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lecavalier

L'effondrement en cours

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Torque
il y a 15 minutes, nonau a dit :

Lévy rétrograde? Un pléonasme...

 

Dans une discussion, "rétrograde" peut être considéré comme une insulte pour dire pire que "conservateur", voire "antiprogressiste".

C'est un terme agressif servant souvent d'argument à ceux qui peinent à en trouver d'autres pour justifier leurs délires qu'un simple raisonnement factuel pourrait fragiliser. J'ai regardé toute l'émission et la nana m'a d'emblée profondément agacé, avant même de développer (si on peut dire), sa théorie. Cela dit les autres ne se laissent pas faire, c'est un peu leur image de marque hein. Quand tu y vas il faut avoir des arguments solides. De la même façon tu ne vas pas chez Ardisson ou Hanouna si tu ne veux pas évoquer ta vie privée. S'en plaindre ensuite n'a pas de sens ou alors il faut être bien naïf.

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lecavalier

Sur le superbe blog de François Roddier, ce texte:

140 – La théorie des équilibres ponctués

Citation

On doit au paléontologue américain Stephen Jay Gould et à son associé Niles Eldredge la constatation que l’évolution des espèces n’est pas uniforme dans le temps mais procède par sauts brutaux à des époques particulières. C’est la théorie dite « des équilibres ponctués ». Le physicien Per Bak a montré qu’elle est une conséquence du processus général de criticalité auto-organisée selon lequel les structures dissipatives s’organisent.

Cela signifie que l’évolution d’une société humaine suit un processus du même type que celui des espèces animales ou végétales. Il est intéressant de comparer leurs évolutions respectives. L’apparition d’une nouvelle espèce animale ou végétale serait l’équivalent de la naissance d’une société nouvellement organisée. Nous avons vu que cette dernière évolue en traversant quatre phases successives qualifiées de phase de dépression, d’expansion, de stagflation et de crises. Ce sont les phases des cycles de Turchin et Néfédov. Il semble qu’on retrouve effectivement ces mêmes phases dans l’évolution d’une espèce.

La phase de dépression correspondrait à la phase durant laquelle une nouvelle espèce apparait et s’installe dans sa niche écologique. Suit une phase d’expansion durant laquelle les membres de cette espèce se multiplient rapidement. Après avoir atteint une certaine valeur la population se met à stagner. C’est la phase de stagflation durant laquelle l’espèce modifie l’environnement à laquelle elle est adaptée. On entre alors dans la phase de crise durant laquelle, devenue inadaptée, l’espèce finit par s’éteindre pour être remplacée par une espèce mieux adaptée au nouvel environnement.

La similarité entre les deux processus montre qu’ils sont de même nature. Dans le cas des espèces animales ou végétales, l’information est mémorisée dans les gènes. Il s’agit d’une évolution génétique. Celle-ci est très lente et s’étale sur des millions d’années. Dans le cas des sociétés humaines, l’information est mémorisée dans le cerveau et se transmet par la parole et l’écriture. Il s’agit d’une évolution culturelle. Beaucoup plus rapide que l’évolution génétique, elle s’accomplit en quelques siècles. Ce sont les cycles séculaires de Turchin et Néfédov.

Les progrès dans les transports et les communications font que l’évolution culturelle s’est encore accélérée. La France d’aujourd’hui vit dans une société dont la culture s’est développée à la fin de la première guerre mondiale et dont les phases n’ont duré que 30 ans. Marquée par la grande dépression de 1929, sa phase de dépression s’étend de 1918 à 1948. Suit une phase d’expansion, connue sous le nom de « 30 glorieuses », allant de 1948 à 1978, puis une phase de stagflation parfois qualifiée de « 30 piteuses ». Elle s’étend de 1978 à 2008. La crise bancaire de 2008 marque le début d’une phase de crise qui devrait logiquement durer jusqu’en 2038.

C’est durant sa phase de crise qu’une société s’effondre. L’effondrement correspond à ce que j’ai appelé la « falaise de Sénèque » une appellation suggérée par l’italien Ugo Bardi (voir la figure du billet 93). Cette falaise correspond au palier de condensation des thermodynamiciens. Elle se situe donc au milieu de la phase de crise. Si on applique ce résultat à la société française actuelle, on doit s’attendre à ce que celle-ci s’effondre en 2023, soit à la fin du présent mandat présidentiel. Je laisse mes lecteurs juger de la pertinence d’une telle prédiction.

À quoi doit-on s’attendre concrètement? La comparaison avec la fin des espèces végétales ou animales nous met sur la voie. Celles-ci s’éteignent lorsque leurs gènes ne sont plus adaptés à l’environnement. Dans le cas d’une société humaine, c’est sa culture qui n’est plus adaptée à l’environnement. C’est bien le cas de la société actuelle, société de compétition dont la principale source d’énergie, le pétrole, s’épuise et dont l’activité modifie le climat.

De même que la théorie des équilibres ponctués laisse prévoir une évolution rapide des gènes à des époques très particulières, de même elle laisse prévoir une évolution très rapide de la culture à des époques très particulières. J’ai suggéré que notre société actuelle allait s’effondrer en 2023. Cela implique une fin brutale de la culture dominante présente. On pourra alors espérer voir enfin rapidement s’étendre une nouvelle culture, beaucoup moins portée vers la croissance économique et beaucoup plus orientée vers la préservation de l’environnement.

