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Haut potentiel intellectuel passé inaperçu


BaliBila
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Bonjour,

Je viens ici partager une expérience qui, je l'espère, pourra permettre à d'autres - élèves, parents et enseignants - de surmonter les difficultés que nous avons surmontées à grands renforts de rendez-vous et de dialogue mais qui n'a pas été sans une souffrance que nous aurions pu panser plus aisément si nous avions eu les outils pour ce faire ...

Mon fils, après une scolarité très difficile psychologiquement à l'école primaire, vient d'être diagnostiqué à haut potentiel intellectuel.

L'école maternelle s'est bien passée. 

Mais en primaire, il n'y a eu que deux années où cela s'est relativement bien passé car ces deux années les enseignants lui donnaient du travail supplémentaire quand il avait terminé ou alors il avait des petits "privilèges" quand il avait fini, comme jouer au Rubik's cube, ou tout simplement il se sentait apprécié ou au moins respecté - je remercie infiniment ces enseignants bienveillants qui avaient tissé une belle relation pédagogique avec mon fils - mais il y a eu des années terribles - les trois autres ! - où mon fils était constamment ou très souvent puni et où il rentrait quasiment tous les jours de l'école en pleurant ... il se croyait nul, se dénigrait, et détestait ces enseignants qui le grondaient, selon lui, injustement.

De mon côté, je voyais bien que certains reproches des enseignants étaient infondés ou reposaient sur une vision erronée de la situation et, sachant qu'en maternelle cela s'était extrêmement bien passé et que je suis très rigoureuse quant au respect des autres et des règles, quand en CP il y a eu des problèmes, j'ai pensé que le problème n'était pas de fond mais lié au contexte. La scolarité de primaire ainsi été en dents de scie selon les enseignants et  j'ai dû redoubler de diplomatie pour éviter les points de non retour.

J'ai conduit mon fils voir une première psychologue qui a estimé qu'il n'y avait pas de problème et n'a pas du tout parlé de haut potentiel, dont, du coup, je n'ai pas osé parler. De même avec une autre quelques années plus tard. Enfin un pédiatre m'a quand même dit après l'avoir écouté lire quelques mots en CP "Il n'est pas en avance". A l'époque j'étais venu sur ce forum des enseignants m'avaient rassurée ! Je les remercie d'ailleurs. La première enseignante de petite section m'avait signalé la richesse de son vocabulaire et son niveau de langage qu'elle n'avait selon elle jamais vu. Mais moi-même je m'étais illustrée ainsi à l'école. Aussi, pour moi, c'était de famille. Par ailleurs, on sait l'importance du milieu sur le développement de l'enfant. Ensuite, les enseignants soulignaient ses capacités mais aucun ne m'a laissé entendre que mon fils était à haut potentiel. Par exemple, les compétences étaient toujours "atteintes" mais jamais "dépassées". Le travail était qualifié de bon, très bon, parfois excellent mais les compliments étaient généralement temporisés par les mentions de bavardages, voire de manque de concentration.

Quand au début du collège, j'ai entrevu la même situation qu'à l'entrée au CP, j'ai poussé la porte d'une psychologue habilitée à faire passer des bilans psychométriques.

L'annonce de ce diagnostic a provoqué en moi un grand soulagement : les problèmes en classe ne venaient pas d'un problème de comportement, d'éducation ou d'un trouble cognitif mais d'un haut potentiel intellectuel. C'est ainsi que je l'interprète. Je pense que si je n'avais pas autant cherché à comprendre et à dialoguer, mon fils serait devenu un cancre à partir du CP et aurait fini par poser d'importants problèmes de comportement et relationnels.

Désormais je dispose des instruments pour mieux comprendre mon fils et mieux lui apprendre à s'adapter et ... à s'apprécier pour s'élever. Toutefois je regrette de ne pas avoir osé chercher avant à faire ce bilan psychométrique.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ce -trop ? - long témoignage.

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Merci pour ce témoignage, à l'issue heureuse, grâce à votre ténacité.

Le soucis c'est que les enseignants ne sont absolument pas formés pour détecter les enfants à haut potentiel (comme pour plein d'autres problèmes ou spécificités d'ailleurs...) du coup, peu les repèrent. Si je ne m'étais pas interrogée sur ma fille et n'avais pas lu tout plein de livres/sites sur le sujet, je serais sans doute passé à côté d'une petite fille HPI dans ma classe l'an dernier. Surtout que ma collègue plus expérimentée, qui l'avait eu l'année précédente, m'assurait que non, elle ne pouvait pas l'être...

