- les projets qui me semblent à mille lieux de leurs préoccupations (5 continents, presse, astronomie, préhistoire...). Des fois, on dirait que c'est l'enseignant qui veut se faire plaisir, en mettre plein la vue à ses collègues et aux parents.
- les instits qui commencent certains apprentissages très tôt dans le but de "tirer les élèves vers le haut", sans penser que certains enfants n'en sont pas du tout à ce point-là, et la majorité aurait d'autres choses à apprendre avant (les phonèmes en MS, alors que certains enfants n'ont pas encore compris que lire, c'était lire des mots et non pas inventer l'histoire.
- le travail par thème (quand il n'est pas réfléchi) : par exemple, on travaille sur l'automne, alors on va écrire automne en cursive, alors qu'on n'a pas appris à écrire les lettres (je caricature volontairement).
- ce que j'appelle l'élémentarisation : que l'enfant soit passif (on lui explique, il applique sur fiche) sans rechercher, sans manipuler pour comprendre.
Voilà maintenant comment je fonctionne :
- Je travaille souvent en projets, en essayant de rester proche de leur vécu ou de ce qui nous entoure : jardin, cuisine, matérialisation d'histoires, spectacle, création d'outils pour la classe... Je dis aux enfants pourquoi on fait l'activité (but final) et ce qu'ils vont apprendre.
- Je travaille aussi souvent en séquences d'apprentissage qui ne sont liées à aucun projet. On passe d'abord par la manipulation ou le vécu dans l'espace, puis on s'entraine en variant les supports, et enfin on laisse une trace-bilan (fiche, affiche) sur laquelle on essaie de revenir régulièrement.
- J'aime aussi bien rebondir sur des évènements de la classe en DDM plutôt que de faire des leçons de chose. Par exemple, à un moment de l'année, il y a toujours un enfant qui va trouver un escargot dans la cour. Je trouve alors plus intéressant de prendre cette occasion pour essayer de l'installer quelques temps dans la classe, de le nourrir, d'observer comment il se déplace, éventuellement d'observer l'accouplement ou la ponte, plutôt que d'amener un jour un escargot et de débiter ma leçon. Au final, le résultat sera le même puisqu'on produira une trace écrite avec le vocabulaire et les résultats des observations.
- J'essaye au maximum de pousser chacun le plus loin possible en différenciant pour ne laisser personne sur le côté. Pour ça, je fais un temps l'AM qui pourrait s'appeler "remédiation" pour certains et "pour aller plus loin" pour d'autres.
Quant aux méthodes et livres cités :
- "apprentissage progressif de l'écrit..." (Brigaudiot), je l'ai trouvé très intéressant notamment parce qu'il m'a bien fait prendre conscience que ma posture d'adulte face à l'écrit pouvait induire des petits en erreur sur leur représentation de ce que veut dire "lire". Il faudrait que je le relise maintenant pour voir si je peux en retirer de nouvelles choses.
- J'ai trouvé "le geste d'écriture" très intéressant, il m'a aussi permis de me rendre compte compte de certaines nécessités pour l'apprentissages de l'écriture qui ne m'avaient pas sautées au yeux avant (positions des doigts et de la main, gestion et maîtrise de l'espace feuille, etc...). Pour autant, après avoir essayé, je ne suis plus cette méthode qui est effectivement très (trop) ambitieuse en PS-MS.
- J'ai utilisé les alphas en GS, les enfants ont adoré et fait beaucoup de progrès avec cette méthode
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous les instructionnistes (Akwabon, Volubilys...), à chaque fois qu'on parle de projet ou de jeu, vous avez l'impression qu'il s'agit d'un enseignement complètement déstructuré, illogique, sans cohérence...
Ca fait 6 ans que je suis en maternelle, j'avoue qu'au début, je partais un peu dans tous les sens, je me suis aussi lancée dans des projets trop ambitieux, j'ai tâtonné... Mais ce n'est plus le cas maintenant, je sais où je vais, je sais où les élèves doivent arriver. Bien sûr, c'est encore loin d'être parfait...


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