eliseteph, le 13 novembre 2011 - 21:18 , dit :
Vous pensez quoi de ce tableau récapitulatif de ce qu'on a dit dans notre dernière séance?
ça vous semble pertinent? Correct? à vos critiques! sachant que je ne veux pas mettre trop de détails...
Pas mal de réserves quand même. On a déjà évoqué l'appellation de "catholique", anachronique
(la distinction catholique/protestant intervient bien plus tard. A l'époque des Croisades, "catholique",
ça veut dire "universel") ; la question du dieu unique est très discutable, et contribue à la tension
entre Chrétiens et Musulmans : les premiers se veulent monothéistes, mais adorent une Trinité
(Père/Fils/Saint Esprit). D'où : pour les Chrétiens, Jésus n'est pas seulement "fils de Dieu, parlant
en son nom", mais bien Dieu incarné, alors que les Musulmans reconnaissent en Jésus un prophète
majeur, mais non un dieu. L'Islam a trois villes saintes : tu oublies Médine. Au passage, tu oublies
aussi la majuscule de "Bible" (à tout le moins, symétriser avec le Coran).
Il me semble que, plutôt qu'une "comparaison", forcément simpliste, il pourrait être plus juste
d'aborder la question par la chronologie des trois grands monothéismes : apparaissent d'abord
les Juifs ; puis les Chrétiens, qui reconnaissent les Prophètes juifs et leur livre sacré (Torah/Ancien
Testament), mais ajoutent Jésus et un nouveau texte (Bible = Ancien + Nouveau Testament) ; plus
tard encore apparait l'Islam, qui reconnait tous les prophètes précédents et en ajoute un, et bien
sûr son propre Livre, mais dont le principal prophète n'est reconnu ni par les Juifs, ni par les
Chrétiens. Tout tourne donc autour du statut de Jérusalem, cité "trois fois sainte", et surtout
de Jésus et de Mahomet.
En cycle 3, tu peux sans doute approfondir un peu aussi l'aspect politique de la chose, en évoquant
Byzance : l'empire romain d'orient, chrétien, vit alors en bonne entente avec les musulmans, et la
question des Croisades ne se réduit donc pas à la religion.
Un autre épisode, anecdotique mais à mon sens utile pour relativiser le discours (on parle
quand même d'un massacre...) : lors de la mise à sac de Jérusalem de la première Croisade,
deux capitaines chrétiens, Tancrède de Hauteville et Gaston de Béarn, ont planté leurs étendards
sur le mont du temple, et garanti la sécurité des arabes qui se plaçaient sous leur protection.