maverick_2010 Posté(e) 10 août 2020 Auteur Posté(e) 10 août 2020 il y a 41 minutes, rose45 a dit : Tout à fait! En tout cas ici ils adorent parce que j'imite toutes les sortes d'ados, je leur fais aussi des magnifiques histoires d'amour, ou des histoires un peu plus dures, alors on se marre bien, on parle sérieusement..... Et eux ils posent toujours des questions sur des petits bouts de papier, et je leur demande leur point de vue sur certains questionnements. Après en qqs années notre école s'est transformée, il n'y a plus les ricanements qu'il y avait avant c'est cool. Et je le fais en janvier parce qu'il parait qu'en décembre ils sont déjà tout excités par noël. Et en juin, même pas en rêve pour moi. Et en 2001 on avait institué quoi à propos de la masturbation du coup? C'est toujours réconfortant de voir que ça a des effets positifs. ^^ La masturbation n'a jamais été ne serait-ce qu'évoquée dans les programmes (français du moins, parce que dans les pays nordiques c'est tout autre). Mais la loi du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception était la première loi à établir avec une certaine clarté que l'éducation sexuelle devait être enseignée à l'école de façon régulière ("une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupes d'âge homogène"). Sauf que quand on a constaté qu'au final c'était très peu suivi, le gouvernement a considéré qu'un rappel devait être nécessaire. Et là les parents réfractaires se sont réveillés. Ce qui est dommage, c'est que même s'il est évidemment inconcevable d'enseigner la masturbation à des élèves, dans l'esprit des parents, même simplement la mentionner représenterait un crime, alors que plusieurs collègues m'ont déjà rapporté que certains de leurs élèves avaient des gestes en classe qui ne laissaient guère de doute quant à leur nature. C'est une exploration naturelle par laquelle passent tous les enfants, mais beaucoup de personnes préfèrent ne pas le savoir... ou la répriment carrément et traumatisent leurs gosses sur leur propre corps. Le simple fait de leur expliquer "ton corps t'appartient, tu es libre de faire ce que tu veux avec et personne n'a le droit d'y toucher sans ton autorisation", ce qui relève pourtant du bon sens et n'a pas nécessairement de connotation sexuelle, pourrait déjà éviter bien des dégâts. Quand j'ai essayé d'aborder ce thème avec des CM1 au travers d'une séance d'EMC sur la pudeur, j'en ai eu plusieurs qui m'ont quand même répondu "mais les parents ont le droit de nous frapper non? Les miens le font." Ça ou alors le simple droit au respect de sa pudeur par les parents, c'était déjà apparemment une nouveauté pour trop d'entre eux. Un signal supplémentaire qu'il est important que l'école puisse intervenir et diffuser des principes simples mais essentiels, car on ne sait pas ce qui se passe dans les familles!
maverick_2010 Posté(e) 10 août 2020 Auteur Posté(e) 10 août 2020 il y a 55 minutes, rose45 a dit : Ah et je n'ai jamais eu de retours de parents........ A part cette dame..... Et mes collègues qui se foutent de moi (gentiment) quand elles leur font apprendre la leçon pendant l'étude. et ça fait qqs années que ça dure. Je pense qu'ils sont soulagés que ça se fasse à l'école. C'est vrai que j'ai déjà vu que certains parents étaient rassurés d'être délestés de cette charge, ne sachant pas vraiment comment s'y prendre. Entre eux et ceux qui s'y opposent, dur dur d'avoir un point de vue général.
