nonau Posté(e) mercredi à 06:49 Posté(e) mercredi à 06:49 Le 29/03/2026 à 22:55, Goëllette a dit : Et que ça dégrade encore plus les conditions de travail des enseignants et des aesh ! Je ne sais pas comment on peut exercer une mission qui consiste à faire avaler encore plus de couleuvres à ses collègues et à faire exploser l'école publique ... A part ne plus avoir de responsabilité de classe bien sûr. Vivement la retraite ! Que j'ai mal à mon Ecole Républicaine ! 1/ Il faut rappeler que ces PAS ont été retoqués par le Conseil Constitutionnel mais passés en force par le gouvernement... https://www.lemediasocial.fr/ecole-inclusive-les-poles-dappui-a-la-scolarite-retoques-par-le-conseil-constitutionnel_1sP9tS 2/ Effectivement, ce dispositif entraînera encore plus la culpabilité des enseignants face à des inclusions infaisables et maltraitantes. L'institution pourra encore plus culpabiliser en disant que de son côté tout a été mis en place.
Blagjackette Posté(e) mercredi à 07:29 Posté(e) mercredi à 07:29 il y a 41 minutes, nonau a dit : 2/ Effectivement, ce dispositif entraînera encore plus la culpabilité des enseignants face à des inclusions infaisables et maltraitantes. Oui, mais : 3/ Offre l'opportunité, dans certains cas, à des enseignants, de faire évoluer leurs pratiques. Parce qu'il existe aussi des collègues qui font "péter" les élèves fragiles. La plupart du temps sans s'en rendre compte, parce que ça rentre souvent dans le domaine du non verbal, et c'est là l'opportunité d'apprendre quelque chose d'utile (pour peu que les membres du PAS soient compétents en la matière, les seuls que j'ai connus l'étaient, mais il y a sûrement des disparités comme chez nous). Mais parfois, ils font "péter" certains élèves par simple refus de s'adapter. Je viens faire ma relou parce qu'ils existent aussi, ces collègues, mais que lorsqu'il s'agit de faire évoluer ce genre de pratiques bizarrement on est tous parfaits et c'est jamais de notre ressort.
nonau Posté(e) mercredi à 07:42 Posté(e) mercredi à 07:42 il y a 13 minutes, Blagjackette a dit : Oui, mais : 3/ Offre l'opportunité, dans certains cas, à des enseignants, de faire évoluer leurs pratiques. Parce qu'il existe aussi des collègues qui font "péter" les élèves fragiles. La plupart du temps sans s'en rendre compte, parce que ça rentre souvent dans le domaine du non verbal, et c'est là l'opportunité d'apprendre quelque chose d'utile (pour peu que les membres du PAS soient compétents en la matière, les seuls que j'ai connus l'étaient, mais il y a sûrement des disparités comme chez nous). Mais parfois, ils font "péter" certains élèves par simple refus de s'adapter. Je viens faire ma relou parce qu'ils existent aussi, ces collègues, mais que lorsqu'il s'agit de faire évoluer ce genre de pratiques bizarrement on est tous parfaits et c'est jamais de notre ressort. Faire peser le poid de l'échec de l'inclusion low cost sur le dos de l'ensemble des enseignants en prenant pour exemple quelques collègues qui n'y arrivent pas ou ne "voudraient" pas y arriver... Comment dire... C'est faire le jeu de l'institution et de ce système. La pédagogie et la didactique ne peuvent pas tout. Les aménagements, les formations, la personnalisation, les boîtes à outils non plus. Tout pour jouer sur la culpabilité de ne pas y arriver. La culpabilité entraîne la détresse psychologique qui entraîne le burn out qui entraîne... Ce dont nous avons besoin c'est de moyens! Des classes allégées quand il y a des inclusions. Des dispositifs étoffés pour accueillir DANS les écoles les élèves qui ne peuvent être inclus toute la journée. Des dispositifs pour accueillir les élèves perturbateurs. Remettre les moyens sur les Rased et notamment les maîtres G et psy (devenus des testeurs au détriment de leur vrai mission). Les PAS? Un pansement sur une jambe en bois uniquement là pour faire semblant de prendre l'inclusion scolaire à bras le corps.
