Torque Posté(e) il y a 20 heures Posté(e) il y a 20 heures Dernière chronique pour être prof qui initialement s’intitulait : Le ciel, le ministère et TA MÈRE Il y a les saisons. Et les fameuses chroniques d’été. Les marronniers. En mode “chaud les marrons, chaud”. Et avec eux, les annonces du ministère de l’Éducation nationale. Mais les saisons, au moins, elles préviennent. Les grandes instances, elles, découvrent chaque année avec un étonnement presque poétique : qu’il fait chaud en juin ; avec un vague concept fumant de réchauffement climatique mondial ; que les examens tombent en juin, et que les élèves transpirent quand on les enferme quatre heures dans un bâtiment construit sous Giscard avec des fenêtres qui s’ouvrent à 11 degrés d’inclinaison maximum. Mais rassurez-vous. Comme chaque année, le Chef a parlé. Et quand le Chef parle… généralement, quelqu’un transpire : nous. Et la station météo gouvernementale fonctionne encore une fois avec des piles “qu’on a pas acheté les bonnes”. Cette année encore, les fortes chaleurs sont arrivées avec la même violence qu’un élève qui découvre le coefficient d’une matière le 3 juin. Une matière où il n'est pas allé, car c’était tôt le matin. 34 degrés dans les classes. 36 sous les toits. Ah merde, mais on est juste sous les toits ! 42 degrés dans la salle informatique avec ses 20 PC qui soufflent comme des Boeing. Tu attends une hôtesse qui va arriver avec un verre d’eau glacé, mais elle est en arrêt maladie. Mais ne vous en faites pas, tout est sous contrôle ! Selon les recommandations officielles : il faut fermer les volets ; boire de l’eau ; et privilégier les salles les moins exposées. "Monsieur, on peut ouvrir les fenêtres ? - Non, elles sont bloquées. - Et la clim ? - C’est le vidéoprojecteur, mets-toi dessous et note la trace écrite en évitant de suer sur ta feuille !” L’Education nationale nous demande donc de lutter contre la canicule avec un store cassé, une bouteille de Cristaline tiède et la puissance mentale d’un prof principal au troisième conseil de classe de la journée. Un Koh-Lanta pédagogique. Ah non, même eux ils ont de l’eau ! Et avec l’été qui pointe le bout de son nez. Les examens qui arrivent en tongs, shorty et coupe mulet Le bac. Le brevet. Le grand moment républicain de l’année. Les gens en haut doivent gonfler le torse et l’exhiber. Poils frisottants apparents. Et avec eux, des milliers d’élèves en train de composer dans des salles où même un rôti de porc demanderait un droit de retrait… Mais pas question de reporter les épreuves. Parce qu’il y a un calendrier… Le calendrier, cette créature administrative mythique plus puissante que la logique, la météo, Zeus, Ouranos, Hadès et Tibo in Shape. Alors on adapte. On s’adapte. On déplace les salles. On distribue des gourdes. Ah non, y'a pas de budget gourde. On va prendre des bouteilles en plastique qu’on foutra dans les poubelles non recyclées de toute manière. “ Foutu pour foutu”. On conseille de “s’hydrater régulièrement”… Merci, sans cette recommandation révolutionnaire, Enzo serait probablement parti composer avec une canette de Monster tiède et trois Chocobons. Et des chips saveur chorizo.Et pendant qu’on fond lentement comme un Babybel oublié sur un radiateur, les annonces continuent. Nouveau brevet. Nouveau barème. Nouvelles règles. Nouvelles compétences. Toutes les années, un communiqué donne l’impression que les pontes jouent à Football Manager avec l’Éducation nationale. Mais en ligue 12. “Finalement le brevet comptera davantage sur…” “Ah non, maintenant ce sera…” “Et les groupes de niveau…” “Et l’orthographe…” “Et les maths…” Même Pronote commence à respirer fort, en mode malaise vagal Le grand retour de l’orthographe