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lecavalier

L'effondrement en cours

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FredZZZ
Il y a 1 heure, lecavalier a dit :

L'histoire des loups du Yellowstone est bien résumée par cette vidéo: une magnifique leçon d'écologie scientifique.

 

Intéressant, mais il manque tout de même tout ce qui a précédé : l'élimination des loups ( pour des raisons de sécurité si mes souvenirs sont bons ... A voir ! ) et les conséquences catastrophiques de celle-ci ( que l'on peut toutefois deviner en regardant cette vidéo ), ainsi que les vains efforts des gestionnaires du parc pour rétablir l'équilibre ... Bref, ça vaut le coup de découvrir toute l'histoire !

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prof désécol
Posted (edited)
Il y a 19 heures, Argon a dit :

  Déjà, je suis loin d'être convaincu de "la fin du pétrole". C'est un refrain que j'entends depuis un demi-siècle ; quand j'étais ado, on nous la promettait, sans rémission, pour l'an 2000... et quarante ans après, on a en fait plus de réserves inexploitées qu'à l'époque !

Il y a peut-être encore des réserves importantes de pétrole, mais il faut bien voir qu'il est de plus en plus coûteux à extraire...

Il faut prendre en compte le taux de retour énergétique, autrement dit le nombre de barils récupérés pour un baril investi pour son extraction.

Ainsi, en 1900, l'équivalent d'un baril de pétrole conventionnel suffisait pour en récupérer 100.

En 1990, un baril permettait d'en extraire 35.

Aujourd'hui, un baril permet d'en récupérer entre 10 et 20.

Le taux de retour du pétrole non conventionnel est plus mauvais encore (sable bitumineux entre 2 et 4 pour 1, pétrole de schiste 5 pour 1...).

C'est expliqué ici à 7'50 :

 

 

A lire aussi à propos des réserves de pétrole non-conventionnel :

https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/quest-ce-que-le-petrole-non-conventionnel/

Citation

[...]

Quelle production possible ?

Les ressources en place sont considérables : plusieurs centaines de milliards de tonnes (environ 500, à comparer à environ 180 milliards de tonnes de réserves prouvées pour le pétrole conventionnel). Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, parce que :

  • Une partie de ce pétrole n’est pas extractible avec un rendement énergétique positif (il faut donc dépenser plus de 1 baril-equivalent de pétrole pour extraire un baril de pétrole, et cela rend l’extraction non rentable – en fait la limite économique est même deux fois plus basse : si il faut plus d’un demi-baril-équivalent pour extraire un baril, il n’y a pas d’exploitation rentable possible),
  • les installations d’exploitation sont très capitalistiques par unité de débit, comme pour le CTL : dans le pétrole conventionnel, il faut investir environ 20.000 $ pour extraire un baril par jour, alors que pour les sables canadiens, par exemple, c’est plutôt 200.000 $ qu’il faut investir pour produire un baril par jour. La production ne peut donc pas croître aussi vite avec ces ressources qu’avec un gisement de pétrole conventionnel.

Ceci expliquant cela, les réserves prouvées avancées par le Canada se limitent actuellement à 23 milliards de tonnes, alors que, encore une fois, les ressources en place sont plus de 10 fois supérieures.

[...] Ces pétroles non conventionnels sont désormais pris en compte dans les simulations sur la production future. Le graphique ci-dessous montre que ces hydrocarbures non conventionnels permettent d’envisager un décalage du pic de production mondial de 5 à 10 ans pour les « liquides », mais guère plus.

pic_futur_graph13.png

 

Edited by prof désécol

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Argon
Le 28/06/2019 à 21:19, FredZZZ a dit :

Cela dit est-ce que les produits que j'ai cité ne seraient pas, dans le cas d'un coût environnemental intégré, parmi les plus impactés ?

  Pas nécessairement. Les bovins sont surtout producteurs de méthane, qui pose des problèmes différents, et a priori plus facile à résoudre, de ceux causés par le CO_2.  Et pas mal d'industries de chimie intermédiaire, comme les cimenteries, sont assez redoutables, alors que la pollution par les transports peut être considérablement réduite — et l'a déjà pas mal été — par des progrès technologiques.

