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Posté(e) (modifié)
il y a 42 minutes, garba a dit :

(...) Je n'ai pas souvent demandé un maintien mais quand il a été fait il a été efficace 🤷 

Comment juges-tu qu'un redoublement a été efficace?

il y a 42 minutes, garba a dit :

(...) Ça me paraît très péremptoire de dire que le redoublement est toxique, point, pas de contestation possible. Je trouve le message est très méprisant. 

Je suis désolée de ce ressenti. As-tu lu les articles et études?

Je n'ai, moi-même rien eu à redire sur les maintiens pendant de nombreuses années. Ça m'apparaissait normal, logique. Puis (déjà écrit ailleurs sur le forum) j'ai constaté que tous les redoublant.es devenaient des CM2 à la peine, en difficulté. Je me suis alors intéressée au sujet. Pour nourrir ma pratique. Pour en savoir plus. C'est ce que j'ai trouvé. 

Je serais sincèrement intéressée par des articles ou études qui démontrent le contraire. Partagez-les!

Enfin, je comprends tout à fait que nous valorisions notre expérience professionnelle proche. Elle est importante. Cependant, j'ai bien du mal à lire qu'elle vaut plus que tout le reste et qu'on balaie d'un revers de main des arguments et éléments au seul motif qu'ils vont à rebrousse poil de nos pratiques.

 

Modifié par HYPO
Posté(e)

Déjà écrit ici, mais ma maman, il y a fort fort longtemps, a vécu une 6e catastrophique, un passage au collège qui s'est mal fait, sans autonomie, avec en plus l'annonce d'un drame familial auquel elle n'était pas préparée. Bref, ses enseignants ont proposé un redoublement, qui a été accepté par ses parents et qu'elle a choisi de prendre comme une chance. Elle a mûri en 1 ans, a accepté ce qui lui tombait dessus, et a profité de cette année de plus. Seul inconvénient ? Elle est sortie d'études à 22 ans au lieu de 21...

Posté(e) (modifié)

C'est formidable pour elle, pour toi. Le pari a été gagnant. Car c'est un pari.

Comme le slogan du loto: "tous les gagnants ont tenté leur chance", tous les redoublements "réussis" (si l'on admet qu'il y en a) sont des redoublements.

Et les autres? Les redoublements "ratés"?

Et bien ce sont les perdants du loto.

Eux aussi ont joué, et ils ont perdu. Ils sont bien plus nombreux que les premiers.

Modifié par HYPO
Posté(e)
Le 13/02/2026 à 10:59, juliette94 a dit :

non les parents ne sont pas les mieux placés pour comprendre le comportement de leur enfant en tant qu'élève. Chaque personne de l'équipe éducative de l'enfant apporte un éclairage, mais seul il ne peut pas deviner le comportement de son enfant en classe, face aux apprentissages. 

Je me sens visée par cette partie du message, je tiens donc à expliciter mes propos :

Tout d'abord, ce n'est pas ce que je dis. Je parle de l'enfant dans son ensemble, et non exclusivement de son rôle joué dans l'espace scolaire dont les parents ne sont pas témoins. Oui, n'en déplaise aux professionnels, les parents connaissent le mieux leurs enfants. Un enseignant connaît son niveau scolaire, sa manière d'interagir avec les autres enfants et adultes de l'école, quelques bricoles médicales pour autant qu'elles nécessitent des précautions ou des prises en charge, mais c'est à peu près tout. L'enfant ne se résume pas à ce moment très cloisonné de sa vie. En tant qu'enseignantes on ignore presque complètement le passé de l'enfant, l'histoire de sa famille, son rythme de vie, ce qui le marque jusque dans ses cauchemars la nuit, on peut parfois mal interpréter des attitudes de l'élève et on n'est pas dans ses chaussures, quoi qu'il en soit. La famille est la plus à même d'avoir la perception la plus proche de son enfant, je ne vois pas comment nous pourrions nous-mêmes prétendre à connaître un enfant sous prétexte qu'on l'a eu 4 jours par semaine durant 36 semaines dans un contexte très spécifique.

