Anonyme Posté(e) 16 novembre 2025 Posté(e) 16 novembre 2025 Bonjour, nous rencontrons de grosses difficultés avec un élève violent, verbalement et physiquement, envers les élèves, les adultes et le matériel. Nous avons décidé en équipe de déposer un fait d'établissement, sachant que les collègues du Rased sont déjà informés. Est-ce que vous avez déjà déposer un fait d'établissement ? Avez-vous des conseils ? Est-ce vraiment utile ? Notre hiérarchie est-elle obligée de réagir, ou va-t-on nous envoyer le Rased (déjà au courant et qui est déjà intervenu opportunément) ou une enseignante référente ou autre ? Nous sommes assez traumatisés par la situation et nous avons besoin de nous sentir soutenus, et nous avons peur, avec ce fait d'établissement, de se retrouver seuls encore une fois, voire même qu'on nous reproche de tirer le signal d'alarme trop vite... Vos témoignages sont donc bienvenus. Merci à vous.
Blagjackette Posté(e) 16 novembre 2025 Posté(e) 16 novembre 2025 C'est une situation très délicate pour vous, courage à toi et à ton équipe ❤️🩹 Nous avons eu beaucoup de faits établissements à faire dans mon ancienne école car il s'y passait régulièrement toutes sortes de choses (rep+ au milieu d'une cité) mais je ne suis pas directrice, donc ce que j'en sais est limité. En voici mon expérience : au bout d'un certain moment, l'inspection ne voulait plus entendre parler de nos faits établissements et faisait pression sur la direction pour cesser d'en faire. Je crois qu'on espérait obtenir du soutien en vue d'une équipe éducative pour laquelle il était question d'aménager la scolarité d'un élève et de se faire aider pour accompagner la famille dans l'idée d'une prise en charge médicale. Pour d'autres situations, il a été question de fiches SST (santé et sécurité au travail), sur lesquelles l'inspection n'a pas son mot à dire, mais qui doivent obligatoirement les faire se pencher sur la question. Le mieux étant peut-être de se rapprocher d'un syndicat pour se faire accompagner là-dessus. 1 1
IsaG Posté(e) 16 novembre 2025 Posté(e) 16 novembre 2025 Bonjour, Un fait établissement concerne une situation précise, pas un événement récurrent. Dans le cas que tu décris, je conseille de faire une fiche SST. L'IEN est obligé d'y répondre. Bon courage 3
isatis Posté(e) 16 novembre 2025 Posté(e) 16 novembre 2025 Bonjour, Tout d'abord, tout plein de courage, c'est une situation difficile et c'est bien d'en parler. D'en parler aussi avec un syndicat (même si vous n'êtes pas syndiqués ils peuvent vous répondre et vous conseiller. Et le RASED, que dit-il ? Le mieux est effectivement de faire des fiches SST (mon syndicat m'avait conseillé de lui envoyer les fiches en copie). J'aime bien la réponse précédente qui dit que l'IEN est obligé d'y répondre, dans les faits, j'en ai fait un paquet avant qu'il ne soit obligé de répondre... parce que les parents avaient saisi l'EN. Malheureusement, c'est souvent par les parents que les choses bougent et que l'IEN réagit. Y a t-il aussi un conseiller péda qui peut vous conseiller (à l'occasion d'une visite, d'une formation ? Je ne connais pas votre contexte). Et le psy sco, que dit-il ? Tu peux me contacter en MP (je ne sais pas si on peut en tant qu'anonyme ?). 1 1
Anonyme Posté(e) 17 novembre 2025 Posté(e) 17 novembre 2025 Bonjour, merci pour vos réponses et votre soutien. Il est vrai que cette situation est difficile et éprouvante. Mon syndicat est informé de la situation, ainsi que le rased. A quoi sert le fait d'établissement si ce n'est pas pour rapporter ce genre de violences (en indiquant des faits précis, un jour précis en l'occurrence) ? Est-ce que le directeur peut faire une fiche RSST si il n'est pas l'enseignant de la classe de l'élève en question ? Dans notre cas, je n'étais pas à l'école ce jour-là, j'étais en formation, je n'ai pas été témoin des faits, je crois que pour la RSST il faut parler de son propre vécu, pas de ce qui concerne l'équipe/l'école. J'ai tout de même aussi suggéré une RSST à mon collègue. L'élève n'a pas d"AESH, aucun suivi, un seul parent dans le déni. Nous parvenons toutefois à mettre des choses en place et un accompagnement rased, mais c'est très difficile. J'espère que la situation va vite s'améliorer et que le climat scolaire de toute l'école va s'apaiser, parce que là certaines familles parlent de changer leur enfant d'école...