 

Le 28/06/2019 à 21:19, FredZZZ a dit :

Pour le reste, je note que tu es comme souvent " idéologiquement " assez insaisissable ( c'est loin d'être un reproche ) : pro nucléaire ( si je n'ai pas encore compris de travers 😀 ) d'un côté, mais partisan de solutions extrêmes de l'autre ( les croisiéristes à l'hôtel des gros verrous !!! Ah Ah ! ), effrayantes même pour bien des écolos pourtant très engagés !!!

Pro-nucléaire, ça dépend de ce que tu entends pas là. Pro-nucléaire propre, donc pro-fusion nucléaire, absolument : quand on aura fini par développer de petits réacteurs à fusion contrôlée, on aura une réserve inépuisable d'énergie propre et très bon marché.

Je suis bien plus ambivalent en ce qui concerne les filières actuelles de fission nucléaire. Ca a pu apparaître comme une alternative provisoire intéressante au charbon, encore plus polluant, et, en l'état de la techno, ça reste la source d'énergie la plus concentrée et la plus efficace. Mais ça n'avait de sens que, d'une part, si l'on entreprenait des recherches sérieuses pour en traiter les énormes défauts, comme le problème des déchets radioactifs, et d'autre part si l'on mettait le paquet sur la sécurité des centrales.

Or ça fait des décennies que le lobby électronucléaire se dispense de ces recherches, et il commence à faire du cost reducing sur l'entretien des centrales. Je n'ai absolument plus confiance. Et dans ce domaine, la confiance est essentielle.

 

Le 28/06/2019 à 22:23, prof désécol a dit :

Il y a peut-être encore des réserves importantes de pétrole, mais il faut bien voir qu'il est de plus en plus coûteux à extraire...

Il faut prendre en compte le taux de retour énergétique, autrement dit le nombre de barils récupérés pour un baril investi pour son extraction.

L'épuisement des réserves serait extrêmement gênant, ne serait-ce que parce qu'on a aussi besoin de pas mal de pétrole pour la chimie. Mais tant qu'on en a suffisamment, et tant que c'est rentable à extraire, je ne vois pas bien le problème. Il est évident qu'on a commencé par récupérer celui qui était le plus accessible, mais c'est vrai de tous les matériaux...

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lecavalier

 

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FredZZZ

" Allez on dégage ", avec gazage à bout portant 👿👿 !!!  ... Le gouvernement ne veut pas entendre parler de " violences policières " moi je ne veux pas entendre qu'elles ne seraient le fait que de quelques brebis galeuses !!!!!!

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lecavalier

Comment ça, du gazage ?

Ce ne serait donc pas des sprays d'eau minérale utilisés avec bienveillance par nos républicaines forces de l'ordre au profit de gens incommodés par la canicule ?

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Lady Oscar

et quand on voit les accords commerciaux annoncés hier avec le Brésil qui va nous apporter sur des gros cargos bien polluants ce dont on n'a pas besoin et en plus chimique (OGM, clonage, pesticides...), ça va casser les prix et mettre encore plus en difficulté les producteurs locaux.

Tout ça pour leur envoyer nos voitures encore sur des gros cargos...

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nonau
il y a une heure, Lady Oscar a dit :

et quand on voit les accords commerciaux annoncés hier avec le Brésil qui va nous apporter sur des gros cargos bien polluants ce dont on n'a pas besoin et en plus chimique (OGM, clonage, pesticides...), ça va casser les prix et mettre encore plus en difficulté les producteurs locaux.

Tout ça pour leur envoyer nos voitures encore sur des gros cargos...

Je pense que nous allons devoir radicaliser les actions contre ces incapables corrompus. 