Lady Oscar Posté(e) 10 août 2020 Posté(e) 10 août 2020 Pour rebondir sur l'absence de cette notion dans les manuels de sciences: je pense que l'erreur est là, la sexualité ça n'est pas de la science froide et mécanique pour uniquement se reproduire, il faut voir le côté humain: la sexualité c'est un acte d'amour ou en tous les cas qui donne du plaisir, qui rend heureux. Bref, c'est une thématique large sur les relations affectives respectueuses entre humains et sur la biologie humaine (les hormones, la croissance, la reproduction). C'est primordial de parler du respect de son corps et de celui des autres, des émotions, des dangers des réseaux sociaux avant l’entrée au collège. Car justement beaucoup d'élèves sont projetés en 6ème avec un téléphone portable qui rassure les parents et se créer des comptes facebok (...) avec l'aide des copains. Les gens ont tendance à vouloir reproduire ce qu'ils ont connu pendant leur adolescence car ils sont gênés: c'est à dire ne pas en parler et le jeune découvre ça de manière tabou. Sauf que maintenant c'est devenu impossible de continuer avec cette lâcheté d'adulte du "démerdez-vous pour comprendre avec le cours de SVT en 4ème..." Car les jeunes ont des téléphones qui vont sur internet et qu'ils y trouvent du porno bien trash sans sentiment avec des femmes objets... Ils se harcèlent sur les réseaux sociaux avec des photos prises dans les vestiaires... les vêtements d'enfant copient ceux des adultes: des soutiens gorge taille 8 ans... ils écoutent des radios libres inadaptées à leur âge (là ou nous écoutions Difool sur Sky Rock au lycée, certains enfants l'écoutent dès le primaire! )
maverick_2010 Posté(e) 10 août 2020 Auteur Posté(e) 10 août 2020 il y a 3 minutes, Lady Oscar a dit : Pour rebondir sur l'absence de cette notion dans les manuels de sciences: je pense que l'erreur est là, la sexualité ça n'est pas de la science froide et mécanique pour uniquement se reproduire, il faut voir le côté humain: la sexualité c'est un acte d'amour ou en tous les cas qui donne du plaisir, qui rend heureux. Bref, c'est une thématique large sur les relations affectives respectueuses entre humains et sur la biologie humaine (les hormones, la croissance, la reproduction). C'est primordial de parler du respect de son corps et de celui des autres, des émotions, des dangers des réseaux sociaux avant l’entrée au collège. Car justement beaucoup d'élèves sont projetés en 6ème avec un téléphone portable qui rassure les parents et se créer des comptes facebok (...) avec l'aide des copains. Les gens ont tendance à vouloir reproduire ce qu'ils ont connu pendant leur adolescence car ils sont gênés: c'est à dire ne pas en parler et le jeune découvre ça de manière tabou. Sauf que maintenant c'est devenu impossible de continuer avec cette lâcheté d'adulte du "démerdez-vous pour comprendre avec le cours de SVT en 4ème..." Car les jeunes ont des téléphones qui vont sur internet et qu'ils y trouvent du porno bien trash sans sentiment avec des femmes objets... Ils se harcèlent sur les réseaux sociaux avec des photos prises dans les vestiaires... les vêtements d'enfant copient ceux des adultes: des soutiens gorge taille 8 ans... ils écoutent des radios libres inadaptées à leur âge (là ou nous écoutions Difool sur Sky Rock au lycée, certains enfants l'écoutent dès le primaire! ) Tout à fait, la sexualité n'est pas quelque chose qui peut n'être enseignée que par des médias, il faut des êtres humains pour en parler et en transmettre toutes les nuances et les sensibilités. L'usage d'un manuel permettrait au moins d'initier ou d'alimenter le débat, mais il ne saurait être suffisant. Les statistiques les plus récentes suggèrent que l'âge moyen de la première confrontation des enfants à du contenu pornographique est 11 ans. L'âge moyen. Ce qui veut dire que certains peuvent y être confrontés beaucoup plus jeunes. Et bien souvent, cela arrive justement parce qu'ils sont en quête de réponses sans personne à questionner. Quoi de mieux qu'internet alors pour poser des questions qui gênent tout en restant anonyme? Des recherches simples comme "faire l'amour" peuvent déboucher sur des images susceptibles de marquer à vie des enfants inconscients et leur donner une vision négative de la sexualité pendant des années. Et comme vous le dites, ils ont accès à internet de plus en plus tôt par le portable (que ce soit le leur ou celui des copains). Sans compter les contenus semi-pornos omniprésents tout autour d'eux, ne serait-ce que dans les publicités, les films ou les jeux vidéos. Pour nous adultes, une femme ou un homme en sous-vêtements est certes plus érotique que pornographique, voire ne nous affecte même plus, mais pour des enfants / adolescents en plein questionnement et en manque de repères, cela peut avoir des effets tout aussi discutables. Un autre problème qui favorise l'exposition précoce et / ou inadaptée à la sexualité est que les enfants veulent grandir de plus en plus vite et imiter "les grands" en effet, et il est urgent de les informer tôt de tout ce que cela implique que de devenir un être humain mature et responsable. Et pourtant, j'ai déjà eu des échos de personnes qui s'opposent à l'éducation sexuelle au nom de "l'innocence des enfants" qu'ils veulent préserver jusque le plus tard possible. Sauf que cette "innocence" a plutôt tendance à se retrouver pulvérisée par la réalité d'autant plus brutalement qu'on la leur a cachée longtemps. Il faut au contraire les accompagner dans leur transition vers un état d'esprit qui leur permettra de comprendre les choses auxquelles ils seront inévitablement exposés un jour avant qu'elles leur tombent dessus.
