastidieuses, chronophages, épuisantes : Mais ce n’est
certainement pas la charge de travail qui a épuisé cette directrice, décrite au contraire comme
extrêmement impliquée et dévouée, c’est le sens où plutôt le non-sens de ce travail. Elle n’a pas été affectée par une trop grande charge de travail. Elle a été brisée par l’absurdité de ces multiples missions, par l’impossibilité de leur donner un sens et par la solitude face à un océan de responsabilités et le manque de reconnaissance. La solitude tue. Le mépris tue. L’absurdité tue. L’insensé tue.

Donnez à un être humain un travail qui n’a aucun sens ; un travail démultiplié en de
nombreuses tâches dont aucune n’a de sens (par exemple, de remplir méticuleusement et
incessamment un carnet, un cahier, un livret, un fichier, un tableur, un formulaire que personne ne
lira) ; laissez sa bonne volonté se briser sur tous ces écueils ; donnez-lui toutes les responsabilités, même les plus perturbantes moralement (comme d’avertir des parents d’une accusation d’attouchement sexuel porté contre leur enfant) ; laissez-le seul face à toutes ces responsabilités ; seul, cela est très important : seul, et qu’il décide de tout dans l’instant ; seul, ne le soutenez pas ; s’il réussit, c’est grâce au système ; s’il échoue, c’est de sa faute ; ne le défendez jamais ; une erreur peut effacer mille succès ; restez sourd aux compliments que l’on porte sur lui ; si on se plaint de lui, accordez-y le plus grand crédit ; s’il se plaint, mettez-le en cause ; s’il alerte, enquêtez sur lui ; culpabilisez-le enfin, culpabilisez-le toujours : vous aurez la recette parfaite pour « épuiser » un être humain au travail et lui ôter sa force vive. Et s’il meurt, jetez sur cette mort une chape de plomb. Au suivant !

Mais ce que révèle cette lettre, ce n’est pas seulement que les conditions de travail de cette
directrice étaient particulièrement difficiles à Pantin : ce n’est pas un seulement cri local, localisé,
circonscrit. Elle révèle l’absurdité d’un système tout entier, une absurdité érigée en système. Les
protocoles, les procédures, les manières, « la violence de l’immédiateté » dont elle parle concernent tout le territoire. Et si l’histoire de cette directrice émeut le monde éducatif, c’est parce que chaque directeur, chaque enseignant, d’école, de collège, de lycée se reconnaît en elle. Car il y a beaucoup de Christine Renon. Et il y en a ici même, sur nos cieux lointains de l’île de la Réunion. Je croise des directeurs, des enseignants, qui me disent avoir été profondément touchés, émus, ébranlés par cette lettre dans laquelle ils se sont tous reconnus.

Terrible conclusion que clame ce courrier : la directrice d’école a été tuée par l’école à qui
elle a donné sa vie, au sens propre du terme. Non pas certes l’école fantasmée et rêvée, mais le
système Kafkaïen qu’elle est selon elle devenue. Un système où plus aucune des tâches assignées n’a de finalité, où les directeurs et les enseignants ne comprennent plus à quoi ils servent, où ils ne se sentent plus reconnus ou soutenus, où ils se sentent parfois méprisés, où les bonnes volontés se brisent sur des procédures déshumanisées, lorsqu’elles ne sont pas implicitement les cibles de l’administration.

