Jump to content

L'effondrement en cours


lecavalier
 Share

Recommended Posts

il y a 35 minutes, Argon a dit :

Son cas est un peu différent : il s’agit la d’œillères professionnelles. C’est un gars qui a fait l’essentiel de sa carrière dans les petites sondes automatiques (ce qui n’était pas forcément un mauvais choix professionnel il y a 30 ou 40 ans...).  Et, curieusement, il explique à qui veut bien l’entendre que les missions habitées sont trop chères, et qu’il vaut bien mieux investir dans les petites sondes automatiques. Alors, la terraformation..

Ce n'est pas ce qu'il dit. A ce sujet, voir aussi cette vidéo entre 30'00" et 35'00" :

https://www.youtube.com/watch?v=jgVTrJycQ_Q

Jean-Pierre Bibring y explique au contraire que l'aspect financier n'est pas vraiment un problème pour les missions habitées.

 Il évoque le facteur humain qui pose de vraies questions lors d'un voyage habité pendant plus de deux ans : outre la possibilité de la survenue d'un problème médical grave ainsi que le retentissement sur l'organisme de l'absence de gravité, se posent des problèmes psychologiques liés au confinement ; impossible, contrairement à un vol en station orbitale de faire redescendre le spationaute qui "pète un plomb", ou d'ouvrir la porte comme pour une expérience d'isolement de la Nasa.

 D'autre part, le fait que sa préférence aille en l'état actuel des choses à l'exploration de Mars par des machines n'est pas un argument suffisant pour balayer d'un revers de la main l'essentiel de sa réflexion très étayée quant à l'habitabilité de cette planète.

 

il y a une heure, Argon a dit :

Bien sûr que si, il faut rêver ! On ne rêve jamais assez ! 

Formuler des rêves -et même, tenter de les réaliser- c'est très bien.

Une question toutefois que se poseront ceux qui ont moins d'imagination : dans les rêves de ceux qui pensent la colonisation de Mars évidente, les millions de réfugiés climatiques des décennies à venir trouvent-ils la patience d'attendre la place qui leur est forcément réservée dans les innombrables vaisseaux spatiaux à construire prochainement ?

 

Link to comment
Share on other sites

Il y a 6 heures, prof désécol a dit :

Il évoque le facteur humain qui pose de vraies questions lors d'un voyage habité pendant plus de deux ans : outre la possibilité de la survenue d'un problème médical grave ainsi que le retentissement sur l'organisme de l'absence de gravité, se posent des problèmes psychologiques liés au confinement

(...) Une question toutefois que se poseront ceux qui ont moins d'imagination : dans les rêves de ceux qui pensent la colonisation de Mars évidente, les millions de réfugiés climatiques des décennies à venir trouvent-ils la patience d'attendre la place qui leur est forcément réservée dans les innombrables vaisseaux spatiaux à construire prochainement ?

Le premier point est typique de la propagande des bénéficiaires de la politique spatiale actuelle, c’est à dire des obligés du complexe militaro-industriel qui ne veut surtout pas du développement de technos nouvelles qui pourraient menacer leur position, et nous imposent depuis 50 ans un sur-place technologique hors de prix.

Trois arguments, trois sottises : 1/ un voyage Terre-Mars dure typiquement 6 mois (pas deux ans) sur une trajectoire de Hohmann, en vol libre sauf pendant les premières minutes, avec la techno des annéex 1960. Avec une propulsion permanente, c’est ramené à quelques semaines, même sous un dixième ou un centième de g.    2/ sans même discuter la confusion entre chute libre et absence de gravité, il n’y a aucune raison de laisser les astronautes en chute libre pendant le voyage ; il suffit de mettre le vaisseau en rotation pour que la force centrifuge y supplée. Le vrai scandale, c’est d’imposer, sous prétexte d’études préparatoires inutiles, de longs séjours en chute libre aux habitants de la station spatiale. Les problèmes médicaux gratuits, c’est eux sui les subissent. 3/ même dn considérant un voyage de 6 mois, c’est une durée de confinement comparable à celle des sous-mariniers des SNLE. Ça demande un type d’hommes et un entraînement particuliers, mais on sait faire, et ça ne pose pas de problème majeur.

