Parcours GS · Étape 3 sur 6
Étape 3 — Anticiper et faire des inférences
Après avoir travaillé les actions et les émotions des personnages, les élèves peuvent progressivement accéder à une compréhension plus fine des récits. Cette compréhension ne repose plus uniquement sur ce qui est explicitement dit, mais aussi sur ce que l’on peut déduire, anticiper ou imaginer à partir du texte.
En grande section, cette capacité ne va pas de soi. Les élèves ont souvent tendance à rester au plus près de ce qui est visible ou dit clairement. Les aider à anticiper et à faire des inférences, c’est les amener à réfléchir, à formuler des hypothèses et à relier différents éléments du récit.
Comprendre un texte, c’est aussi être capable de :
- anticiper ce qui pourrait se passer ;
- faire des hypothèses à partir d’indices ;
- relier des informations entre elles ;
- comprendre ce qui n’est pas dit explicitement.
Anticiper : se projeter dans la suite de l’histoire
Anticiper, c’est imaginer ce qui pourrait se passer ensuite dans l’histoire. Cette activité engage fortement les élèves, car elle les invite à réfléchir activement et à prendre position.
Cependant, les élèves ne peuvent pas anticiper “au hasard”. Ils doivent s’appuyer sur des éléments du récit : les actions déjà réalisées, les intentions des personnages, les situations rencontrées. L’enseignant joue ici un rôle essentiel pour guider cette réflexion.
En posant des questions comme « Que va-t-il se passer maintenant ? » ou « À ton avis, que va faire le personnage ? », on encourage les élèves à construire des hypothèses, qui seront ensuite confirmées ou infirmées par la suite du récit.
Faire des inférences : comprendre au-delà du texte
Faire une inférence, c’est comprendre quelque chose qui n’est pas directement dit. Par exemple, si un personnage tremble et se cache, l’élève peut comprendre qu’il a peur, même si cela n’est pas explicitement écrit.
Ce travail est exigeant, car il demande de relier plusieurs indices. Les élèves doivent observer, se souvenir, comparer et interpréter. En grande section, ces compétences commencent à émerger, à condition d’être accompagnées.
L’objectif n’est pas d’obtenir immédiatement des réponses justes, mais de permettre aux élèves d’entrer dans ce type de raisonnement.
Lors de la lecture d’un album, l’enseignant peut s’arrêter à un moment clé et demander :
- Que va faire le personnage maintenant ?
- Pourquoi penses-tu cela ?
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Après la suite de la lecture, on peut revenir sur les hypothèses formulées : lesquelles se confirment ? lesquelles étaient différentes ? pourquoi ?
Ce retour est essentiel, car il montre aux élèves que leurs idées ont une valeur et qu’elles peuvent évoluer.
- Ne pas accepter toutes les réponses sans justification.
- Encourager les élèves à expliquer leur raisonnement.
- Éviter de transformer l’anticipation en devinette sans lien avec le texte.
- Ne pas corriger trop rapidement : laisser les hypothèses se confronter au récit.
- Valoriser les essais, même lorsqu’ils sont partiellement erronés.
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Programme de l’école maternelle
Repères concernant la compréhension des textes entendus et le développement du langage. -
Ressources Eduscol
Pistes pédagogiques pour travailler l’implicite et la compréhension.
Ce que cette étape prépare
En développant ces capacités d’anticipation et d’inférence, les élèves commencent à mieux comprendre les situations complexes des récits. Ils seront alors prêts à travailler plus précisément sur les problèmes rencontrés par les personnages et la manière dont ils sont résolus.
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Discussion associée : comment travaillez-vous l’anticipation et l’implicite avec vos élèves ?

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