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Je suis d'accord avec toi Gribouillette, les enseignants ne sont pas assez formés sur un sujet sur lequel on a, par ailleurs, des préjugés. De plus, chaque enfant est différent. Aussi c'est difficile de pouvoir repérer les enfants à haut potentiel.

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On n'est effectivement pas formés aux élèves différents.

 

C'est grâce à mes enfants que j'arrive à détecter des HPI (mon grand l'est, il a 21 ans maintenant) et les troubles DYS (mon petit dernier est dyspraxique).

 

Ces enfants sont souvent catalogués: chiants, rêveurs, maladroits, pas concentrés... Or, pour certains, il y a un réel trouble, ou handicap.

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"Chiant" personne ne me l'a dit mais je pense que certains l'ont pensé si fort que j'ai failli l'entendre 😂 !

On me parlait au mieux de bavardages ou au pire de problème de comportement en passant par l'évocation d'un "manque de concentration" voire d'une lenteur excessive.

En réalité, pour avoir vu mon fils se concentrer de manière intense lors de lectures, de recherches ou d'activités spécifiques et travailler extrêmement vite, je pense que lorsqu'il avait compris, il pensait à autre chose ou s'intéressait à autre chose.

Par ailleurs, il est très sensible à tout ce qui se passe autour et dans une classe, il se passe constamment beaucoup de choses.

Donc oui, IsaG c'est tout à fait ça.

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Ils sont même et surtout: "attachiants" :)

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Merci pour ce témoignage... 

Mon fils est cm1, hpi et multi dys... en effet, avant de savoir on tâtonne, on veut pas faire d'impair et surtout on veut être diplomate avec les collègues..  mon fils en a énormément souffert (me disait qu'il était nul et qu'il ne servait à rien)

Aujourd'hui il sait davantage comment il fonctionne, a une super enseignante. Toute cette "errance" à été difficile mais en effet grâce à lui j'ai beaucoup appris sur ces enfants pour aider mes élèves. 

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Merci pour ce témoignage ! Moi aussi, je me retrouve un peu dedans même si le cas de ma fille a été un peu différent... j'ai été confrontée à des enseignants qui méconnaissaient (par manque de formation ou par a priori obtus) les enfants HPI... 

De fait, grâce à ma fille notamment, je suis bien renseignée sur ces élèves atypiques et j'ai dans ma classe un élève qui pourrait être catalogué de lent et "chiant" par méconnaissance alors qu'il est plus que probablement HPI (né en décembre en plus, le pauvre...). Il est en CP et depuis que je l'ai intégré pour certaines activités avec les CE1, il revit... de "chiant" et lent, il est devenu performant, motivé, rapide, y compris pour les activités de CP... Je n'ai pas encore rencontré les parents, mais je pense les conseiller dans ce sens (avec toutes les précautions nécessaires)... car je sais par expérience qu'il n'aura pas toujours un enseignant formé et capable de distinguer l'échec de l'ennui, donc autant être bien renseignés soi même en tant que parents... 

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  • 2 weeks later...

Je vous remercie pour vos retours.

Effectivement, l'absence de formation des enseignants est un problème. Il ne s'agit pas de leur demander d'être des spécialistes de chaque cas particulier auxquels ils peuvent être confrontés mais au moins de leur apprendre à toujours s'interroger quand un élève pose des problèmes en classe et à trouver des solutions adaptées plutôt que de juger ou punir systématiquement. Bien sûr ce n'est pas le cas de toutes et tous !

En me renseignant sur la question, j'ai appris qu'il y avait différents "profils" d'enfants à haut potentiel intellectuel - à nuancer, je pense, car chaque enfant est différent et il ne s'agit pas de coller des étiquettes ! - mais certains, comme mon fils, je pense, qui ont une pensée divergente et sont par conséquent créatifs ont aussi des difficultés à entrer dans le cadre. Ils ne sont pas appréciés de certains enseignants qui, pour la majorité, n'identifient même pas leurs capacités et leur demandent de "faire des efforts", de "se concentrer", et finissent par les punir et les gronder alors que ces enfants ont besoin qu'on leur fasse confiance, qu'on les valorise, qu'on les conduise à exploiter leur créativité, qu'on les aide à se conformer au cadre mais avec empathie et bienveillance.

J'ai bien conscience de la difficulté car en tant que parent c'est déjà très compliqué ! Toutefois, c'est le rôle de l'école de permettre aux enfants de devenir "élève" autrement dit littéralement de permettre aux élèves de "s'élever".

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  • 2 months later...