Blagjackette Posté(e) mercredi à 08:20 Posté(e) mercredi à 08:20 il y a 15 minutes, nonau a dit : Faire peser le poid de l'échec de l'inclusion low cost sur le dos de l'ensemble des enseignants en prenant pour exemple quelques collègues qui n'y arrivent pas ou ne "voudraient" pas y arriver... Tu me prêtes une intention que je n'ai pas. Pour autant que je sache, on peut dénoncer des abus dans plusieurs domaines à la fois. il y a 16 minutes, nonau a dit : La pédagogie et la didactique ne peuvent pas tout. Je suis d'accord avec toi. Ici je parlais de non verbal, d'attitude, de posture (j'inclus le ton de voix, l'expression du visage, l'environnement). C'est intéressant parce que, détestant les modes pédagogiques je cherche à avoir des arguments pour répondre aux personnes de mon entourage qui ne jureraient que par Montessori. Alors j'ai commencé à lire "L'enfant" pour commencer par contrer ceux qui feraient dire n'importe quoi à son auteur pour l'encenser plus que de raison. Et voici que je vais me retrouver à la citer, car au-delà du contexte différent qu'est la place de l'enfant à son époque et à la nôtre, j'y ai trouvé des lieux communs : "La colère est le principal défaut, auquel l'orgueil offre un masque attrayant, la toge de la dignité qui peut aller jusqu'à imposer le respect." "La colère n'implique pas nécessairement la violence matérielle (...). Dans sa forme la plus simple, la colère est une réaction à la résistance déclarée de l'enfant. Mais face aux obscures expressions de l'âme enfantine, la colère et l'orgueil s'entremêlent pour former un état complexe, assumant cette forme précise, tranquille et respectueuse que l'on appelle la tyrannie." "il est important de comprendre que les enfants sont extrêmement sensibles à tous les gestes de mépris qu'on leur destine et qui les humilient." "D'un côté, le respect ; de l'autre, le droit légitime à l'offense, l'adulte a le droit de juger l'enfant et de l'offenser, et ce sans égard à sa sensibilité. (...) Pour compléter le tableau, il dénie le fait d'exercer une tyrannie. Mais un tyran a-t-il jamais confessé qu'il sacrifiait ses propres sujets ?" Enfin, son point de vue sur la question rejoint ce que j'essaie de transmettre à travers mes prises de position : "Le maître qui croirait pouvoir se préparer à sa mission en ne comptant que sur l'acquisition de connaissances ferait erreur : il doit, avant tout, créer en lui certaines dispositions d'ordre moral."
nonau Posté(e) mercredi à 08:41 Posté(e) mercredi à 08:41 il y a 20 minutes, Blagjackette a dit : Tu me prêtes une intention que je n'ai pas. Pour autant que je sache, on peut dénoncer des abus dans plusieurs domaines à la fois. Je suis d'accord avec toi. Ici je parlais de non verbal, d'attitude, de posture (j'inclus le ton de voix, l'expression du visage, l'environnement). C'est intéressant parce que, détestant les modes pédagogiques je cherche à avoir des arguments pour répondre aux personnes de mon entourage qui ne jureraient que par Montessori. Alors j'ai commencé à lire "L'enfant" pour commencer par contrer ceux qui feraient dire n'importe quoi à son auteur pour l'encenser plus que de raison. Et voici que je vais me retrouver à la citer, car au-delà du contexte différent qu'est la place de l'enfant à son époque et à la nôtre, j'y ai trouvé des lieux communs : "La colère est le principal défaut, auquel l'orgueil offre un masque attrayant, la toge de la dignité qui peut aller jusqu'à imposer le respect." "La colère n'implique pas nécessairement la violence matérielle (...). Dans sa forme la plus simple, la colère est une réaction à la résistance déclarée de l'enfant. Mais face aux obscures expressions de l'âme enfantine, la colère et l'orgueil s'entremêlent pour former un état complexe, assumant cette forme précise, tranquille et respectueuse que l'on appelle la tyrannie." "il est important de comprendre que les enfants sont extrêmement sensibles à tous les gestes de mépris qu'on leur destine et qui les humilient." "D'un côté, le respect ; de l'autre, le droit légitime à l'offense, l'adulte a le droit de juger l'enfant et de l'offenser, et ce sans égard à sa sensibilité. (...) Pour compléter le tableau, il dénie le fait d'exercer une tyrannie. Mais un tyran a-t-il jamais confessé qu'il sacrifiait ses propres sujets ?" Enfin, son point de vue sur la question rejoint ce que j'essaie de transmettre à travers mes prises de position : "Le maître qui croirait pouvoir se préparer à sa mission en ne comptant que sur l'acquisition de connaissances ferait erreur : il doit, avant tout, créer en lui certaines dispositions d'ordre moral." Je suis conscient d'être un peu abrupt dans certaine déclaration mais ce n'est pas du tout envers toi. L'enseignement c'est bien plus que de la pédagogie ou de la didactique. C'est comme être parent ou juge, on n'est pas préparé à ça même avec toutes les connaissances théoriques. Apprend on à être parent? Apprend t'on à donner un jugement vraiment juste? Apprend t'on à savoir aimer ? Ce que j'appelle moi et d'autres, "l'effet maître" et qui n'est pas du tout mis en valeur dans notre Institution parce que une inspection (ou rendez vous de carrière) ne peut pas observer (ou peu) cet effet qui se joue dans l'intimité de la classe, dans les coulisses. Un effet qui relève de l'expérience, de l'empirisme, mais aussi de l'inné. On a tous connu des enseignants brillants qui savaient nous intéresser, éveiller notre curiosité et puis l'inverse. Là, pour l'inclusion c'est au-delà de tout ça. Il y a des limites à tout abus. Comme dans l'hôpital public. On ne peut pas remplir correctement notre mission faute de moyens matériels, logistiques, humains, le reste on sait globalement faire. On est dans ce veil adage: "dites nous ce dont vous avez besoin on va vous expliquer comment vous en passer"...
