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L'effondrement en cours


lecavalier
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https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/011018/vers-une-civilisation-de-la-gratuite

http://appelgratuite.canalblog.com/

Citation

Le vieux monde s’achève et ne peut prolonger artificiellement son existence qu’en sacrifiant le climat, les écosystèmes, les communs et plus d’un milliard d’êtres humains. Ce vieux monde crève de la marchandisation systématique de tout ce qui peut l’être. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de politiques ni même de société mais de civilisation. Un autre monde existe déjà autour des expériences de gratuité qui se développent mondialement.

 

Citation

Nous, toutes et tous, amoureux et amoureuses de la gratuité de l’eau et de l’énergie élémentaires, des transports en commun urbain et des TER, de la restauration scolaire, des services culturels et funéraires, etc., nous clamons que l’heure est venue d’en finir avec une gratuité d’accompagnement du système, la gratuité pour les seuls naufragés, une gratuité qui ne va jamais sans condescendance ni flicage, pour passer à une véritable gratuité d’émancipation qui commence non seulement à démarchandiser, à démonétariser, mais aussi à sortir d’une conception individualiste des besoins. La gratuité est un chemin qui conduit à une société des usagers davantage maîtres de leurs usages.

 

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il y a 56 minutes, jeanounette a dit :

[MédiaPart] Le vieux monde s’achève et ne peut prolonger artificiellement son existence qu’en sacrifiant le climat, les écosystèmes, les communs et plus d’un milliard d’êtres humains.

  Mouais.   "ne peut faire ceci qu'en faisant cela", c'est toujours la marque, soit d'un manque d'imagination, soit d'un piège rhétorique.

  On n'est jamais à l'abri d'une solution brillante et inattendue, qu'elle soit techno-scientifique, économique ou politique.

il y a 56 minutes, jeanounette a dit :

[MédiaPart]  Ce vieux monde crève de la marchandisation systématique de tout ce qui peut l’être.

  Ca, c'est malheureusement assez vrai. Sauf qu'il ne s'agit pas du "vieux monde", qui ne s'en sortait pas toujours si mal, mais du monde actuel, assez jeune en fait : le début de ce qu'on a appelé "les années fric", c'est plutôt les années 80. L'œuvre d'une génération, qui n'en finit pas de disparaître (quand elle ne se réincarne pas en jeunes-vieux Présidents...)

il y a 56 minutes, jeanounette a dit :

[MédiaPart] Un autre monde existe déjà autour des expériences de gratuité qui se développent mondialement.

 Allons donc. La gratuité, c'est un modèle multi-millénaire, qu'on n'a plus vraiment besoin "d'expérimenter". L'eau, l'air, l'énergie ont bien longtemps été absolument gratuits — sauf qu'il fallait parfois aller les chercher, ou les produire soi-même, et donc se contenter de consommations proportionnées. La solidarité entre voisins, la solidarité intergénérationnelle gratuites sont bien longtemps allés de soi — sauf qu'il fallait supporter le regard des autres sur son propre quotidien, et s'occuper soi-même de ses vieux parents. et cetera, ad libitum.  Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas faire ou parce que ça ne marche pas qu'on est passé à autre chose, mais parce que l'immense majorité des gens n'en voulaient plus.

 Ce que promeuvent Médiapart et Plénel — ce n'est pas une surprise, ils n'ont jamais caché leur jeu, et tout le monde ne peut pas en dire autant ! — ce n'est donc pas la gratuité en tant que telle, une société de citoyens acteurs de cette gratuité, mais bien, comme l'admet d'ailleurs ta seconde citation, une "société d'usagers" : il n'est pas question de devoirs, mais seulement de "droits" ; il n'est pas question de savoir qui produit les "biens élémentaires" dont on revendique la gratuité, ni comment ils en sont récompensés, mais qui en a l'usage. "De chacun selon son mérite à chacun selon ses besoins". Ca non plus, on n'a plus vraiment besoin de "l'expérimenter". Ca s'appelle le communisme étatique et, sauf nouvelle théorie économique opératoire qui remplacerait le vieux (là, le terme s'applique...) marxisme de Plénel, on a déjà payé pour savoir que ça ne marche pas.