orime Posté(e) 11 août 2020 Posté(e) 11 août 2020 Ici c'est l'infirmière scolaire qui s'en charge avec en général 2 séances en petits groupes. Le peu qu'on aborde avec eux nous fait déferler des hordes de parents complètement barrés qui à la fois se déchargent complètement sur l'école et ne veulent surtout pas être embarrassés par les questions que leurs enfants vont leur poser à la suite de ça. Le fait que ce soit l'infirmière fait que c'est "une personne extérieure". Le fait que je sois un homme me conforte encore plus dans la décision de déléguer ce domaine, je l'ai fait sans problème il y a quelques années, plus actuellement.
maverick_2010 Posté(e) 11 août 2020 Auteur Posté(e) 11 août 2020 il y a 14 minutes, orime a dit : Ici c'est l'infirmière scolaire qui s'en charge avec en général 2 séances en petits groupes. Le peu qu'on aborde avec eux nous fait déferler des hordes de parents complètement barrés qui à la fois se déchargent complètement sur l'école et ne veulent surtout pas être embarrassés par les questions que leurs enfants vont leur poser à la suite de ça. Le fait que ce soit l'infirmière fait que c'est "une personne extérieure". Le fait que je sois un homme me conforte encore plus dans la décision de déléguer ce domaine, je l'ai fait sans problème il y a quelques années, plus actuellement. Ça montre bien que le sujet gêne les familles et qu'il est d'autant plus important que l'école s'en charge, parce que ce ne sont pas les parents qui vont le faire! C'est d'ailleurs assez ironique qu'ils soient rassurés par le fait que c'est une personne extérieure (donc une personne qu'ils ne connaissent pas) qui s'en occupe. Belle manière de montrer que c'est un sujet dont ils veulent rester le plus éloignés possible. Je comprends tout à fait que cela vous rassure en tant qu'homme de pouvoir déléguer ce sujet. Le spectre de la pédophilie est malheureusement encore très présent dans l'esprit des familles et c'est probablement l'un des plus grands obstacles à l'instauration de séances d'éducation à la sexualité saines et sereines. Mais je trouve aussi dommage que ce sujet, qui exige pourtant d'être traité par une personne avec qui les élèves se sentent en confiance et ont une relation un minimum prolongée, soit ainsi ostracisé comme un sujet "délicat" qui nécessite une intervention extérieure. Difficile d'en faire un sujet de discussion plus facile quand ça demande une telle organisation et de telles précautions, et d'en reparler naturellement ensuite avec l'enseignant qui est ainsi obligé de se tenir en retrait. 😕 C'est vraiment quelque chose que j'aimerais pouvoir aider à changer. Après, il est clair comme vous le dites que dans certains établissements, cela peut être beaucoup plus compliqué à gérer. Si ce n'est pas indiscret, quels genres de publics sont ainsi opposés à ces enseignements?
Lady Oscar Posté(e) 11 août 2020 Posté(e) 11 août 2020 il y a 46 minutes, maverick_2010 a dit : Ç Si ce n'est pas indiscret, quels genres de publics sont ainsi opposés à ces enseignements? Un constat à mon niveau: j'ai essayé d'expliquer sur un réseau social de la communauté des voyageurs que nous ne faisons pas d'éducation à la masturbation à l'école car je voyais des propos appelant à la déscolarisation. Ils ont compris ce que j'expliquais mais m'ont dit ne pas accepter qu'on parle de sexe aux enfants car pour eux rien que le fait d'en parler se rapproche de la pédophilie. Un propos qui revenait beaucoup: il n'y a pas de pédophiles chez les voyageurs contrairement aux "gadji". Que si leur enfant leur disait que l’école avait parlé de ça ils déscolariseraient. Ils disaient préférer que leurs ados leur en parle ou fasse son expérience. C'est un milieu où les jeunes sont mariés très tôt avec leur premier flirt. J'ai l'impression que leur enfants n'ont pas une phase d'adolescence à leur yeux: ils sont enfants longtemps et hop ils sont fiancés puis mariés et souvent parents assez vite.