Cependant ce système tient, se maintient. Comme une vieille bagnole qui a eu ses heures de
gloire. J’ai connu un ami qui avait réparé sa voiture en démontant son moteur, qu’il avait remonté
en oubliant des pièces. La voiture roulait toujours, et il ignorait à quoi servaient ces pièces. Mais ces pièces oubliées, dans notre école, ce sont des êtres humains, des êtres humains qui crèvent de ne plus savoir à quoi ils servent. « À la fin de la journée, on ne sait plus trop ce que l’on a fait », lit-on dans la lettre. S’il en est ainsi, c’est parce que l’école a cessé d’être une institution pour devenir une machine. Une machine qui fonctionne encore, même en broyant certains de ses meilleurs engrenages. « L’idée est de ne pas faire de vague et de sacrifier les naufragés dans la tempête » écrit encore la directrice. La formule est cinglante, glaçante. Ce pourrait être une triste devise. À inscrire au fronton des instituts de formation des enseignants (INSPE, ex-ESPE, ex-IUFM) : « pas de vague ». C’est en ce sens qu’il ne faut pas inverser le diagnostic : la directrice n’est pas morte parce qu’elle n’allait pas bien ; elle est morte parce que l’école ne va pas bien. La souffrance de cette femme est le symptôme ou le signe d’un système malade ; sa mort en est désormais le symbole.

Malheureusement, il est une autre vérité qu’il faut poser, et qu’il ne fait pas bon poser. C’est que cette mort tragique ne changera rien au système. S’il est une particularité d’un système de type
Kafkaïen (c’est-à-dire qui décrète lui-même ses propres succès et nie ses échecs et leurs
symptômes), c’est la capacité non à se réparer ou à corriger ses failles mais à se retourner contre
tous ceux qui dévoilent ses failles. En ce sens, la lettre rappelle que notre école reste et demeure
l’une des meilleures du monde, à n’en pas douter. C’est en ce sens que le titre de notre article
déclare que la directrice est morte « sans faire de vagues ». Elle ne fera pas de vague salutaire
institutionnelle. Mais il faut toutefois corriger ce titre. Il est urgent de le corriger. Car Madame
Christine Renon, directrice de l’école Méhul de Pantin, est bien morte en produisant une vague, une vague immense, sourde, mais puissante, de celles dont on ignore les destinées : elle a produit une vague d’émotion, émotion sincère, une émotion d’âme à âme, de coeur à coeur, une émotion qui étreint les directeurs, comme elle, les enseignants, les parents, les enfants, une vague dont l’épicentre est à Pantin, 30, Rue Méhul, mais dont les ondes se propagent dans toute la France et dans bien des pensées.

Soutien à la famille. Soutien aux parents. Soutien aux collègues. Je ne sais où vous trouvez
le courage de reprendre le travail dans de telles conditions tragiques ; certainement dans son
exemple. Elle a choisi seule son dernier chemin, mais elle est maintenant votre modèle. Trouvez la force de protéger vos enfants et vos élèves de la tragédie. Notre école ne demeure encore humaine que parce que vous y portez votre humanité.

Thierry LAUDE, professeur de Philosophie

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montagny
Il y a 12 heures, bdisse a dit :

Dans tout ce qui est cité là, y'a quand même un paquet de chose qu'un directeur n'est pas obligé de faire. Et pour le reste, il y a les décharges. Il faut aussi apprendre à dé-lé-guer. Pour le téléphone, il y a le répondeur. Pour le courrier et les appels aux parents, il y a les récrés ; le Kévin, il a un PE qui peut appeler les parents lui-même, et pour le collegue absent, c'est pas au directeur de prendre la classe. Il y a des remplaçants, sinon on réparti dans les classes. Alors oui, directeur, c'est du boulot mais d'une part personne ne t'oblige à prendre le poste et d'autre part il y a des compensations (NBI et prime entre autres) , tu n'es pas obligé de tout faire. Moi, je suis directeur 6 classes, 1/4 de décharge et franchement, je me pète pas une durite tous les jours. Moi, j'en ai assez d'entendre les directeurs déchargés à temps plein se plaindre, ils devraient regarder comment ça se passe dans les classes des adjoints. Ils n'ont pas des journées faciles.

avec toi qui ose tout, on n'est pas prêt d'oublier les citations d'Audiard....:angel_not:

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jeanounette
il y a 5 minutes, montagny a dit :

avec toi qui ose tout, on n'est pas prêt d'oublier les citations d'Audiard....:angel_not:

A bout d'arguments Montagny ? 🤬

bdisse a parfaitement raison : le directeur n'est pas là pour remplacer les collègues, pas là pour appeler les familles en urgence, bref pas là au service des adjoints même avec une décharge complète.

