Félicie Posté(e) 3 mars Auteur Posté(e) 3 mars Il y a 10 heures, Talulah a dit : Je trouve votre remarque un brin condescendante.... Je n'ai pas "l'impression" que ma charge de travail est décuplée, elle est très importante.... Je n'ai pas formulé ma remarque dans un esprit de condescendance, en tout cas. Ce n'est pas le premier enseignant que j'entends dire qu'il est dépassé par son travail. J'ai même pu assisté plusieurs enseignants dans les "coulisses" et dans le déroulement de leur classe. Même avec des ATSEM, la charge peut être encore "importante". Malheureusement, quand les enseignants ont des obligations impérieuses de l'ordre privé ou simplement que leur bien-être physique ou psychologique a des droits sur eux, ils devraient pouvoir trouver un équilibre entre travail et vie personnelle. Bien sûr, cela ne remet nullement en cause leur bonne volonté ou leur professionnalisme. Il faudrait peut-être que l'Éducation Nationale ou son Ministère prennent des mesures dans le sens de meilleurs conditions de travail.
Félicie Posté(e) 3 mars Auteur Posté(e) 3 mars Il y a 2 heures, Talulah a dit : Ce serait bien de vous présenter, @Félicie, afin que nous puissions connaitre vos projets, une entrée dans le métier, par exemple, une enquête, etc. Je suis étudiante en Lettres. J'aimerais exercer en tant qu'enseignante dans le primaire et pourquoi pas dans le secondaire ou le supérieur si je m'en sors assez bien sur le plan des études...
Félicie Posté(e) 3 mars Auteur Posté(e) 3 mars Il y a 1 heure, nanej a dit : J'ai passé le 1er concours. J'ai une maitrise en mathématiques obtenue au siècle dernier qui me permettait de prétendre passer le concours "normal". Je l'ai préparé seule, à la maison, sans aller à la fac et sans le cned/forprof. Les épreuves m'ont semblé faciles, mais parce que je savais exactement ce qu'on attendait de moi (j'avais lu et relu les rapports des examinateurs des 3 dernières années), je savais les écueils et les pièges à éviter. Une maîtrise en mathématiques, c'est déjà beaucoup.
Félicie Posté(e) 3 mars Auteur Posté(e) 3 mars il y a une heure, doubleR a dit : Il me semble que les épreuves sont plus faciles maintenant, y'a moins de didactiques. Qu'est-ce que les "didactiques" ?
Lady Lady Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars Bonjour, On a besoin de jeunes motivés sur le terrain Bienvenue! Ce métier est de plus en plus compliqué et mal considéré (comme beaucoup de métiers assez féminisés liés au service de l'humain comme par exemple dans la santé) mais c'est formidable de contribuer à l'évolution des élèves. Malheureusement, même dans le privé sous contrat (j'en suis) où les conditions de travail peuvent sembler plus douces (implantations historiques = peu d'écoles en secteurs zep-rep car les banlieues se sont développées après les ouvertures d'écoles privées, donc plutôt du rural ou du centre ville huppé), je constate beaucoup de démissions des entrants dans le métier. Et l'arrivée de profils qui ne correspondent pas au métier d'enseignant (pas les épaules et le feeling social pour gérer un groupe ou pas le mental pour faire face à la charge d'organisation et de prise de décisions). -Les causes évidentes: charge de la préparation, effectifs chargés avec de plus en plus de profils d'élèves à forts besoins (c'est de pire en pire dans notre société très individualiste et qui ne valorise plus le fait d'appartenir à un groupe). J'ai connu des classes chargées il y a 20 ans et c'était gérable au niveau discipline, les élèves s'enthousiasmaient et n'étaient pas "blasés" comme maintenant. Les "perturbateurs" ne voulaient pas trop se faire mal voir par leurs camarades et adhéraient quand même à la plupart des choses proposées dans la journée (maintenant on a des enfants tellement perturbés qu'on dirait qu'ils se complaisent à avoir un rôle de perturbateur et d'embêter les camarades par leur comportement). -La prise en compte des élèves à fort besoin n'était pas du tout à la hauteur mais maintenant on voudrait presque que la plupart des élèves nécessitent une prise en charge aussi lourde qu'un élève qui a vraiment des besoins de différenciation (dyslexie...). Les diagnostiques de TDAH et HPI s'accumulent. La paperasse qu'on nous demande est aberrante. -On se retrouve avec des élèves harcelés qui sont aussi des harceleurs pour les autres, c'est un sac de nœud incroyable à gérer car ça se passe souvent sur les temps périscolaires. -Le relationnel avec les familles n'est plus aussi simple car tout le monde est allé à l'école et croit avoir un avis d'expert... et ne le garde évidement pas pour lui... -Il y a 20 ans, si la maîtresse était formidable si elle tenait son groupe, était gentille quand même, donnait à voir le travail réalisé en fin de période, faisait une sortie scolaire et venait à la kermesse. Maintenant, c'est l'inverse: les gens ont tendance à voir le négatif (la sortie scolaire est moins bien que l'an dernier, il y a trop/ pas assez de leçons...) et ne prennent pas assez en compte le fait que leur trésor est dans un groupe. 6 1