 

 

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jeanounette

https://mobile.francetvinfo.fr/culture/cinema/festival-de-cannes/immense-gachis-environnemental-la-face-cachee-du-festival-de-cannes_3451739.amp?fbclid=IwAR2PhEqHxEuRMtR2hFmFNcjMsOXftnbgFEhHYB5ccK6I1WlG8zoiCnkGYy4

Citation

Pendant douze jours, la ville qui reçoit les cinéastes du monde entier brille de mille feux, mais pour l'Association pour la défense de l'environnement et de la nature (ADEN) l'envers du décor est moins reluisant et l'événement "hors norme" s'accompagne d'une pollution tout aussi démesurée.

 

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jeanounette


 

Citation

 

Le Ministère français de l’Économie et des Finances accueillera un forum organisé par le MEDEF international, dont les invités sont d'éminents représentants de ces élites patronales qui ont soutenu au Brésil la campagne de Jair Bolsonaro, ainsi que des représentants de la coalition au pouvoir, comme le général Carlos Alberto dos Santos Cruz.

[.... ]

Sur le site internet annonçant cette rencontre, sont vantées auprès des entreprises françaises les « opportunités » économiques offertes par le Brésil depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite, qui mène un programme de privatisations et souhaite ouvrir l’Amazonie à des projets industriels et à l’extraction minière.

 

https://www.change.org/p/ne-laissons-pas-bercy-dérouler-le-tapis-rouge-à-l-extrême-droite-brésilienne?utm_campaign=fb_dialog&utm_medium=email&utm_source=signature_receipt&fbclid=IwAR1N6xPrnxXGUGMUVIhIDSiFZa1VekDg0KVZ_axAanCOU30QatN8fya1TMo#_=_

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nonau

Magnifique jonction de l'extrême droite et des "démocrates "... L'histoire ne change pas les nazis étaient déjà soutenus par les grandes multinationales...

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Torque
il y a 47 minutes, nonau a dit :

Magnifique jonction de l'extrême droite et des "démocrates "... L'histoire ne change pas les nazis étaient déjà soutenus par les grandes multinationales...

Pas besoin d'assimiler des élus à l'extrême droite puis l'extrême droite au nazisme pour dénoncer le goût des multinationales pour tout ce qui peut leur profiter....:whistling:

 

9-milliardaires-médias.jpg

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prof désécol

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/meteo/la-secheresse-perturbe-humains-et-animaux-en-inde_134359

Citation

La sécheresse perturbe humains et animaux en Inde

Sciences et Avenir avec AFP

Chez les araignées Anelosimus studiosus, au delà de 31°C, la coopération s'arrête. Les arachnides se battent alors. La chaleur a effectivement de bien drôles d'effets sur le comportement animal. L'Inde en fait en ce moment même l'expérience : rixes entre singes, tigres dans des villages... Face à la sécheresse et aux températures extrêmes, les animaux multiplient les comportements inhabituels dans le pays, selon les médias locaux.

Les sources d'eau particulièrement convoitées 

Les températures ont atteint la semaine dernière 50,3°C dans la ville de Churu, au Rajasthan, juste en deçà du record national de 51 degrés. Quelques 15 singes sont décédés, probablement d'une insolation, après s'être battus pour l'accès à une source d'eau dans le massif forestier de Joshi Baba, a indiqué un garde forestier à un média indien, P. N. Mishra. Cette rixe est un comportement "rare et étrange pour des herbivores", a-t-il affirmé. Selon des médias, des tigres auraient également quitté les réserves forestières qu'ils habitent pour aller chercher de l'eau dans des villages, semant la panique.

Une sécheresse qui a entraîné des violences dans la population

La chaleur a également provoqué des comportements violents... chez les humains. Dans l'État de Jharkhand, un homme a poignardé six autres personnes après avoir été empêché de remplir des barils d'eau supplémentaires dans un réservoir public, ont rapporté les médias. Le 7 juin 2019, un homme de 33 ans est mort après un combat similaire dans l'État du Tamil Nadu. Une étude américaine publiée en août 2013 dans la célèbre revue Science révélait que les faits de violence s'accroissent lorsque la température augmente. 

L'explication n'était pas clairement établie. L'une des théories fait le lien entre des récoltes moins bonnes à cause d'une sécheresse et une propension plus grande des humains à prendre les armes pour s'assurer un moyen de subsistance. Une autre hypothèse suppose aussi que la chaleur pourrait aussi avoir des effets physiologiques qui entraînent une plus grande irritabilité et donc, une plus grande propension à réagir violemment. Ce phénomène particulièrement inquiétant alors que le monde fait face à une hausse des températures.

La mousson annuelle en retard

Dans le nord de l'Inde, l'Etat d'Uttar Pradesh a connu également ces derniers jours, outre la chaleur, des tempêtes de sable dont les vents violents ont rasé des maisons et abattu arbres ou poteaux, faisant 24 morts. Et les services météorologiques en prévoient d'autres pour les deux jours qui viennent. En 2018, dans ce même Etat, une série de tempêtes de sable de ce type avaient fait 150 morts et d'innombrables destructions. La mousson annuelle, qui amène des pluies bienvenues sur le sous-continent indien, a plus d'une semaine de retard sur son calendrier habituel, mais devrait arriver dans les jours qui viennent, selon les services météorologiques.

