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Violence envers un enfant: la parole des enseignants


nonau
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Cette histoire évoque pour moi tout le mépris (une fois de plus...) envers notre profession. Tout le mépris de la protection de l'enfance dans notre pays. Cette histoire fait remonter aussi la souffrance de collègues dont on se préoccupe pas de la parole. Le "pas de vague"...

Mais au-delà dans le mépris de l'attention de nos dirigeants envers les êtres les plus fragiles: les enfants et notamment ceux qui sont différents: handicaps, déficiences, comportements déviants...

Combien de fois des signalements n'ont jamais abouti? Combien de fois des professeurs en détressent face à la violence d'un élève n'ont pas été écoutés? Il y a des signes, des faits, des observations. Nous sommes à leur contact toute une journée, toute une semaine, toute une année... Notre parole? Elle ne vaut rien la plupart du temps. Le mépris.

Malheureusement cette histoire révèle l'état d'une nation, la dévalorisation d'une profession, d'une institution... J'ai la haine!

La France: coupable et condamnée

En dépit de preuves accablantes qui auraient dû les mobiliser pour empêcher des actes de violence commis sur une enfant jusqu'à sa mort, la justice et les services sociaux de 2009 viennent d'être réprouvés par la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui condamne ainsi la France et la juge coupable de négligences.

La jeune institutrice qui avait, la première, alerté les services compétents (âgée de 26 ans à l’époque) fut évidemment atterrée lorsqu’elle apprit le décès de Marina et que ses soupçons avaient été guidés de manière fiable par son instinct. Mais il était désormais trop tard. L’enseignante a été l’une des rares à avoir agi de manière très mature; or,  cette intelligence et sa sensibilité semblent avoir bien peu pesé face à d’autres professionnelles soi disant plus aguerries et qui ne souhaitaient sans doute pas s’en laisser conter de la part d’une jeune institutrice, perçue peut-être encore trop profane à leurs seuls yeux aveugles. 

 

https://blogs.mediapart.fr/denys-laboutiere/blog/050620/la-france-coupable-et-condamnee

 

Vous la voyez la "bienveillance" ou "confiance", tous ces mots connotés, éléments de langage à l'opposé des faits concrets sur le terrain. Cette mascarade ignoble qui fait croire à la populace que nos dirigeants font preuve de "bienveillance" à l'égard de nos enfants. Comme pour la crise que nous venons de passer, ils ne cessent de mentir.

 

 

  • Merci 1
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Bonjour!

J'ai été confrontée à un élève maltraité pour la première fois il y a quelques années (beaucoup de signes "non visibles", RDV avec les parents, on s'est fait balader quelques mois, mais rien de tangible, et puis LA marque vraiment suspecte sur le visage)... Conseiller péda : "L'enfant dit qu'il s'est fait mal tout seul, malheureusement, on ne peut rien faire tant qu'il n'en dit pas plus". Infirmière scolaire : "Si les parents ne signent pas le document pour que je le voie, je ne peux pas le voir." Psychologue scolaire : "Il faut que les parents m'appellent et prennent RDV pour que je puisse le voir". C'était une veille de vacances, ça m'a obsédée pendant des jours : est-ce que j'ai minimisé ce que j'ai vu auprès des autres pour être la seule à m'angoisser ? Ou est-ce que je vois le mal partout? J'avais l'impression d'être la seule à voir le problème et je me suis sentie vraiment démunie. Alors j'ai appelé le 119, et la psy que j'ai eue m'a confirmé que tous les voyants étaient au rouge et c'est remonté tout de suite à la CRIP (à la rentrée suivante, l'IEN a insisté en réunion de rentrée pour que les signalements passent obligatoirement par la voie hiérarchique, la psy sco et l'infirmière, je ne sais pas si c'était dû à mon appel au 119). L'année suivante, un collègue a fait 2 signalements pour les mêmes faits. Il a fallu un an et demi et 3 signalements pour que ça bouge et que l'enfant soit pris en charge. Pendant ce temps, j'ai constamment pensé à la petite Marina et je me disais qu'un jour, cet élève ne viendrait plus, ou que les parents déménageraient, j'imaginais le pire. J'ai rencontré des pro de l'aide à l'enfance entre temps et à chaque fois, on me dit la même chose "De moins en moins de moyens"...