 

Ta deuxième question peut se résumer ainsi : faut-il, au motif qu’on n’a pas de bonne réponse au drame de la prochaine génération de réfugiés, se dispenser de préparer le terrain pour celles d’après, histoire d’être bien sûrs que la situation continuera à empirer, et alors même qu’il suffirait d’un effort relativement mineur pour lancer le mouvement ?

Pour mémoire, le coût une mission martienne habitée est évalué à 200 ou 300 milliards d’euros, sur une dizaine d’années. La Belgique ou le Qatar pourraient se l’offrir !

Link to comment
Share on other sites

Il y a 8 heures, Argon a dit :

Ta deuxième question peut se résumer ainsi : faut-il, au motif qu’on n’a pas de bonne réponse au drame de la prochaine génération de réfugiés, se dispenser de préparer le terrain pour celles d’après, histoire d’être bien sûrs que la situation continuera à empirer, et alors même qu’il suffirait d’un effort relativement mineur pour lancer le mouvement ?

   Mon idée était plutôt : si un jour des colonies s’établissaient ailleurs, cela ne risquerait-il pas de toute façon de profiter à une infime minorité de personnes, à quelques happy few pouvant se le permettre, et pas aux laissés pour compte toujours plus nombreux dont l’indifférence générale à leur égard aujourd’hui laisse présager celle de demain  ?  

Je pense notamment à ces milliardaires qui préparent leur fuite en achetant des îles ou en se faisant construire de somptueux bunkers dans l’hypothèse du pire :

Citation

http://www.slate.fr/story/135356/riches-fin-du-monde

Les milliardaires de la Silicon Valley se préparent à la fin de notre civilisation

[...] Certains n’ont pas fait les choses à moitié. Antonio García Martinez, un ancien cadre de Facebook, s’est offert une dizaine de kilomètres de terrain sur une île du Pacifique qu’il a équipé avec des générateurs, des panneaux solaires et des milliers de munitions. [...]

 

Citation

http://www.parismatch.com/Actu/Insolite/Fin-du-monde-Bunker-pour-milliardaires-884911

Fin du monde - Bunker pour milliardaires

Eruption solaire, menace chimique, attaque nucléaire ou terroriste… Dans une époque troublée, un businessman américain a choisi d’offrir un abri à ceux qui ont les moyens de leur paranoïa. Robert Vicino envisage de construire un réseau d’abris sur tous les continents et a dévoilé celui pour super-riches situé en Allemagne. [...]

M0290020_inside_full_content_pm_v8.jpg

 

Link to comment
Share on other sites

De toute façon, pour une paire de siècles au moins, la colonisation de Mars ne sera pas massive et, en termes d’émigration, restera une goutte d’eau. Et sauf changement total du système économique mondial, la plus grosse part des bénéfices qu’on peut en attendre ira aux plus riches, comme d’habitude.

Pour moi, les deux arguments forts en faveur de cette aventure ne sont en aucun cas la pression démographique mais, comme je l’ai déjà évoqué, la nécessité impérieuse de tester ailleurs les technologies d’ingénierie climatique hlobale dont *la Terre* aura besoin avant la fin du XXIe siècle — et qui, elles, pourraient être une réponse au problème des réfugiés climatiques — ; et d’autre part le fait que l’ouverture d’une nouvelle frontière a toujours été, historiquement, une façon efficace aussi bien de relancer le dynamisme économique que de faire baisser la pression des conflits locaux.

Link to comment
Share on other sites

à Argon et prof désécol: vous êtes en train de créer un fanzine des explorateurs de l'espace ?

L'expansion spatiale est impossible dans le système solaire et au-delà. Même les voyages de petits groupes: il reste de moins en moins de ressources minérales et énergétiques sur Terre. Nous avons gaspillé.

Pourquoi vouloir aller sur Mars ? Pour y crever solitaires comme des rats au fond de leur trou ? Une colonie sur Mars ou ailleurs, c'est un piège, une trappe, un cul-de-basse-fosse. Pas une porte de sortie et encore moins un nouveau départ.

Il faut éviter de rêver pour fuir la réalité. Nous sommes sur Terre et nous y resterons même dans le chaos. Et nous devons réfléchir à cela.

  • J'adhère 1
Link to comment
Share on other sites

Le 19/05/2018 à 21:16, Argon a dit :

...