 

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C'est pas Médiapart et Plenel c'est un blog hébergé sur Médiapart mais bref ...

ça a au moins le mérite de bousculer des certitudes et de permettre de se poser des questions toutes simples comme celle ci : est-il normal de payer pour des besoins vitaux ? Ce qui fait que certains en sont privés parce qu'il ne "gagnent" pas leur vie ... Moi je ne crois pas, je pense que notre civilisation peut aller vers autre chose de plus humaniste.

 

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il y a 9 minutes, jeanounette a dit :

C'est pas Médiapart et Plenel c'est un blog hébergé sur Médiapart mais bref ...

 Dont acte. Pour autant, on reste clairement dans la même mouvance idéologique.

il y a 9 minutes, jeanounette a dit :

ça a au moins le mérite de bousculer des certitudes et de se poser des questions toutes simples comme celle ci : est-il normal de payer pour des besoins vitaux ?

 C'est en effet une bonne question, et ancienne. Qui va de pair avec la question symétrique : est-il normal de créer des richesses sans en être récompensé ? Pour moi, la leçon de l'histoire est claire : c'est compliqué,  et les tentatives d'y apporter des réponses sans compromis, dans un sens ou dans l'autre, sur des bases purement idéologiques ou morales, ont toujours abouti au désastre.

il y a 9 minutes, jeanounette a dit :

Ce qui fait que certains en sont privés parce qu'il ne "gagnent" pas leur vie ...

Pas exactement — ou du moins, ce n'est pas exactement ce que dit l'extrait que tu cites, qui ne prétend pas que certains en sont "privés", mais qu'ils doivent en contrepartie de la gratuité supporter "condescendance et flicage".

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Il y a 6 heures, Argon a dit :

 Dont acte. Pour autant, on reste clairement dans la même mouvance idéologique.

 C'est en effet une bonne question, et ancienne. Qui va de pair avec la question symétrique : est-il normal de créer des richesses sans en être récompensé ? Pour moi, la leçon de l'histoire est claire : c'est compliqué,  et les tentatives d'y apporter des réponses sans compromis, dans un sens ou dans l'autre, sur des bases purement idéologiques ou morales, ont toujours abouti au désastre.

Pas exactement — ou du moins, ce n'est pas exactement ce que dit l'extrait que tu cites, qui ne prétend pas que certains en sont "privés", mais qu'ils doivent en contrepartie de la gratuité supporter "condescendance et flicage".

parce que pour toi celui qui crée de la richesse c'est celui qui apporte l'argent ou bien les bras et la sueur du travailleur ?

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Il y a 17 heures, jeanounette a dit :

parce que pour toi celui qui crée de la richesse c'est celui qui apporte l'argent ou bien les bras et la sueur du travailleur ?

Je ne sais pas d'où sort ce "parce que" : il ne me semble pas avoir abordé la question.

En revanche, sauf à croire à la multiplication des pains, il me semble en effet qu'avant que la richesse puisse être (re)distribuée, il faut qu'elle soit créée. Et que chaque fois qu'on a entrepris de nier toute distinction morale entre ceux qui donnent plus qu'ils ne reçoivent et ceux qui reçoivent ou qui prennent sans rien donner, voire de blâmer les premiers pour la misère supposée des seconds, la machine s'est rapidement bloquée. Et d'un point de vue strictement moral, ça pourrait aussi bien valoir, en effet, pour le "travailleur" qui "sue", comme tu dis, pour un tout petit revenu net pendant que son voisin vit mieux sans rien faire ni payer d'impôts — je ne généralise pas, mais ça existe, et ce n'est pas ultra-minoritaire : on en connait tous — que pour l'investisseur qui aurait aussi bien pu créer sa boîte à l'autre bout du monde.

 

 

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Changement climatique : «Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu»

Citation

...