maverick_2010 Posté(e) 11 août 2020 Auteur Posté(e) 11 août 2020 il y a une heure, Lady Oscar a dit : Un constat à mon niveau: j'ai essayé d'expliquer sur un réseau social de la communauté des voyageurs que nous ne faisons pas d'éducation à la masturbation à l'école car je voyais des propos appelant à la déscolarisation. Ils ont compris ce que j'expliquais mais m'ont dit ne pas accepter qu'on parle de sexe aux enfants car pour eux rien que le fait d'en parler se rapproche de la pédophilie. Un propos qui revenait beaucoup: il n'y a pas de pédophiles chez les voyageurs contrairement aux "gadji". Que si leur enfant leur disait que l’école avait parlé de ça ils déscolariseraient. Ils disaient préférer que leurs ados leur en parle ou fasse son expérience. C'est un milieu où les jeunes sont mariés très tôt avec leur premier flirt. J'ai l'impression que leur enfants n'ont pas une phase d'adolescence à leur yeux: ils sont enfants longtemps et hop ils sont fiancés puis mariés et souvent parents assez vite. Ouch! C'est vrai que cette communauté a des coutumes très spéciales dans ce domaine. Mais on ne peut pas les laisser décider de ce qui peut être dit ou pas dit à l'école!
maverick_2010 Posté(e) 11 août 2020 Auteur Posté(e) 11 août 2020 il y a 1 minute, rose45 a dit : On devrait faire de l'éducation et de l'information aux parents surtout...... Pour eux "éducation à la sexualité" = regarder un film porno......... Alors qu'ils laissent leurs enfants sans surveillance sur internet........ Peaux de saucisson devant leurs yeux quoi. Je trouve déjà bien de parler du corps, de s'accepter, de comprendre que tout le monde est différent, d'être maitre de soi et de savoir que son corps est à soi etc etc..... En primaire c'est déjà beaucoup tout ça. Les parents sont les principaux repères en matière d'éducation sexuelle pour les enfants... en théorie, parce qu'effectivement beaucoup auraient bien besoin de conseils là-dessus. Une éducation sexuelle régulière à l'école est le meilleur moyen que tous les enfants aient un minimum d'accompagnement, pour ceux dont les parents sont mal à l'aise, ignorants, ou carrément inconscients au point de confier ça à internet.
maryl Posté(e) 11 août 2020 Posté(e) 11 août 2020 Je l'aborde tous les ans (sauf l'an dernier) sur plusieurs séances (environ 6 mais ça peut être plus). De préférence entre janvier et avril, une fois le lien bien créé entre nous. Je ne fais pas de leçons à apprendre. J'ai une boîte à questions. Pendant les "cours" j'interdis les questions pour éviter de déraper et de perdre le fil. Donc quand ils ont une question, il l'écrivent anonymement ou non et elle va dans la boîte. Ils ont le droit de rire bêtement la 1ere fois ensuite, non. C'est un sujet sérieux et il n'y a rien de drôle. Les élèves étant très intéressés, je n'ai en général pas de soucis et j'utilise les termes médicaux. Je reste aussi très factuelle. La notion de respect de l'autre et de soi même est travaillée dès la rentrée. J'interviens sur : - la physionomie : l'appareil reproducteur de l'homme et de la femme - la reproduction humaine et rapidement la contraception. Pendant cette séance je fais la chasse aux idées reçues et explique que le sentiment amoureux n'est pas une condition nécessaire à la reproduction. La seule condition nécessaire étant l'accouplement d'un homme et d'une femme. Je n'aborde pas la notion de plaisir. - la gestation et la naissance - les stades de l'humain de la naissance à la mort : bébé, enfant, adolescent, adulte, personnes âgées. On y voit les changements physiques et psychologiques. - la puberté et l'adolescence : les règles et notamment les premières (au passage j'informe les filles que j'ai un paquet de serviettes si nécessaire dans la classe à leur disposition et comme l'information fait le tour aux deux autres cm2 aussi), les changements hormonaux, le lien avec les parents, l'humeur et le questionnement. En préambule, je leur dit qu'ils vont recevoir des informations mais que chacun est différent, donc ils vivent ou vivront cela de façon différente. J'essaie de balayer le plus largement possible. Pour l'anecdote, une année, l'un de mes