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Posté(e)

(...) la pratique guidée et le fait de "mettre un haut parleur sur sa pensée" pour décomposer et rendre explicites les procédures que nous utilisons quand, en tant que maîtres, nous exécutons une tâche devant nos élèves pour leur montrer comment y réussir.

C'est un peu l'esprit de la PMEV aussi. Sauf que parfois, ce sont les élèves qui explicitent.

c'est ça qui m'intéresse dans cette pratique (pas tout) et surtout qu'un élève qui rencontre une difficulté puisse l'expliciter (s'il y arrive) et se faire aider par un autre qui a compris => en gros mettre des mots sur sa recherche et pas toujours l'enseignant, qui n'est pas toujours dans la tête des élèves.

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Posté(e)

(...) la pratique guidée et le fait de "mettre un haut parleur sur sa pensée" pour décomposer et rendre explicites les procédures que nous utilisons quand, en tant que maîtres, nous exécutons une tâche devant nos élèves pour leur montrer comment y réussir.

C'est un peu l'esprit de la PMEV aussi. Sauf que parfois, ce sont les élèves qui explicitent.

Pourquoi "sauf" ?

Les élèves qui explicitent, ça existe aussi en pédagogie "frontale". C'est même complètement frontal, puisqu'ils interviennent dans le cadre d'une délégation du rôle magistral ! :bleh:

Posté(e)

Finalement tout le monde est d'accord.

On ferme !

Posté(e)

Les élèves qui explicitent, ça existe aussi en pédagogie "frontale". C'est même complètement frontal, puisqu'ils interviennent dans le cadre d'une délégation du rôle magistral ! :bleh:

Tiens, à ce propos, je crois que l'un des domaines où la pédagogie "frontale" se montre particulièrement efficace, c'est le langage oral, en particulier tout le travail autour des compétences comme "rapporter clairement un événement ou une information", "prendre part à des échanges verbaux tout en sachant écouter l'autre", "formuler correctement des questions" etc.

En effet, c'est typiquement le genre de domaine dans lequel la coopération entre élèves peut s'exercer de manière active et fructueuse, sous la conduite du maître qui joue le rôle du chef d'orchestre (ce sont les instruments qu'on entend et qui se répondent, mais tout cela est coordonné).

L'élève qui a du mal à s'exprimer pourra être aidé par ses camarades pendant son intervention, quasiment "accouché" par eux, puis sera invité à réinvestir les différents apports de ses camarades au terme de l'échange afin de produire une phrase structurée.

Le fait de demander à chaque élève, lorsqu'il intervient à son tour, de réinvestir les apports des uns et des autres (selon le même principe que les chansons à récapitulation) permet de mobiliser l'attention de chacun et d'éviter les décrochages.

Posté(e)

"prendre part à des échanges verbaux tout en sachant écouter l'autre"

Le fait de demander à chaque élève, lorsqu'il intervient à son tour, de réinvestir les apports des uns et des autres (selon le même principe que les chansons à récapitulation) permet de mobiliser l'attention de chacun et d'éviter les décrochages.

Là tu pointes un des problèmes majeurs des échanges collectifs de ma classe : souvent, les enfants interviennent sans avoir écouté les autres, main en l'air (parfois debout et trépignant), tellement impatients d'être interrogés qu'ils occultent le reste.

Parfois aussi, ils proposent à nouveau, à peu de distance pourtant, quelque chose qui a déjà été dit et pris en compte...

ça me semble difficile à éviter.

Posté(e)

"prendre part à des échanges verbaux tout en sachant écouter l'autre"

Le fait de demander à chaque élève, lorsqu'il intervient à son tour, de réinvestir les apports des uns et des autres (selon le même principe que les chansons à récapitulation) permet de mobiliser l'attention de chacun et d'éviter les décrochages.

Là tu pointes un des problèmes majeurs des échanges collectifs de ma classe : souvent, les enfants interviennent sans avoir écouté les autres, main en l'air (parfois debout et trépignant), tellement impatients d'être interrogés qu'ils occultent le reste.

Parfois aussi, ils proposent à nouveau, à peu de distance pourtant, quelque chose qui a déjà été dit et pris en compte...