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15 minutes ago, montagny said:

avec toi qui ose tout, on n'est pas prêt d'oublier les citations d'Audiard....:angel_not:

Alors n'oublie pas ton vogalène !  Reflechis deux minutes. Comment peut-on aimer se faire du mal à ce point là. Tu ne supportes plus la charge que t'impose la direction . Et bien laisse tomber. Tu retournes dans ta classe et basta. Tu refiles le bébé à quelqu'un d'autre. Alors oui, c'est terrible ce qui s'est passé à Meulin mais excuse moi de te dire que c'est surtout un beau gâchis. Aucun travail ne mérite qu'on meurt pour lui.

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Bdisse, si tu arrives très bien avec ton quart de décharge à ne pas t'épuiser, je suis contente pour toi, mais je trouve au minimum très délicat de dire aux autres personnes (directeurs et autres) que finalement c’est leur faute si elles n'y arrivent pas. Pour revenir à ton message, et je ne prétends pas faire la liste exhaustive des tâches de direction que tu connais:

Téléphone: répondeur . Oui mais qui relève les messages et suit les affaires (relance, suivi, réponse...) ?

Courrier et appel pendant la récréation: je suis de services comme les collègues pas de passe droit

Répartition des classes: ton "on" c'est qui ? Chez moi ben, c'est moi ! Donc je cours entre la répartition, l'appel à l'inspection, la nouvelle aux parents du collègue absent, la répartition, la gestion avec la cantine et ma propre classe.

Ce ne sont que des exemples bien sûr. Sur la fin, totalement d'accord aucun travail ne mérite qu'on meurt comme lui, mais comme aucun chagrin d'amour, aucun souci financier...On peut le décréter mais que peut-on faire concrètement ? 

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Il y a 12 heures, bdisse a dit :

Dans tout ce qui est cité là, y'a quand même un paquet de chose qu'un directeur n'est pas obligé de faire. Et pour le reste, il y a les décharges. Il faut aussi apprendre à dé-lé-guer. Pour le téléphone, il y a le répondeur. Pour le courrier et les appels aux parents, il y a les récrés ; le Kévin, il a un PE qui peut appeler les parents lui-même, et pour le collegue absent, c'est pas au directeur de prendre la classe. Il y a des remplaçants, sinon on réparti dans les classes. Alors oui, directeur, c'est du boulot mais d'une part personne ne t'oblige à prendre le poste et d'autre part il y a des compensations (NBI et prime entre autres) , tu n'es pas obligé de tout faire. Moi, je suis directeur 6 classes, 1/4 de décharge et franchement, je me pète pas une durite tous les jours. Moi, j'en ai assez d'entendre les directeurs déchargés à temps plein se plaindre, ils devraient regarder comment ça se passe dans les classes des adjoints. Ils n'ont pas des journées faciles.

Tout à fait d'accord. J'ai connu dans ma longue carrière un grand nombre de directeurs et directrices. Tous avaient beaucoup de boulot, c'est indéniable. Mais certains se noyaient dans un verre d'eau, et d'autres savaient nous laisser faire nous-mêmes les mots pour la piscine, les appels aux parents, les appels à l'orthophoniste et au médecin scolaire, et les compte-rendus des réunions.

A force de dire et d'écrire que la vie d'un directeur est un véritable enfer, certains ont fini par le croire. Personne n'est obligé de prendre une direction, tout de même...

Je me souviens d'une directrice qui m'a remonté les bretelles devant toute l'équipe parce que j'avais corrigé au blanco le planning des services du couloir, qui était erroné pour ce qui me concernait. "Tu veux prendre ma place ?". 

Je pense à certains autres qui se débattaient avec la bureautique, qui ne savaient pas utiliser les fonctions les plus simples de word et d'excel. Pourquoi ne pas demander à un adjoint qui s'y connaît ? (moi, en l’occurrence). Ben non, ça fait des années que je retape mes listes d'élèves, parce que pas un n'a trouvé comment exporter une liste de base élève. 