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FredZZZ
Il y a 4 heures, Lady Oscar a dit :

et quand on voit les accords commerciaux annoncés hier avec le Brésil qui va nous apporter sur des gros cargos bien polluants ce dont on n'a pas besoin et en plus chimique (OGM, clonage, pesticides...), ça va casser les prix et mettre encore plus en difficulté les producteurs locaux.

Tout ça pour leur envoyer nos voitures encore sur des gros cargos...

Voilà, de la bonne viande rouge du Brésil ...

J'allais poster cette info ... Et le mec du RN tout à l'heure sur France Inter - S Chenu - qui quand on lui demande de donner un exemple de " terrorisme intellectuel " de gauche répond " Greta Thunberg " 🤐 ... Bref, c'est moi ou on est super mal barrés ?????

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FredZZZ
Il y a 2 heures, nonau a dit :

Je pense que nous allons devoir radicaliser les actions contre ces incapables corrompus. 

Insupportable de voir Macron jouer les écolos du mois d'un côté et de l'autre se féliciter de l'accord Europe - Mercosur ..

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FredZZZ
Il y a 3 heures, nonau a dit :

Je pense que nous allons devoir radicaliser les actions contre ces incapables corrompus. 

Se radicaliser OK mais il va falloir prendre des vitamines, parce que les flics en face ils ne vont pas nous faire de cadeaux !!! Regarde à Nantes, ils ont chargé des gamins, 12 sont tombés à l'eau et il y en a toujours un qu'on n'a pas retrouvé ... S'il est effectivement tombé dans a Loire alors ça veut dire qu'ils ont tué un jeune de 24 ans, pour une histoire de 30 minutes de musique en trop ... Et quid de tout ce qui ressort maintenant que les GJ c'est terminé ??? Combien d'éborgnés, de blessés graves, de gens matraqués ( l'affaire du Burger King ... à vomir ( l'affaire, pas les burgers ... quoique ... ) ... Les encravatés viennent pleurnicher qu'il y a des black blocks mais ils leur donnent raison tous les jours !!!

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jeanounette
Le 30/06/2019 à 09:15, Lady Oscar a dit :

et quand on voit les accords commerciaux annoncés hier avec le Brésil qui va nous apporter sur des gros cargos bien polluants ce dont on n'a pas besoin et en plus chimique (OGM, clonage, pesticides...), ça va casser les prix et mettre encore plus en difficulté les producteurs locaux.

Tout ça pour leur envoyer nos voitures encore sur des gros cargos...

Exact !

Et tous les bien pensants de gauche à qui on a fait peur pendant la campagne des présidentielles, parce que la LFI avait dans son programme un projet de coopération avec l'ALBA, ils en pensent quoi de l'accord avec le Mercosur ?

...

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lecavalier
Citation

Les vignes brûlées dans le Sud ne sont pas une calamité agricole

Ce qui s’est produit dans les vignes du Gard et de l’Hérault vendredi 29 juin, est d’une tout autre nature, d’un tout ordre, ou plus exactement d’un tout autre désordre.

...

À 18 heures, Laurent, mon voisin de vignes avec qui je fais de l’entraide, m’appelle: 

- Là-haut à Pioch Long, les syrah sont brûlées.
- Comment ça brûlées? 
- Oui, brûlées, les feuilles, les raisins, comme si on les avait passé au chalumeau.

J’ai pris ma voiture, et je suis allée dans les vignes. Quand j’ai vu à La Carbonelle, les grenaches, feuilles et grappes brûlées, grillées, par zones, sur la pente du coteau exposée sud-ouest, je n’ai pas pensé à la perte de la récolte. J’ai vu que certaines étaient mortes, que d’autres ne survivraient pas. Il faisait encore très très chaud et j’ai été parcourue de frissons. La pensée m’a traversée que c’était là l’annonce de la fin de l’ère climatique que nous connaissons, la manifestation de la limite de l’hospitalité de la terre. Puis je suis passée sur le plateau de Saint-Christol, là où depuis le XIIe siècle, l’homme a planté des vignes pour qu’elles bénéficient pleinement des bienfaits du soleil et du vent. Et là, à droite, à gauche, j’ai vu des parcelles de vignes brûlées, grillées dans leur quasi totalité.