 

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prof désécol

https://www.telerama.fr/television/fin-du-monde,-et-si-cetait-serieux-la-collapsologie-vue-par-complement-denquete,n6303280.php

 

Citation

“Fin du monde, et si c’était sérieux ?” : la collapsologie vue par “Complément d’enquête”

Marie-Joelle Gros
4-5 minutes

“Complément d’enquête” s’empare de l’effondrement de notre civilisation. La collapsologie fédère scientifiques de renom, citoyens pragmatiques et authentiques dingues. Sérieux ?

Fin du monde, et si c’était sérieux ? On aurait ri, il y a peu de temps encore, d’un sujet de reportage aussi crépusculaire. Et puis, de canicules en catastrophes naturelles, d’extinction annoncée des espèces animales en épuisement des sols, on a peu à peu dressé une oreille à cette petite musique funèbre. Complément d’enquête s’en saisit ce soir, à sa façon, patchwork de séquences informatives plus ou moins grossières, le tout formant une étrange mayonnaise. En tout état de cause, le magazine acte une prise de conscience collective, à des niveaux d’acuité différents. Et oscille entre rationalité et scénarios cataclysmiques.

Tout commence dans le jardin du manoir d’une certaine Clem à l’écran, héroïne d’une série (neuvième saison) de TFI, soit Lucie Lucas à la ville. La comédienne pose d’emblée : « Mes trois enfants n’atteindront peut-être pas leur majorité […]. Nous n’aurons bientôt plus de pétrole, plus d’eau douce, le système est malade, manque de sens, il va s’écrouler. » D’où son choix d’investir dans cette belle demeure au vert, où elle envisage d’exploiter vergers et potagers pour nourrir sa famille et les habitants des alentours lorsque notre monde aura basculé. A quel horizon ? C’est toute la question.

Dix à quinze ans pour réagir

Pour Pablo Servigne, 40 ans, ingénieur agronome et docteur en biologie, auteur de plusieurs best-sellers (1), le développement durable est déjà une notion dépassée, l’effondrement (le collapse, donc), c’est pour demain. Pas pour la génération qui suivra, mais bien pour celle des adultes d’aujourd’hui qui vont très vite s’y trouver confrontés. L’auteur-ingénieur multiplie les conférences et les interviews dans de grands médias, séduisant au cours de ses conférences nombreuses un public jeune et convaincu de l’imminence de la fin de notre civilisation industrielle. Le climatologue Jean Jouzel, lui, propose un peu plus de marge : dix à quinze ans pour réagir. La question n’est plus de savoir qui croire, mais plutôt de savoir quoi faire.

« Les systèmes politiques, économiques et juridiques ne veulent pas changer », constate Pablo Servigne. S’ensuivent des portraits de citoyens qui prennent leur destin en main. Sur la page Facebook « Adopte un collapso », des couples se forment dans une communauté de vues : se réapproprier les savoirs anciens, apprendre la permaculture, s’organiser en réseau d’entraide pour survivre dans l’après. Tous misent sur une vie à la campagne, confirmant une tendance bien réelle à quitter les villes pour se rapprocher de la terre et retrouver du sens dans cette proximité avec la nature. Voilà sans doute les séquences les plus enthousiasmantes, où l’on croise d’anciens banquiers ou informaticiens réinventant une forme de collectif, champêtre.

On croise encore Yves Cochet, ex-EELV et collapsologue français de la première heure, persuadé que l’« hippomobile » remplacera sous peu l’automobile, dans un ironique retour de manivelle. Ou Edouard Philippe, Premier ministre, qui se dit « obsédé » par le collapse depuis qu’il a lu l’essai d’un géographe et biologiste américain, Jared Diamond (2). On aurait aimé en savoir plus, qu’on creuse les écarts entre l’« obsession” » de Philippe et sa politique… Non, ce reportage propose beaucoup de survol et aucun approfondissement. Avec, en prime, des séquences auprès d’Américains en arme qui n’apportent rien, si ce n’est une perte de crédibilité du sujet. Dommage.

 

Le lien vers l'émission qui, mauvaise ou pas, est peut-être le signe que l'idée d'un effondrement possible gagne l'opinion publique :

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/complement-d-enquete-fin-du-monde-et-si-c-etait-serieux_3468609.html

 

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nonau

Le système capitaliste est mortifère, on le sait depuis longtemps, un l'homme l'a théorisé il y a presque 2 siècles...

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Torque
il y a 22 minutes, nonau a dit :

Le système capitaliste est mortifère, on le sait depuis longtemps, un l'homme l'a théorisé il y a presque 2 siècles...

Tous les systèmes sont mortifères quand on les pousse à leurs extrêmes limites. :idontno:

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nonau
il y a 15 minutes, Torque a dit :

Tous les systèmes sont mortifères quand on les pousse à leurs extrêmes limites. :idontno:

Le système capitaliste est intrinsèquement mortifère. Basé sur une économie de marché, de croissance (dans un monde fini), de consommation, de dérégulation, pire de corruption où l'intérêt particulier prime sur l'intérêt général...

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Torque

Ok.

Le socialisme basé sur l'égalité est mortifère car il permet à tous de revendiquer les mêmes droits et il aboutit au communautarisme qui détruit la Nation, la cohésion sociale.