Blagjackette Posté(e) 17 novembre 2025 Posté(e) 17 novembre 2025 Ou bien une équipe éducative bien préparée, mais avec la présence d'un CPC pour représenter l'inspection et vous accompagner avec cette famille ? Si suite à l'équipe éducative la famille reste ancrée dans le déni et le refus de soin, c'est à partir de là qu'une IP serait justifiée, d'autant plus si l'inspection a pu constater la situation et va dans votre sens. Mais ce n'est que mon avis. 1
André Jorge Posté(e) 17 novembre 2025 Posté(e) 17 novembre 2025 Il y a 9 heures, Josy79 a dit : La fiche RSST c'est pour tous ceux qui se sentent en danger. En principe, la fiche SST ne sert pas effectivement à signaler des enfants violents. Elle sert à signaler un danger, un incident ou un risque concernant par exemple : les locaux (porte qui ne ferme plus, sol glissant, mobilier dangereux…), le matériel, l’organisation du travail, les conditions de travail du personnel, un accident ou un presque-accident, tout risque pour les enfants, personnels, intervenants, dans l’école. Mais,... elle peut être utilisée si la violence met quelqu'un en danger. Par exemple : Un enseignant reçoit un coup et se blesse (ou manque de se blesser). Un enfant pousse régulièrement des chaises, court dans le couloir, lance du matériel : risque identifié et récurrent. Une AESH est frappée par un élève. Un élève en crise renverse des tables : cela représente un danger pour les autres. => Dans ce cas, on ne signale pas l’enfant, mais le risque, par exemple : « Risque d’accident lors des crises de l’élève X : objets projetés, coups, mobilier renversé. Plusieurs personnels exposés. » La fiche SST permettra de faire remonter officiellement ce danger et d’exiger une réponse administrative (mesures de protection, aide humaine, aménagement, etc.). => Donc oui, dans le cas présent, tu dois faire une fiche SST. Par ailleurs, cette fiche constituera une preuve que tu as signalé le danger. Cela pourra t'être utile si les choses s'aggravent. Il y a 12 heures, Invité Anonyme a dit : Est-ce que le directeur peut faire une fiche RSST si il n'est pas l'enseignant de la classe de l'élève en question ? Oui, il peut s'il a constaté le danger. L'enseignante de l'enfant, ou le personnel éducatif qui avait la charge de l'enfant au moment où il a été violent, peut aussi parfaitement faire la fiche SST et la remettre au directeur qui la transmettra. Les parents d'élèves aussi peuvent compléter une fiche SST s'ils constatent un danger ou un risque. Il y a 12 heures, Invité Anonyme a dit : A quoi sert le fait d'établissement si ce n'est pas pour rapporter ce genre de violences Les faits établissements te permettent effectivement de signaler un enfant violent. Tu dois le faire aussi. Tu feras une Information préoccupante (IP) si la violence est liée à une mise en danger de l'enfant ou à des besoins éducatifs non couverts. Par exemple, j'ai déjà fait des IP pour une enfant qui était sale, dont le sac contenait de la nourriture avariée, des cancrelats, des vêtements souillés, ou encore une enfant qui raconte sans cesse que son papa a essayé de l'enlever, après avoir frappé maman. Le 16/11/2025 à 17:37, Invité Anonyme a dit : et nous avons peur, avec ce fait d'établissement, de se retrouver seuls encore une fois, voire même qu'on nous reproche de tirer le signal d'alarme trop vite... Je ferais quand même les démarches : fiche SST et faits établissement. 2
Blagjackette Posté(e) 17 novembre 2025 Posté(e) 17 novembre 2025 il y a 9 minutes, Josy79 a dit : nous on menace d'IP en EE si ça ne bouge pas C'est vrai que je ne sais pas s'ils ont pu faire une EE ou pas, j'ai dit ça sans y réfléchir. Après je ne sais pas si tu entends "menace" au premier degré ou pas, mais je précise que je ne pense pas que ce soit nécessaire de menacer. Informer et transmettre l'IP, oui, indéniablement. Tout en soignant la forme, la relation avec la famille. Dans beaucoup de situations comme celle-ci, les parents souffrent aussi et ont cruellement besoin qu'on leur tende la main pour être capable de dépasser le déni, premier levier indispensable à la sécurité de l'enfant.