Par ailleurs, si ma référence à la terraformation était en effet sur le ton de la plaisanterie, la confondre avec une posture post-moderne, _a fortiori_ onirique, délirante et absurde est faire preuve d’une myopie et d’une étroitesse de vue affligeantes.

Il est évident que l’homme colonisera le système, et probable qu’il terraformera Mars, dans un futur assez rapproché, si une myopie et une étroitesse de vue comparable des dirigeants politiques ne l’amènent pas à se détruire avant.

Et de façon tout à fait sérieuse et « moderne », sans l’ombre d’un post, une telle terraformation pourrait même s’avérer plus urgente que prévu : on en arrive au stade où, ayant flingué le climat de la Terre, on devra développer des techniques d’ingénierie climatique globale pour simplement sauvegarder ce qui restera à sauver du climat de la Terre. Mais comme ces techniques mobiliseront des énergies colossales, elles seront aussi extrêmement dangereuses. Elles devront donc être développées et testées ailleurs. Or le choix est limité : la Terre elle-même, Vénus ou Mars.

 

Le 20/05/2018 à 13:59, Argon a dit :

Bien sûr que si, il faut rêver ! On ne rêve jamais assez !

Mais en l’occurrence, il s’agit moins d’un rêve que d’un possible projet générationnel — chose dont la jeunesse d’aujourd’hui manque cruellement. Et au-delà de l’argument de sont utilité pour une re-terraformation de la Terre probablement incontournable à terme, que je prends très au sérieux, la terraformation de Mars est tout à fait faisable, et n’a rien d’irrationnel.

Pour un récit de SF très documenté, tu peux lire la Trilogie martienne de Kim Stanley Robinson ; et pour des chiffrages plus précis, les ouvrages de Robert Zubrin, comme « the Mars Project ».

Mars a longtemps eu une atmosphère significative  et il suffirait d’une élévation de température de 5 ou 6 degrès aux pôles pour en restituer une bonne partie.

 

La techno-science post-moderne résout sans tenir compte des lois physiques tous les problèmes avant même qu'ils ne soient posés concrètement.

C'est ce qu'elle a de commun avec la magie.

Le problème disparaît donc dans l'imaginaire et la virtualité.

Et on peut laisser libre cours à son sentiment de toute-puissance, son hubris, de maîtrise du monde et de son destin.

Link to comment
Share on other sites

Il y a 8 heures, prof désécol a dit :

   Mon idée était plutôt : si un jour des colonies s’établissaient ailleurs, cela ne risquerait-il pas de toute façon de profiter à une infime minorité de personnes, à quelques happy few pouvant se le permettre, et pas aux laissés pour compte toujours plus nombreux dont l’indifférence générale à leur égard aujourd’hui laisse présager celle de demain  ?  

Je pense notamment à ces milliardaires qui préparent leur fuite en achetant des îles ou en se faisant construire de somptueux bunkers dans l’hypothèse du pire :

 

 

On raconte aussi que des gens qui en ont les moyens achètent des propriétés en Nouvelle-Zélande. C'est une grande île, peu peuplée et donc avec moins de risques de conflits lors de l'effondrement global.

C'est la stratégie de l'enfermement dans un fortin, avec des provisions et des armes. Les gens qui font cela anticipent la guerre de tous contre tous et s'y préparent de façon individualiste ou communautariste. On les appelle les survivalistes.

La stratégie opposée consiste à s'enraciner dans sa ville ou son village et à nouer des liens avec ses voisins, à construire localement et collectivement une certaine autarcie, une certaine autonomie. Comment ?

La réponse est là:

Le 13/05/2018 à 20:56, jeanounette a dit :

Si on réfléchit bien ce sont les zadistes qui ont raison ...

Car rappelons que leur combat était contre l'aéroport et son monde et non pas seulement contre l'aéroport . Seules les jeunes générations peuvent espérer mettre un nouveau monde en place, un monde où la consommation, la croissance et les profits ne sont plus les objectifs premiers. C'est aussi ce que défend une bonne partie des étudiants bloqueurs qu'on vire à coups de matraques à l'aide parfois de l'extrême droite. Nous les "vieux" on peut essayer de corriger du mieux qu'on peut nos modes de vie et surtout les soutenir. Malheureusemnt ce n'est pas ce qui se passe !