Le communisme basé sur le parti est mortifère car il détruit tout ce qui n'est pas aisément contrôlable, intellectuels, paysans, opposants.

La droite est mortifère car basée sur la liberté et ceux qui n'ont ni la force ni l'envie d'en faire quelque chose de positif se retrouvent sur le carreau.

La nazisme est mortifère car basé sur la race et tous ceux qui ne sont pas de la bonne extraction sont voués à l'extermination.

Le fascisme est mortifère car basé sur l’État et tous ceux qui rêvent de conserver un tant soit peu de liberté individuelle le payent très cher.

La démocratie est mortifère car elle est le pouvoir de tous exercé par tous et pour tous et donc se révèle ingérable, ce qui la force à devenir "représentative" par un pouvoir exercé par une caste.

Le seul système qui pourrait n'être pas mortifère devrait être basé sur la morale, cette définition très "chrétienne" du bien et du mal, du respect de soi et des autres, mais bien qu'ayant été constitutive de nos lois à travers les siècles, elle est en perdition.

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lecavalier

Un article du journal The Guardian traduit et publié sur l'excellent site Les Crises du journaliste Olivier BERRUYER.

Ici: https://www.les-crises.fr/pic-des-terres-arables-la-civilisation-industrielle-se-prepare-a-sauto-devorer/

"Pic des terres arables : la civilisation industrielle se prépare à s’auto-dévorer"

Citation

De nouvelles recherches sur les terres agraires, le pétrole, les abeilles et le changement climatique laissent présager une crise alimentaire mondiale imminente si des actions urgentes ne sont pas entreprises.

Un nouveau rapport indique que le monde devra plus que doubler sa production alimentaire au cours des 40 prochaines années pour nourrir une population mondiale en expansion. Mais alors que les besoins alimentaires mondiaux augmentent rapidement, la capacité de la planète à produire de la nourriture rencontre des contraintes croissantes dues à des crises qui se superposent et qui, si elles ne sont pas maîtrisées, pourraient entraîner des famines pour des milliards de personnes.

L’ONU prévoit que la population mondiale passera de 7 milliards aujourd’hui à 9,3 milliards d’ici le milieu du siècle. Selon le rapport publié la semaine dernière par le World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales), « les calories alimentaires disponibles dans le monde devront augmenter d’environ 60 % par rapport à leur niveau de 2006 » pour assurer une alimentation suffisante pour cette population plus nombreuse. D’ici 2050, avec les taux actuels de perte et de gaspillage alimentaires, l’écart entre les besoins alimentaires quotidiens moyens et l’alimentation disponible serait d’approximativement plus de « 900 calories (kcal) par personne et par jour ».

A l’origine de ce défi, le rapport reconnaît un réseau complexe et interconnecté de facteurs environnementaux dont beaucoup sont générés par l’agriculture industrielle elle-même. Environ 24 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’agriculture, incluant le méthane provenant du bétail, le protoxyde d’azote provenant des engrais, le dioxyde de carbone provenant des machines sur le terrain et de la production d’engrais, et finalement des changements d’affectation des terres.

Selon le rapport, l’agriculture industrielle contribue de façon majeure au changement climatique qui, à son tour, déclenche des « vagues de chaleur plus intenses, des inondations et des mutations du régime des précipitations », avec « des conséquences destructrices quand aux rendements mondiaux des récoltes ».

En effet, l’agriculture mondiale est très consommatrice en eau, elle représente 70 % de l’utilisation totale d’eau douce. Les nutriments qui s’écoulent des champs agricoles peuvent créer des « zones mortes » et « dégrader les eaux côtières du monde entier », et comme le changement climatique contribue à accroître le stress hydrique dans les régions agricoles, la production alimentaire va encore plus en souffrir.

D’autres facteurs connexes interviendront également, prévient le rapport : la déforestation due à l’assèchement et au réchauffement régional, l’effet de l’élévation du niveau de la mer sur la productivité des terres cultivées dans les régions côtières et la demande croissante en eau de populations plus nombreuses.

Pourtant, le rapport souligne qu’un des problèmes fondamentaux, c’est l’impact des activités humaines sur la terre elle-même, estimant que :

« … la dégradation des sols affecte environ 20 % des surfaces cultivées dans le monde. »

Au cours des 40 dernières années, environ 2 milliards d’hectares des terres – soit l’équivalent de 15 % de la superficie terrestre de la planète (une superficie supérieure à celle des États-Unis et du Mexique réunis) – ont été dégradés par les activités humaines et environ 30 % des terres agricoles du monde sont devenues improductives. Mais il faut en moyenne un siècle entier pour produire un seul millimètre de terre arable perdu par érosion.

Le sol est donc, de fait, une ressource non renouvelable mais c’est aussi une ressource qui est en voie d’épuisement rapide.

Nous manquons de temps. Selon le rapport, des estimations prudentes indiquent que d’ici seulement 12 ans, le stress hydrique élevé affectera toutes les principales régions agroalimentaires en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique occidentale et orientale, en Europe centrale et en Russie, tout comme au Moyen Orient, en Asie du Sud et du Sud-Est.

Malheureusement, le rapport ne tient pas compte d’un autre facteur essentiel – le lien incontournable entre le pétrole et l’alimentation. Au cours de la dernière décennie, les prix des aliments et des combustibles fossiles ont été fortement corrélés. Ce n’est pas un hasard.