Blagjackette Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars Le meilleur moyen de se faire une idée du métier, je dirais que c'est d'aller dans les écoles. Si jamais l'opportunité se présente à la fin de vos études de travailler une ou deux années avant d'obtenir le concours, un poste d'AESH ou d'AED vous permettrait d'être en immersion dans une école, un collège voire un lycée. Je ne pense pas que la charge de travail d'un prof de français ou de lettres puisse être moins importante que celle d'un prof des écoles (même au contraire). En ce qui nous concerne, dans le premier degré, y compris en maternelle, il faut s'attendre à travailler un bon paquet d'heures, et pendant chaque période de vacances (en tout cas lorsqu'on a le luxe d'être titulaire de son poste et de connaître son niveau de classe de la rentrée suivante). Je ne connais pas un•e collègue titulaire du premier degré qui fasse des semaines à moins de 40 heures (même parmi les moins motivés) et aucun•e titulaire qui ne prépare pas un minimum ses rentrées sur le temps des vacances scolaires. Je ne dis pas qu'il n'en existe pas, mais s'ils étaient la norme je devrais en avoir rencontré en 10 ans de carrière dans plusieurs écoles. Pour ce qui est du rythme, pour vous faire une idée et vous projeter : En général j'arrive à l'école environ une demi-heure avant le début de la classe, je reste à l'école sur le temps du midi et je rentre rarement dans la demi-heure qui suit la fin de classe (sauf si je ne me sens pas bien et qu'il n'y a pas de réunion), mais plutôt une à deux heures après. Comme l'a dit quelqu'un d'autre ici, je passe moi aussi environ 40 heures sur l'école (10h par jour, soit 7h30/17h30 ou 8h/18h pour se faire une idée) à quoi s'ajoute la prep du mercredi et parfois du rab les soirs ou le weekend (en prep ou en correction, voire en paperasse administrative). Si je reste moins longtemps sur l'école parce qu'épuisée nerveusement ou malade, je travaille davantage à la maison pour compenser. On s'arrête rarement de travailler quand on est malade, à moins d'être cloué au lit avec une forte fièvre. C'est un mythe. Vive le paracétamol et les infusions au miel 😉 C'est un métier dans lequel on tient bon par vocation, mais les conditions de travail ne sont pas celles qu'on croit. C'est un peu comme si on se faisait une idée de Paris en regardant Amélie Poulain : c'est idéalisé, poétisé... la réalité est malheureusement tout autre. 1 2
nellou Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars 5 jours plein de boulot pendant les vacances @doubleR c’est énorme… Pour le coup, moi avec un niveau que je maîtrise j’ai dû bosser tout cumulé 1 jour et demi voir 2 max…
Félicie Posté(e) 4 mars Auteur Posté(e) 4 mars Il y a 7 heures, Lady Lady a dit : Bonjour, On a besoin de jeunes motivés sur le terrain Bienvenue! Ce métier est de plus en plus compliqué et mal considéré (comme beaucoup de métiers assez féminisés liés au service de l'humain comme par exemple dans la santé) mais c'est formidable de contribuer à l'évolution des élèves. Malheureusement, même dans le privé sous contrat (j'en suis) où les conditions de travail peuvent sembler plus douces (implantations historiques = peu d'écoles en secteurs zep-rep car les banlieues se sont développées après les ouvertures d'écoles privées, donc plutôt du rural ou du centre ville huppé), je constate beaucoup de démissions des entrants dans le métier. Et l'arrivée de profils qui ne correspondent pas au métier d'enseignant (pas les épaules et le feeling social pour gérer un groupe ou pas le mental pour faire face à la charge d'organisation et de prise de décisions). -Les causes évidentes: charge de la préparation, effectifs chargés avec de plus en plus de profils d'élèves à forts besoins (c'est de pire en pire dans notre société très individualiste et qui ne valorise plus le fait d'appartenir à un groupe). J'ai connu des classes chargées il y a 20 ans et c'était gérable au niveau discipline, les élèves s'enthousiasmaient et n'étaient pas "blasés" comme maintenant. Les "perturbateurs" ne voulaient pas trop se faire mal voir par leurs camarades et adhéraient quand