ça me semble difficile à éviter.

Au début de l'année, en CP, c'est ce qui est le plus difficile à réguler, c'est clair ! :heat::sweatingbullets::lol:

post-48692-0-17374600-1298204589_thumb.p

Néanmoins, je t'assure que c'est possible. Bon, c'est l'un des domaines les plus difficiles à travailler, c'est crevant pour le maître et ça demande beaucoup de concentration aux élèves, d'où l'importance d'alterner constamment les dispositifs de travail et d'enchaîner ensuite sur un travail écrit individuel par exemple. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Et c'est pour cela que je dis que le frontal est très utile, surtout au début, pour réguler ces échanges. Au début, le maître est obligé d'être trèèèèèès présent et actif (et modélisant aussi). Et puis petit à petit, quand les habitudes et compétences commencent à s'installer chez les élèves, le maître peut progressivement s'effacer.

Le succès d'une pédagogie frontale s'évalue d'ailleurs selon moi au degré d'autonomie atteint par les élèves. Un peu comme pour les tout petits : les pédopsychiatres s'accordent à dire que plus un tout petit a été bien assuré dans sa prime enfance, plus il lui sera facile plus tard de déployer ses ailes et de prendre son envol ! :)

Posté(e)

Au début de l'année, en CP, c'est ce qui est le plus difficile à réguler, c'est clair !

La honte ! Je parlais de Ce2 en février...

Au début, le maître est obligé d'être trèèèèèès présent et actif

Mais je ne suis pas effacée et mollasse du tout !

Bon, je vais m'accrocher encore plus, à l'encontre des habitudes qu'ils ont prises. En juin j'aurais peut-être constaté des progrès...

... en commençant par ça, déjà :

Je dis souvent aux miens qu'ils doivent baisser le doigt lorsqu'un de leurs camarades parle car, apparemment, le doigt levé leur bouche l'oreille.

Merci pour vos réponses.

Posté(e)

Au début de l'année, en CP, c'est ce qui est le plus difficile à réguler, c'est clair !

La honte ! Je parlais de Ce2 en février...

Ben non, pas la honte ! Ce sont des compétences qui auraient dû être travaillées avant que tes CE2 arrivent chez toi. Si on a bien mouillé la chemise et qu'on a fait notre boulot au CP, les collègues qui prennent la suite peuvent le faire sereinement, en approfondissant ce qui doit être approfondi et en se consacrant aux nouveaux apprentissages qui leur incombent.

Je fais pareil qu'Akwabon pour le doigt !

Autre petit truc : quand un élève s'approprie indûment la parole au cours de ces échanges, ou qu'il propose quelque chose qui vient d'être proposé par un camarade, je le prive de parole pour le reste de l'échange (ce qui se matérialise par le fait qu'il doit se mettre en position repos, bras croisés sur la table et tête dans les bras). Oui, je sais, ça semble très cruel (ououououh, la méchante maîtresse !).

Mais comme je sais qu'ils auront des milliers d'occasions jusqu'à la fin de l'année d'ouvrir leur grand bec, j'assume. C'est si important de leur permettre peu à peu de se décentrer, d'apprendre à s'ouvrir à l'autre et de prendre en compte autre chose que SON petit nombril ou SON idée : c'est aussi cela, grandir ! Et je te garantis que c'est trèèèèèès efficace ! :devil_2::lol:

Posté(e)

"En basant la pratique de classe sur la différenciation, on nie l'essence même de l'école qui repose sur l'enseignement collectif sous la direction d'un maître chargé de transmettre le savoir."

"Non seulement il apprend plus mais il apprend autre chose, quelque chose de plus qui ne naît que dans le creuset collectif."

Il y a contradiction! C'est l'enseignant qui détient le savoir? ou le collectif?

C'est l'enseignant qui détient le savoir. Et c'est en apprenant avec les autres, en même temps et dans un même lieu, que l'élève s'approprie ce savoir qui est un savoir normalisé, socialement justifié, moralement admis, politiquement défini et juridiquement encadré.

que veut dire "avec les autres, en même temps et dans un même lieu"? assis à l'écoute de la toute puissance du maître ou ensemble en discutant les choix et les stratégies de ses pairs avec un enseignant décentré?