J'ai actuellement une directrice vraiment top. Je ne la vois pas passer ses nuits à l'école. Elle a de nombreuses activités sportives et culturelles, et deux enfants d'âge scolaire. Il n'y a pas que des situations désespérées de directeurs au bord du burn out. 

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Dans ce métier, dès qu'on dit qu'on l'aime et qu'on le gère bien, on passe pour un glandu. 

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Goëllette
il y a 18 minutes, bdisse a dit :

Alors oui, c'est terrible ce qui s'est passé à Meulin

Que s'est-il passé à Meulin ?

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il y a 11 minutes, maolecha a dit :

 

Courrier et appel pendant la récréation: je suis de services comme les collègues pas de passe droit

Répartition des classes: ton "on" c'est qui ? Chez moi ben, c'est moi ! Donc je cours entre la répartition, l'appel à l'inspection, la nouvelle aux parents du collègue absent, la répartition, la gestion avec la cantine et ma propre classe.

 

Aucune obligation pour un directeur de surveiller les récrés. Et la cantine ne fait pas partie de nos attributions. 

A part ça, une entreprise où le personnel "se met" souvent en maladie, c'est une entreprise avec une mauvaise ambiance. On doit pouvoir travailler là-dessus. Je ne dis pas que c'est dû au directeur, loin de là. Mais quand l'ambiance est bonne, c'est qu'on a un bon directeur. C'est un peu le père de famille d'une école. 

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Cela m'intéresse,  (même si je trouve important pour moi, pas de cas général, d'être dehors avec mes collègues pour ne pas être "coupée" de la vie de l'école et être au contact avec mes élèves de cP) le directeur n'a pas à assurer comme ses collègues la surveillance de recréation ? Il peut ne pas figurer sur le planning des services ?

Pour la cantine, cela dépend des communes: l'annulation du repas doit être faite rapidement et il faut bien une liste des élèves répartis au service périscoalire. Je peux aussi dire on laisse faire et regarder le bazar monumental.

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Goëllette

Pour ce qui est de la direction d'école, pour avoir exercé la fonction (dans des temps où il y avait moins de tracas pourtant), ce ne sont pas les charges "pratiques" qui usent mais principalement ... les collègues : ceux qui t'expliquent continuellement ce que tu dois faire et ne pas faire, qui refusent d'appliquer les textes et qui, quand tu es fatiguée et l'exprimes, quand tu leur refuse d'appliquer le "droit coutumier" à la place de la loi, te répliques que tu n'avais qu'à pas embrasser la fonction puisque tu n'es visiblement pas faite pour ça.

Donc je suis très choquée que des collègues, sur un sujet traitant du respect, qui plus est après un événement aussi tragique, se permettent des commentaires aussi moches.

S'il vous plait, allez en discuter ailleurs.

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jeanounette
il y a 8 minutes, edithw a dit :

Aucune obligation pour un directeur de surveiller les récrés. Et la cantine ne fait pas partie de nos attributions. 

A part ça, une entreprise où le personnel "se met" souvent en maladie, c'est une entreprise avec une mauvaise ambiance. On doit pouvoir travailler là-dessus. Je ne dis pas que c'est dû au directeur, loin de là. Mais quand l'ambiance est bonne, c'est qu'on a un bon directeur. C'est un peu le père de famille d'une école. 

Voilà !

Ici les directeurs sont tous aussi directeurs sur le temps de cantine et périscolaire (facultatif) , rémunérés par la mairie. Alors quand ils militaient pour qu'eux ne fassent pas l'APC, comment dire ...  ? Je trouvais ça indécent.

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Mirobolande
il y a 26 minutes, edithw a dit :

Il n'y a pas que des situations désespérées de directeurs au bord du burn out. 

Pauvre Christine Renon.