Il y a aussi des HPI tout à fait "adaptés" au système scolaire. Je viens d'apprendre qu'une de mes élèves a été diagnostiquée HPI en maternelle. C'est ma collègue de l'époque qui avait conseillé à la mère de consulter. Avec une bonne prise en charge la môme est top en classe, socialement tout va bien. 

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il y a 4 minutes, juliette94 a dit :

Il y a aussi des HPI tout à fait "adaptés" au système scolaire. Je viens d'apprendre qu'une de mes élèves a été diagnostiquée HPI en maternelle. C'est ma collègue de l'époque qui avait conseillé à la mère de consulter. Avec une bonne prise en charge la môme est top en classe, socialement tout va bien. 

+1

C'est plus souvent le cas des filles a priori, qui ont tendance à se fondre dans le moule. 

Mais attention quand même car parfois elles ont tendance à se suradapter, cacher leur mal-être, à prendre sur elles, et ça explose plus tard... Donc rester très attentif...

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  • 1 month later...

J'aimerais que l'on m'éclairât sur ce que vous considéreriez être un HPI. Connaissant bien les outils en tant que tel (WPPSI / WISC / WAIS), je m'interroge également sur l'interprétation faite par les professionnels des résultats.
Car de nombreux enfants déclarés "multi-dys" et HPI ne brillent que par leurs compétences langagières orales (indice de compréhension verbale). Or j'ai pu observer à plusieurs reprises des enfants avec une faible mémoire de travail et une faible vitesse de traitement, déclarés haut-potentiel. Les résultats "chutés" étaient expliqués comme souvent par des éléments extérieurs et n'étaient donc pas pris en compte, ou peu.

Etant directement concerné par le sujet, j'ai beaucoup de mal à voir dans les HPI qu'on me présente de véritables surdoués. Je n'ai croisé q'une élève dont je dirais qu'elle l'était réellement ; son intelligence était au-delà du verbiage et s'exprimait à tout niveau de son être, jusqu'à sa supersensibilité.*

L'interprétation des résultats laisse la place à ce qui me paraît être plus idéologique qu'objectif. Peut-on alors réellement dire que l'on a pas vu un HPI et s'en vouloir sur la seule présentation d'un résultat WPPSI ou WISC ?
Oui un élève au quotient intellectuel fort ou supérieur peut passer inaperçu, en particulier pendant l'adolescence si son intelligence le rend rebelle à une autorité qu'il jugera médiocre comparativement à lui. Plus jeune, les injustices subies (réelles ou ressenties) peuvent également entraîner des comportements inadaptés. Mais il est pour moi impertinent de mettre dans le même panier un surdoué (plus doué en tout) et un haut potentiel qui peine à démontrer...son potentiel, sauf dans un ou deux domaines. Le surdoué ne souffre a priori d'aucun problème, si ce n'est celui d'accepter la "normalité" ambiante sans en faire le drame de sa vie.

* différente de l'émotivité ou de la susceptibilité, la supersensibilité (je n'aime pas le terme hypersensible car il est faux étymologiquement, la sensibilité ne se situant pas au-delà, tel un superpouvoir, mais au-dessus) est objective, elle est la capacité à analyser avec acuité les informations renvoyés par nos sens

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Déjà si tu pars sur HPI= surdoué, je te conseille de lire le professeur Revol ou Jeanne Siaud Facchin. 

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Je vous remercie pour cette proposition de lecture, mais c'est volontairement que je confonds les deux termes, car ils expriment la même chose, sauf dans la bataille idéologique qui ne change rien aux faits. Je vous renvoie également à une lecture : Haut potentiels et talents : la position actuelle du problème  | doi:10.1016/j.psfr.2004.03.001 | Elsevier

Pour résumer l'article que je vous propose, surdoué est connoté religieusement car le don serait divin. Surdoué est de plus trop déterministe. Deux raisons qui ont banni ce terme pour le remplacer dans un premier temps par "précoce". Si la précocité a l'avantage de ne pas s'attarder sur l'origine de la précocité, elle ne désigne en revanche qu'un état d'avancement à un âge donné, comparativement aux autres. C'est ainsi que le terme haut potentiel a été choisi, la potentialité étant ou non observable (au quel cas les anglophones lui préfèrent le terme de talent).

Il y a donc derrière ces choix sémantiques, un positionnement philosophique (déterminisme / existentialisme). Il ne doit cependant pas être utilisé pour perdre de vue ce qu'est un enfant dit aujourd'hui HPI. Malgré les six profils retenus par certains auteurs, il y a une base commune qui précise l'intellect supérieur de la personne. Or ce profil fait grincer des dents et ne passe pas dans la pensée strictement égalitaire.