...

Ce qui s’est produit ce vendredi 29 juin dans les vignes du Midi, est un avertissement, un carton rouge. Ce n’est pas seulement les conséquences d’un phénomène caniculaire isolé doublé d’un vent brûlant, mais la résultante de trois années successives de stress hydrique causé par des chaleurs intenses et de longues périodes de sécheresse qui, année après année, comme nous prenons chaque année des rides, ont affaibli les vignes, touchant ce vendredi 29 juin, celles qui étaient plantées dans ce qui était jusqu’alors considéré comme les meilleurs terroirs. C’est aussi la résultante d’un demi-siècle de pratiques anagronomiques. 

La Carbonelle est plantée de vignes depuis 1578. C’est un mamelon en forme de parallélogramme bien exposé au vent et soleil. Ce qui s’est passé le 29 juin, dit que l’ordre des choses s’est littéralement inversé. Le vent et soleil ne sont plus des alliés de l’homme. La solution de l’irrigation est la prolongation d’un défi prométhéen. On se souviendra qu’il lui arrive quelques bricoles à Prométhée. Cela dit aussi que le changement va plus vite que la science agronomique et ses recherches appliquées, cela nous précipite dans un inconnu. Il nous faut radicalement changer notre rapport à la terre, ne plus nous en considérer comme des maîtres, mais des hôtes, que l’on soit paysan ou citadin. 

...

Ceux qui voudraient circonscrire le phénomène à la viticulture se dupent aussi. La vigne nous accompagne, sur notre territoire, depuis plus de deux millénaires, et l’homme depuis plus de 6000 ans. Sa culture est tout à la fois un pilier et un symbole de notre civilisation. Si la vigne n’a plus sa place dans le Midi, l’homme ne l’aura pas davantage car le soleil et le vent seront brûlure sur sa peau. 

...

Ce que les vignes disent, c’est que notre civilisation elle-même est menacée. 
Les abeilles l’ont aussi dit, avant la vigne. Mais nous ne les avons pas entendues.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/les-vignes-brulees-dans-le-sud-ne-sont-pas-une-calamite-agricole_fr_5d19d579e4b082e5536c3614

Témoignage d'une vigneronne.

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nonau

"Mais nous ne les avons pas entendues. " Je dirais plutôt "ils" ne l'ont pas entendu, les gens censés gouverner, prévoir dans un souci d'humanité et d'intérêt général. Mais ces caricatures d'hommes d'état sont tout l'inverse et ce sont eux les vrais responsables car ils font sciemment les mauvais choix!

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lecavalier
Posted (edited)
Citation

Des points d’eau ont été effacés des cartes IGN pour ne pas avoir à les protéger des pesticides

Des sources intermittentes ou petits ruisseaux, autour desquels il est interdit d’épandre des pesticides, ont été gommés à la faveur d’une révision du réseau hydrographique.

Redoutable pour la vie aquatique, dommageable pour la santé des humains et les coûts des unités de production d’eau potable, la contamination généralisée des cours d’eau par les pesticides est aussi embarrassante vis-à-vis de l’Union européenne. La France s’est en effet engagée à restaurer le bon état de ses ressources hydriques. Or non seulement le recours aux produits phytosanitaires ne baisse pas (sauf dans les parcs et jardins), mais il augmente (+ 12 % encore en 2017), essentiellement dans l’agriculture.

Un rapport sur la protection des points d’eau, commandé par le gouvernement en septembre 2018, publié sur le site du Conseil général de l’environnement et du développement durable le 1er juillet, lève une partie du voile sur les mécanismes qui conduisent à cette absence de progrès. Un nouveau moyen de réduire les superficies sans pesticides est en effet récemment apparu : recenser officiellement moins de points ou de cours d’eau.