Il est trop tard pour que rien de grave n’ait lieu. On le voit déjà : 60 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. L’Europe a perdu, en trente ans, plus de 400 millions d’oiseaux et 80 % des insectes volants. Et au niveau humain, on commence déjà à observer des déplacés climatiques et des pandémies. La catastrophe a déjà lieu. En ce sens, c’est vrai, il est trop tard. Mais ça pourrait être bien pire. Dans un système aussi complexe que la Terre, il y a des paliers. Ce que met en exergue l’ONU, c’est que si on ne fait rien de drastique d’ici quelques années, on passera un palier. Ensuite, même si on est exemplaire, il faudra des temps gigantesques pour inverser la tendance.

...

 

https://www.liberation.fr/france/2018/10/02/changement-climatique-les-autres-combats-n-ont-aucun-sens-si-celui-la-est-perdu_1682744

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Le scénario qui effraie les climatologues

https://reporterre.net/Le-scenario-qui-effraie-les-climatologues

Citation

Le Giec se réunit cette semaine pour étudier les effets qu’aurait un réchauffement de 1,5 °C sur les sociétés humaines. Mais une hypothèse les inquiète encore plus, publiée dans un journal scientifique cet été : la possibilité d’un emballement incontrôlable du système climatique à partir d’un seuil de réchauffement. Qui pourrait être proche de 2 °C.

...

....une question qui préoccupe vivement les climatologues du monde entier : la possibilité que le réchauffement dépasse un seuil à partir duquel se produiraient des effets irréversibles et s’amplifiant sans limitation possible.

Ce scénario a été décrit clairement dans un article paru en août 2018 dans la revue de l’Académie américaine des sciences, la PNAS, sous la signature de Will Steffen, Johan Rockström et d’autres chercheurs. Cette équipe mène depuis des années un travail de fond sur les limites biosphériques que franchit l’humanité.

Dans l’étude publiée cet été, Steffen et son équipe étudient l’évolution possible du climat — et de l’humanité — à partir du concept de rétroaction positive (ou feedback) : ce concept décrit le fait qu’un phénomène, une fois amorcé, peut s’amplifier de façon autonome parce qu’il enclenche un mécanisme qui l’auto-entretient. Les chercheurs estiment de même qu’un certain niveau de réchauffement enclencherait de telles rétroactions, empêchant la température moyenne de se stabiliser.

Or, cette approche se différencie de la majorité des modèles climatiques qui « supposent une relation quasi-linéaire entre les émissions de CO2 et l’augmentation de la température », écrivent-ils. Dire d’une relation qu’elle est linéaire signifie qu’un effet évolue de manière proportionnelle à l’évolution de ce qui le produit : ici, la température par rapport au volume émis de CO2. Mais, assurent Steffen et ses collègues, « il y a aujourd’hui un risque significatif que les puissants effets non-linéaires des processus de rétroaction deviennent un facteur important, voire le principal, de la trajectoire du système Terre dans les siècles prochains ». Autrement dit, que la machine climatique s’emballe et se réchauffe plus fortement que ne pourraient l’induire les seules émissions de CO2, nous conduisant vers une Hothouse Earth, une Terre-serre très chaude et peu vivable : « Le réchauffement pourrait activer des éléments déclencheurs, qui augmenteraient eux-même la température dans un effet domino conduisant la Terre vers des températures toujours plus élevées. »

À quel niveau ce processus d’auto-amplification entrerait-il en action ? Autour de 2 °C de réchauffement, estiment Steffen et son équipe : ils se référent aux effets déjà observés sur plusieurs de ces « points de déclenchement » (tipping points) et produits par l’élévation de 1 °C.

...

Seule réponse possible: la décroissance.

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Le 03/10/2018 à 18:46, lecavalier a dit :

Le scénario qui effraie les climatologues

https://reporterre.net/Le-scenario-qui-effraie-les-climatologues

Seule réponse possible: la décroissance.

Des exemples de quotidiens par des décroissants, chaque mois, dans le journal La décroissance, abo possible par le net ( mais page à minima). 