Ainsi que je me questionne sur la culpabilité de n'avoir pas su détecter un élève HPI. Le WISC est clair, il n'est pas un outil autonome de mesure du QI. L'interprétation du psychologue est déterminante et ne peut se traduire que par une hypothèse, qui ne saurait être une conclusion. Voilà pourquoi je me demande si, lorsque les enseignants ne voient rien, il faut en premier lieu les remettre en question, ou remettre en question le psychologue qui a peut-être fait une fausse interprétation.

Un article publié en 2012 intitulé Profils psychométriques de 60 enfants à haut potentiel au WISC IV (pour consulter l'article complet il faut payer https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1269176311000083), les auteurs étudient la terminologie (confirmant ainsi qu'il s'agit d'un biais purement idéologique, comme refus strict de tout déterminisme), puis la question de l'intelligence générale. Ici s'opposent deux visions, celle du « Facteur général d’intelligence » ou « Facteur g » de Spearman et celle d'auteurs comme Gardner, qui privilégie l'hypothèse d'intelligences indépendantes. Selon Lautrey en revanche (extrait disponible sur le site de l'auteur http://jacques.lautrey.com/docs/pdf7_Hauts_potentiels_intro.pdf) cité dans l'article : « l’indépendance de ces différentes formes d’intelligence est postulée plus que démontrée. » p.55.

Lautrey se situe toutefois dans la mouvance actuelle, mais il y a là contradiction. Tout en considérant que l'absence d'un facteur g n'est pas démontrée et qu'il faut considérer l'existence d'une intelligence générale, il prône l'établissement de nouvelles définitions de l'intelligence et donc de la reconnaissance de profils HPI inédits, pour tenir compte des différentes intelligences. Pardonnez cette familiarité, mais cela me laisse pantois !


Les auteurs dévoilent ensuite le fruit de leurs recherches, que je ne peux reproduire ici puisqu'il s'agit d'un article dont la consultation est payante. Pour résumer, les enfants HPI ont un indice élevé en compréhension verbale (140,6), mais il est beaucoup moins impressionnant en vitesse de travail (113,4). Doit-on alors conclure que l'enfant est HPI dans sa compréhension mais quasi-normal en vitesse de travail ?

La conclusion des auteurs me laisse dubitatif. Face aux incohérences des résultats (disparité entre les indices), ils préfèrent l'abandon du dépistage du QI, plutôt que la restriction de sa définition, avec un écart type restreint entre toutes les composantes, sans en écarter une seule : « Ainsi, la notion même d’intelligence générale, dont la traduction est dans le cas présent un QI total, devrait peut-être être abandonnée par les professionnels s’intéressant aux enfants HPI. » p.73

J'interprète ainsi la pensée des auteurs qui je l'espère ne m'en voudront pas : le concept d'intelligence générale et les dépistages WISC ne convenant pas à notre hypothèse de départ, il est préférable de les abandonner afin que notre hypothèse soit validée par absence de contre-hypothèses. Drôle d'idée de la science... Pour ma part au contraire, l'observation, mon expérience personnelle et mes lectures indiquent toutes que l'intelligence ne peut pas être liée à un seul facteur.

Les profils HPI correspondent aux conséquences et aux expressions de l'intelligence supérieure (Betts & Neihart 1988). Galvauder cette notion pour créer des profils d'intelligences indépendants les uns des autres aboutit à l'absurde : un élève en difficulté qui gesticule toute la journée en parlant, certes fort bien, doit être HPI. Adieu les recommandations de Wechsler lui-même sur l'importance de l'écart type, au revoir les théories de Spearman, honni soit le mot surdoué, seule compte la satisfaction d'avoir prouvé qu'un élève en difficulté était en réalité HPI... Au moins dans un domaine spécifiquement créé pour son cas.

Ces hypothèses dont certains voudraient faire des vérités, sont pour moi la raison qui entraîne la non reconnaissance des vrais élèves HPI, que l'on appelait avant la déferlante du politiquement correct des surdoués.

Edited by Tchervonenkis
Enrichissement du développement
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Bonjour à toutes et à tous,

Je reviens à vous suite aux derniers messages qui ont été postés.

@juliette94la majorité des enfants (et adultes !) à haut potentiel intellectuel sont même parfaitement adaptés et n'ont, du coup, pour la plupart pas eu besoin de faire de test. L'exemple de ton élève montre qu'une identification précoce accompagnée d'une bonne prise en charge permet d'éviter bien des soucis !