 

 

 

Link to comment
Share on other sites

Il y a 10 heures, lecavalier a dit :

 

La techno-science post-moderne résout sans tenir compte des lois physiques tous les problèmes avant même qu'ils ne soient posés concrètement.

C'est ce qu'elle a de commun avec la magie.

Alors que ton usage purement incantatoire de présumées « lois scientifiques » que tu te gardes bien de mentionner, à supposer que tu en aies la moindre idée, n’a, lui, rien à voir avec la magie la plus obscurantiste, je présume ?

Link to comment
Share on other sites

Biodiversité : ça disparaît près de chez vous

Citation

Cette fois, il ne s’agit pas d’ours polaires ou de papillons exotiques : l’extinction de masse concerne des centaines d’animaux ou plantes de notre quotidien, qui se raréfient à une vitesse ahurissante, fragilisés par les activités humaines.

http://www.liberation.fr/planete/2018/05/17/biodiversite-ca-disparait-pres-de-chez-vous_1650881

Link to comment
Share on other sites

Citation

Séries télé, films, survivalisme, théories de la fin du monde… Notre époque n’en finit plus d’imaginer sa fin. Doit-on analyser ce phénomène comme une simple mode d’occidentaux trop gâtés cherchant à se faire peur ou bien peut-on y percevoir une angoisse diffuse au sein du corps social faisant du délitement de nos sociétés le seul avenir pensable ?

Une réflexion du Comptoir sur le thème de l'effondrement. Ici: https://comptoir.org/2017/05/29/une-autre-fin-du-monde-est-elle-possible/

 

Mais cet article ne parle pas d'un effondrement bien réel, objectif, documenté et mesuré par les scientifiques: celui des écosystèmes terrestres et marins.

Or nous devons tout aux écosystèmes: nourriture, eau potable, stabilité du climat, dépollution... Leur effondrement, c'est le notre ....

Link to comment
Share on other sites

Il y a 1 heure, nonau a dit :

Pesticide, pétrole, charbon, surpopulation, bétonisation et heureusement la TV illimitée...

Bien vu.

Guy Debord disait que la télévision alimente le spectacle, qui dirige les existences et empêche toute contestation.

L'économiste et décroissant Serge Latouche parle dans un livre de "Décoloniser l'imaginaire". J'aime bien l'expression.

Il faut arrêter de rêver et s'intéresser à nouveau au réel. Ça devient urgent et vital.

J'ai l'impression que la poursuite du "progrès", de la "croissance" et de "l'innovation technique" ressemble de plus en plus à une zombie walk.

 

Link to comment
Share on other sites

Que les naïfs qui avaient cru que la COP 21 allait tout changer lèvent le doigt:

Bilan énergétique 2017 du G20 : l’Accord de Paris oublié

Citation

Les optimistes avaient tort. Ils ont cru, sur la foi des bilans énergétiques et d’émissions de CO2 de 2014 à 2016 que le monde s’était engagé dans une voie vertueuse. Moins d’appétit énergétique, moins d’émissions de gaz à effet de serre bousculant le climat. Les chiffres du bilan énergétique 2017 du G20 – les 20 pays les plus puissants et représentant 80% de la consommation d’énergie dans le monde (1) – viennent d’être publiés par le cabinet Enerdata en avance sur les institutions officielles. Ils montrent que les pessimistes avaient raison. La tendance des trois années n’était qu’un épisode, brutalement terminé par une contre-tendance : plus d’énergie, et surtout plus de charbon, de gaz et de pétrole, et donc plus d’émissions de CO2. Revue de détail en graphiques (tous fournis par Enerdata).

...

Cet Accord de Paris, déjà très insuffisant pour limiter la hausse de la température moyenne planétaire aux 2°C visés, supposait en effet une réduction annuelle de 2,9% des émissions à partir de 2015 et jusqu’en 2050 pour le G20. Rien que les trois années qui viennent de s’écouler, avec trois hausses dont la plus forte en 2017, font monter cette réduction annuelle à 3,5% d’ici 2050. L’objectif s’éloigne…

http://huet.blog.lemonde.fr/2018/05/30/bilan-energetique-2017-du-g20-laccord-de-paris-oublie/

C'est bien parti pour le chaos climatique.