Goëllette pour une fois je suis d'accord avec toi. En gros elle s'est suicidée parce qu'elle s'est noyée dans un verre d'eau. Ou parce qu'elle ne savait pas faire. C'est navrant. 

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il y a 1 minute, Mirobolande a dit :

Pauvre Christine Renon.

On est d'accord. Mais évitons d'en faire une généralité.

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montagny

Merci à Marc pour ce texte

J’aime mon métier ! Je l’ai choisi. Je n’y renoncerai pas ! Mais est-ce une raison ?
Quand on vous dit qu’il y a comme un petit souci !
Notre ami Philippe Ferreira  par un simple exemple (l'idée est connue, mais celui-ci est précis), montre l’absurdité de la situation :
« Collège Viala d'Avignon 298 élèves 1 chef d'établissement à temps plein, 1 secrétariat , 1 CPE à temps plein , des surveillants 1 gestionnaire…
École élémentaire Sainte Catherine à Avignon 304 élèves 1 directeur chargé de classe à mi-temps et puis rien.....
Chercher l'erreur M le Ministre de l’Éducation Nationale »
Nous connaissons toutes et tous notre quotidien, que ce soit sur Dirlos et Dirlettes dans une galère ou sur GDID, un relevé des tâches avait été réalisé… long comme Le Bras d’Elastic Girl…
Ouverture sans arrêt du portail et de l’école pour les prises en charge, du suivi des commandes scolaires, des relances des différents services municipaux pour l’entretien courant, les fuites, les réparations, la sécurité, des réponses courtoises aux parents pour la cantine (c’est pas moi, mais je réponds, comment savoir l’objet d’un appel avant de répondre ?), la maternelle (c’est pas moi, mais je réponds, etc...), pour les rassurer, pour souhaiter bon rétablissement au petit malade, pour préparer les certificats de scolarité parce que le premier est perdu, pour prévenir la maîtresse que je sais plus quoi, des lectures de 124 mels dont tant sont des publicités et tant des mels importants parfois à échéance du lendemain (13 collègues à concerter, facile, en 3 minutes ma bonne dame), des réponses au téléphone entre midi et deux ou juste à 18h quand tu dois partir (8h-18h ça fait 10h non stop, je ne mange que rarement à midi, 4 jours par semaine, d’accord sur 36 semaines), des ... il y en a tant !!!
Oui, j’aime mon métier ! Je l’ai choisi. Je n’y renoncerai pas ! J’aime mes 311 élèves, mes collègues au top, vraiment, mes AVS (ou AESH) qui bravent chaque jour la précarité, j’aime ce nouveau projet d’UEEA accueillant 7 enfants autistes dans mon école dans un flou administratif qui ne nous empêche pas d’inventer pour fonctionner, pour eux, j’aime accueillir les parents, j’aime organiser l’école pour que le familles s’y sentent bien et que les enfants aient envie d’apprendre. J’aime trop ma vie professionnelle ! �Mais est-ce une raison pour dénigrer mon métier ? Est-ce une raison pour abandonner les plus faibles d’entre nous (qui n’a pas un jour flanché dans sa vie) ? Est-ce une raison pour que certains d’entre nous supportent l’autoritarisme irréglementaire de certains IEN voire de certains DASEN ?
Est-ce une raison pour garder le silence (et l’absence) face à la disparition brutale d’une collègue qui craque au dernier degré ???
A coté de ça, on ne trouve pas mieux que de balancer une grève, non unitaire, et principalement décidée par ceux-là même des syndicats qui ont une part de responsabilité dans l’immobilisme de notre situation…
Une grève ??? Et puis quoi encore ? Alors qu’au contraire il nous faut encore et encore convaincre les familles du bien fondé de notre colère et de notre tristesse… Alors même que ces grèves régulières et à répétition ont contribué au long de ces dernières années à nous décrédibiliser en tant que fonctionnaires…
Alain Rei et le GDID ont fait de belles propositions d’actions, avec des photos ; Fab et l’équipe de Dirlos et Dirlettes ont écrit un courrier tout sauf polémique qui montre notre volonté de nous soutenir sans nous taire, et dans l’amour de notre métier…
Alors oui, mon école est (encore) en deuil, c’est marqué à l’entrée, en A3, et j’aurai jeudi un brassard noir. Et j’expliquerai pourquoi à mes parents. Et je continuerai d’accueillir mes 311 élèves avec le sourire, avec un petit mot pour telle ou tel, et à souhaiter bonne journée aux parents qui repartent après avoir déposé la perle de leur vie entre mes mains.
Parce que c’est pour cela que je me lève chaque matin.
Même si j’aurai le coeur lourd, même si je refuse de me laisser faire, même et surtout si je refuse la fatalité.
Et si au GDID ou avec les Dirlos-lettes on est des Don Quichote, et ben tant pis. Sur le cheval éflanqué de ma mission, je continuerai à braver les moulins de l’adversité !
 