chableu Posté(e) 17 novembre 2025 Posté(e) 17 novembre 2025 il y a 52 minutes, André Jorge a dit : En principe, la fiche SST ne sert pas effectivement à signaler des enfants violents. Elle sert à signaler un danger, un incident ou un risque concernant par exemple : les locaux (porte qui ne ferme plus, sol glissant, mobilier dangereux…), le matériel, l’organisation du travail, les conditions de travail du personnel, un accident ou un presque-accident, tout risque pour les enfants, personnels, intervenants, dans l’école. Mais,... elle peut être utilisée si la violence met quelqu'un en danger. Par exemple : Un enseignant reçoit un coup et se blesse (ou manque de se blesser). Un enfant pousse régulièrement des chaises, court dans le couloir, lance du matériel : risque identifié et récurrent. Une AESH est frappée par un élève. Un élève en crise renverse des tables : cela représente un danger pour les autres. => Dans ce cas, on ne signale pas l’enfant, mais le risque, par exemple : « Risque d’accident lors des crises de l’élève X : objets projetés, coups, mobilier renversé. Plusieurs personnels exposés. » La fiche SST permettra de faire remonter officiellement ce danger et d’exiger une réponse administrative (mesures de protection, aide humaine, aménagement, etc.). => Donc oui, dans le cas présent, tu dois faire une fiche SST. Par ailleurs, cette fiche constituera une preuve que tu as signalé le danger. Cela pourra t'être utile si les choses s'aggravent. Oui, il peut s'il a constaté le danger. L'enseignante de l'enfant, ou le personnel éducatif qui avait la charge de l'enfant au moment où il a été violent, peut aussi parfaitement faire la fiche SST et la remettre au directeur qui la transmettra. Les parents d'élèves aussi peuvent compléter une fiche SST s'ils constatent un danger ou un risque. Les faits établissements te permettent effectivement de signaler un enfant violent. Tu dois le faire aussi. Tu feras une Information préoccupante (IP) si la violence est liée à une mise en danger de l'enfant ou à des besoins éducatifs non couverts. Par exemple, j'ai déjà fait des IP pour une enfant qui était sale, dont le sac contenait de la nourriture avariée, des cancrelats, des vêtements souillés, ou encore une enfant qui raconte sans cesse que son papa a essayé de l'enlever, après avoir frappé maman. Je ferais quand même les démarches : fiche SST et faits établissement. Je suis d'accord, SST et fait établissement, si jamais la situation empire, vous aurez prévenu, on ne pourra pas vous reprocher de ne pas avoir interpellé.