même à la plupart des choses proposées dans la journée (maintenant on a des enfants tellement perturbés qu'on dirait qu'ils se complaisent à avoir un rôle de perturbateur et d'embêter les camarades par leur comportement). -La prise en compte des élèves à fort besoin n'était pas du tout à la hauteur mais maintenant on voudrait presque que la plupart des élèves nécessitent une prise en charge aussi lourde qu'un élève qui a vraiment des besoins de différenciation (dyslexie...). Les diagnostiques de TDAH et HPI s'accumulent. La paperasse qu'on nous demande est aberrante. -On se retrouve avec des élèves harcelés qui sont aussi des harceleurs pour les autres, c'est un sac de nœud incroyable à gérer car ça se passe souvent sur les temps périscolaires. -Le relationnel avec les familles n'est plus aussi simple car tout le monde est allé à l'école et croit avoir un avis d'expert... et ne le garde évidement pas pour lui... -Il y a 20 ans, si la maîtresse était formidable si elle tenait son groupe, était gentille quand même, donnait à voir le travail réalisé en fin de période, faisait une sortie scolaire et venait à la kermesse. Maintenant, c'est l'inverse: les gens ont tendance à voir le négatif (la sortie scolaire est moins bien que l'an dernier, il y a trop/ pas assez de leçons...) et ne prennent pas assez en compte le fait que leur Bonjour, Je comprends. Les profils, les niveaux et l'engagement des élèves peuvent ne pas être les mêmes qu'autrefois. L'intégration, le sentiment d'être marginalisé, des enseignements qui contrastent avec une multiculturalité encore très présente au sein des familles peuvent rendre de nombreux élèves moins réceptifs à l'enseignement proposé. Certains parents peuvent ne pas valoriser suffisamment le mérite et la nécessité d'étudier, ou ne pas transmettre à leurs enfants une éducation positive. Il y a aussi la question de la formation des enseignants, qui se réduit progressivement à peau de chagrin. Mais rien n'est perdu.
Blagjackette Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars il y a une heure, nellou a dit : 5 jours plein de boulot pendant les vacances @doubleR c’est énorme… Pour le coup, moi avec un niveau que je maîtrise j’ai dû bosser tout cumulé 1 jour et demi voir 2 max… 3 à 5 jours selon les périodes pour moi. Plus je travaille pendant les vacances, moins j'ai de travail en période scolaire, me permettant de faire des semaines à environ 43 heures plutôt qu'à environ 50. J'imagine que c'est pareil pour DoubleR. 1
doubleR Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars Il y a 2 heures, nellou a dit : 5 jours plein de boulot pendant les vacances @doubleR c’est énorme… Ca dépend des années.. Là j'ai préparé tout un travail sur un nouveau livre en littérature, j'ai du taper le texte, entre autre, faire la mise en page etc .. Ensuite, j'ai préparé des exos types ligne graduée des évals, j'ai 2 niveaux ce ne sont pas les mêmes graduations, et en ce2 par ex yen a 8 différentes (j'ai pas fini ,faut que je mette les nombres maintenant). J'ai préparé au moins 10 livres de rallye niveau Ce2 (livres de la biblio de classe), trouver sur internet le questionnaire, mais il est en ligne donc le taper (5 questions par livres mise en page copié collé), pour 2 livres les lire car je n'ai pas trouvé les réponses. J'ai remis en page toute une leçon sur la foret et chaine alimentaire avec docs élèves, trace écrite ..(faite ya longtemps, à la main , moche) . J'ai retapé toutes mes dictées et mots à apprendre des ce1 ce2, car tout était à la main depuis des années, et les feuilles commençaient à s’abimer. Ensuite j'ai préparé la semaine de rentrée. + LPI + Coop + Compte rendu d'un entretien parent la vielle des vacances. J'ai bossé 4 jours la 1ere semaine puis le samedi avant la rentrée.
doubleR Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars il y a une heure, Blagjackette a dit : J'imagine que c'est pareil pour DoubleR. Et quand yen a plus yen a encore . Le midi je corrige tous les cahiers (exos de Français et de maths) j'en ai déjà corrigé une partie directement en classe. Je mange en même temps : un cahier fait = une bouchée avalée. Quand j'ai fini, je ne me pose pas pour autant, je prépare l'art pla, je couvre un livre, je corrige d'autres cahiers (leçons poésie etc ..) je récupère leur texte ordi par ordi) sur ma clé usb pour les imprimer (oui car 5 ordis, aucun en réseau... 1
ratatouille Posté(e) 4 mars Posté(e) 4 mars Tout pareil. Je bosse énormément pendant les vacances. C'est le prix de ma survie pendant l'année scolaire. 2
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