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Le règne du "pas de vagues"


André Jorge
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Bonjour, :)

Pour information, Le Point vient de sortir un numéro intitulé "Ce que subissent vraiment les profs" :

profs-pas-de-vagues.jpg

Qui dit "pas de vagues" dit "bien vu par l'autorité supérieure"... Enseignants livrés à eux-mêmes face aux menaces et aux pressions...

Par contre, ce qui me surprend c'est que ce numéro ressemble surtout à une tribune contre les mouvements islamistes et qu'il y a finalement très peu de pages sur ce que les profs subissent.

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Le point fait un article de droite qui sous couvert de parler des profs, parle de l'islamisme...

 

Ce qui me surprend, moi, c'est que tu sois surpris.

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A qui appartient le Point?🤨

François Pinault (et Le Point), rendez l’argent !

par Mathias Reymond, jeudi 12 décembre 2019


L’hebdomadaire de François Pinault (6e fortune française), est un magazine de droite, libéral. Les saillies de Franz-Olivier Giesbert contre la CGT sont connues, les orientations ultra-libérales de Nicolas Baverez ont été maintes fois relevées, et les éditoriaux pour le moins conservateurs de Pierre-Antoine Delhommais ne sont ignorés par personne. Les dossiers anti-fonctionnaires et les engouements pour l’orthodoxie libérale pullulent dans chaque numéro. Un journal d’opinion, donc, marqué à droite. Très bien.

Mais.

Mais cet hebdomadaire, qui ne cesse de demander à l’État de se serrer la ceinture, qui s’insurge contre le gaspillage des administrations publiques, qui réclame plus d’efforts aux fonctionnaires, qui voudrait que l’on purifie les dépenses publiques, et qui récidive cette semaine (12 décembre 2019), en s’en prenant à « notre abracadabrant modèle social », profite si bien de ce système tant décrié.

Chaque année, Le Point dépouille l’État de plusieurs centaines de milliers d’euros en aides à la presse [1]. Les chiffres sont éloquents : en 2016, Le Point et son site Internet (lepoint.fr) ont touché 855 302 euros d’aides publiques (292 951 euros en 2017, soit plus d’un million en deux ans), alors que ce journal est sous perfusion publicitaire et surtout appartient à quelqu’un dont la fortune s’élève à 29 milliards d’euros !

Faisons le calcul : 29 milliards moins 855 302, ça fait toujours 29 milliards…

Alors que François Pinault, Étienne Gernelle – le directeur du Point – et Sébastien le Fol – le directeur de la rédaction – rendent l’argent que la République française leur a octroyé.

Merci.

https://www.acrimed.org/Francois-Pinault-et-Le-Point-rendez-l-argent

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Il y a 12 heures, papillon2704 a dit :

Le point fait un article de droite qui sous couvert de parler des profs, parle de l'islamisme...

 

Ces gens-là sont juste des vautours ... prêts à récupérer n'importe quelle cause quand ça les arrange !!! Et bien sûr toujours à accuser les autres de faire pareil ...

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Merci, moi cela m'intéresserait de le lire même s'il est plus ou moins exhaustif/partisan. Je trouve que la Presse ne parle pas souvent de nous, alors pour une fois...c'est toujours ça de pris.

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Ben non, si c'est à charge et dénué de fondement, si c'est orienté politiquement dans un sens hostile ce n'est pas "toujours ça de pris"

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Il y a 3 heures, téchiney a dit :

Merci, moi cela m'intéresserait de le lire même s'il est plus ou moins exhaustif/partisan. Je trouve que la Presse ne parle pas souvent de nous, alors pour une fois...c'est toujours ça de pris.

Surtout s'ils servent la soupe à l'extrême droite sous couvert d'enseignants mal traités. 

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Il y a 3 heures, nonau a dit :

Surtout s'ils servent la soupe à l'extrême droite sous couvert d'enseignants mal traités. 

Je ne suis pas dupe. De toute façon.🙂

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J'aime beaucoup cette polémique grenobloise, où discuter la scientificité du terme "islamophobie" relève du "fascisme", alors que toute enquête sur "l'islamo-gauchisme" est impossible, le concept n'étant pas "scientifique"...

C'est Léon Brillouin, je crois, qui disait que la science commence là où les mots ont un sens bien déterminé.

 

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Pas faux.

De plus, si vous regardez qui sont les étudiants virulents ... (à moins que ce ne soient des convertis n'ayant pas changé de prénom) ... il n'y a pas beaucoup de musulmans !

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Le 15/03/2021 à 11:11, Argon a dit :

J'aime beaucoup cette polémique grenobloise, où discuter la scientificité du terme "islamophobie" relève du "fascisme".

 

J'ai suivi cet affaire de près.

Ce n'est pas exactement ça. Grosso modo c'est un prof qui a intégré un groupe de travail dans le seul but ( il l'avoue) de faire sauter le terme dans le nom de l'étude... Il n'acceptait pas qu'islamophobie soit mis sur le même plan que le racisme et l'antisémitisme.. Le tout sur un fond de dénigrement à une enseignante chercheuse le tout en copie des étudiants...

 

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Il y a 4 heures, pimouss690 a dit :

J'aime beaucoup cette polémique grenobloise, où discuter la scientificité du terme "islamophobie" relève du "fascisme".

J'ai suivi cet affaire de près.