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La tante de la petite Marina dont l'histoire m'a bouleversée avait porté plainte pour non assistance à personne en danger. Ça va au delà de l' E. N.  Comment est ce possible, en France, alors que tout est mis en place, que de telles choses soient possibles ? 

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il y a 28 minutes, Mirobolande a dit :

La tante de la petite Marina dont l'histoire m'a bouleversée avait porté plainte pour non assistance à personne en danger. Ça va au delà de l' E. N.  Comment est ce possible, en France, alors que tout est mis en place, que de telles choses soient possibles ? 

Bien entendu que cela va bien plus loin que l'EN. La protection de l'enfance en France est à genoux. Tous les métiers de l'humain sont à genoux. Alors quand on les voit fanfaronner sur l'inclusion bienveillante par exemple,  j'ai un peu la nausée. L'inclusion un concept introduit en France par François Fillon...

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L'administration est lourde et empêche une prise en charge digne de ce nom quand on a des doutes. Tout ce que tu dis sur le rôle de chacun et leur impossibilité d'action, je l'ai vécu aussi. C'est difficile de rester avec ces doutes sans que rien ne soit fait pour éventuellement protéger l'enfant si jamais tout cela était vrai.

Le 08/06/2020 à 07:36, Bichette5748 a dit :

Bonjour!

J'ai été confrontée à un élève maltraité pour la première fois il y a quelques années (beaucoup de signes "non visibles", RDV avec les parents, on s'est fait balader quelques mois, mais rien de tangible, et puis LA marque vraiment suspecte sur le visage)... Conseiller péda : "L'enfant dit qu'il s'est fait mal tout seul, malheureusement, on ne peut rien faire tant qu'il n'en dit pas plus". Infirmière scolaire : "Si les parents ne signent pas le document pour que je le voie, je ne peux pas le voir." Psychologue scolaire : "Il faut que les parents m'appellent et prennent RDV pour que je puisse le voir".

 

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  • 2 months later...
Le 08/06/2020 à 07:36, Bichette5748 a dit :

Bonjour!

J'ai été confrontée à un élève maltraité pour la première fois il y a quelques années (beaucoup de signes "non visibles", RDV avec les parents, on s'est fait balader quelques mois, mais rien de tangible, et puis LA marque vraiment suspecte sur le visage)... Conseiller péda : "L'enfant dit qu'il s'est fait mal tout seul, malheureusement, on ne peut rien faire tant qu'il n'en dit pas plus". Infirmière scolaire : "Si les parents ne signent pas le document pour que je le voie, je ne peux pas le voir." Psychologue scolaire : "Il faut que les parents m'appellent et prennent RDV pour que je puisse le voir". C'était une veille de vacances, ça m'a obsédée pendant des jours : est-ce que j'ai minimisé ce que j'ai vu auprès des autres pour être la seule à m'angoisser ? Ou est-ce que je vois le mal partout? J'avais l'impression d'être la seule à voir le problème et je me suis sentie vraiment démunie. Alors j'ai appelé le 119, et la psy que j'ai eue m'a confirmé que tous les voyants étaient au rouge et c'est remonté tout de suite à la CRIP (à la rentrée suivante, l'IEN a insisté en réunion de rentrée pour que les signalements passent obligatoirement par la voie hiérarchique, la psy sco et l'infirmière, je ne sais pas si c'était dû à mon appel au 119). L'année suivante, un collègue a fait 2 signalements pour les mêmes faits. Il a fallu un an et demi et 3 signalements pour que ça bouge et que l'enfant soit pris en charge. Pendant ce temps, j'ai constamment pensé à la petite Marina et je me disais qu'un jour, cet élève ne viendrait plus, ou que les parents déménageraient, j'imaginais le pire. J'ai rencontré des pro de l'aide à l'enfance entre temps et à chaque fois, on me dit la même chose "De moins en moins de moyens"...

Quand j'ai raconté une histoire similaire sous forme de nouvelle, de nombreux lecteurs lui ont reproché d'être totalement irréaliste !!! ... Et pourtant ...

On en a tous raté des gosses abusés / maltraités ... Au vu des statistiques, il est impossible de faire ce métier pendant dix ans sans en avoir eu au moins quelques-uns parmi ses élèves 😔

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