Argon Posté(e) 12 février Posté(e) 12 février Après avoir, voici quelques années, autorisé ses élèves à ne plus préparer l'agrégation pour se consacrer à la recherche, l'ENS Ulm annonce renoncer à sa préparation à ce concours, pour les sciences en tout cas (les littéraires, même excellents, n'ayant pas forcément beaucoup d'autres débouchés que l'enseignement...) C'était pourtant de loin la meilleure de France, alors même qu'ils avaient déjà siphonné les prépa agreg universitaires, qui ont disparu dans bon nombre d'universités de province. On peut sans doute s'attendre à ce que les autres ENS suivent rapidement le mouvement. D'une certaine façon, c'est une façon de prendre acte de la baisse du niveau du concours. Typiquement, aujourd'hui, celui de l'agreg en physique (-chimie) est sans doute équivalent à celui d'un excellent CAPES il y a 20 ans — et en maths d'un CAPES très moyen... Il y a une certaine logique sous-jacente : le niveau du bac étant en chute libre, a-t-on encore besoin de profs de lycée très pointus dans leur discipline ? (a-t-on vraiment besoin de profs tout court ? ChatGPT fera bien l'affaire...) Mais il y en a aussi une autre : l'agreg, et tout particulièrement les normaliens agrégés, c'est le vivier des profs de prépa aux "grandes écoles" (dont le niveau ne s'améliore pas non plus...). À moyen terme, ce sont aussi les filières d'excellence scientifique (Polytechnique, etc.), l'une des toutes dernières branches de salut de l'industrie française, auxquelles on renonce, faute de profs d'exception dans 10 ans...
Lena Posté(e) il y a 11 heures Posté(e) il y a 11 heures Les normaliens visent des postes dans la recherche, pour la plupart . Thèse obligatoire bien sûr. Agrégation exercice de style pour honorer l'engagement décennal, mais pas + ... et cela ne concerne que les élèves fonctionnaires, pas les admis sur titre. Bref, L’agrégation sera passée par les convaincus, et par ceux qui n'auront pas trouvé de place dans la recherche ( histoire de manger). Ens Lyon, agrégé : le dossier ne passe pas pour avoir un poste en prépa. Cas dans mon entourage. Les ens, hélas sans doute, ont perdu leur utilité première; elles se reinventent. Tant que je verrai des agrégés en collège, et encore mieux, avec des 6e 5emes uniquement, je dirais que leur corps, très bien défendu par les ia-ipr issus de leurs rangs , ne s’en sort pas si mal. Les agrégés en lycée post bac, et en lycée pre bac , ouuiiiii.
Melendil Posté(e) il y a 10 heures Posté(e) il y a 10 heures (modifié) Pardonnez ma question mais quel intérêt d'avoir des agrégés en lycée pré bac si c'est pour remplir la même mission que des Capétiens? Au niveau Post Bac je saisis l'intérêt mais sinon je ne comprends pas bien l'existence de 2 corps différents pour une même mission avec un salaire et des horaires différents. Je ne sais pas si l'image est pertinente mais c'est un peu comme si dans l'élémentaire on se retrouvait avec un corps spécial qui aurait moins d'heures de cours et un salaire supérieur uniquement parce qu'il est mieux classé ou a réussi un concours plus sélectif. Modifié il y a 9 heures par Melendil
Argon Posté(e) il y a 9 heures Auteur Posté(e) il y a 9 heures Il y a 1 heure, Lena a dit : L’agrégation sera passée par les convaincus, et par ceux qui n'auront pas trouvé de place dans la recherche ( histoire de manger). Oui. C'est triste, mais c'est probablement une conséquence inévitable de la dévalorisation de la profession enseignante. Il y a 1 heure, Lena a dit : Les ens, hélas sans doute, ont perdu leur utilité première; elles se reinventent. Oui, aussi... il y a une heure, Melendil a dit : quel intérêt d'avoir des agrégés en lycée pré bac si c'est pour remplir la même mission que des Capétiens? Au niveau Post Bac je saisi l'intérêt mais sinon je ne comprends pas bien l'existence de 2 corps différents pour une même mission avec un salaire et des horaires différents. Je ne sais pas si l'image est pertinente mais c'est un peu comme si dans l'élémentaire on se retrouvait avec un corps spécial qui aurait moins d'heures de cours et un salaire supérieur uniquement parce qu'il est mieux classé ou a réussi un concours plus sélectif. On est bien d'accord. Oui, comme dit Lena, les ENS se réinventent pour s'adapter à la situation actuelle de l'enseignement en France. Précédemment, elles formaient des enseignants d'élite pour des filières d'excellence. Le niveau du lycée et du bac étant devenu ce qu'il est, on n'a plus besoin de beaucoup d'enseignants ultra-qualifiés, et on en tire les conséquences. Le problème, à mon sens, ce n'est pas cette adaptation finalement assez logique, c'est le renoncement à faire mieux ! il y a une heure, Melendil a dit : Pardonnez ma question Pourquoi ? C'est bien au cœur du sujet !