Ils ont édité quelques bouquins avec ces récits. Inspirant. Ça m’aide beaucoup, à ne pas me laisser séduire par les leurres du commerce...réfléchir à ma consommation, sans être Blanche-Neige.

On peut y découvrir des écrits de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul. L’un d’eux, assurément, formait les futurs instituteurs d’une école normale du Sud. Certains travaillent encore, qui ont eu la chance de les connaître. Quid de cet enseignement ? 

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Le 03/10/2018 à 18:46, lecavalier a dit :

[Or, cette approche se différencie de la majorité des modèles climatiques qui « supposent une relation quasi-linéaire   (...) ]

 Et puis quoi encore ?   Tout le monde sait depuis plus d'un siècle (Volterra ?) que le climat et plus généralement l'écologie sont gouvernés par des processus hautement non linéaires. C'est même l'archétype du système chaotique depuis que Lorenz a proposé dans les années 1970 sa métaphore de la tornade au Texas provoquée par un battement d'aile d'un papillon au Brésil...

Du coup, même si ce qu'il raconte est loin d'être faux, ce genre d'article suscite surtout chez moi une alternative : soit l'auteur ne sait pas de quoi il parle, soit il me prend pour un con.

Le 03/10/2018 à 18:46, lecavalier a dit :

Seule réponse possible: la décroissance.

Mouais. Une bonne part du problème est en effet la croissance du nombre d'humains qui prétendent à un niveau de vie décent, et à un mode de vie vaguement comparable à celui de l'Occident au XXe siècle.

A partir de là, de quelle "décroissance" s'agirait-il ?  De la décroissance de la population mondiale ?  Mais alors qui n'aurait plus le droit de faire des enfants, et comment le leur imposerait-on ?   Ou d'un retour à une dichotomie claire entre une minorité décroissante au mode de vie occidental, et une majorité qui n'y aurait pas droit ?

Pour moi, plutôt qu'un appel à une "décroissance" dont tout prouve que la majorité la refuse pour elle-même, aussi bien à l'échelon local qu'au niveau global, il vaudrait mieux imposer une bonne fois pour toute une application stricte de ce qu'on a appelé le principe "pollueur-payeur" : chacun continue à faire ce qu'il veut mais, si ses abus doivent coûter très cher aux autres, voire aux générations futures, c'est à lui qu'on présente la facture.

 

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Le 02/10/2018 à 11:39, Argon a dit :

 Dont acte. Pour autant, on reste clairement dans la même mouvance idéologique.

 C'est en effet une bonne question, et ancienne. Qui va de pair avec la question symétrique : est-il normal de créer des richesses sans en être récompensé ? Pour moi, la leçon de l'histoire est claire : c'est compliqué,  et les tentatives d'y apporter des réponses sans compromis, dans un sens ou dans l'autre, sur des bases purement idéologiques ou morales, ont toujours abouti au désastre.

Pas exactement — ou du moins, ce n'est pas exactement ce que dit l'extrait que tu cites, qui ne prétend pas que certains en sont "privés", mais qu'ils doivent en contrepartie de la gratuité supporter "condescendance et flicage".

:thumbsup:

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Il y a 9 heures, Argon a dit :

 Et puis quoi encore ?   Tout le monde sait depuis plus d'un siècle (Volterra ?) que le climat et plus généralement l'écologie sont gouvernés par des processus hautement non linéaires. C'est même l'archétype du système chaotique depuis que Lorenz a proposé dans les années 1970 sa métaphore de la tornade au Texas provoquée par un battement d'aile d'un papillon au Brésil...

.....

Il me semble qu'il y a là une confusion sur le sens contextuel du mot "modèle".

Évidemment que le climat est régi par des interactions linéaires et d'autres plus complexes comme les rétroactions positives citées. Mais il ne s'agissait pas ici de parler de la compréhension théorique du fonctionnement du climat.

Le mot "modèle" désigne en fait une "modélisation", c'est-à-dire un modèle informatique (il en existe plusieurs) qui simule l'évolution du climat selon les données fournies. Ces modèles sont forcément plus simples que la réalité et se complexifient avec l'accumulation des études et des données. Cette étude introduit une nouvelle complexité: les boucles de rétroaction avec les effets de seuil.