Depuis 2005, en effet, rivières et ruisseaux sont protégés des pollutions diffuses par une zone d’au moins cinq mètres enherbée ou plantée de haies, exempte de tout pesticide. Actuellement, les autorisations de près de 500 produits exigent une bande sans épandage plus large (de 10, 50, 100 mètres ou plus). Mais les règles sont loin d’être respectées. De plus, à l’occasion d’une mise à jour du réseau hydrographique menée depuis 2015 sous la houlette des préfets, des sources intermittentes, des cours d’eau – même dotés d’un nom –, des rus de fond de parcelle ont été gommés ou requalifiés en fossés – qui eux ne nécessitent qu’une protection d’un mètre, voire de 30 centimètres par endroits.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/06/comment-des-points-d-eau-proteges-des-pesticides-ont-disparu-des-cartes-ign_5485995_3244.html

Changer le nom, de ruisseau en fossé, c'est changer la réalité... ?

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" Albert Camus

Citation

Des milliers de cours d’eau sont rayés de la carte de France, et s’ouvrent aux pesticides

En l’absence d’un cadre juridique clair, de nombreux cours d’eau sont déclassés sous l’influence de la FNSEA, qui cherche à contourner la loi sur l’eau. Des milliers de ruisseaux sont ainsi en train d’être purement et simplement rayés de la carte de France.

https://reporterre.net/Des-milliers-de-cours-d-eau-sont-rayes-de-la-carte-de-France-et-s-ouvrent-aux

 

Edited by lecavalier

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lecavalier
Le 03/07/2019 à 10:04, nonau a dit :

Comment des pesticides interdits en Europe se retrouvent dans nos jus, notre café et nos assiettes via le Brésil

https://www.bastamag.net/Soja-OGM-cafe-orange-pesticides-deforestation-Bresil-Europe-Mercosur-traite-libre-echange

Citation

« On ne va pas s’attaquer au défi climatique en refusant de faire du commerce »

Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du commerce, défend l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, signé le 28 juin.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/07/04/cecilia-malmstrom-on-ne-va-pas-s-attaquer-au-defi-climatique-en-refusant-de-faire-du-commerce_5485307_3234.html

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lecavalier
Le 28/02/2019 à 15:36, prof désécol a dit :

Une idée qui pourrait se développer durablement ?

https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-par-guillaume-erner-du-jeudi-28-fevrier-2019

Citation

Peut-on encore avoir des enfants ?

Guillaume Erner
 

C’est un discours que l’on entend de plus en plus, hier je l’ai rencontré à trois reprises, jusqu’à croiser un auteur qui propose un permis à enfant — je crois bien d’ailleurs qu’une telle chose avait été instituée jadis en Chine, dans un contexte pas tout à fait démocratique… 

Parce qu’évidemment, c’est l’idée qui vient immédiatement à l’esprit : pour le moment, chaque être dispose d’un droit quasi inaliénable à produire et à se reproduire. Tout le monde peut faire des enfants, autant qu’il le peut, et à peu près autant qu’il le veut, la nature — Tocqueville dirait la providence — s’arrangeant pour que la raison et l’instinct parental veille à la perpétuation de l’espèce dans de bonnes conditions, en utilisant au besoin un peu de sirop contre la toux pour faire dormir le petit dernier, et un écran pour l’occuper. 

Chacun peut faire des enfants, oui mais voilà : et si l’on en faisait trop donc ? Parce qu’après tout, l’enfant n’a pas que des qualités, il pollue, consomme, et peut à son tour, un jour, se reproduire, et c’est lui d’ailleurs qui nous incite à la croissance, parce que précisément c’est pour accueillir ces bouches nouvelles qu’est formulée cette injonction à faire prospérer l’économie. 

Et si l’on arrêtait tout cela ? Alors, l’idée commence à naître, elle passe aujourd’hui pour aussi saugrenue que le véganisme il y a 20 ans, et cependant je suis à peu près certain qu’elle est promise à un bel avenir… Une sorte de malthusianisme nouveau style, l’idée n’étant pas que tout le monde n’a pas sa place au banquet de la nature, mais qu’un banquet surpeuplé détruit la nature… 

Et c’est ainsi que l’enfant jadis paré de nombreuses vertus pourrait devenir un élément de déstabilisation du globe, ce que l’on nomme une externalité. En économie, c’est l’idée qui monte : et si la démographie finissait par menacer la démocratie ? 