@lilie2fr je trouve que le professeur Revol est une excellente référence (en tous cas, ses propos m'ont beaucoup éclairée à titre personnel)

De mon côté, depuis que mon fils a été identifié à haut potentiel, je me suis rapprochée de l'association française pour les enfants à haut potentiel : l'AFEHP. Cette association - loi 1901 agréé par le Ministère de l'éducation nationale - organise des formations pour les enseignants, des conférences ou ateliers d'échange pour les parents, des activités pour les enfants.

J'ai énormément appris grâce à cette association qui m'a permis de d'expliquer certaines choses à mon fils et de beaucoup mieux l'accompagner au quotidien de sorte que je peux dire aujourd'hui qu'il n'y a plus de problèmes !

Je recommande cette association aux enseignants qui cherchent à mieux comprendre les élèves identifiés à haut potentiel intellectuel, et surtout à mieux les accompagner au sein d'une classe chargée comprenant aussi des élèves dys, des élèves en difficulté, des élèves en situation de réussite, bref à les accompagner concrètement au sein d'une vraie classe.

Pour les parents, cela peut être aussi intéressant.

Par ailleurs, j'ai appris qu'il y avait des référents haut potentiel intellectuel dans chaque académie qui peuvent donner des pistes très concrètes.

Enfin le livret d'eduscol "Scolariser un élève à haut potentiel" peut aussi aider même si je pense que les échanges et autres discussions de vive voix avec des personnes qui ont une réelle expérience sur le terrain sont beaucoup plus constructives et fructueuses !

Après réflexion, j'ai pensé qu'il valait mieux ne pas en parler aux enseignants de mon fils.

Effectivement, si je suis persuadée que la majorité est ouverte et à l'écoute, je pense que l'information ne sert absolument à rien si l'enseignant n'a pas été formé.

En parler c'est même prendre le risque de se retrouver face à des préjugés voire une certaine hostilité. Or quel est l'intérêt pour l'élève qui a retrouvé du mieux être ?

Vous me direz que l'intérêt est pour l'enseignant !

Mais en réalité, l'étiquette "HPI" ne dit rien de qui est l'enfant en classe, ses besoins, pas plus que le bilan détaillé, si j'en crois certains propos.

De plus, je pense qu'un enseignant compétent n'a pas besoin de cette information brute pour bien accompagner ses élèves. Le dialogue autour des faits précis, l'analyse et la compréhension des situations sont bien plus productifs.

Tel est mon point de vue, à l'heure actuelle, étant donnée la situation. Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de changement. Mais tant que tout va bien : je savoure et je partage en espérant que cela aidera !

Bien à vous.

 

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  • 3 weeks later...
Le 28/07/2022 à 08:03, Tchervonenkis a dit :

J'aimerais que l'on m'éclairât sur ce que vous considéreriez être un HPI. Connaissant bien les outils en tant que tel (WPPSI / WISC / WAIS), je m'interroge également sur l'interprétation faite par les professionnels des résultats.
Car de nombreux enfants déclarés "multi-dys" et HPI ne brillent que par leurs compétences langagières orales (indice de compréhension verbale). Or j'ai pu observer à plusieurs reprises des enfants avec une faible mémoire de travail et une faible vitesse de traitement, déclarés haut-potentiel. Les résultats "chutés" étaient expliqués comme souvent par des éléments extérieurs et n'étaient donc pas pris en compte, ou peu.

Etant directement concerné par le sujet, j'ai beaucoup de mal à voir dans les HPI qu'on me présente de véritables surdoués. Je n'ai croisé q'une élève dont je dirais qu'elle l'était réellement ; son intelligence était au-delà du verbiage et s'exprimait à tout niveau de son être, jusqu'à sa supersensibilité.*

L'interprétation des résultats laisse la place à ce qui me paraît être plus idéologique qu'objectif. Peut-on alors réellement dire que l'on a pas vu un HPI et s'en vouloir sur la seule présentation d'un résultat WPPSI ou WISC ?
Oui un élève au quotient intellectuel fort ou supérieur peut passer inaperçu, en particulier pendant l'adolescence si son intelligence le rend rebelle à une autorité qu'il jugera médiocre comparativement à lui. Plus jeune, les injustices subies (réelles ou ressenties) peuvent également entraîner des comportements inadaptés. Mais il est pour moi impertinent de mettre dans le même panier un surdoué (plus doué en tout) et un haut potentiel qui peine à démontrer...son potentiel, sauf dans un ou deux domaines. Le surdoué ne souffre a priori d'aucun problème, si ce n'est celui d'accepter la "normalité" ambiante sans en faire le drame de sa vie.