La semaine dernière, un nouveau rapport de la Banque mondiale se basant sur cinq produits alimentaires différents – maïs, blé, riz, soja et huile de palme – a confirmé que le prix du pétrole est le principal facteur de la hausse des prix alimentaires. Le rapport, fondé sur un algorithme conçu pour déterminer l’impact d’un facteur donné au moyen d’une analyse de régression, a conclu que le prix du pétrole était encore plus important que le ratio des stocks alimentaires mondiaux disponibles par rapport aux niveaux de consommation, ou que la spéculation sur les produits. La Banque recommande donc de contrôler les mouvements du prix du pétrole pour freiner l’inflation des prix alimentaires.

Le lien entre le prix du pétrole et celui des denrées alimentaires n’est pas surprenant. Une étude de l’Université du Michigan souligne que chaque élément majeur du système alimentaire industriel – engrais chimiques, pesticides, machines agricoles, transformation des aliments, emballage et transport – dépend d’un apport élevé en pétrole et en gaz. En effet, 19 % des combustibles fossiles utilisés par l’économie américaine le sont par le système alimentaire, juste après les voitures.

Si on remonte à 1940, pour chaque calorie d’énergie fossile utilisée, 2,3 calories d’énergie alimentaire étaient produites. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : il faut 10 calories d’énergie fossile pour produire une seule calorie d’énergie alimentaire. Comme l’a fait remarquer Michael Pollan, critique gastronomique et militant, dans le New York Times :

« En d’autres termes, quand on mange des aliments industriels, on mange du pétrole et on rejette des gaz à effet de serre. »

Mais des prix élevés pour le pétrole sont appelés à durer – et selon une évaluation produite cette année par le Ministère de la Défense britannique, ils pourraient grimper jusqu’à 500 $ le baril dans les 30 prochaines années.

Tout cela démontre que le point de contact entre un système alimentaire industriel de plus en plus autodestructeur et une population mondiale en croissance inexorable se rapproche rapidement.

Le point de collision pourrait être atteint beaucoup plus tôt que prévu en raison du l’élément imprévisible qu’est le déclin catastrophique des abeilles.

Au cours des 10 dernières années, les apiculteurs américains et européens ont signalé des pertes annuelles de ruches de 30 % ou plus. L’hiver dernier, cependant, de nombreux apiculteurs américains ont subi des pertes additionnelles de 40 à 50 %, et certains ont signalé des pertes pouvant atteindre 80 à 90 %. Étant donné qu’un tiers de la nourriture consommée dans le monde dépend des pollinisateurs, en particulier des abeilles, l’impact sur l’agriculture mondiale pourrait être catastrophique. Des études ont mis en cause des facteurs inhérents aux méthodes industrielles – pesticides, acariens parasites, maladies, nutrition, agriculture intensive et développement urbain.

Mais les preuves pointant du doigt des pesticides largement répandus sont depuis longtemps accablantes. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), par exemple, a souligné le rôle des néonicotinoïdes – au grand dam du gouvernement britannique – justifiant l’interdiction partielle de trois pesticides courants par l’UE.

Dans son dernier avertissement scientifique publié la semaine dernière, l’EFSA souligne qu’un autre pesticide, le fipronil, présente un « risque aigu élevé » pour les abeilles domestiques. L’étude a également révélé d’importantes lacunes dans les études scientifiques qui empêchent une évaluation exhaustive des risques pour les pollinisateurs.

En bref, la crise alimentaire mondiale doit faire face à une véritable tempête de crises inextricablement liées qui nous frappent déjà aujourd’hui et qui vont s’aggraver dans les années à venir si aucune action urgente n’est entreprise.

Ce n’est pas que nous manquions de réponses. L’an dernier, la Commission sur l’agriculture durable et le changement climatique, présidée le professeur Sir John Beddington, ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement [du Royaume-Uni, NdT] – qui avait déjà mis en garde contre une désastreuse conjonction de pénuries en nourriture, eau et énergie dans les 17 ans à venir – a formulé sept recommandations concrètes avec des bases factuelles pour enclencher une évolution vers une agriculture plus durable.

Jusqu’à présent, toutefois, les gouvernements ont largement ignoré ces avertissements, alors même que de nouvelles preuves ont été révélées démontrant que la chronologie de Beddington est trop optimiste. Grâce à une récente étude menée par l’Université de Leeds on a découvert qu’au cours des dix prochaines années, de graves sécheresses induites par le changement climatique en Asie – et plus particulièrement en Chine, en Inde, au Pakistan et en Turquie – compromettraient la production de maïs et de blé, déclenchant une crise alimentaire mondiale.

En conclusion, si nous prenons en compte l’érosion des sols, la dégradation des terres, le prix du pétrole, l’effondrement des colonies d’abeilles et la croissance démographique, les conséquences sont dramatiques : la civilisation industrielle est sur le point de s’auto-dévorer – si nous ne changeons pas de cap, cette décennie restera dans l’histoire comme celle du début de l’apocalypse alimentaire mondiale.