punitive. Le patron a redécouvert un concept oublié : les fautes d’orthographe. Oui… En 2025-2026, quelqu’un a rouvert un Bescherelle dans un bureau parisien. Et il a comparé avec une copie de Dylan, 16 ans. "Il faudra davantage sanctionner les copies mal écrites au bac ; elles n’auront pas la moyenne si la syntaxe est trop incorrecte." Très bien. Mais il fallait prévenir les élèves. Parce qu’actuellement, certains rendent des copies où : les verbes sont en liberté conditionnelle ; la ponctuation est en fuite ; et les accords vivent cachés depuis plusieurs années ; il y a plus de néologismes que dans un bouquin de l’Oulipo. "Madame ‘sa’ s’écrit avec un c ou un s ? - Ça dépend. - Ah. Et ça s’écrit comment des pans ?” Le plus beau étant cette capacité ministérielle à découvrir tous les ans les mêmes problèmes… comme si les copies apparaissaient spontanément dans des champignons pédagogiques. On leur avait bien dit qu'il n'y avait pas la mention plus-que-parfait dans les vidéos TikTok les plus consultées. Et que les livres se lisaient désormais sous IA. Et dans ce laboratoire d’évaluation permanente, le brevet change. Le bac change. Les programmes changent. Les consignes changent. La météo change. Le seul élément stable dans l’Éducation nationale… c’est la sensation de ne plus comprendre les règles du jeu. Les élèves demandent :“Mais du coup, ça compte combien ?” Les parents demandent :“Mais du coup, il faut réviser quoi ?” Les profs répondent : “Je suis perdu dans ma circulaire, le lien Éduc Nat ne fonctionne pas.” Au fond, juin dans l’Éducation nationale, c’est toujours la même chose : Le ministère fait semblant que les bâtiments sont adaptés. Les établissements font semblant que la situation est gérable. Les profs font semblant d’avoir encore de l’énergie. Et les élèves font semblant d’être encore concernés. Tout le monde transpire. Bryan n’est plus “in the kitchen” mais “ in the micro onde”. Mais administrativement, tout va bien. Le plus fascinant dans cette histoire, ce n’est pas la chaleur. C’est notre capacité collective à continuer. À surveiller des examens dans des salles à 35 degrés. À parler de “conditions optimales”. À expliquer des consignes pendant qu’un élève s’évente avec sa convocation en réfléchissant comment on conjugue le verbe choir. Rue Grenelle, on appelle ça “maintenir la continuité”. Nous, plus simplement, on appelle ça : tenir jusqu’en juillet. Monsieur Z
Torque Posté(e) il y a 18 heures Posté(e) il y a 18 heures Est-ce que les éminences du Conseil constitutionnel pourraient avoir l’amabilité de nous indiquer sur quels sujets elles veulent bien autoriser le peuple à donner son avis ? Qu’on gagne du temps.
B i b Posté(e) il y a 16 heures Posté(e) il y a 16 heures Il y a 2 heures, Torque a dit : Est-ce que les éminences du Conseil constitutionnel pourraient avoir l’amabilité de nous indiquer sur quels sujets elles veulent bien autoriser le peuple à donner son avis ? Qu’on gagne du temps. L’article 11 de la Constitution est accessible à tous. Un référendum est encadré quant aux questions qui peuvent être posées. Le peuple peut se prononcer : - sur l’organisation des pouvoirs publics, - sur les réformes économiques, sociales ou environnementales, - sur la ratification de certains traités. Logique donc que le Conseil constitutionnel rejette une proposition de référendum sur une question éthique qui n'entre pas dans le cadre constitutionnel... Dire en substance que l'élite prive le peuple de sa parole alors que le Conseil constitutionnel ne fait que se prononcer sur ce qui est constitutionnel ou pas (donc ne fait que remplir sa mission), ça relève typiquement du populisme. 1
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