* différente de l'émotivité ou de la susceptibilité, la supersensibilité (je n'aime pas le terme hypersensible car il est faux étymologiquement, la sensibilité ne se situant pas au-delà, tel un superpouvoir, mais au-dessus) est objective, elle est la capacité à analyser avec acuité les informations renvoyés par nos sens

Tu écris que tu ne vois pas en tes élèves présentés comme HP de génie. Je te conseille de suivre leur parcours et d'observer ce qu'ils deviennent à l'âge adulte car justement la plupart de ces enfants ne se révèle pas en élémentaire ou dans le secondaire mais arrivés dans des études qui leur correspondent. Je pense que le rôle des parents et des enseignants est justement d'éviter qu'ils ne se perdent en chemin par leur attitude ou parce que leur dys les entrave. 

J'ai plusieurs exemples d'anciens élèves avec wisc hétérogènes qui sont plus que brillants dans le supérieur au point d'être recrutés par de hautes institutions avant la fin de leurs études.

Einstein lui-même si on en croit sa biographie n'aurait certainement pas brillé au wisc😉 Toutefois je suis d'accord sur le fait que les résultats des tests sont soumis à une part de subjectivité liée au psychologue qui les fait passer.

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Le 28/07/2022 à 08:03, Tchervonenkis a dit :

Car de nombreux enfants déclarés "multi-dys" et HPI ne brillent que par leurs compétences langagières orales (indice de compréhension verbale). Or j'ai pu observer à plusieurs reprises des enfants avec une faible mémoire de travail et une faible vitesse de traitement, déclarés haut-potentiel. Les résultats "chutés" étaient expliqués comme souvent par des éléments extérieurs et n'étaient donc pas pris en compte, ou peu

C'est mon fils ça 🤣 la psy à été sérieuse et n'a pas calculé de QI car il y a avait une trop grande différence. Elle a parlé de EIP car elle le connaissait. Il n'a donc aucun diagnostic posé, on sait simplement qu'il est différent, le tda a été écarté. Et il est tellement difficile de poser un diagnostic quand les accidents de la vie, la maltraitance viennent brouiller les cartes.

Témoignage d'une maman d'enfants différents.

Le primaire à été très compliqué pour diverses raisons. C'est sa maîtresse de ce2 qui m'a alertée. Suspicion de haut potentiel et de tda.

Le collège a été correct en 6eme/5eme puis un enfer  mais il avait été prévenu et soutenu (pas par tous malheureusement). Il a eu le brevet avec la mention bien et on ne s'y attendait pas...

Il se sentait nul (pour ça il a bien été aidé par certains profs et un membre de sa famille🤬). Mais il a appris à s'accepter comme différent et là j'avoue que j'étais 1) épatée par sa maturité mais ce n'est pas la première fois, petit je l'appelais "mon petit philosophe" 2) jalouse car si j'avais pu être capable de faire la même chose à son âge... Mais il s'en est aussi servi comme carapace, excuse et n'a pas cherché à progresser scolairement.

Pendant cette période il a montré qu'il  était capable d'avoir une réflexion d'aldulte, de choisir un chemin et de mener à terme les projets qui vont avec. Tout en respectant sa différence et en mettant ses limites. 

Sa première seconde a été catastrophique mais le proviseur et quelques  profs l'avaient repérés, son potentiel avait identifié et reconnu. On a obtenu difficilement, enfin il a obtenu car il s'est battu pour, j'ai juste initié la demande.

La deuxième seconde, le proviseur le suivait de près, il a été élu délégué,  est rentré dans une instance. Le premier semestre a été bon, le second moins car il s'est bloqué suite à un échec. Mais c'est resté correct. 

Mais qu'est-ce qu'il a évolué en tant que personne. Déjà au début à la première seconde, il s'est fait des potes tous de la catégorie "différents".  Pour une fois, il s'est senti accepté dans un groupe. C'était un progrès même si cela l'a encore enfermé dans son étiquette "différent", au moins il n'était plus seul.

Pendant les vacances, il a "servi" des personnes âgées et handicapées. Il a montré son potentiel et accepté à reculons par sa responsable dans la mission (ce que j'ai bien compris), il est devenu demandé. On a tous pensé qu'il avait trouvé sa voie, mais il ne veut pas, uniquement comme bénévole.