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montagny

https://theconversation.com/directeurs-decoles-primaires-un-statut-source-de-mal-etre-124454?fbclid=IwAR0xJEH0yrCFmZWJtjeJCALzqESj7r8i6vwyhDST08G1BVlq4kgZaycpxz0

dans nos propres recherches portant sur un échantillon national contrôlé de près de 6 000 enseignants du primaire dont 2 221 directeurs et directrices, les deux tiers des enseignants refusent l’idée d’un statut hiérarchique des directions d’école. À l’inverse la même proportion de deux tiers des directeurs réclame ce statut.

On pourrait y voir là un conflit de pouvoir classique où les enseignants « résisteraient » à une hiérarchie malveillante et où à l’inverse les directeurs en quête éperdue d’une amélioration statutaire et salariale seraient prêts à pactiser avec cette même hiérarchie, voire à en devenir le représentant sous la figure honnie et maintes fois évoquée dans nos travaux du « petit chef ».

Ce n’est pas aussi simple parce que c’est oublier les souffrances réelles des directeurs. Elles ne sont pas que réclamation d’un « statut », qui ne réglerait sans doute pas ces difficultés. Ces difficultés sont à la fois une réelle question de moyens, mais surtout une question de légitimité et de clarification idéologique, nécessitant une véritable mise à plat des relations de pouvoir au sein de l’institution.

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jeanounette

C'est vrai que le supérieur hiérarchique dans les collèges lycées c'est tellement bien, ça met tellement l'ambiance dans les établissements et tout s'y passe comme dans un rêve : plus aucun problème, demandez au secondaire, c'est la vie rêvée !  😁

Tant qu'à faire comme dans le secondaire, alors réclamons aussi : des infirmiers dans les écoles, des PE dans les BCD, des surveillants en plus pour les récrés et les entrées -sorties, ça me paraît bien plus utile comme combat.

Ouvrons les yeux : ils ont surchargé les directeurs de tâches inutiles et chronophages pour mieux justifier un statut de chef d'établissement, qui viendra tôt ou tard si on dit rien.

Se servir de la mort de la collègue pour relancer le truc ... 😱

 

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montagny
il y a 2 minutes, jeanounette a dit :

Tant qu'à faire comme dans le secondaire, alors réclamons aussi : des infirmiers dans les écoles, des PE dans les BCD, des surveillants en plus pour les récrés et les entrées -sorties, ça me paraît bien plus utile comme combat.

Collège Viala d'Avignon 298 élèves 1 chef d'établissement à temps plein, 1 secrétariat , 1 CPE à temps plein , des surveillants 1 gestionnaire…
École élémentaire Sainte Catherine à Avignon 304 élèves 1 directeur chargé de classe à mi-temps et puis rien.....

