Je ne sais pas comment expliquer pourquoi cette fixation autour d'une "bonne utilisation" de l'ARS me choque...
Bon, je vais essayer.
Dire qu'il faudrait supprimer l'ARS ou la remplacer par des bons d'achats, ça revient à dire qu'on se méfie d'une "mauvaise" utilisation de ces fonds par les familles. Ca revient à dire que, en donnant de l'argent à quelqu'un, on a un droit de regard sur ce qu'il en fait.
Mais les allocations (RSA, familiales ou autres) ne sont pas une aumône, elles sont un droit, et les familles ont le droit de les dépenser comme bon leur semble. Et tant mieux. Vous ne voyez pas vers quel type de société on se dirige quand on commence à s’arroger le droit de savoir mieux que les individus concernés ce qui est bon pour eux ? Où arrêter ce contrôle ?
Alors bien sûr on rêverait que toutes les familles de France gèrent leur budget au mieux de ce que l'on sait (on = nous autres enseignants mieux à même de savoir ce qui est bon pour les enfants des autres) : nourriture saine, loisirs intelligents, sorties éducatives, chaussures kickers et cartables tann's increvables qu'on se refile de frère en soeur... (bon, OK là je m'égare un peu). Mais il se trouve que toutes les familles n'ont pas ces priorités. Et que, jusqu'à preuve du contraire, et quoi qu'on puisse en penser, quoiqu'on puisse le déplorer, c'est leur DROIT;
Jusqu'à preuve du contraire (et je mets de côté les contraintes économiques et sociales) on est libre en France de son choix de vie. On doit s'en félicitér. Et préserver cette liberté. Et se dire que les dérives que l'on peut parfois constater sont le juste prix à payer pour cette liberté. On ne supprime pas le droit de vote parce qu'il y a des gens qui votent mal ; on ne supprime pas les allocations de chômage parce qu'il y a des profiteurs ; on ne supprime pas la sécurité sociale parce qu'il y a un abus d'antibiotiques ; on ne supprime pas l'ARS parce que certaines familles la dépensent pas comme on aimerait qu'elles le fassent.