Dr Nafeez Ahmed est directeur général de l’Institute for Policy Research & Development et auteur du « Guide de l’utilisateur sur la crise de la civilisation : Et comment la sauver » entre autres ouvrages. Suivez-le sur Twitter @nafeezahmed

Source : The Guardian, Nafeez Ahmed, 07-06-2013

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

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nonau

C'est tout le système qu'il faut revoir c'est lui qui est à l'origine de tout cela! Ce ne sont pas les "écologistes" de EELV ou LREM qui ne nous sortiront de ce cauchemar ! C'est nous, il nous faut sortir de notre léthargie ! 

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Torque
il y a 5 minutes, nonau a dit :

C'est tout le système qu'il faut revoir c'est lui qui est à l'origine de tout cela! Ce ne sont pas les "écologistes" de EELV ou LREM qui ne nous sortirons de ce cauchemar ! C'est nous, il nous faut sortir de notre léthargie ! 

C'est un peu ce que je voulais dire.... ;)

J'aimais bien l'expression "en bon père de famille" qui sous-entendait morale, sens des responsabilités et raison. Bon maintenant dire ça c'est risquer de se faire huer et caillasser mais bon.

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rose45
Il y a 17 heures, nonau a dit :

C'est tout le système qu'il faut revoir c'est lui qui est à l'origine de tout cela! Ce ne sont pas les "écologistes" de EELV ou LREM qui ne nous sortiront de ce cauchemar ! C'est nous, il nous faut sortir de notre léthargie ! 

C'est ce que je me tue à dire à nos copains qui disent que les politiques font rien, bougent pas, c'est à eux de faire des lois............... Mais non ce ne sera pas là haut qu'ils feront changer le monde, c'est la base, c'est nous! C'est à nous de nous réveiller............................................... et d'arrêter d'accepter ce système pourri de surconsommation et autre.

Mais quand...........?

Parce que les gens en sont encore loin...........

Bref, vendredi, certains avaient regardé l'émission de france 2 à l'école parce qu'ils m'ont dit "tiens ils ont parlé de toi à la télé" ;)

 

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Ljubljana

Voilà : tout dépend de nous.

Les politiques ne prendront jamais le risque de se mettre à dos les plus gros pollueurs : ils sont majoritaires aux élections.

Admettons qu'ils le fassent : ils auraient une révolte gilets jaunes puissance 10 de la part de ceux qui ne veulent rien remettre en cause (et qui sont également majoritaires).

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rose45

C'est clair....

 

Hier soir, on s'est couchés à 23h..... A 23h08 l'agriculteur en dessous de chez nous s'est mis à pulvériser............................... On était ravis........................

Le gouvernement ne se mettra pas les riches, les pollueurs, ceux qui font du fric à dos, je suis d'accord......

Mais la base est molle je trouve..... Y'a qu'à voir les réactions autour de nous..... Les gens sont convaincus parfois mais complétement contradictoires. Un collègue de mon mari qui organise un parking sans voiture sur leur lieu de travail, avec utilisation du vélo, mise à dispo, soutenu par la boite....................... lui dit qu'il va partir faire un tour du monde en 3 mois...... Ah pétrole pétrole carbone carbone. Alors même si les gens conscients sont illogiques ça va être chaud.

 

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Argon
Il y a 3 heures, rose45 a dit :

Les gens sont convaincus parfois mais complétement contradictoires.   (...) Alors même si les gens conscients sont illogiques ça va être chaud.

  Convaincus de quoi, conscients de quoi ?  Cela fait des décennies que la plupart des discours soi-disant écologique sont de pure façade, et privilégient les symboles faciles sur la compétence, et la "sensibilisation" à une authentique réflexion.

   L'écologie, c'est d'une part une discipline scientifique, et des plus complexes, et d'autre part une problématique morale et politique, au sens le plus noble de ces deux termes. On ne s'en sortira pas par des slogans à deux balles, et les sacrifices à venir ne sont pas la limitation des voitures individuelles ou le renoncement aux tours du monde. Les choix à venir, très prochainement, seront autrement douloureux — ça, pour le coup, j'en suis logiquement "convaincu", et ça va en effet être chaud. Très.

 

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rose45
à l’instant, Argon a dit :

   les sacrifices à venir ne sont pas la limitation des voitures individuelles ou le renoncement aux tours du monde. Les choix à venir, très prochainement, seront autrement douloureux — ça, pour le coup, j'en suis logiquement "convaincu", et ça va en effet être chaud. Très.

 

par ça par exemple. Par la fin du pétrole....... par l'effondrement .

Toi par exemple, quels exemples concrets tu vois autour de toi pour affronter ça? Quels choix?

Nous on réfléchit, à quoi aurons besoin nos enfants si effondrement il y a et donc on essaye de faire des choix en ce sens.

On se dit qu'il y a 2 solutions , soit les hommes s'entretuent pour survivre, soit ils coopèrent..................................... donc oui ça va être chaud

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Argon
il y a une heure, rose45 a dit :

On se dit qu'il y a 2 solutions , soit les hommes s'entretuent pour survivre, soit ils coopèrent

  Je vois au moins deux autres familles de solutions : le recours massif à la technoscience (en termes d'ingénierie globale et/ou de modification de l'humain), et la quasi-extinction.  Le plus probable est à mon sens une combinaison des trois premières.

 

il y a une heure, rose45 a dit :

Par la fin du pétrole.......

Toi par exemple, quels exemples concrets tu vois autour de toi pour affronter ça? Quels choix?