 

C'est en effet une idée qu'on trouve exprimée ces derniers temps.

Réponse du journal "La décroissance" dans son numéro 161 de juillet-août 2019 (5 € pour ce numéro double de l'été, à ne pas manquer, il y a un dossier intitulé "Contre la grande confusion"):

 

IMGP3935.JPG

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prof désécol
il y a 9 minutes, lecavalier a dit :

C'est en effet une idée qu'on trouve exprimée ces derniers temps.

Réponse du journal "La décroissance" dans son numéro 161 de juillet-août 2019 (5 € pour ce numéro double de l'été, à ne pas manquer, il y a un dossier intitulé "Contre la grande confusion"):

 

IMGP3935.JPG

 

J'ai moi-même un peu de mal à croire que beaucoup de gens puissent renoncer à avoir un enfant pour sauver la planète ; à la limite, on peut prétendre y renoncer pour lui éviter un monde difficile, incertain... Mais là encore, ces justifications masquent sans doute des raisons plus personnelles, plus profondes liées à une simple absence de désir d'enfant.

 Ceci dit, la phrase "les éduquer à être écologiquement responsable" est assez naïve et vise à se donner bonne conscience : objectivement, ne pas procréer sera toujours moins couteux écologiquement qu'avoir un enfant.

 

 

 

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lecavalier
il y a 6 minutes, prof désécol a dit :

...

 Ceci dit, la phrase "les éduquer à être écologiquement responsable" est assez naïve et vise à se donner bonne conscience : objectivement, ne pas procréer sera toujours moins couteux écologiquement qu'avoir un enfant.

La phrase est bien sûr assez naïve, mais pas fausse pour autant - si on croit à l'éducation.

Quant à dire que " ... ne pas procréer sera toujours moins couteux écologiquement qu'avoir un enfant.", c'est admettre une valeur quantifiable, un coût, à un être humain, et là il s'agit d'un argument idéologique libéral et malthusien. Ce qui a un coût écologique actuellement, c'est le fonctionnement du système économique.

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Argon
il y a 5 minutes, prof désécol a dit :

J'ai moi-même un peu de mal à croire que beaucoup de gens puissent renoncer à avoir un enfant pour sauver la planète ; à la limite, on peut prétendre y renoncer pour lui éviter un monde difficile, incertain... Mais là encore, ces justifications masquent sans doute des raisons plus personnelles, plus profondes liées à une simple absence de désir d'enfant.

De toute façon, une telle analyse n'a aucun sens si l'on ne prend pas en compte sa dimension géographique. On ne manque pas d'enfants européens, au contraire. Depuis que la Chine et l'Inde ont pratiquement fait leur transition démographique, le problème est essentiellement africain. 

L'Afrique, elle, n'a pas effectué cette transition, et ne semble pas prête à le faire dans un futur prévisible. Un paramètre essentiel y est le sort des anciens : alors que l'espérance de vie ne cesse d'augmenter, dans les pays où il n'existe pas de systèmes de retraite dignes de ce nom, la seule façon de s'assurer une vieillesse digne, c'est d'avoir un maximum d'enfants pour s'en répartir la charge.

A partir de là, il n'y a pas 36 solutions :

  • soit les pays les plus riches, dont la France, prennent en charge la retraite des Africains, que ce soit en les accueillant par dizaines voire centaines de millions en Europe ou en la finançant à demeure ;
  • soit on rétablit une forme de protectorat autoritaire et on force cette transition démographique en Afrique, sur le modèle chinois ;
  • soit on verrouille les frontières et on abandonne le continent à lui-même, avec un retour de l'autorégulation démographique par la pauvreté crasse et les quatre Cavaliers de l'Apocalypse  (Guerre, Famine, Maladie et Asservissement).