zozos a sorti tout d'un coup : "Ah c'est ça que j'ai !" ☺️ Ça a permis de le rassurer et d'autres aussi (cette classe était particulièrement mûre). la (ou les) dernière séance est réservée à l'ouverture de la boîte et si j'ai déjà répondu, les élèves font le rappel et sinon je réponds comme je peux, si je peux. Et ils ont le droit de poser de nouvelles questions. Donc des débats peuvent être ouvert d'où le nombre de séances inconnues. Ces séances de questions-réponses sont confidentielles. Elles restent internes à la classe. J'invite les élèves à en parler avec leurs parents ou une personne de confiance. Les parents sont informés lors de la réunion de rentrée quand je balaie le programme. Puis par un mot au début de la séquence. Une autre année, j'ai été interpellée à la sortie par des parents de l'année précédente. On papote, je prends des nouvelles de la demoiselle qui n'était pas là... Et là mère me dit "Elle manque pas mal le collège à cause de mots de ventre..." Je lui demande si ce ne serait pas les règles qui arrivent. Réponse du papa "tu vois je t'avais dit". La mère m'explique alors qu'elle y a pensé mais ne sait pas comment aborder le sujet et me demande de l'aide. Ils m'ont ramené la gamine, nous avons un peu discuté. Problème réglé. Tout ça pour dire que certain parents sont perdus sur ce sujet (souvent parce qu'eux même n'ont pas eu droit à l'information) et notre intervention les aide à en parler justement avec leurs enfants. En supplément, une intervention de la gendarmerie sur les dangers d'Internet a lieu tous les ans (10 séances) et depuis l'an dernier le service de gendarmerie spécialisé dans l'information aux jeunes et la prévention intervient notamment avec quelques rappels à la loi 1
maverick_2010 Posté(e) 11 août 2020 Auteur Posté(e) 11 août 2020 il y a 22 minutes, maryl a dit : Je l'aborde tous les ans (sauf l'an dernier) sur plusieurs séances (environ 6 mais ça peut être plus). De préférence entre janvier et avril, une fois le lien bien créé entre nous. Je ne fais pas de leçons à apprendre. J'ai une boîte à questions. Pendant les "cours" j'interdis les questions pour éviter de déraper et de perdre le fil. Donc quand ils ont une question, il l'écrivent anonymement ou non et elle va dans la boîte. Ils ont le droit de rire bêtement la 1ere fois ensuite, non. C'est un sujet sérieux et il n'y a rien de drôle. Les élèves étant très intéressés, je n'ai en général pas de soucis et j'utilise les termes médicaux. Je reste aussi très factuelle. La notion de respect de l'autre et de soi même est travaillée dès la rentrée. J'interviens sur : - la physionomie : l'appareil reproducteur de l'homme et de la femme - la reproduction humaine et rapidement la contraception. Pendant cette séance je fais la chasse aux idées reçues et explique que le sentiment amoureux n'est pas une condition nécessaire à la reproduction. La seule condition nécessaire étant l'accouplement d'un homme et d'une femme. Je n'aborde pas la notion de plaisir. - la gestation et la naissance - les stades de l'humain de la naissance à la mort : bébé, enfant, adolescent, adulte, personnes âgées. On y voit les changements physiques et psychologiques. - la puberté et l'adolescence : les règles et notamment les premières (au passage j'informe les filles que j'ai un paquet de serviettes si nécessaire dans la classe à leur disposition et comme l'information fait le tour aux deux autres cm2 aussi), les changements hormonaux, le lien avec les parents, l'humeur et le questionnement. En préambule, je leur dit qu'ils vont recevoir des informations mais que chacun est différent, donc ils vivent ou vivront cela de façon différente. J'essaie de balayer le plus largement possible. Pour l'anecdote, une année, l'un de mes zozos a sorti tout d'un coup : "Ah c'est ça que j'ai !" ☺️ Ça a permis de le rassurer et d'autres aussi (cette classe était particulièrement mûre). la (ou les) dernière séance est réservée à l'ouverture de la boîte et si j'ai déjà répondu, les élèves font le rappel et sinon je réponds comme je peux, si je peux. Et ils ont le droit de poser de nouvelles questions. Donc des débats peuvent être