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Il y a 9 heures, Argon a dit :

...

Mouais. Une bonne part du problème est en effet la croissance du nombre d'humains qui prétendent à un niveau de vie décent, et à un mode de vie vaguement comparable à celui de l'Occident au XXe siècle.

A partir de là, de quelle "décroissance" s'agirait-il ?  De la décroissance de la population mondiale ?  Mais alors qui n'aurait plus le droit de faire des enfants, et comment le leur imposerait-on ?   Ou d'un retour à une dichotomie claire entre une minorité décroissante au mode de vie occidental, et une majorité qui n'y aurait pas droit ?

...

Le premier problème est d'abord la consommation d'énergie et de matières premières, qui se fait surtout dans les pays occidentaux, dans lesquels la consommation par tête de pipe est beaucoup plus élevée qu'en Afrique.

Ensuite l'augmentation de la population mondiale pose aussi de nombreux problèmes. Je n'ai pas de solutions.

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Le 04/10/2018 à 00:14, nonau a dit :

Sortir de ce système mortifère !

La priorité absolue !

Dans le mensuel "la Décroissance" de ce mois, page 5, dans l'article "L'emprise technologique diminue les hommes":

Citation

...

Je crois qu'il faut insister sur un point: le premier motif de la décroissance n'est pas l'évitement de la catastrophe, mais la vie bonne. Évoquer les effondrements en cours et à venir peut servir d'argument pour secouer la torpeur ambiante,  mais le danger est de faire de la conjuration du désastre une motivation première, alors que même sans ce spectre il faudrait opter pour la décroissance.

...

 

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Le 05/10/2018 à 20:48, lecavalier a dit :

Le mot "modèle" désigne en fait une "modélisation », .... qui simule l'évolution du climat selon les données fournies. Ces modèles sont forcément plus simples que la réalité et se complexifient avec l'accumulation des études et des données.

Assurément.

Le 05/10/2018 à 20:48, lecavalier a dit :

Cette étude introduit une nouvelle complexité: les boucles de rétroaction avec les effets de seuil.

Non. C'est le B.A.-BA de la dynamique non linéaire, et ça n'a absolument rien de nouveau dans ce contexte.

 

Le 05/10/2018 à 21:05, lecavalier a dit :

Le premier problème est d'abord la consommation d'énergie et de matières premières, qui se fait surtout dans les pays occidentaux, dans lesquels la consommation par tête de pipe est beaucoup plus élevée qu'en Afrique.

Je ne suis pas du tout convaincu que ce soit le premier problème. On a des réserves illimitées d'énergie, on sait déjà la récolter de manière assez propre, et on a de nombreuses pistes pour le faire de façon encore plus efficace. Si problème énergétique il y a,  il est selon moi lié d'une part au complexe militaro-industriel, qui bloque la filière nucléaire sur des technos sales mais productrices de plutonium, et d'autre part au lobby pétrochimique, qui cherche a maintenir son monopole de fait.

Sinon, la plupart des matières premières sont recyclables. On s'en abstient encore largement aujourd'hui, en dépit de tout le mauvais théâtre autour de quelques recyclages systématiquement ciblés sur le citoyen de base plutôt que sur les industriels, mais il n'y a pas de raison de penser qu'on manquera d'aucun atome dans un futur prévisible...

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Lobbying

Un document révèle comment les multinationales entravent toute action climatique ambitieuse

https://www.bastamag.net/Un-document-revele-comment-les-multinationales-entravent-toute-action

Citation

Derrière leurs beaux discours publics sur le climat, les multinationales continuent à s’opposer à tout objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nouvelle illustration avec un document interne de BusinessEurope, le plus important lobby patronal européen regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des États-Unis. Ce document interne révélé par Greenpeace montre comment BusinessEurope, actuellement présidé par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d’introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l’Union européenne à l’horizon 2030.

