Projets de classe · Ouvrir sa classe au monde
Le projet « Clément aplati » : faire voyager sa classe… sans quitter l’école
Parmi les projets simples à mettre en place, peu coûteux et particulièrement motivants pour les élèves, le projet Clément aplati occupe une place à part. Facile à lancer, adaptable à tous les niveaux et riche en prolongements pédagogiques, il permet de faire voyager symboliquement la classe, de créer du lien avec d’autres élèves et de donner du sens à de nombreux apprentissages.
À retenir
Le projet Clément aplati consiste à faire voyager un petit personnage en papier (souvent créé par les élèves) dans d’autres écoles, familles ou régions, puis à suivre son parcours grâce à des échanges de photos, de lettres et de récits. Inspiré d’un album de littérature jeunesse, ce projet permet de travailler l’écrit, la géographie, la communication et l’ouverture culturelle de manière concrète et motivante.
Une idée venue d’un album jeunesse
Le projet trouve son origine dans un album de littérature jeunesse bien connu du monde anglophone : Flat Stanley, écrit par Jeff Brown en 1964.
Dans cette histoire, Stanley Lambchop, un petit garçon ordinaire, se retrouve aplati après qu’un tableau lui est tombé dessus pendant son sommeil. Devenu aussi fin qu’une feuille de papier, il découvre qu’il peut désormais être glissé dans une enveloppe et voyager par courrier.
Cette idée a inspiré de nombreux enseignants, d’abord dans les pays anglophones, puis ailleurs, qui ont eu l’idée de faire voyager un personnage en papier créé par leurs élèves afin de provoquer des échanges authentiques entre classes.
En France, le personnage a été rebaptisé Clément aplati, adaptation libre et francisée de Flat Stanley, même si certains enseignants choisissent aussi de faire voyager un personnage inventé par la classe.
En quoi consiste le projet ?
Le principe est simple : les élèves fabriquent un petit personnage en papier, généralement à leur image ou à celle d’un personnage fictif, puis l’envoient à une autre classe, à une famille, à un correspondant ou à une connaissance vivant dans une autre ville, une autre région… parfois même dans un autre pays.
Une fois arrivé à destination, Clément est photographié dans différents lieux, mis en scène dans le quotidien de ses hôtes, puis « raconte » son voyage à travers :
- des photos ;
- des cartes postales ;
- des lettres ;
- des petits récits ;
- des vidéos ;
- des objets ou souvenirs parfois glissés dans l’enveloppe retour.
Les élèves suivent alors ses aventures, découvrent d’autres lieux de vie, comparent, questionnent, observent… et attendent souvent son retour avec impatience.
Pourquoi ce projet plaît autant ?
Le succès du projet tient à sa simplicité, mais aussi à ses apports sur le plan pédagogique. Il donne immédiatement du sens aux apprentissages, car les élèves écrivent, lisent, observent et communiquent pour de vrai.
On n’écrit plus « pour faire un exercice » : on écrit pour présenter sa classe, raconter son environnement, poser des questions, répondre à d’autres enfants, comprendre un lieu ou garder une trace.
Le projet crée également une forte implication affective : les élèves s’attachent au personnage, suivent son parcours, attendent ses nouvelles et vivent chaque retour comme un petit événement.
Des apprentissages très riches
Derrière son apparente simplicité, le projet mobilise de nombreuses compétences scolaires.
Maîtrise de la langue
- produire des écrits authentiques ;
- rédiger pour être lu ;
- lire des messages réels ;
- travailler la structure de la lettre, du récit ou du carnet de voyage ;
- enrichir le vocabulaire.
Questionner le monde / Géographie
- situer des lieux ;
- découvrir d’autres territoires ;
- comparer paysages, climats, habitudes et modes de vie ;
- lire une carte ;
- tracer un itinéraire.
EMC et ouverture culturelle
- découvrir d’autres environnements ;
- comprendre que l’on ne vit pas tous de la même manière ;
- développer curiosité, respect et ouverture.
Arts et numérique
- concevoir le personnage ;
- le mettre en scène ;
- prendre des photos ;
- réaliser un carnet numérique, une carte interactive ou un diaporama.
Exemple concret
Une classe de CE1 de la Réunion envoie son Clément aplati dans une école de Paris. Les élèves réunionnais découvrent alors un environnement urbain, des bâtiments anciens, un climat plus froid, une autre façon de se déplacer, un vocabulaire parfois différent… En retour, ils présentent leur île, le volcan, les lagons, les traditions locales et leur quotidien.
Le projet devient alors un véritable support de comparaison, d’échange et de découverte du monde.
Un projet souple et facile à adapter
L’un des grands atouts de Clément aplati est sa souplesse. Il peut être mené :
- en maternelle, sous forme de photos commentées et de dictée à l’adulte ;
- en élémentaire, avec un véritable carnet de voyage ;
- en ULIS ou en enseignement spécialisé, avec des supports très visuels ;
- dans le cadre d’un projet d’anglais ;
- en correspondance avec une autre école ;
- sur quelques semaines… ou toute l’année.
Il peut aussi se décliner sous plusieurs variantes : faire voyager une mascotte, un personnage historique, un héros de littérature ou même un objet symbolique de la classe.
Pourquoi ce projet fonctionne si bien à l’école ?
Parce qu’il est simple, concret, peu coûteux et immédiatement motivant.
Il ne demande ni matériel complexe, ni dispositif lourd, mais permet de créer un projet vivant, fédérateur et très riche pédagogiquement. Il donne aux élèves une vraie raison d’écrire, de lire, de chercher, de comparer et de raconter.
Et surtout, il transforme un simple personnage en papier en formidable prétexte pour ouvrir la classe sur le monde.
Points de vigilance
- prévoir un correspondant fiable avant de lancer le projet ;
- protéger les données personnelles (pas de photographies des élèves sans autorisation) ;
- anticiper les délais postaux ;
- prévoir une version numérique si l’envoi physique est compliqué ;
- garder une trace du projet (carnet, carte, affichage, blog de classe).
Pour aller plus loin
Le projet Clément aplati peut facilement devenir le point de départ d’un travail plus large sur la correspondance scolaire, le carnet de voyage, la découverte des territoires ou l’écriture authentique. C’est aussi une excellente porte d’entrée pour lancer un projet motivant en début d’année.

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