Anonyme Posté(e) 19 novembre 2025 Posté(e) 19 novembre 2025 Merci pour vos réponses. Mon collègue, qui a cet enfant dans sa classe, est sur le point de craquer... et aucune nouvelle de notre hiérarchie qui est avertie depuis 10 jours. L'information a été transmise au Rased, c'est tout. Qui était déjà au courant. Les parents me sollicitent chaque jour, plusieurs fois par jour, m'empêchant de faire mon travail auprès de mes élèves. Il n'y a pas eu d'EE. Je n'ai pas précisé, mais cet élève vient d'arriver dans l'école, tout cela est nouveau. Les premiers jours on s'est dit que l'enfant avait besoin d'un peu de temps, mais ça ne fait qu'empirer. Pour l'instant le parent refuse un bilan Rased, et pas d'EE sans bilan. Les parents ont contacté notre IEN directement, ainsi que la mairie. Nous, nous essayons de gérer le quotidien, de parvenir à travailler, à soutenir nos élèves très choqués (c'est une situation très inhabituelle dans notre école), d'apaiser les parents, tout en gérant les insultes, les cris, l'obligation de ceinturer cet enfant 2 ou 3 fois par jour pour qu'il accepte de se déplacer, de rentrer en classe, de sortir de la classe pour aller à la cantine... Nous cédons sur beaucoup de ses exigences pour apaiser l'ambiance, il en profite et en demande de plus en plus (aller avec l'atsem réveiller les petits, rentrer par une porte différente que le reste de la classe, aller aux toilettes et y rester 20 minutes plusieurs fois par jour...). Depuis le 3 novembre, il n'a pas ouvert un livre ou un cahier ni pris un stylo, nous n'avons pas vu son écriture (il est en CE2). Hier mardi, il était seul en train de dessiner dans la salle où se trouve la photocopieuse, adjacente à sa classe dont la porte était ouverte. Son enseignant était avec le reste de la classe. Je suis venue à l'improviste faire une photocopie : l'enfant était en train de jouer avec le massicot ! C'est difficile...
Blagjackette Posté(e) 19 novembre 2025 Posté(e) 19 novembre 2025 il y a une heure, Invité Anonyme a dit : Mon collègue, qui a cet enfant dans sa classe, est sur le point de craquer... Il est urgent qu'on accompagne votre équipe. Si vous avez la possibilité de contacter un CPC, je serai d'avis que vous le fassiez. Si ça ne donne rien de plus, passage en force : fiche SST avec l'appui du syndicat. Quand j'ai eu un élève hors-sol comme celui-ci (en ce2 aussi) d'une violence inouïe, constante (pas de déclencheur), dangereux pour lui-même ainsi que pour les autres, nous avons procédé ainsi : - l'élève était connu depuis la GS de maternelle, mes collègues précédentes ont souffert, elles m'ont fait une classe bisounours pour que je puisse survivre (c'était en rep+) - il y avait eu une procédure d'enquête sociale au cp mais la famille n'ouvrait jamais la porte donc au bout de 2 ans, plus rien. - j'ai fait (comme mes collègues) : ppre avec la maman, demande rased (le maître G me le prenait uniquement pour me soulager mais on savait qu'il avait besoin d'autre chose) - mon collègue de la classe d'à côté venait me le prendre une demi-heure dès qu'il entendait que ça partait en cacahuète, pour me soulager - on a mis en place un protocole de décloisonnement, si on peut appeler ça comme ça, dans lequel les collègues volontaires se proposaient d'accueillir mon élève sur un petit créneau régulier, pour un projet donné (en vrai il faisait comme l'élève de ton collègue). - on a fait une EE en urgence, pas besoin de bilan rased chez nous, ils savaient très bien à qui on avait affaire. Il a été décidé de le scolariser à mi-temps et de rediriger la famille vers l'itep pour du soin en parallèle (on a eu de la chance, elle a fini par accepter). - on a ensuite pu faire une ESS, pour la demande MDPH, en attendant sa prise en charge itep on a eu droit à quelques heures d'aesh par semaine (elle pouvait pas faire grand chose la pauvre, mais elle le suivait dans les couloirs pour assurer sa sécurité quand il fuguait). - en cm1 l'élève a eu un traitement médicamenteux, sous lequel son visage était transformé, comme allégé de toute sa souffrance, il m'a même dit bonjour une fois, mais la violence et l'opposition donnaient toujours du fil à retordre aux éducateurs.
Messages recommandés
Créer un compte ou se connecter pour commenter
Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire
Créer un compte
Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !
Créer un nouveau compteSe connecter
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.
Connectez-vous maintenant