Il me semblait primordial de l'écrire noir sur blanc, dans un contexte où il était manifeste que la maman qui nous appelle à l'aide a une confiance érodée en l'école. Il faut rendre à César ce qui est à César : pour aider nos élèves à réussir on a besoin d'avancer main dans la main. On n'avance pas main dans la main avec des gens à qui l'on ordonne de faire confiance, ou que l'on sermone de ne pas faire suffisamment confiance en l'école. Pour que la famille accepte d'affronter l'inconfort de travailler avec école dont l'institution est une véritable usine à gaz déconnectée de la réalité en bien des aspects (le premier selon moi étant d'imaginer que l'enfant se distingue de son rôle d'élève comme les adultes se distinguent de leur fonction professionnelle), il est indispensable de reconnaître les compétences de chacun et de faire preuve de la capacité à reconnaître où s'arrêtent les siennes en tant que professionnel. Il ne faut pas non plus sous-estimer la dureté de simples conseils qui, anodins pour nous qui avons l'habitude, peuvent être vécus par les familles comme une violence, parfois comme un "arrachement", un "rapt", comme si on les privait soudainement de toute compétence parentale et qu'on les pilotait de force pour aller dans la direction qu'on a décidée à leur place, à la vitesse qu'on a décidée à leur place, au lieu de s'adresser à eux comme à des adultes responsables qui ont, comme tout le monde, besoin de temps pour vérifier, comprendre et prendre une décision en toute confiance. Mettons de côté les cas de négligence et de maltraitance, on est visiblement ici dans le cas d'une famille qui cherche à agir pour le bien de son enfant et qui a simplement besoin d'informations afin de prendre des décisions importantes en toute responsabilité et confiance.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai pris soin d'écrire noir sur blanc qu'en effet, la famille connaît mieux son enfant que n'importe qui, sans toutefois aucune intention d'enlever à la profession son regard d'expert sur le temps scolaire 😉

 

Entre temps j'ai lu en diagonale le débat sur le redoublement/maintien. Je n'ai pas, personnellement, pris soin de lire toutes les études existantes à ce sujet. Néanmoins il en est effectivement qui pointent du doigt les effets négatifs sur la confiance en soi ainsi que des limites décevantes dans l'amélioration des résultats scolaires. Je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'aucun maintien ne se justifie, j'ai déjà vu dans un contexte très spécifique et très sensible des élèves maintenus une à deux années dans le seul but de leur apprendre à lire avant le collège, car il s'agissait de familles voyageuses qui avaient pour habitude de déscolariser leurs enfants après le CM2. J'ai vu peu de maintiens "ordinaires" (c'est-à-dire ni nos voyageurs absentéistes décrocheurs, ni des enfants en situation de handicap reconnu par la MDPH et en attente de prise en charge) et un seul qui a eu l'air de faire effet (en ce2), jusqu'à ce que l'enfant en question arrive au collège et... patatras, manque d'assiduité, décrochage. Mon avis sur la question n'est donc pas tranché, mais je dois reconnaître que c'est toujours un déchirement pour l'enfant à qui l'on présente cette éventualité de se retrouver séparé de sa cohorte, qu'il ait ou non des amis dans cette cohorte, d'ailleurs. Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère, mais si elle a été proposée par le conseil des maîtres je crois que ça vaut quand même la peine d'y réfléchir (sans forcément être d'accord avec, ni l'accepter, mais ne serait-ce que se demander pourquoi, pour quoi faire, quelle différence avec l'année 1 de CP permettrait à l'année 2 de faire une différence dans le parcours, est-ce qu'il ne faut pas plutôt accepter que cette enfant mettra un peu plus de temps à raccrocher et qu'elle aura besoin d'être accompagnée différemment dans ce but, etc.).

Et ça, c'est aussi le rôle du parent de défendre l'intérêt de son enfant, on en revient à mon début de réponse donc : travailler main dans la main avec la famille, faire des propositions, entendre les infos, résistances et contre-propositions de la famille jusqu'à mettre le doigt sur ce qui va le mieux profiter à cet enfant. Chaque situation est unique en tout cas.

 

Posté(e)

Lison, l'exemple de ta mère montre que plus le maintien est tard et accepté/compris par l'élève mieux c'est. Ils sont rare les maintiens efficaces en élem. Y en a bien sûr. Sauf ceux pour raison spé (hospitalisation, trouble diag) Ce qui est important après c'est d'orienter les élèves dans des études courtes, longues, spécialisées, etc. 

Blagjackette, beaucoup de parents pensent comme toi, je ne te visais pas. Et je l'entends tous les ans. Moi-même, mère de deux grands de 22 et 18 ans, je découvrais mes enfants en sortie scolaire (les rares que j'ai pu faire): un comportement tellement différent de celui de la maison; des LSU à l'opposé de ce que je constate à la maison; Des parents d'élèves qui me parlent de mes enfants que je ne reconnais pas. Et petite, j'étais exactement pareil (très calme et posée à la maison, tout l'inverse à l'école). Mes parents sont allés à l'encontre des discours de mes PE et j'ai avancé. Peut-être comme l'élève dont il est question ici. 

En aucun je ne veux sermonner personne, et j'en suis bien désolée si cela a été perçu ainsi. J'espère avoir un peu aidé surtout. 

 

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