Blagjackette Posté(e) mercredi à 09:21 Posté(e) mercredi à 09:21 il y a 40 minutes, nonau a dit : Je suis conscient d'être un peu abrupt dans certaine déclaration mais ce n'est pas du tout envers toi. L'enseignement c'est bien plus que de la pédagogie ou de la didactique. C'est comme être parent ou juge, on n'est pas préparé à ça même avec toutes les connaissances théoriques. Apprend on à être parent? Apprend t'on à donner un jugement vraiment juste? Apprend t'on à savoir aimer ? Ce que j'appelle moi et d'autres, "l'effet maître" et qui n'est pas du tout mis en valeur dans notre Institution parce que une inspection (ou rendez vous de carrière) ne peut pas observer (ou peu) cet effet qui se joue dans l'intimité de la classe, dans les coulisses. Un effet qui relève de l'expérience, de l'empirisme, mais aussi de l'inné. On a tous connu des enseignants brillants qui savaient nous intéresser, éveiller notre curiosité et puis l'inverse. Là, pour l'inclusion c'est au-delà de tout ça. Il y a des limites à tout abus. Comme dans l'hôpital public. On ne peut pas remplir correctement notre mission faute de moyens matériels, logistiques, humains, le reste on sait globalement faire. On est dans ce veil adage: "dites nous ce dont vous avez besoin on va vous expliquer comment vous en passer"... Je suis globalement d'accord avec toi et j'imagine d'ailleurs que tu le vois aussi dans nos interactions sur le reste du forum. Je ressens le besoin d'insister sur la part de responsabilité qui reste entre nos mains, parce qu'elle existe, et que pour certains élèves et certaines familles ça peut être une bouée de sauvetage. Pour avoir travaillé plusieurs années en rep+(++) (et toi aussi je crois), j'ai un avis plus nuancé sur les limites de l'enseignant face à certains cas d'élèves complexes, notifiés ou non. J'ai vu des élèves changer radicalement en passant entre les mains d'un adulte ou d'un autre. J'en ai vu changer aussi entre les miennes, au fil de ma propre progression, en fonction de l'attitude que j'avais envers eux, qui a évolué, qui évoluera encore. Je me suis aussi vue courir après les collègues d'une autre école pour les supplier de ne pas faire la misère à un nouvel élève afin qu'il ne nous pète pas entre les doigts dès le départ, et, avec le recul, je trouve ça aberrant qu'il faille dire à des enseignants "s'il-vous-plaît n'humiliez pas cet enfant". J'ai constaté, chez les autres et chez moi-même, que le ton sur lequel on s'adresse à un enfant de ce profil, le regard que l'on porte sur lui, les phrases discrètement et sincèrement valorisantes ou au contraire les petites remarques assassines : toutes ces petites choses peuvent, dans certains cas, faire la différence entre une classe qui tourne à peu près bien, ou un enfer sur Terre. Et bien-sûr, elles ont un impact sur le développement de l'enfant en question, sur son estime de lui (ou d'elle), et au final, un impact sur l'adulte qu'iels deviendront. Sans compter la relation avec les familles, qui s'en trouve aussi affectée. C'est pourquoi j'insiste autant sur le forum, sur la part de responsabilité qu'il nous reste à jouer dans nos relations avec les élèves (et leurs familles). Mais évidemment sans nier la caporalisation et la managérisation du métier d'enseignant par l'institution elle-même, le prof-bashing dans les médias et les fausses bonnes mesures maltraitantes à l'égard des élèves telles que l'inclusion aveugle et sans moyens, pour ne nommer qu'elle afin de rester encore à peu près dans le sujet.