J'ai bien dit que le maître est chargé de la transmission du savoir. Il n'y a aucune "toute puissance" dans cela. La soi-disant "toute-puissance" du maître est illusoire. Nombreux sont les enseignants à avoir expérimenté cette "toute-puissance", ne serait-ce que lorsqu'un seul élève refuse de travailler et a décidé de perturber ses "pairs".

L'enseignant n'a pas besoin de se "décentrer", il n'a jamais été au centre, il ne peut l'être par nature. L'élève non plus n'a pas vocation à être placé "au centre" pour la même raison. C'est le savoir qui est au centre de l'école. L'école est le lieu institutionnel de la transmission du savoir. Je suis en classe pour transmettre le savoir.

Que cette activité passe par des procédures éducatives et des modalités d'apprentissage variées est évident et nécessaire mais l'objet n'en reste pas moins l'appropriation du savoir par l'élève.

Je ne me pose jamais la question de savoir si je suis trop frontal ou non, je cherche la procédure qui permettra au mieux à l'élève d'apprendre.

Dans ma classe à double-niveau, où je ne peux m'occuper de toute la classe en même temps, les élèves échangent entre eux, ils ne font pas toujours le même travail en même temps, je demande à certains d'expliquer à d'autres et de les aider.

La notion de "pédagogie frontale" opposée à la "construction par l'élève de ses propres savoirs" est un modèle théorique restrictif à fonction surtout idéologique. D'une manière générale, il vise plus ou moins à dévaloriser les savoirs, considérés comme "bourgeois", et à inscrire la fonction du maître dans une relation de pouvoir assimilée à celle d'un capitaliste du savoir dont il faudrait libérer l'enfant.

Posté(e)
(ce qui se matérialise par le fait qu'il doit se mettre en position repos, bras croisés sur la table et tête dans les bras).

OK, mais c'est que j'ai une majorité de fortes têtes, et ce sont justement eux qui parlent à tort et à travers. Et ça (la tête dans les bras), ils ne le feront pas, rapport à la honte devant les autres...

Au "mieux" je les fais sortir quelques minutes (ça ils veulent bien sans esclandre), mais du coup, ils perdent un peu le fil, et ça n'arrange rien.

Je retiens l'image (réaliste :D ) du doigt en l'air qui bouche les oreilles, j'essaierai de faire passer ce message (je sens que ça va les faire rire, mais on aime bien aussi.)

Merci de m'avoir un peu déculpabilisée, mais c'est vrai que des fois on est tellement contents quand ça fuse qu'on oublie un peu ces règles basiques, nous aussi.

Posté(e)

La notion de "pédagogie frontale" opposée à la "construction par l'élève de ses propres savoirs" est un modèle théorique restrictif à fonction surtout idéologique. D'une manière générale, il vise plus ou moins à dévaloriser les savoirs, considérés comme "bourgeois", et à inscrire la fonction du maître dans une relation de pouvoir assimilée à celle d'un capitaliste du savoir dont il faudrait libérer l'enfant.

:applause: :applause: :applause:

Et j'ajouterai que ce modèle, cumulé avec le modèle managérial appliqué à l'enseignement, sert aussi à préparer l'extinction définitive de l'Ecole républicaine et l'ouverture de marchés gigantesques pour Microsoft et consorts, avec l'émergence d'un monde orwellien peuplé d'ilotes incultes qui constitueront une main d'oeuvre adaptable et exploitable à merci par une petite élite d'initiés qui, eux, auront eu accès au savoir par le biais du chèque-éducation ! :devil_2:

Posté(e)

J'avais jamais remarqué à quel point lever la main fermait les oreilles, mais en vous lisant, je me dis "bon sang, mais c'est bien sûr, ça crève les yeux !"

J'ai encore beaucoup à apprendre, décidément. Dès le 28 février, je mets en pratique dans ma classe. Sans doute est-ce aussi une manière, sinon d'être moins "frontale", puisque décidément ce mot m'énerve, du moins de permettre aux enfants de mieux s'écouter les uns les autres.

c'est vrai que cette phrase, je vais m'en servir auprès de mes élèves!!!

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