A la fin de sa première seconde, j'ai suivi une formation sur les EIP. C'était en visio, je lui ai parfois demandé de venir lire, écouter, il m'a clairement fait comprendre que je le soûlait.. Et puis, lors de la formation, on a parlé  des zèbres puis de l'autisme. (Le lien est parfois ténu). J'ai demandé à mon fils s'il se reconnaissait dans les descriptions (sans donner les étiquettes). Pour une fois, il s'est assis, a dit que oui ça lui parlait. J'ai proposé qu'on aille chercher à condition d'aller au bout. Il a accepté avec une condition (que ça reste entre lui et moi jusqu'au résultat). Je me suis dit qu'on verrait dans l'année. Parallèlement il suivait une thérapie. 

Et puis la deuxième seconde se passant bien, j'ai zappé. Il avait un groupe de copains "normaux". Il s'est ouvert aux autres, il a commencé à sortir. Je ne le reconnaissait pas et quel soulagement de le voir s'intégrer, avoir une vie sociale. Il a aussi su s'affirmer et se défendre....Refuser la maltraitance. Le fait d'avoir mis des mots sur les maux l'a certainement  beaucoup aidé. Je n'ai pas eu envie de le renvoyer dans le monde des "différents".

Maintenant comme toute maman j'angoisse pour sa première et surtout le bac. Il semble avoir compris qu'avoir survolé le primaire et le collège le pénalise  maintenant. Il sait qu'il va devoir redoubler d'efforts pour combler certaines lacunes. Va t'il le faire ou trouver la montagne trop haute ? Il connaît l'enjeu mais j'ai cessé la pression qui ne le fait que se renfermer dans sa coquille. 

Pour le bac, il y va sans filet car si son fonctionnement hors norme est identifié, il n'a pas de reconnaissance officielle, ce qui m'a été rappelé par son prof principal. En octobre après les premiers résultats, je verrai s'il faut faire les démarches pour un pap. Pour un diagnostique réel c'est trop tard. Mais je sais que j'aurai l'appui du lycée et de mon IEN. Peut-être reprendra t'il la thérapie qui a si bien su l'accompagner dans son évolution. 

Il sait ce qu'il veut faire après depuis quelques années. Il sait que ce sera très difficile.  A moi de l'accompagner en respectant son choix même s'il me fait peur.

Sa sœur... Elle rentre dans la case des "précoces". Inutile de la tester selon sa psy et de toute façon le suivi était en place pour gérer ses angoisses, son mal être qui vont avec (hypersensibilité, maturité de réflexion en décalage)... Scolairement elle roulait, elle a sauté une classe. Bac covid mention bien (pas de triche du lycée bien qu'ils y aient pensé) à  son grand désespoir car elle visait la mention très bien. Elle regrette toujours de n'avoir pas pu passer les épreuves. Et malgré tout elle a une piètre image d'elle. Elle fait du droit et c'est une filière destructrice. Elle a eu sa première année avec mention. La seconde sans (mais toujours dans le haut du classement) alors qu'on pensait qu'elle échouerait vu son état psy au moment des partiels (heureusement que le fait d'être boursière l'a obligé à  y aller, les mains dans les poches certes mais bon). Aujourd'hui elle est complètement perdue. Je l'ai inscrite en 3ème année. Elle a l'impression qu'elle n'atteindra jamais ses objectifs.  Cette filière détruit les étudiants. Beaucoup de pression inutile, de rabaissement. Même son chéri en médecine halluciné. Bref elle se sent nulle. La confronter à son bon classement permet de la remotiver mais il faut sans cesse le remettre sur le tapis.

Beaucoup de choses personnelles ont remontées dont la maltraitance.  Enfin elle en parle. Elle a l'air d'avoir trouvé la psy qui lui convient, enfin. Cette dernière a posé le mot des la première séance en lui indiquant quels actes étaient de la maladresse et lesquels relevaient de la maltraitance. 

Et elle a été reboostée cet été en servant les personnes âgées et handicapées. Je lui avais dit que nous étions nombreux à soigner notre mal être en s'occupant de celui d'autres. S'oublier une semaine en se mettant au service des autres avec une vraie fatigue physique n'efface pas les problèmes mais permet de prendre du recul, de se décentrer (et aussi d'effacer temporairement quelques mauvais fonctionnements).

Sur le papier elle a tout pour être heureuse mais on ne vit pas en théorie et son passé complique son évolution. 

Voilà. Être un enfant précoce, différent, zèbre  ... n'est pas une chance. C'est un poids. Il n'y a pas que l'intelligence qui entre en compte. Finalement c'est peut être le point le plus anecdotique. L'hypersensibilité qui va avec,ce raisonnement trop mâture sont des dangers plus importants. 