nonau Posté(e) mercredi à 09:40 Posté(e) mercredi à 09:40 il y a 21 minutes, Blagjackette a dit : Je suis globalement d'accord avec toi et j'imagine d'ailleurs que tu le vois aussi dans nos interactions sur le reste du forum. Je ressens le besoin d'insister sur la part de responsabilité qui reste entre nos mains, parce qu'elle existe, et que pour certains élèves et certaines familles ça peut être une bouée de sauvetage. Pour avoir travaillé plusieurs années en rep+(++) (et toi aussi je crois), j'ai un avis plus nuancé sur les limites de l'enseignant face à certains cas d'élèves complexes, notifiés ou non. J'ai vu des élèves changer radicalement en passant entre les mains d'un adulte ou d'un autre. J'en ai vu changer aussi entre les miennes, au fil de ma propre progression, en fonction de l'attitude que j'avais envers eux, qui a évolué, qui évoluera encore. Je me suis aussi vue courir après les collègues d'une autre école pour les supplier de ne pas faire la misère à un nouvel élève afin qu'il ne nous pète pas entre les doigts dès le départ, et, avec le recul, je trouve ça aberrant qu'il faille dire à des enseignants "s'il-vous-plaît n'humiliez pas cet enfant". J'ai constaté, chez les autres et chez moi-même, que le ton sur lequel on s'adresse à un enfant de ce profil, le regard que l'on porte sur lui, les phrases discrètement et sincèrement valorisantes ou au contraire les petites remarques assassines : toutes ces petites choses peuvent, dans certains cas, faire la différence entre une classe qui tourne à peu près bien, ou un enfer sur Terre. Et bien-sûr, elles ont un impact sur le développement de l'enfant en question, sur son estime de lui (ou d'elle), et au final, un impact sur l'adulte qu'iels deviendront. Sans compter la relation avec les familles, qui s'en trouve aussi affectée. C'est pourquoi j'insiste autant sur le forum, sur la part de responsabilité qu'il nous reste à jouer dans nos relations avec les élèves (et leurs familles). Mais évidemment sans nier la caporalisation et la managérisation du métier d'enseignant par l'institution elle-même, le prof-bashing dans les médias et les fausses bonnes mesures maltraitantes à l'égard des élèves telles que l'inclusion aveugle et sans moyens, pour ne nommer qu'elle afin de rester encore à peu près dans le sujet. Bien entendu que le regard que l'on porte sur un élève est décisif. Être en difficulté scolaire ou en échec ne veut pas dire que notre vie sera un échec. Chaque personne a un talent, il "suffit" de le faire jaillir ou de le valoriser. Comme pour nous d'ailleurs, on a déjà vécu des moments de mépris, d'humiliation ou le langage corporel est parfois plus violent que des paroles. Nous déconcerte, nous humilie et nous décourage. Valoriser, encourager, féliciter, tout en étant exigeant, tout au long d'une journée, tout au long d'une semaine, tout au long d'une année. C'est exigeant aussi pour nous... Mais il y a des situations, qui s'accumulent dans nos classes de plus en plus hélas, qu'on ne peut pas surmonter. Et aucune formation, ne pourra combler cette situation bien préoccupante pour les élèves, leurs parents, nous, et toute une Nation. Quand je vois le peu de moyens (comme les PAS ou les AESH non formées payées avec un lance pierre) mis en oeuvre, je me dis qu'ils ne prennent pas toute l'ampleur de la catastrophe qui se joue sur le terrain pour l'avenir d'un pays. Je suis admiratif des enseignants comme cette collègue ici, enthousiaste, sur cette nouvelle mission. Mais il y a comme une injonction contradictoire.
Martisa Posté(e) mercredi à 13:19 Posté(e) mercredi à 13:19 Le 26/03/2026 à 10:59, ZinDiali a dit : Bonjour à tous, Je m’intéresse au poste de coordonnateur PAS pour l'année prochaine et j’aimerais mieux comprendre en quoi consiste concrètement cette fonction au quotidien, de manière concrète je veux dire. Comment s’organisent les journées et les missions principales (coordination, observations, réunions, rédaction, déplacements…) ? Quelle est la réalité du travail sur le terrain et la répartition entre les différentes tâches ? Merci d’avance pour vos retours ! Tu as le CAPPEI ? Il me semble que c'est demandé pour ce poste, en plus d'être un poste à profil.
Malo33 Posté(e) mercredi à 15:39 Posté(e) mercredi à 15:39 Il y a 2 heures, Martisa a dit : Tu as le CAPPEI ? Il me semble que c'est demandé pour ce poste, en plus d'être un poste à profil. Dans mon département ce n'est pas le cas, le CAPPEI n'est pas obligatoire.
Martisa Posté(e) vendredi à 21:14 Posté(e) vendredi à 21:14 Le 01/04/2026 à 17:39, Malo33 a dit : Dans mon département ce n'est pas le cas, le CAPPEI n'est pas obligatoire. C'est curieux, car ça me semble nécessaire ...
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