Jump to content

Espérance de vie des hommes au fil du temps irrégulière


fleurdecorail

Recommended Posts

Bonjour,

Dans ma classe, nous travaillons avec l'"Objectif calcul Cm2" (Hatier) en maths.

A la page 40, on trouve une pyramide des âges avec l'espérance de vie des hommes au fil du temps. C'est très intéressant, mais la croissance n'est pas régulière :

A Athènes en -300, l'espérance de vie est de 30 ans.

mais A Rome en 0, elle est de 28 ans. :blink:

Et surtout (question posée par mes élèves) :

- Moyen Age en 1250 : 35 ans

- mais à la Renaissance en 1550 : 30 ans. :bleh: pourquoi ?

Je suis comme vous, je ne sais pas trop où ces chiffres ont été trouvés ...

Mais est-ce que quelqu'un peut m'éclairer ? est-ce qu'on mourait plus jeune à la Renaissance qu'en 1250 ?

Merci ! :wub:

fdc

Link to comment
Share on other sites

Est-ce que simplement, il ne s'agit pas d'exemples "bidons" pour faire travailler les maths?

Les sources statistiques sur la longévité en -300, par exemple, ne doivent pas être très nombreuses....

Link to comment
Share on other sites

Telle qu'elle semble présentée, cette pyramide des âges peut être mal interprétée et requiert une analyse historique. Apparemment, elle s'appuie sur la notion d'espérance de vie moyenne à la naissance qui n'est pas appropriée pour ces époques. Elle pourrait laisser croire à un enfant de CM2 de 10 ans que sa propre espérance de vie en ces temps-là aurait été d'une trentaine d'années, c'est-à-dire que que la plupart des jeunes adultes d'alors seraient morts avant l'âge de 30 ans, ce qui n'était pas le cas.

Quant à la possibilité d'exprimer des données chiffrées aussi précises en ce qui concerne Athènes, Rome, le Moyen-Âge ou la Renaissance, j'émets de très sérieux doutes...

Je pense néanmoins que leurs régimes démographiques devaient se ressembler et s'approcher du modèle du XVIIe siècle tel que le présente Marcel Lachiver, grand historien de la vie paysanne sous l'Ancien-Régime, dans son livre Les années de misère, la famine au temps du Grand Roi (Fayard, 1991).

Celui-ci indique que sur 100 enfants arrivés au monde vivants, 25 étaient déjà morts au moment du premier anniversaire, avec bien sûr des variantes sociales, économiques ou régionales : 30 à 35 % chez les nourrissons placés à la campagne, 50 à 90 % chez les enfants abandonnés, fréquemment le tiers en Sologne.

Puis, sur les 75 rescapés, 25 mouraient encore avant l'âge de 10 ans.

Donc, la moitié des enfants avaient disparu avant leur dixième anniversaire.

Autant dire que les gens côtoyaient la mort des enfants en permanence. Cela représente la moitié d'une classe de CM2 qui ne serait plus là.

C'est ce qui explique l'espérance de vie à la naissance très faible de l'époque : autour de 25 ans.

Mais c'est une moyenne ! Elle est basse parce que 50 % des enfants mouraient avant l'âge de 10 ans. Car si l'on arrivait à 10 ans, on pouvait encore espérer vivre une quarantaine d'années. Et si l'on atteignait 25 ans, c'était une trentaine d'années.

À 55 ans, il ne restait plus guère que 25 % d'une génération ; à 70 ans, que 7 à 8 %. La Gazette de France d'octobre 1701 nous apprend que Jean Davau est mort le 14 mars 1701 "âgé de 102 ans, ayant vu 3 siècles".

En fait, un élève de CM2 devrait retenir qu'à son âge, dans un contexte de démographie ancienne, il aurait pu espérer vivre en moyenne jusqu'à 50 ans, c'est-à-dire près de 25 ans de plus que ce que pourrait laisser croire la pyramide de ce manuel.

Cet exemple invite à considérer la notion de moyenne avec prudence. Je me souviens qu'une des questions de l'épreuve de mathématiques au concours d'entrée à l'École normale d'instituteurs que j'ai passé au début des années 80 portait justement sur le calcul et l'interprétation d'une moyenne.

Link to comment
Share on other sites

Merci pour vos réponses !

un document intéressant, mais à manier avec précaution en effet.

Chapeau bas LouisBarthas pour ta réponse ... je suis très impressionnée par ton érudition !

En te lisant, je me disais que j'avais encore bien des choses à apprendre ...

Link to comment
Share on other sites

Oui chiffres à manipuler avec précaution, car non seulement la mortalité infantine était extrêmement importante, mais les taux de mortalité variaient selon les régions, soumises plus au moins aux guerres aux famines, ou à des hivers longs et rigoureux. Donc aucune progression vraiment constante. Tu peux travailler avec tes élèves dans l'analyse d'un registre paroissial de ta commune si tes archives départementales ont un site en ligne, tu sélectionnes deux années différentes, l'une sans guerre et sans conditions climatiques sévères, une autre à l"époque des émeutes des "farines", faire relever le nombre de décès et l'âge indiqué, et établir une moyenne des personnes décédées pour chaque année dans ta commune. Ensuite une représentation graphique des résultats permettra de synthétiser le tout. Après tu pourras aborder la médecine de l'époque...

Link to comment
Share on other sites

Merci pour vos réponses !

un document intéressant, mais à manier avec précaution en effet.

Chapeau bas LouisBarthas pour ta réponse ... je suis très impressionnée par ton érudition !

En te lisant, je me disais que j'avais encore bien des choses à apprendre ...

:) Merci, mais j'ai surtout eu la chance :clover: de rentrer dans le métier à une époque où un enseignant avait encore du temps pour lire et étudier.

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
  • Recently Browsing   0 members

    • No registered users viewing this page.
×
×
  • Create New...