 Déjà, je suis loin d'être convaincu de "la fin du pétrole". C'est un refrain que j'entends depuis un demi-siècle ; quand j'étais ado, on nous la promettait, sans rémission, pour l'an 2000... et quarante ans après, on a en fait plus de réserves inexploitées qu'à l'époque !

 Cela dit, c'est effectivement un problème, ne serait-ce qu'à cause de la tendance des USA à détruire un pays ou deux dès que les cours du pétrole se tendent. Mais la solution me semble assez évidente : c'est la fusion nucléaire, filière énergétique à la fois potentiellement parfaitement propre et inépuisable.  La résistance du lobby de la fission, qui sabote assez systématiquement toute recherche un peu ambitieuse en la matière — le même qui a également saboté toute recherche sérieuse sur la gestion des déchets nucléaires — tient pour moi de la haute trahison. En fait de symboles, en mettre quelques grands chefs à l'ombre pour dix ou vingt ans ne ferait sans doute pas de mal.

 

  Par ailleurs, en termes "d'effondrement", le problème m'apparaît avant tout démographique. Donc largement éthique : techniquement, on saurait parfaitement le régler, et très facilement. Mais moralement, c'est plus problématique. Tant que nous refuserons de trancher entre les différents types de sacrifices que cela impliquerait, la situation continuera à empirer, jusqu'à ce que ta première solution s'impose : s'entretuer à grande échelle, ce qui tend effectivement à résoudre provisoirement ladite question démographique...

 

Sinon, à plus court terme, c'est presque une banalité, mais n'importe quel ingénieur et n'importe quel économiste sérieux savent qu'on ne peut contrôler un système complexe que par une rétroaction négative, les rétroactions positives amenant irrémédiablement à un emballement, donc souvent à un "effondrement". Or le système fiscal actuel, français et européen, récompense les abus.

Une simple réforme d'une part de la comptabilité publique, prenant en compte le coût environnemental  (et social en prime, tant qu'à faire...) de toute opération, et d'autre part de la fiscalité, avec une mise en œuvre sérieuse du principe "pollueur-payeur" (rendue possible par ce qui précède) arrangerait sans doute déjà bien les choses à relativement peu de frais.

 

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rose45

ne pas citer merci

Tu es enseignant? Tu regardes des conférences de collapsologues et autres? Qui préfères-tu? Tout ça est passionnant!

J'avoue que j'ai quand même envie que quelque chose se passe pour une prise de conscience générale. Je ne vois pas une réforme économique, ils sont vraiment trop c---- là haut..... Et la fin du pétrole j'y crois un peu plus........................ j'ai pas tout compris à l'histoire du gaz de shistes qui permet de controler un peu la fin du pétrole mais je suis un peu limitée dans ces domaines là que tu sembles maitriser bien mieux

J'adore faire des débats avec mes élèves sur ce "type" de sujet tout en restant dans le programme. Je leur ai lu un article sur la baleine retrouvée morte avec 40 kilos de plastique, quand on faisait le circuit de l'eau en géographie. Et on a eu une intervention sur les déchets à la suite. Un de mes élèves prend la parole et dit "C'est vraiment bien qu'on ait une intervention F sur les déchets, mais à ce que je comprends il faudrait que le monde entier ait une intervention F hein maitresse?" Mes élèves me fatiguent mais parfois ils me font du bien.

On a aussi parlé des chaines et réseaux alimentaires, je leur ai parlé du parc de yelowstone où avoir enlevé les loups a posé un gros problème...... et la séance d'après une élève nous a dit "en fait l'homme est en quelque sorte tout en haut de la chaine alimentaire ...... je crois que le problème c'est qu'il  y a trop d'hommes non?" Ils m'épatent des fois.

 

Et comme tu le dis, je te rejoins, tout en ayant décidé de ne pas tomber en dépression, mais mon idée est que les hommes vont s'entretuer oui...... Et comment faire pour éviter ce monde là? Y'a t-il une solution maintenant? Les gens en haut et en bas vont-ils en prendre conscience?

Bref, nous à notre niveau car on n'est ni ingénier ni économiste ni rien du tout, on essaye de faire notre potager et de travailler sur notre résilience en matière d'énergie, c'est pas simple tous les jours.......

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FredZZZ
Il y a 2 heures, Argon a dit :

Une simple réforme d'une part de la comptabilité publique, prenant en compte le coût environnemental  (et social en prime, tant qu'à faire...) de toute opération, et d'autre part de la fiscalité, avec une mise en œuvre sérieuse du principe "pollueur-payeur" (rendue possible par ce qui précède) arrangerait sans doute déjà bien les choses à relativement peu de frais.

 

Si j'ai bien compris, tu proposes de taxer lourdement la viande rouge / le transport aérien / les croisières / la consommation frénétique de nouvelles technologies etc ?  Sinon, à quoi d'autre pensais-tu ?

@rose45 : lors du doc d'ARTE sur le Yellowstone, j'avais pris des notes pour pouvoir en parler à mes élèves, car c'était un bel exemple de dérèglement en chaîne  :-) Comme toi, ils me fatiguent parfois, mais il arrive aussi souvent qu'ils me surprennent ! C'est qui fait tout le sel de notre beau métier ...

