Mais où sont les classes sociales dans votre vision du peuple ? Car c'est bien là que je voulais en venir.
Dans
un article de rue89 interviewant T. Piketty, on lit ceci :
Citation
En 1913, le 1% des Français les plus riches accaparait 53% du patrimoine total. Il n'en détenait plus que 20% en 1984, mais en 2010 le taux est remonté à 24% du patrimoine total. Les 10% les plus riches détiennent 62% du patrimoine total. (Sources :
RevolutionFiscale.fr et Insee.)
Le peuple ? Tous celles et ceux qui, depuis fort longtemps, se partagent les miettes du gâteau, accaparé par une minorité (" Au niveau mondial, la fortune des millionnaires augmente de 6 à 7% par an", dit Piketty) . Système supportable avec des dispositifs sociaux tels que ceux mis en place après la seconde guerre mondiale... et qui sont précisément en cours de destruction systématique. En la matière, l part du P"S" français dans cette histoire n'est pas celle d'un opposant farouche (Piketty, que je cite ici, en est proche, ce qui n'est pas mon cas puisque je suis encore de gauche).
"la part du revenu du patrimoine a beaucoup remonté ces dernières années. Dans les années 1950, ce n'était que 15% du revenu national. On a mis beaucoup de temps à se remettre des chocs des deux guerres mondiales. Il faut attendre les années 1990-2000 pour retrouver les niveaux de capitalisation boursière et immobilière de 1914", dit encore Piketty. Autant dire que ce sont ces vingt dernières années qui ont précipité le retour à une domination économique écrasante de la bourgeoisie (internationalisée au niveau mondiale comme jamais elle ne l'avait été auparavant dans son histoire) sur "le peuple", précisément. Et souvenez-vous qui a été au pouvoir en France pendant de longues années ? Le P"S" (et ce malgré les épisodes de cohabitation).
L'instituteur (et tout dépend évidemment vers qui il ou elle tend à tourner son regard et à quelle partie de la population il ou elle accorde et épouvre sa solidarité de classe) doit donc, plus que jamais, "donner au peuple les moyens de se révolter", a minima en faveur de dispositifs politiques qui permettent une répartition équitable des richesses produites, qu'elles soient économiques, scientifiques ou culturelles.
"L'objectif commun" que tu évoques est bien là - seulement, il ne se donne pas à saisir tout de suite, surtout dans un environnement quotidien qui semble entièrement fait pour nous abrutir et nous empêcher de penser, avec la publicité agressive et ses mots et ses images travaillées par des personnes manipulatrices de nos pulsions. Il y a des intérêts qui nous sont propres, qui sont indéniables, concrets, réels, mais qui nous échappent ! Cela vaut pour des individus comme pour des groupes sociaux.