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Torque

Dans l’Académie de Nice, un collègue s’est suicidé samedi 21 septembre. C’est avec une grande émotion que nous avons appris le choix tragique qu’avait fait, Frédéric Boulé, ce professeur de SVT au CIV de Valbonne, tant apprécié de ses collègues et élèves. Le SNES-FSU de Nice a adressé toutes ses condoléances à la famille, à ses amis et à ses collègues.
Cet enseignant s’est donné la mort cinq jours après avoir rencontré le médecin de prévention du Rectorat. Comment un seul médecin pour tout le département des Alpes Maritimes pourrait-il avoir le temps et les solutions adaptées à toutes les problématiques rencontrées ! L’absence d’aménagement des fins de carrière, l’absence d’une véritable médecine du travail, l’absence de possibilité de reconversion : tous ces manques peuvent, hélas, conduire à des situations désespérées.

https://nice.snes.edu/Hommage-a-nos-collegues.html?fbclid=IwAR2d40Fgqa_HFlci_WvzsUYtEMFwA-7Rudwy6fbim46Fe9YZMtPjIQWvxVA

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J'espère que demain partout en France les PE seront dans la rue après les cours pour dire leur chagrin, leur solidarité et leur ras le bol! 

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prof désécol

https://www.humanite.fr/frederic-grimaud-il-y-une-perte-de-sens-du-travail-enseignant-677810

Citation

Frédéric Grimaud « Il y a une perte de sens du travail enseignant »


Frédéric Grimaud.Chercheur à l’université d’Aix-Marseille.

Professeur des écoles, membre de l’Institut de recherche de la FSU et chercheur à l’université d’Aix-Marseille, Frédéric Grimaud travaille sur la souffrance au travail des enseignants. Auteur du Travail contrarié des directeurs d’école, à paraître prochainement aux éditions Syllepse, il décrypte l’impact néfaste des nouvelles formes de management dans l’éducation nationale, notamment sur la santé de ses collègues.

Ce nouveau suicide témoigne une fois de plus du mal-être enseignant. Vous qui travaillez depuis des années sur la question, quel constat dressez-vous ?

Frédéric Grimaud Depuis deux ans, j’ai animé des stages dans 36 départements sur la santé et la souffrance au travail des enseignants. À chaque fois, la salle était pleine et les collègues exprimaient un grand désarroi. Notamment les directrices et directeurs d’école. Ils sont parmi les personnels les plus touchés et exposés. Beaucoup décrivent des situations de surmenage où ils se retrouvent empêtrés dans des logiques administratives chronophages qui leur font perdre le sens de l’activité historique de leur métier. Normalement centrés sur l’animation des équipes et le développement de projets pédagogiques, ils voient aujourd’hui leur fonction souvent réduite à des tâches d’exécutants. L’un de ces directeurs me disait : « Le travail que je fais, un bon secrétaire peut le faire. » Ça en dit long sur le sentiment de dépossession qui les anime et de la souffrance qui peut en découler…

Comme s’exprime cette souffrance ?

Frédéric Grimaud Il y a évidemment – on le voit aujourd’hui – le cas extrême du suicide. Dans ma circonscription, une collègue a d’ailleurs tenté de se donner la mort deux jours après la rentrée. Ce sont souvent les profils les plus investis et reconnus par leurs pairs qui sont les plus susceptibles de passer à l’acte. Mais, attention, ces gestes ultimes, très visibles et médiatisés, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Au quotidien, les altérations de la santé chez les enseignants et directeurs s’expriment de multiples manières. Cela peut aller de la démotivation profonde au conflit dur avec les collègues, en passant par la dépression et la démission. Bref, il ne faut pas se focaliser sur les seuls cas de suicide pour saisir l’ampleur du phénomène. Toutes ces situations expriment, chacune à leur manière, une profonde souffrance et dressent un tableau inquiétant.

Quelle est la responsabilité de l’éducation nationale dans ce mal-être ?