J'aimerais croire qu'il y en a d'autres mais, plus on tardera, moins ce sera probable. Dans tous les cas, on va vers des choix tragiques et douloureux.

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prof désécol
il y a 48 minutes, lecavalier a dit :

La phrase est bien sûr assez naïve, mais pas fausse pour autant - si on croit à l'éducation.

 En matière d'éducation, je crois en l'exemplarité et je serais curieux de savoir si l'interviewé que tu cites est lui-même exemplaire.

La génération à laquelle il appartient probablement ne l'est pas, en tout cas :

https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/occupe-toi-de-mon-futur-climat/

Citation

En 1992, à Rio, le Sommet de la Terre créait la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Adopté par tous les pays du monde, le texte indiquait que les signataires étaient « Résolus à préserver le système climatique pour les générations présentes et futures ». Le CO2 occupait alors 0,0355% du volume de l’atmosphère, ce que l’on présente plus couramment sous la forme de « 355 parties par million » (ou 355 ppm).

Depuis, nous avons fait des réunions des pays signataires de cette convention climat, certaines qualifiées de succès (Kyoto en 1997, Paris en 2015), d’autres d’échecs (Copenhague en 2009), et beaucoup de « petits pas dans la bonne direction ».

Nous avons créé des directions du développement durable, fait des rapports éponymes, juré craché par terre que nous allions verdir tout ce que nous faisons, et fait force scénarios montrant que nous pouvions découpler activités économiques et émissions grâce au progrès technique.

Mais la concentration en CO2 ne semble pas s’en être rendue compte, puisqu’elle a inexorablement – et très régulièrement – augmenté d’environ 2 ppm par an, exactement comme avant la convention climat et les rapports développement durable ; elle vient de dépasser 410 ppm pour la première fois début 2019. Nous n’avons donc pas « fait un peu » : nous n’avons rien fait du tout. [...]

Résultat : l’empreinte carbone de la France – toutes les émissions de fabrication de ce nous consommons, qu’elles aient eu lieu chez nous ou ailleurs – a augmenté de 25% depuis 1990. Parlez moi de décarbonation !

Et depuis 1992, les « générations futures » sont devenues… nos enfants. Ce sont eux qui manifestent dans la rue en nous demandant des comptes. Si nous étions à leur place, penserions nous légitime de respecter ceux qui ont été à ce point parjures ?

 

Éduquer, ici, devrait plutôt se comprendre comme : exhorter à restreindre drastiquement le niveau de consommation dont nous ne nous sommes nous-mêmes pas privés...

https://www.batiactu.com/edito/croissance-verte-est-elle-un-mirage-52093.php

Citation

[...]

il [Jean-Marc Jancovici] a souhaité reposer quelques principes de base : "Pour avoir deux chances sur trois de rester sous la limite de 2 °C de réchauffement climatique, nous pouvons encore émettre 1.000 Gt de CO2 dans l'atmosphère. Ce qui correspond à la moitié de ce qui a été émis jusqu'ici, pendant les 200 ans de l'ère industrielle". Un chiffre qui, en raison de l'explosion démographique terrestre, amène le "budget carbone per capita" à seulement 1/6e de ce qu'il était pour les générations précédentes ! "

 

 

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prof désécol
il y a une heure, lecavalier a dit :

Quant à dire que " ... ne pas procréer sera toujours moins couteux écologiquement qu'avoir un enfant.", c'est admettre une valeur quantifiable, un coût, à un être humain, et là il s'agit d'un argument idéologique libéral et malthusien.

Pas faux, mais n'est-ce pas assez proche de ce que fait l'écologie elle-même lorsqu'elle calcule désormais le bilan carbone et/ou l'empreinte écologique de chaque activité humaine  ?

 

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prof désécol
Posted (edited)
Il y a 1 heure, Argon a dit :

Depuis que la Chine et l'Inde ont pratiquement fait leur transition démographique, le problème est essentiellement africain.

Nous avons déjà eu une discussion à ce propos un peu plus haut.