Le lobby y explique notamment - en des termes candides - comment il va « rester plutôt positif tant qu’on en reste au niveau des déclarations politiques, sans implications législatives » et « s’opposer à toute ambition accrue, en utilisant l’argument habituel de la distorsion de compétitivité face à nos concurrents ». Autres tactiques prévues : entraver le processus par des arguments procéduraux, suggérer que mettre en place des objectifs supplémentaires « n’est pas le principal problème », en arguant qu’il vaut mieux encourager la Chine et les autres à réduire leurs propres émissions.

Derrière le vernis vert de la communication d’entreprise, les grandes firmes continuent donc à refuser, via les lobbys patronaux et les associations professionnelles, toute forme de régulation contraignante dans le domaine climatique. D’un côté, quand il s’agit de défendre leur réputation et leur image, les multinationales françaises et européennes mettent en avant leurs engagements climatiques ; de l’autre, à travers des lobbys impersonnels, moins compromettants, elles tiennent un discours parfois à l’exact opposé [1].

Le quotidien britannique The Guardian a contacté plusieurs multinationales membres de BusinessEurope, y compris les françaises EDF et Engie, ou encore Google, Facebook et Microsoft pour solliciter leur réaction sur une proposition si éloignée de leurs discours publics. Aucune de ces entreprises n’a souhaité prendre ses distances avec BusinessEurope. Ces révélations interviennent au moment où l’ONG InfluenceMap publie une nouvelle étude sur le positionnement des grandes multinationales sur les questions de climat, en tenant compte de leur lobbying indirect [2].

Olivier Petitjean

Pour les niais qui croient que les entreprises, l'industrie, le commerce portent une solution au problème du changement climatique.

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Le 06/10/2018 à 09:01, lecavalier a dit :

Pour les niais qui croient que les entreprises, l'industrie, le commerce portent une solution au problème du changement climatique.

C'est un poil plus compliqué que ça.

A mon sens, il faut au moins distinguer deux types d'entreprises : celles qui souhaitent s'implanter dans le paysage économique en développant des solutions nouvelles — certaines marcheront, d'autre pas, mais sur le lot certaines seront certainement porteuses d'éléments de solution, et ce n'est qu'en leur permettant de se tester un minimum, dans des conditions contrôlées, qu'on les identifiera.  De ce point de vue, le capitalisme entreprenorial a amplement prouvé sa bien plus grande capacité d'innovation que la programmation étatique.

D'autre part, il y a les grosses entreprises déjà en place, et dont l'intérêt est le statu quo et l'empêchement de toute alternative aux technologies qu'elles dominent, et dont l'influence est clairement conservatrice, voire réactionnaire, donc contre-productive. Ce sont celles-là qui ont les moyens de se constituer en lobbies, et qui emploient Gattaz et consorts pour faire leur sale boulot...

 

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il y a une heure, nonau a dit :

Le 2ème problème, comme évoqué par Lévy Strauss avant sa mort est : la démographie!

Le premier, à mon sens.  L'Afrique, en particulier, ne semble pas encore près de sa transition démographique...

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Il y a la com' (= une posture) ... et il y a la réalité des actions des États:

Climat: contestation saoudienne, fin de réunion difficile pour le Giec

https://www.afp.com/fr/infos/336/climat-contestation-saoudienne-fin-de-reunion-difficile-pour-le-giec-doc-19t3se1

Citation

Les experts climat de l'ONU (Giec) tentaient de boucler samedi la réunion d'approbation du dernier bilan scientifique sur le réchauffement climatique, bloquée par des contestations de l'Arabie saoudite, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.

"Nous sommes très inquiets de voir qu'un seul pays menace de bloquer l'adoption du rapport spécial du Giec si des conclusions scientifiques ne sont pas modifiées ou supprimées comme il le demande", a indiqué à l'AFP un observateur sous couvert de l'anonymat.