Link to comment
Share on other sites

Il y a 3 heures, lecavalier a dit :

Que les naïfs qui avaient cru que la COP 21 allait tout changer lèvent le doigt:

Un machin orchestré par Ségolène Royal et Laurent Fabius ? Tu crois qu'il y a des gens qui y ont vraiment cru ?

Link to comment
Share on other sites

De toutes les belles théories celle qui me convient le mieux  après vous avoir lus: Ici et maintenant.

Link to comment
Share on other sites

Perso, j'ai pas achete mon bunker, mais presque 3000 metres carres de terrain. Ce n'est pas encore suffisant, mais je vais me preparer pour les 30 prochaines annees. Et puis reduire ma consommation, apprendre a vivre avec moins. Je n'ai deja pas de smartphone, peu de meubles etc. Je veux acheter moins, mais local et fait par des artisans.

Link to comment
Share on other sites

  • 2 weeks later...
Le 21/05/2018 à 11:47, lecavalier a dit :

On raconte aussi que des gens qui en ont les moyens achètent des propriétés en Nouvelle-Zélande. C'est une grande île, peu peuplée et donc avec moins de risques de conflits lors de l'effondrement global.

C'est la stratégie de l'enfermement dans un fortin, avec des provisions et des armes. Les gens qui font cela anticipent la guerre de tous contre tous et s'y préparent de façon individualiste ou communautariste. On les appelle les survivalistes.

La stratégie opposée consiste à s'enraciner dans sa ville ou son village et à nouer des liens avec ses voisins, à construire localement et collectivement une certaine autarcie, une certaine autonomie. Comment ?

La réponse est là:

 

 

 

Citation

Pour nous et pour une proportion grandissante, au fil du temps et des discussions, des occupant·e·s du CLV, cette lutte n’était pas simplement une lutte contre la loi Vidal, et aucun romantisme ne nous a détourné de la voie royale vers la « bonne façon de lutter ». Cette pause dans le temps universitaire, dans le quotidien aliéné, nous a permis de nous rendre compte ensemble, en se cultivant et en échangeant, qu’au delà de cette loi, c’est ce monde qui nous dégouttait [6]. Que nous ne voulions plus juste lutter contre la loi Vidal, mais pour notre courte vie mutilée par les bancs de l’école, contre la normalisation forcée, contre une société qui veut attribuer une place à chacun·e, contre « l’insertion dans le monde du travail », contre le métro-boulot-dodo, contre la bureaucratie, contre le capitalisme, contre l’armée et la police, contre les frontières, finalement contre tout cedont la fac dans laquelle nous luttions était le produit et l’accomplissement. Parcoursup est une manière de laisser un algorithme gérer nos vies, chiffrer nos avenirs, mais ce n’est pas qu’une loi, c’est la marche de la société toute entière.

https://lundi.am/Le-reel-est-passe-par-la

Link to comment
Share on other sites

Pour répondre aux propositions de voyages dans l'espace pour échapper aux catastrophes prévisibles sur Terre:

Je rappelle le paradoxe de Fermi:

Citation

Au début des années 1950, le physicien et Prix Nobel Enrico Fermi lançait la discussion sur le paradoxe apparent suivant : alors qu’environ deux cents milliards d’étoiles existent dans notre galaxie, et que très probablement, comme nous le savons assez précisément aujourd’hui, plusieurs centaines de milliards de planètes orbitent également autour d’elles, comment peut-il se faire que nous n’ayons pas encore été visités par de (nombreuses) civilisations d’extraterrestres ?

En effet, faisons l’hypothèse que la vie émerge sur une fraction même très minime de ces milliards de planètes : les dimensions de notre galaxie (quelques dizaines de milliers d’années-lumière) laissent espérer, pour une civilisation comme la nôtre assez proche de la capacité d’explorer à une fraction appréciable de la vitesse de la lumière les systèmes environnants, une exploration d’une large part de la galaxie en un temps inférieur à 1 million d’années. Or ce temps n’est que le dix-millième environ de l’âge de notre galaxie, la Voie lactée, âgée d’environ 13 milliards d’années, ou de notre Univers, âgé de 14 milliards d’années environ. Il eût donc été fort probable que notre planète ait été visitée par plusieurs centaines d’espèces différentes d’extraterrestres, qui sont à ce jour remarquablement absentes.