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Argon
Il y a 1 heure, FredZZZ a dit :

Si j'ai bien compris, tu proposes de taxer lourdement la viande rouge / le transport aérien / les croisières / la consommation frénétique de nouvelles technologies etc ?

  Absolument pas. Pour moi, ce genre d'approche est totalement irrationnelle : on décide a priori que ceci ou cela est mauvais en soi, et on le sanctionne sur des bases morales — qui seront automatiquement perçues comme arbitraires et discriminatoires par les amateurs de ce que tu n'aimes pas, qui noteront que tu t'es abstenu de condamner ce qui, à toi, semble de première nécessité...

  Le transport aérien, les croisières ou les nouvelles technologies ne sont en aucun cas mauvais en eux-mêmes. Je serais ravi que tout le monde puisse faire le tour du monde pour pas cher et changer d'iPhone tous les jours, si cela s'accompagnait d'une pollution raisonnable.

  Ce que je proposais, c'était au contraire de chiffrer aussi objectivement que possible le coût environnemental de tous ces éléments, et de l'intégrer dans leur prix final. Mais certainement pas en moyenne et par grandes catégories, mais au cas par cas. Tant de kilomètres dans tel type d'avion, c'est tant de taxes — et au moins autant que ce coût environnemental. Cela renchérirait assurément les voyages proposés par les opérateurs actuels et les limiterait certainement à court terme ; mais, l'effet le plus important serait à moyen terme l'émergence de nouveaux avionneurs, croisiéristes, fabriquants de smartphones, de start-up, etc. promouvant des technologies nouvelles et moins polluantes; et, à long terme, on devrait pouvoir bénéficier à la fois d'un mode de vie très confortable et high tech pour ceux qui aiment ça, et d'un niveau de pollution décent.

Il y a 1 heure, FredZZZ a dit :

Sinon, à quoi d'autre pensais-tu ? 

  C'est pour moi une approche très générale :  la collectivité locale qui fait traîner en longueur des travaux et des embouteillages sans fin parce que leur coût est invisible, assumé par chaque citoyen, et qu'elle a préféré les faire effectuer par le moins-disant devrait être obligée de le réintégrer dans son calcul, quitte à devoir payer un peu plus quelqu'un de plus compétent et plus rapide ; les sociétés d'autoroute qui font payer très cher les coûts d'entretien aux automobilistes et aux motards, alors que ce sont les superlourds qui dégradent l'asphalte, devraient faire payer au prorata des dégâts causés, et tant pis pour le lobby des routiers ; les croisiéristes qui emploient des carburants soufrés hautement nocifs parce que c'est moins cher devraient être passibles de lourdes peines de prison, et cetera ad nauseam.

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lecavalier

L'histoire des loups du Yellowstone est bien résumée par cette vidéo: une magnifique leçon d'écologie scientifique.

 

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FredZZZ
Il y a 5 heures, Argon a dit :

  Absolument pas. Pour moi, ce genre d'approche est totalement irrationnelle : on décide a priori que ceci ou cela est mauvais en soi, et on le sanctionne sur des bases morales — qui seront automatiquement perçues comme arbitraires et discriminatoires par les amateurs de ce que tu n'aimes pas, qui noteront que tu t'es abstenu de condamner ce qui, à toi, semble de première nécessité...

  Le transport aérien, les croisières ou les nouvelles technologies ne sont en aucun cas mauvais en eux-mêmes. Je serais ravi que tout le monde puisse faire le tour du monde pour pas cher et changer d'iPhone tous les jours, si cela s'accompagnait d'une pollution raisonnable.

 

OK, je comprends mieux, et ça me paraît beaucoup plus juste et intéressant qu'une taxe "bête et méchante" ( même si peut-être pas " totalement irrationnelle " ) ... Cela dit est-ce que les produits que j'ai cité ne seraient pas, dans le cas d'un coût environnemental intégré, parmi les plus impactés ?

Pour le reste, je note que tu es comme souvent " idéologiquement " assez insaisissable ( c'est loin d'être un reproche ) : pro nucléaire ( si je n'ai pas encore compris de travers 😀 ) d'un côté, mais partisan de solutions extrêmes de l'autre ( les croisiéristes à l'hôtel des gros verrous !!! Ah Ah ! ), effrayantes même pour bien des écolos pourtant très engagés !!!

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FredZZZ
Le 27/06/2019 à 21:10, Ljubljana a dit :

Voilà : tout dépend de nous.

Pour mettre la pression sur ceux qui nous gouvernent oui, mais pour sauver la planète de notre côté, sans un coup de pouce d'en haut, sans doute pas ...

On peut bien trier nos déchets, nourrir les oiseaux l'hiver, arrêter de manger de la viande, de prendre l'avion, la bagnole, d'acheter des merdes en plastoc ou des fruits et légumes qui viennent de l'autre bout du monde ( à titre personnel je suis bien loin d'arriver à tout ça ), ça ne pèse pas lourd face à tous les outrages que l'on fait subir à la terre ... Et quid des habitants des pays émergents qui après des années de misère aspirent à voyager, à avoir des voitures, des smartphones, des maisons climatisées ou à bouffer du steak ??? Ils / elles sont des milliards !!!!!

Et puis même pour ce que je cite, pour ces "menus efforts", ce n'est pas toujours facile : parce que sauf exception tout ce qui est propre, bio, local, équitable coûte souvent 2 à 3 fois plus cher ...

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