Si l'on considère la question du niveau de vie des populations, la démographie africaine reste un péril majeur pour les habitants de ce continent avec à la clé les perspectives funestes que tu évoques.

S'il s'agit de sauver la planète, alors la démographie galopante de l'Afrique pourrait bien, pour peu que l'on accepte de la considérer avec une bonne dose de cynisme, être l'assurance de voir sa population demeurer à un état de pauvreté tel qu'elle restera pour longtemps très loin du niveau de l'empreinte écologique du reste du monde.

 

 

Edited by prof désécol

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Argon
Il y a 1 heure, prof désécol a dit :

S'il s'agit de sauver la planète, alors la démographie galopante de l'Afrique pourrait bien, pour peu que l'on accepte de la considérer avec une bonne dose de cynisme, être l'assurance de voir sa population demeurer à un état de pauvreté tel qu'elle restera pour longtemps très loin du niveau de l'empreinte écologique du reste du monde.

Pas du tout convaincu par cet argument, qui néglige l'accélération de la diffusion des connaissances. En l'état, l'Afrique n'est  sans doute pas près de rattraper technologiquement l'Occident, mais elle n'aurait pas grand mal à le suivre avec un petit demi-siècle de retard. Ce qui nous ramène au bon temps du bétonnage systématique et des centrales nucléaires graphite-gaz... avec un milliard, puis deux, puis cinq, de personnes pour faire le sale boulot quasi-gratuitement.

Là encore, on a le parfait exemple sous les yeux, avec l'explosion économique de la Chine, et de sa contribution à la pollution mondiale, entre les années 1970 et 2000 (ce n'est plus le cas aujourd'hui, où elle nous a essentiellement rattrapés — mais après sa transition démographique, et en adoptant quelques avantages du capitalisme sans quelques uns de ses inconvénients...).

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lecavalier
Il y a 14 heures, prof désécol a dit :

 En matière d'éducation, je crois en l'exemplarité et je serais curieux de savoir si l'interviewé que tu cites est lui-même exemplaire.

La génération à laquelle il appartient probablement ne l'est pas, en tout cas :

...

Il s'agit d'une psychothérapeute, psychanalyste et essayiste, Marie-France HIRIGOYEN  (Le harcèlement moral, Syros, 1998; Les Nouvelles Solitudes, La Découverte, 2007; Les Narcisses, La Découverte, 2019). Elle répond à La décroissance sur le thème soi / l'autre dans le dossier Grande confusion ou altérité ? du n° 161 de juillet-août 2019 (à ne pas louper !).

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lecavalier
Il y a 13 heures, prof désécol a dit :

Pas faux, mais n'est-ce pas assez proche de ce que fait l'écologie elle-même lorsqu'elle calcule désormais le bilan carbone et/ou l'empreinte écologique de chaque activité humaine  ?

 

Évaluer une activité, oui évidemment.

Évaluer des êtres humains sur une échelle coût / bénéfice , selon leur rentabilité ou leur utilité en vue d'objectifs matériels (fixés par qui ?), là ça coince pour moi.

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jeanounette
prof désécol

https://www.parismatch.com/Actu/International/Le-club-des-12-astronautes-de-la-mission-Apollo-sur-la-Lune-140174

Citation

Hormis l’expérience lunaire, c’est en réalité la vision de ­notre planète qui a marqué ces hommes, les seuls à avoir pu ­regarder la Terre comme un astre externe. Et un même mot revient chez chacun : fragilité. Buzz Aldrin évoque « un extraordinaire bijou dans un écrin noir, apparaissant quatre fois plus volumineux que la Lune vue de la Terre ». Pour Eugene Cernan [dernier homme à avoir foulé le sol lunaire], « au milieu de ce noir absolu, vous voyez sa dynamique, sa rotation, le soleil progresser. La Terre est vivante ! Et pourtant on peut la tenir dans sa main. J’aurais voulu la mettre dans ma poche pour vous la ­ramener ».

 

1047034-apollo-11-view-of-earth-rising-o

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