Frédéric Grimaud Nos travaux mettent en cause les nouvelles techniques de management public apparues depuis la fin des années 1990. La responsabilité de l’administration est d’être la courroie de transmission de ces nouvelles logiques. Jour après jour, elle bombarde les directeurs de tâches éloignées de leur réelle activité en classe. Des tableaux Excel à remplir dans la journée, des formulaires où ils doivent rendre des comptes… Sous pression constante, les directeurs, devenus à leur tour courroie hiérarchique, ont le sentiment de travailler à flux tendu pour une administration jamais satisfaite. Cela crée un profond malaise. Le pire, c’est que cette fameuse « administration », les corps intermédiaires et d’inspection, souffre également de cette situation. Ils sont eux aussi pris entre le marteau et l’enclume. Ils savent qu’ils demandent aux enseignants de faire un travail qui n’a pas de sens dans les classes. On crée un système complètement fou…

Comment y remédier ?

Frédéric Grimaud La volonté du new management est de transformer les salariés en exécutants de tâches prescrites et conçues en dehors de la situation du travail. Cette nouvelle logique dépossède le travailleur de ses outils et du sens même qu’il peut donner à son travail. Il faut donc en priorité redonner aux enseignants leur capacité à agir, les rendre à nouveau concepteurs de leurs tâches. Pour y parvenir, il faut redévelopper des collectifs de travail, favoriser les échanges entre collègues, créer de la dispute professionnelle… En résumé, que l’administration leur fasse réellement confiance !

La politique de Jean-Michel Blanquer accentue-t-elle cette logique de nouveau management ?

Frédéric Grimaud Complètement. Il va même très loin puisqu’il préconise les méthodes de lecture, restreint les animations pédagogiques au « savoir lire-écrire-compter », ne jure que par les neurosciences… En ce moment, les maîtresses de CP et CE1 font passer des évaluations normées – et contestées – à tous les élèves. Elles ne les corrigent pas. Elles les renvoient à un logiciel qui leur retourne les résultats en leur disant ce qu’elles doivent faire dans leur classe ! C’est une dépossession totale du métier. Les syndicats le dénoncent, rappellent ce qui s’est passé à La Poste, à France Télécom, à l’hôpital. Mais pour l’instant, il y a peu de résistance dans le métier et, parfois, ça vire au drame…

 

Quelques questions/réponses suite à l'interview précédente :

 

Edited by prof désécol
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PommeD'Api

Le JT de France2 a consacré un reportage (1min chrono ?) à Christine Renon. A la fin, ils disent qu'ils ont contacté le ministère mais que celui-ci "n'a pas souhaité s'exprimer".

Mépris, vous avez dit mépris ?

 

Pensée également pour le collègue de Valbonne.

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prof désécol
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Seine-Saint-Denis. Une marche blanche en hommage à la directrice d’école qui s’est suicidée à Pantin

Après le suicide d'une directrice d'école à Pantin en Seine-Saint-Denis, une marche blanche est organisée samedi 5 octobre 2019. Le rassemblement a été fait à l'appel des syndicats

[...] Elle partira de la mairie de Pantin, jusqu’à l’école Méhul où s’est suicidée Christine Renon.

https://actu.fr/societe/seine-saint-denis-une-marche-blanche-hommage-la-directrice-decole-sest-suicidee-pantin_28109938.html

 

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prof désécol
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Seine-Saint-Denis : des grèves prévues jeudi après le suicide d'une directrice d'école

[...] Au total, la moitié des écoles du département devraient être fermées, alors qu'un préavis de grève a déjà été déposé, a communiqué le SNUIpp-FSU, le premier syndicat du primaire.[...]

Et les répercussions de ce drame ne se sont pas limitées à la Seine-Saint-Denis, puisque des enseignants d'autres départements ont également décidé de se mobiliser jeudi, à l'instar des départements des Hauts-de-Seine, mais également du Rhône ou du Loir-et-Cher. 

https://www.cnews.fr/france/2019-10-02/seine-saint-denis-des-greves-prevues-jeudi-apres-le-suicide-dune-directrice-decole

Edited by prof désécol
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Goëllette
Il y a 3 heures, nonau a dit :

J'espère que demain partout en France les PE seront dans la rue après les cours pour dire leur chagrin, leur solidarité et leur ras le bol! 

J'y serai.

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