Melendil Posté(e) il y a 8 heures Posté(e) il y a 8 heures (modifié) @Argon Formule de style maladroite. Je partage entièrement votre point de vue ainsi que votre constat sur la baisse de niveau et la désaffection du métier. Toutefois, il y a cinquante ans, on trouvait également des agrégés dans les collèges et lycées préparant au baccalauréat. Et il y 25 ans quand j'ai débuté, je n’ai jamais vraiment compris la justification de l’existence de deux corps pour une même mission. D’ailleurs, aucun des agrégés que j’ai rencontrés n’a réussi à m’expliquer de manière satisfaisante en quoi les différences de salaire et d’horaires avec les collègues certifiés étaient justifiées. En revanche, je conçois parfaitement la pertinence d’un corps distinct dans l’enseignement supérieur. Modifié il y a 8 heures par Melendil
Argon Posté(e) il y a 7 heures Auteur Posté(e) il y a 7 heures il y a une heure, Melendil a dit : je conçois parfaitement la pertinence d’un corps distinct dans l’enseignement supérieur. Tu penses aux PRAG, ou aux enseignants-chercheurs ? Pour les seconds, c'est logique, c'est (au moins à moitié) un autre métier. Les premiers appartiennent au corps des agrégés, comme les profs de prépa et les agrégés du secondaire — et la plupart y tiennent beaucoup. il y a une heure, Melendil a dit : il y a cinquante ans, on trouvait également des agrégés dans les collèges et lycées préparant au baccalauréat. Et il y 25 ans quand j'ai débuté, je n’ai jamais vraiment compris la justification de l’existence de deux corps pour une même mission. D’ailleurs, aucun des agrégés que j’ai rencontrés n’a réussi à m’expliquer de manière satisfaisante en quoi les différences de salaire et d’horaires avec les collègues certifiés étaient justifiées. Je suppose que ça dépend de ce que tu entends par "justification". Au niveau individuel, je n'en vois aucune non plus. Au niveau institutionnel, la justification était double, pour ce que j'en comprends : Assurer une continuité, et une porosité, entre le secondaire et le supérieur Permettre un minimum d'évolution de carrière aux capésiens, avec l'agreg interne Pas convaincu que le dédoublement de ces corps d'enseignants était la meilleure solution, mais l'uniformisation absolue des carrières non plus... 1
Lena Posté(e) il y a 6 heures Posté(e) il y a 6 heures Les enseignants des cours complémentaires ( objectif: brevet; tout le monde n’y allait pas), ancêtres des collèges Haby, étaient des instits montés en pegc. Les enseignants des lycées ( de la 6eme au bac, livres payants) étaient des agrégés et peut-être d’autres types. Lorsqu’il y a eu massification, les effectifs enseignants du début du 2aire ont été constitués des pegc ( 2 matières, 21h, paye d’instit) et certifiés ( 1 matière, 18h, paye de certifié) avec, ajout de contractuels. Les agrégés sont restés sur la fin du 2aire (lycée général et techno actuel), rejoints par des certifiés à leur massification. Des agrégés par "manque de place au mouvement" se sont retrouvés en collège. Sauf qu’au lieu d’être à titre provisoire ( comme le pe non spécialisé sur ulis ou segpa), ils l’ont été à titre définitif. Franchement, un usage lamentable des ressources financières de l’Etat. Même phénomène avec l’agrégation interne: la personne fait le même boulot, sur moins d’heures, avec une meilleure paye. Toujours un mauvais usage des finances publiques. 15h de français en 6ème-5eme , c’est 3 classes avec des h. supp , pendant que l’instit qui fait le temps plein de l’année d’avant (cm2) touche la moitié, ramené à l’heure de cours (grosso modo). Loin des profs de prepa avec cours de haut niveau, avec leurs 45 à 90 copies de compo de 4h corrigées en 2j, chaque semaine. Prends ma paye, prends mes responsabilités. 2
Talulah Posté(e) il y a 1 heure Posté(e) il y a 1 heure Au siècle dernier, j'ai vu un prof agrégé faire des heures supp (au tarif de l'agrégé donc) pour faire de l'anglais à des CM....
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