Et une réponse possible:

Citation

Une simple question de délai ?

Un point semble toutefois avoir peu été discuté par Fermi : le délai dont nous disposons avant d’épuiser les ressources à notre disposition, que ce soit à l’échelle de notre planète Terre, ou même à l’échelle de l’Univers observable (disons à l’intérieur d’un rayon de 10 milliards d’années-lumière, soit environ 100 milliards de milliards de kilomètres).

Sous l’hypothèse apparemment raisonnable d’un taux de croissance de la consommation et de l’utilisation des ressources de 2 % par an, la durée d’épuisement des ressources de la Terre est de quelques centaines d’années, avec une large marge d’incertitude. Pour l’Univers observable tout entier, curieusement, l’estimation est plus précise : entre 5 000 et 6 000 ans, à très peu de chose près…

Ce temps est ridiculement faible et lui aussi apparemment paradoxal : pour épuiser les ressources dans un rayon de 10 milliards d’années-lumière, il faudrait, a priori, plusieurs milliards d’années, sauf à avoir simultanément à l’œuvre un très grand nombre de civilisations expansionnistes, ou à aller plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui semble impossible. Autrement dit, une croissance de 2 % par an poursuivie pendant quelques millénaires grille presque nécessairement le système planétaire qui en subit l’expérience.

Ici: https://lejournal.cnrs.fr/billets/le-paradoxe-de-fermi-et-les-extraterrestres-invisibles

Nous n'avons pas plus les moyens d"aller chez eux qu'ils n'ont eu les moyens de venir chez nous.

Et une discussion là: https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20150228.RUE8019/croissance-a-quelle-distance-sommes-nous-de-nos-limites.html

Link to comment
Share on other sites

Il y a 13 heures, lecavalier a dit :

Pour répondre aux propositions de voyages dans l'espace pour échapper aux catastrophes prévisibles sur Terre:

Je rappelle le paradoxe de Fermi:

Le paradoxe de Fermi porte sur la possibilité d'être contacté par une civilisation extra-terrestre non humaine. Ca n'a strictement rien à voir avec la colonisation du système solaire.

Par ailleurs, "Journal du CNRS" ou pas, l’hypothèse d'une croissance exponentielle soutenue pendant cinq ou six millénaires est une pure fumisterie, qu'on ne saurait qualifier d'"apparemment raisonnable" que si l'on prend ses lecteurs pour des cons. Certes, une exponentielle, ça décolle lentement, mais ça explose en temps fini (*) . De mon temps, on apprenait ça au collège (cela dit, j'ai croisé des M2 d'économie qui ne l'avaient pas compris...). Et tu sais quoi ? Si on fait une hypothèse de croissance en puissance de t, c'est encore pire !

 

Cela dit, si l'on veut jouer à se faire peur, les modèles standard de système dynamique avec lutte pour la ressource, dits "prédateur / proie" (ou "de Lotka-Volterra" pour les matheux) aboutit également à une extinction inéluctable de toutes les espèces en temps fini, sauf si l'on ajoute de la diffusion, c'est-à-dire la possibilité d'émigration au-delà des frontières de la distribution initiale. C'est-à-dire, pour l'humanité, hors de son berceau terrestre...

(*) accessoirement, c'est exactement la raison pour laquelle l'expression "développement durable" est également une fumisterie. Les anglais sont moins bêtes, qui disent sustainable development, littéralement "développement soutenable". Le développement, ça peut éventuellement se soutenir, mais ça ne dure pas, par construction !]

Link to comment
Share on other sites

Le texte (que je n'ai pas cité en entier) postule qu'une civilisation technologique pourrait consommer toutes les ressources (énergie + matières premières) disponibles dans son système planétaire avant d'avoir mis au point le voyage interstellaire, qu'elle n'aurait donc plus les moyens de développer.

Cette hypothèse est une réponse au paradoxe de Fermi. Valable pour tous, donc aussi pour les Terriens.

Évidemment, il ne s'agit que d'estimation, de spéculation. L'avenir reste inconnu.

Link to comment
Share on other sites

Il y a 3 heures, lecavalier a dit :

 

Citation

En effet, faisons l’hypothèse que la vie émerge sur une fraction même très minime de ces milliards de planètes

Cela n'est effectivement qu'une hypothèse.