Selon plusieurs participants, il s'agit de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, qui a dans le passé été régulièrement à l'offensive pour freiner l'action onusienne contre le réchauffement, qu'il s'agisse de rapports du Giec ou des négociations pour trouver un accord sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

La réunion à huis clos entre scientifiques et représentants de 126 gouvernements, qui devait s'achever vendredi soir à Incheon, avait déjà pris du retard, se prolongeant toute la nuit, avant que la délégation saoudienne conteste dans la matinée le maintien d'un chapitre entier du dernier bilan scientifique en date sur le réchauffement, selon les mêmes sources.

Dans son rapport, dont le résumé est soumis à l'approbation des Etats, le Giec décrit, sur la base de 6.000 études, les forts impacts d'un réchauffement de +1,5°C, un niveau que la Terre pourrait atteindre dès 2030 (2030-2052) faute de réduction massive des émissions de GES (dont les trois quarts sont aujourd'hui générés par la combustion des énergies fossiles).

La délégation saoudienne conteste un chapitre qui fait référence aux engagements pris à Paris par les Etats pour réduire leurs émissions et qui souligne leur insuffisance globale si le monde veut rester à 1,5°C.

...

 

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Il y a 16 heures, Argon a dit :

Le premier, à mon sens.  L'Afrique, en particulier, ne semble pas encore près de sa transition démographique...

Et je vous le donne en mille : sur quel continent le "surplus" va s'exiler ?...

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https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/rester-sur-terre-l-aviation-est-le-mode-de-transport-le-plus-nefaste-pour-le

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L’aviation est le mode de transport le plus néfaste [1] pour le climat et une des sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) dont la croissance est la plus rapide [2]. Dans les vingts prochaines années, l’industrie espère doubler le nombre de voyageur.euse.s aériennes [3]. Une vague massive et globale d’expansion de l’aviation est en place, avec la prévision [4] de près de 1200 projets d’infrastructures aéroportuaires. Beaucoup de ces projets d’aéroports sont parmi les plus coûteux et les plus gros des méga-projets, un certain nombre étant imposé par des gouvernements servant des intérêts privés.

 

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Le 07/10/2018 à 11:43, Ljubljana a dit :

Et je vous le donne en mille : sur quel continent le "surplus" va s'exiler ?...

C'est bien pour cela que je dis que ce système est aussi mortifère démocratiquement...

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Grosse colère bien lucide de Frédéric LORDON à propos des "appels de personnalités":

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Que faire quand les choses vont mal ? Des appels bien sûr. Pour demander qu’elles aillent mieux, naturellement. C’est important que les choses aillent mieux. En tout cas c’est important de bien dire qu’on en est préoccupé. Le climat, par exemple, ça va vraiment mal. Les migrants, n’en parlons pas. En même temps, ça permet de faire des appels.

On peut sans doute tenir pour un signe d’époque que les appels à grand spectacle se multiplient ainsi, signe dans lequel il entre que tous ces appels reçoivent la bénédiction des grands médias, portage direct ou bien relais empressé de Libération ou du Monde, onction des revues de presse audiovisuelles, etc. Signe, ou plutôt symptôme quand on sait en général que l’endos de ces titres est davantage une attestation d’innocuité qu’autre chose. Se peut-il en effet que ces médias se mettent à donner accès à quelque message qui menacerait si peu que ce soit l’ordre des choses ? Il faudrait que le monde ait changé de base. Or, aux dernières nouvelles, il n’a pas. Ce qui en dit peut-être moins sur les lieux qui publient les appels que sur la nature des appels qui y sont publiés. Et la consistance réelle de ceux qui les écrivent.

Dès novembre 2017, Le Monde, conformément à l’idée qu’il se fait de son éminence, avait pris la tête du mouvement en sortant ce qu’il avait de plus gros caractères pour nous avertir à la une que « Bientôt il sera(it) trop tard » (1). Quinze mille scientifiques alignés derrière le tocsin à la fin du monde annoncée dans Le Monde — l’autorité se joignant à l’autorité. Mais, à l’automne 2017, Le Monde contemple avec une légitime satisfaction le fruit de ses efforts à faire élire Macron, aime à croire que la promesse de « make the planet great again » le confirme dans la justesse de son soutien — accessoirement explique au même moment tout le bien qu’il faut penser de la démolition par ordonnances du Code du travail, les entreprises ne créent-elles pas l’emploi et n’ont-elles pas besoin d’agilité pour le créer encore mieux ? Et Le Monde ne voit pas le problème. Le climat c’est important, mais l’agilité c’est nécessaire. Du reste, ne sont-ce pas deux questions tout à fait distinctes et Le Monde n’est-il capable de penser deux choses différentes en même temps ?