ouvert d'où le nombre de séances inconnues. Ces séances de questions-réponses sont confidentielles. Elles restent internes à la classe. J'invite les élèves à en parler avec leurs parents ou une personne de confiance. Les parents sont informés lors de la réunion de rentrée quand je balaie le programme. Puis par un mot au début de la séquence. Une autre année, j'ai été interpellée à la sortie par des parents de l'année précédente. On papote, je prends des nouvelles de la demoiselle qui n'était pas là... Et là mère me dit "Elle manque pas mal le collège à cause de mots de ventre..." Je lui demande si ce ne serait pas les règles qui arrivent. Réponse du papa "tu vois je t'avais dit". La mère m'explique alors qu'elle y a pensé mais ne sait pas comment aborder le sujet et me demande de l'aide. Ils m'ont ramené la gamine, nous avons un peu discuté. Problème réglé. Tout ça pour dire que certain parents sont perdus sur ce sujet (souvent parce qu'eux même n'ont pas eu droit à l'information) et notre intervention les aide à en parler justement avec leurs enfants. En supplément, une intervention de la gendarmerie sur les dangers d'Internet a lieu tous les ans (10 séances) et depuis l'an dernier le service de gendarmerie spécialisé dans l'information aux jeunes et la prévention intervient notamment avec quelques rappels à la loi Merci pour cette présentation très détaillée! La façon dont vos séances sont organisées me paraît vraiment propice à aborder tous les points concernés tout en favorisant un climat serein et confiant. Encore un exemple de parents mal informés à qui l'école rend service en traitant elle-même le sujet, c'est rassurant. ^^ Et également une preuve supplémentaire qu'il est vraiment important d'en parler avec eux d'une façon ou d'une autre, que ce soit pour les rassurer ou les aider. Petite question: pourquoi éluder la notion de plaisir? Est-ce parce que c'est un sujet trop sensible? Trop intime? Ou juste qui ne semble pas nécessaire?
alf56 Posté(e) 11 août 2020 Posté(e) 11 août 2020 Il y a 18 heures, Lady Oscar a dit : J'aborde ce sujet 3 fois dans l'année avec mes cp. Mes collègues également. Nous avons une progression sur toute l'école. En CP il s'agit de trois thématiques adaptées à leur âge et prenant en compte l'affect et le respect de l'autre: "nous sommes des êtres humains", "mon corps c'est moi", "je grandis, les étapes de la vie". Chaque année les thématiques évoluent avec leur âge. Arrivés en Cm2 les élèves sont bien sensibilisés au respect de son corps et du corps de l'autre, sont habitués à entendre des mots pour décrire le corps humain sans ricaner bêtement (le sexe, la poitrine, les fesses...) ce qui fait qu'on peut aborder avec eux le thème de la reproduction très sérieusement tout en y liant les notions de respect de l'autre et de soi-même. Je trouve ça très important qu'ils arrivent au collège en étant avertis qu'ils ont le droit de refuser de voir des images choquantes sur le téléphone d'un copain par exemple. La première année, nous avons convié les parents à une réunion pour expliquer notre organisation. On évoque le sujet à la réunion de rentrée en indiquant les trois thèmes qui seront travaillés dans l'année. A chaque fois que nous abordons un thème en classe, nous faisons une trace écrite avec les élèves à destination des parents et nous les invitons à en parler également en famille. Une famille avait été réticente la première année (école catholique sous contrat avec quelques familles "traditionalistes") mais depuis nous n'avons aucune remarque car nous sommes clairs dans la démarche. Au fil des années, je constate que les enfants viennent davantage avertir un enseignant ou leur parent lorsqu'un camarade de permet des choses déplacées du type: montrer son sexe aux toilettes ou ricaner sur la poitrine naissante d'une fille. Dans le passé, ça prenait beaucoup de temps avant qu'on soit au courant alors que maintenant ils en parlent dans la journée même. Bonjour, Est ce qu'il te serait possible de partager la progression d'école sur le sujet? Je trouve cette organisation très inétéressante! 2
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