Une autre résolution possible du paradoxe de Fermi est que notre civilisation pourrait bien être la seule dans l'univers.

 

Link to comment
Share on other sites

Il y a 10 heures, prof désécol a dit :

Une autre résolution possible du paradoxe de Fermi est que notre civilisation pourrait bien être la seule dans l'univers.

Bien sûr. Ou que n'importe quel paramètre de l'équation de Drake est lourdement surestimé.

 

Il y a 13 heures, lecavalier a dit :

Le texte (que je n'ai pas cité en entier) postule qu'une civilisation technologique pourrait consommer toutes les ressources (énergie + matières premières) disponibles dans son système planétaire avant d'avoir mis au point le voyage interstellaire, qu'elle n'aurait donc plus les moyens de développer.

 On peut toujours "postuler" ce qu'on veut pour "démontrer" n'importe quoi. Si je postule qu'une assez grande bouteille serait disponible, je pourrais mettre Paris en bouteille...  En l'occurrence, ça revient à spéculer sur les technologies à venir, en pariant qu'aucune révolution technologique ou scientifique n'interviendra jamais, parce qu'aucun ingénieur à venir ne saurait bien sûr avoir plus de savoir ou d'imagination que les tenants d'un "bon sens" (la chose du monde la mieux partagée, comme disait l'autre...) daté. Il y a un siècle, qui aurait cru à la possibilité d'aller sur la Lune ? De s'échanger des images au bout du monde par téléphone portable ? Alors là, mon cher, vous nagez en pleine science-fiction !

En l'occurrence, si l'on s'en tient à la physique actuelle, l'énergie disponible est donnée par E = mc^2, où  m est la masse qu'on est prêt à consommer, et où le coefficient multiplicatif est 9 10^16.   Cent millions de milliards.  A ce taux, quelques grammes de matière convertis en énergie ont détruit Hiroshima. Et quelques tonnes devraient suffire à lancer un vaisseau conséquent vers les étoiles.  Alors, avant d'avoir épuisé toute la masse du système solaire...   Ca, c'est en supposant une méthode de transport très inefficace, à base d'accélération-décélération. Mais aucune loi physique n'interdit a priori de le faire plus élégamment, par téléportation ou via un trou de ver... (et oui, là, je nage en pleine science-fiction...)

 

Cela dit, si je suis tout à fait persuadé que, si elle ne se détruit pas elle-même avant, l'humanité aura commencé à coloniser le système solaire dans le siècle qui vient — ça ne demande même pas vraiment de grosses avancées techniques, juste une volonté politique — je doute fort qu'on  aille dans les étoiles dans un futur prévisible. Pas du tout les mêmes ordres de grandeur !

Capture d’écran 2018-06-17 à 09.15.24.png

Link to comment
Share on other sites

Ce serait bien que ces gens-là utilisent leurs compétences et leurs influences pour nous sauver SUR TERRE du désastre à venir...

Link to comment
Share on other sites

il y a 8 minutes, nonau a dit :

Ce serait bien que ces gens-là utilisent leurs compétences et leurs influences pour nous sauver SUR TERRE du désastre à venir...

Au stade actuel, sauf miracle politique, le désastre climatique est déjà programmé pour le XXIe siècle — la question étant de savoir s'il surviendra à la fin du siècle ou au milieu, si on ne fait rien. Pour nous en "sauver", la piste technologique passe par le développement de technologies lourdes d'ingénierie climatique globale. Et celles-ci sont assez dangereuses pour ne pouvoir être développées sans risque majeur sur Terre. Au risque de radoter, la motivation majeure pour coloniser Mars, aujorud'hui, c'est d'y développer sans risques des technologies de terraformation... de la Terre !

Link to comment
Share on other sites

Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

Citation

Personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Les humains seront-ils les prochains ?

C’est la première fois. La première fois depuis quinze ans pour l’un, quarante ans pour l’autre, que nous travaillons dans la protection de l’environnement, que nous entendons cela. Dans notre réseau professionnel et amical, des directeurs de grandes associations naturalistes, des responsables de réserves naturelles nationales, des naturalistes de terrain sont de plus en plus nombreux à le dire, en «off» : «C’est fichu !» Ils n’y croient plus. Pour eux, les politiciens, les industriels mais aussi le grand public, personne ne comprend la catastrophe environnementale qui s’est enclenchée.