Libération aussi en est très capable, et entend bien le faire savoir également. Si c’est ça, nous aurons nos scientifiques nous aussi, évidemment moins nombreux — 700… — mais, attention, servis par une titraille à aussi gros caractères, et un même sens de l’urgence citoyenne (2). Pour Libération également, il fallait faire ce que nous voulions mais voter Macron, un candidat anti-fasciste, anti-autoritaire, pro-migrant (il l’a dit), pro-planète (il l’a dit aussi), et surtout indépendant du capital (il ne l’a pas tout à fait dit, mais, pour peu qu’on soit un peu honnête, on a tout lieu de le penser). Le barrage efficace et Macron élu, on peut retourner au magasin des accessoires, en ressortir sa conscience de citoyen du monde, la rafraîchir d’un coup de polish, ré-enfiler la parure rutilante — et se donner la joie de gagner sur les deux tableaux, la vie n’est pas toujours chienne.

...

En tout cas, nous serons avertis du début d’une possibilité d’échapper au désastre le jour où Le Monde, ou le Guardian, ou le New York Times publieront un appel qui dira que le problème du changement climatique, c’est le capitalisme, en l’accompagnant d’éditoriaux décidés à répéter que le problème du changement climatique, c’est le capitalisme. Scénario qui nous fait mesurer plus exactement nos chances. En tout cas « à froid » — si l’on peut dire…

A lire en entier sur son blog: https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1

ou sur le site Les Crises: https://www.les-crises.fr/appels-sans-suite-1-par-frederic-lordon/

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Ça, c'est bien vu aussi:

Citation

À cet égard [la catégorie d’« anthropocène » s’est montrée d’une fameuse utilité (3). Car voilà : le changement climatique, c’est la faute de l’« homme ». L’« homme en général », qui ferait bien d’ailleurs de trier ses déchets et de fermer ses robinets. Il faudra encore un peu de temps pour que, selon le vœu d’Andreas Malme (4), on en finisse avec cette ineptie de l’anthropocène et qu’on nomme vraiment les choses : capitalocène. Ce qui détruit la planète, ça n’est pas l’« homme » : c’est le capitalisme.

L'anthropocène est le nom proposé pour désigner notre période caractérisée par l'impact majeur de l'humanité sur la géologie et la biodiversité.

Or non, on ne peut faire porter la responsabilité de la catastrophe climatique par l'humanité en tant que telle, dans son essence supposée.

De même qu'on ne peut faire porter cette responsabilité par chaque individu ("chacun doit changer et le monde sera sauvé").

Le responsable est le système société libérale - capitalisme (contingent, né en Europe de l'ouest puis mondialisé).

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Le 14/10/2018 à 10:33, nonau a dit :

Lordon est un des plus grand penseur avec Chomsky. Jamais invités sur les plateaux de TV comme par hasard.

 

 

J'ajoute à cette liste Jean-Claude Michéa, qui éclaire mieux que personne, à mon avis, la genèse de la société libérale et les courants de pensée politiques actuels.

On peut le découvrir dans cet article du Média: https://lemediapresse.fr/idees/michea-lautonomie-socialiste-contre-lindividualisme-liberal/

(repris par Les Crises: https://www.les-crises.fr/michea-lautonomie-socialiste-contre-le-liberalisme-par-kevin-boucaud-victoire/ )

Plusieurs articles sur Le Comptoir: https://comptoir.org/?s=michea

On trouve aussi d’excellentes vidéos d'interviews sur Youtube: suffit de taper "michea" dans la recherche.

Et bien sûr, il faut lire ses bouquins.

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