Être parent d'un enfant différent est très compliqué. 

Être enseignant de ces mêmes enfants l'est tout autant.

Alors oui quand on  est formé par l'institution ou par la vie on les repère plus facilement.  Mais après on fait quoi ? Le gros du travail est comportemental, donc psy. Or nous ne sommes pas psy. Et même eux galèrent face à ses enfants.

J'ai eu en classe plusieurs de ces enfants qui roulent tout seul. En général on me les mets car "tu sais gérer les enfants angoissés".

Je pense à une en particulier. Je l'avais repérée deux ans plus tôt. Elle m'avait épatée par sa réflexion, son aplomb sans arrogance. Il a fallu la nourrir intellectuellement sans faire peur aux autres (les nombres relatifs au cm2 ce n'est pas évident) mais ce n'est pas le plus difficile.  Il a fallu aussi lui donner des objectifs comportementaux. Cette année a permis d'alerter les parents non sur le devenir scolaire (pas d'inquiétude à ce niveau là) mais sur les risques psy. La maman étant infirmière psy, la discussion a été plutôt facile. La gamine s'ennuie ferme au collège mais a des activités exigeantes à côté qui compense ce besoin de se dépasser et une hyperactivité. Elle a appris à rentrer dans le moule scolaire, patienter et comme c'est une performeuse, elle réussit scolairement. 

Une autre, trop facile l'école mais avec des angoisses +++ et une estime d'elle même très faible. Elle est venue dans ma classe à  sa demande pour ces raisons là (c'est la maman qui me l'a expliqué). Mon travail a surtout été de la mettre en valeur, de l'apaiser (pour le scolaire un manuel suffisait et comme beaucoup de ces enfants, elle a fait une cm2-6eme). Le collège a roulé jusqu'au jour où elle s'est effondré. La première année (4ème) elle venait en devoirs faits avec moi juste pour retrouver son bâton (moi) C'était un créneau 6ème, elle faisait ses devoirs et aidait les autres. Ensuite le problème est devenu médical. Ce n'était déjà pas de mon ressort, ça ne l'était plus du tout. Elle aussi était (est) victime de maltraitance. 

Un troisième étiqueté nul y compris pas ses parents. Un de ses attachants parfois surtout ch**. Un de ceux qui ne travaillent pas et perturbe. Le début du cm2 a été très compliqué.  Il a fallu comprendre le bonhomme et tenter d'enlever l'étiquette. Encore une fois le travail à été davantage comportemental que scolaire. En 6eme j'entendais beaucoup parlé de lui...en mal. Il s'est inscrit dans mon groupe de devoirs faits (on a triché pour cela avec l'accord des profs - qui eux aussi, on pris l'habitude de venir me parler de ces enfants là voire de me les confier) et venait surtout discuter tous les mercredi matins. Beaucoup de ces gamins ont besoin d'un repère stable, d'une bouée. Pour lui c'était moi. Les notes sont correctes, le comportement s'est un peu amélioré. A voir s'il va tenir. Ses parents ne semblent pas avoir évolués.

J'en envoie un en 6eme à la rentrée. J'ai peur pour lui. Au collège ils ne peuvent créer ce cocon que nous pouvons leur apporter. 

J'en ai à la pelle des exemples, quelques réussites et au moins autant d'échecs. 

En tant qu'enseignant, repérer les enfants différents (la grande famille des EBEP) est difficile. Les gérer (comportement, émotions...) l'est encore plus. On peut s'y abîmer. Il n'y a pas d'outil et il faudrait une vraie formation psy pour pouvoir vraiment les aider.  Le rased est débordé et ne peut de toute façon pas intervenir sans l'accord des parents. Le suivi extérieur est par endroit, difficile d'accès quand il n'est pas impossible. 

En tant que parents d'enfants différents je sais qu'il est difficile d'accepter cette différence. En tant qu'enseignant, je sais que sans les parents rien n'est possible. Et même avec eux, le manque d'aide extérieure entraîne de grandes difficultés. 

Il faudrait des équipes pluri disciplinaires y compris médicales. Il faudrait avoir le temps de se poser de les comprendre...

Et il y a tous les autres de la classe...

Et point important, ce n'est pas notre travail de poser une étiquette. (Le faut-il d'ailleurs ?)

Ce que nous pouvons faire, et cela concerne presque tous les enfants, est de les aider à améliorer leur estime d'eux-mêmes, leur faire confiance pour qu'ils prennent confiance en eux.

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