Ils continuent la lutte car il faut bien le faire, mais au fond, ils pensent que l’homme ne pourra pas faire machine arrière, c’est terminé. Nous courons à notre perte.

Quand on a, comme nous, consacré sa vie à la protection de l’environnement, de tels discours font froid dans le dos. Jusqu’ici, nous autres naturalistes, pensions que nous arriverions un jour à faire bouger les choses, à faire prendre conscience à l’humanité de son autodestruction. Mais si même nous n’y croyons plus, qui y croira ?

...

Les apiculteurs constatent un effondrement sans précédent au niveau des abeilles et des insectes pollinisateurs en général, avec toutes les questions agricoles et environnementales que cela pose. Comment allons-nous continuer à produire des fruits et des légumes sans insectes pollinisateurs ?

Dans le milieu des agriculteurs sensibles à l’environnement, une autre inquiétude est bien présente, depuis quelques années maintenant : les risques de grandes famines à venir, dues à l’agriculture industrielle, à la surexploitation des sols, à l’érosion et à la diminution des terres agricoles.

...

On rétorque depuis des années aux scientifiques et aux naturalistes qu’ils sont «anxiogènes». Mais ce n’est pas d’alerter, ce n’est pas de parler du problème qui est anxiogène. C’est de laisser faire les choses sans réagir, alors qu’on a encore quelques moyens d’agir. Ce qui est anxiogène, ce sont les résultats d’études scientifiques qui s’accumulent depuis des décennies et qui vont aujourd’hui tous dans le même sens de l’accélération et de l’irréversibilité.

...

http://www.liberation.fr/debats/2018/06/19/destruction-de-la-nature-un-crime-contre-l-humanite_1660394

Par contre, je ne suis pas enthousiasmé par leur conclusion (" Nous appelons le gouvernement à écouter désormais Nicolas Hulot et à lui laisser la place et la marge de manœuvre promises "). Pour agir concrètement, il faut sortir de la fausse route qu'est le capitalisme vert, le greenwashing cautionné par Hulot. Et ne pas compter sur les seuls bons sentiments d'un gouvernement, quel qu'il soit.

Link to comment
Share on other sites

Le 22/06/2018 à 19:58, lecavalier a dit :

Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

http://www.liberation.fr/debats/2018/06/19/destruction-de-la-nature-un-crime-contre-l-humanite_1660394

Par contre, je ne suis pas enthousiasmé par leur conclusion (" Nous appelons le gouvernement à écouter désormais Nicolas Hulot et à lui laisser la place et la marge de manœuvre promises "). Pour agir concrètement, il faut sortir de la fausse route qu'est le capitalisme vert, le greenwashing cautionné par Hulot. Et ne pas compter sur les seuls bons sentiments d'un gouvernement, quel qu'il soit.

Hulot s'est complètement décrédibilisé en rentrant dans ce gouvernement pro agriculture intensive et chimique.

Link to comment
Share on other sites

Les gens prendront peut-être conscience du problème quand ils devront vivre comme au 19e siècle... Perso, le retour au cheval pour les déplacements quotidiens ne m'effraye pas trop (on ira plus lentement, on voyagera moins et moins loin) mais le problème va être beaucoup moins supportable question médicaments et médecine... Internet aussi va me manquer. Les prix vont flamber pour beaucoup de choses et il va falloir faire des choix drastiques.

Link to comment
Share on other sites

Il y a 5 heures, nemuyoake a dit :

Les gens prendront peut-être conscience du problème quand ils devront vivre comme au 19e siècle... Perso, le retour au cheval pour les déplacements quotidiens ne m'effraye pas trop (on ira plus lentement, on voyagera moins et moins loin) mais le problème va être beaucoup moins supportable question médicaments et médecine... Internet aussi va me manquer. Les prix vont flamber pour beaucoup de choses et il va falloir faire des choix drastiques.

Ah tiens l'argumentaire de la FNSEA...

Mais ne t'inquiète pas tu n'auras pas le temps de revenir au XIXè siècle, l'humanité aura déjà disparu.

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

  • Recently Browsing   0 members

    • No registered users viewing this page.
×
×
  • Create New...