Probablement plus que moi, donc. J'ai lu quelques articles, mais je ne suis pas allé aux sources.

Il y a 4 heures, pimouss690 a dit :

Ce n'est pas exactement ça. Grosso modo c'est un prof qui (...) n'acceptait pas qu'islamophobie soit mis sur le même plan que le racisme et l'antisémitisme..

Nous disons (à peu près) la même chose, non ?   Le gars contestait la validité scientifique de ce rapprochement, et plus généralement du concept d'islamophobie, et s'opposait à ce que l'institution prestigieuse dans laquelle il enseignait la cautionne. On peut être d'accord ou pas (pour le coup, je n'ai pas d'avis personnel sur le fond, je ne connais même pas précisément le domaine de recherche des chercheurs en question), mais il était a priori tout aussi fondé que les autres à défendre son point de vue.

Il y a 4 heures, pimouss690 a dit :

Grosso modo c'est un prof qui a intégré un groupe de travail dans le seul but ( il l'avoue) de faire sauter le terme dans le nom de l'étude... 

Ca me paraît une assez bonne façon de faire valoir ses idées dans une institution scientifique : on participe aux discussions, on va défendre son point de vue...

Inversement, constituer des "groupes de travail" réservés à ceux qui sont d'avance d'accord tiendrait un peu de la fumisterie...

Il y a 4 heures, pimouss690 a dit :

 Le tout sur un fond de dénigrement à une enseignante chercheuse le tout en copie des étudiants...

Ce n'est pas ce que j'ai compris.  Ce qu'il reconnaît, en revanche, c'est d'avoir dénigré le travail de cette collègue, et en partie de l'école de pensée dont elle se réclame. Ce qui est parfaitement légitime a priori. Ensuite, ce sera à la communauté scientifique de trancher — et pas seulement aux copains de la dame et aux tenants de ladite école de pensée.

Quoi qu'il en soit, je doute que son hypothétique "dénigrement" soit de près ou de loin comparable à une accusation directe de fascisme.  Les mots ont un sens.

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Effectivement et plus j'avance dans la vie et plus je me dis que Marx avait raison. La religion, opium du peuple, est une plaie. Ce sont à l'origine des sectes qui "ont réussies" à mettre un sacré bordel. 

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Il y a 10 heures, Argon a dit :

Probablement plus que moi, donc. J'ai lu quelques articles, mais je ne suis pas allé aux sources.

Nous disons (à peu près) la même chose, non ?   Le gars contestait la validité scientifique de ce rapprochement, et plus généralement du concept d'islamophobie, et s'opposait à ce que l'institution prestigieuse dans laquelle il enseignait la cautionne. On peut être d'accord ou pas (pour le coup, je n'ai pas d'avis personnel sur le fond, je ne connais même pas précisément le domaine de recherche des chercheurs en question), mais il était a priori tout aussi fondé que les autres à défendre son point de vue.

Ca me paraît une assez bonne façon de faire valoir ses idées dans une institution scientifique : on participe aux discussions, on va défendre son point de vue...

Inversement, constituer des "groupes de travail" réservés à ceux qui sont d'avance d'accord tiendrait un peu de la fumisterie...

Ce n'est pas ce que j'ai compris.  Ce qu'il reconnaît, en revanche, c'est d'avoir dénigré le travail de cette collègue, et en partie de l'école de pensée dont elle se réclame. Ce qui est parfaitement légitime a priori. Ensuite, ce sera à la communauté scientifique de trancher — et pas seulement aux copains de la dame et aux tenants de ladite école de pensée.

Quoi qu'il en soit, je doute que son hypothétique "dénigrement" soit de près ou de loin comparable à une accusation directe de fascisme.  Les mots ont un sens.

Les mots ont un sens évidemment.

Je trouve simplement qu ils serait peut-être temps de déployer notre énergie à tous pour trouver des solutions qui nous unissent plutôt que souffler sur des braises.. 

Les idées et les mots se définissent dans la durée par des études sérieuses. Sûrement pas sur des éclats mediatico-politiques et ce, qu importe ses convictions politiques.

L ère de la dénonciation c'est bien, là il faudrait peut-être passer à celles des solutions. #balancetesidées

 

 

 

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il y a 15 minutes, pimouss690 a dit :

Je trouve simplement qu ils serait peut-être temps de déployer notre énergie à tous pour trouver des solutions qui nous unissent plutôt que souffler sur des braises..

En l'occurrence, il y a longtemps que la France a trouvé et adopté une solution unificatrice : ça s'appelle la laïcité.

  

il y a 15 minutes, pimouss690 a dit :

Les idées et les mots se définissent dans la durée par des études sérieuses.

Non. Je citais plus haut Léon Brillouin : la science (et donc les études sérieuses) commence là où les mots ont un sens bien déterminé.

Tant qu'on n'a pas fait cet effort, maître de conf ou pas, on est au Café du commerce.

C'est même, à mon sens, l'un des enjeux majeurs de la vie intellectuelle du moment. Indépendamment de la validité ou non de leurs revendications de base, toutes sortes d'idéologues ont aujourd'hui adopté une rhétorique biaisée qui consiste à empêcher tout débat sérieux en imposant des termes polémiques mal définis et à géométrie variable ("islamophobie", "x-isme systémique", etc.) ou en floutant la définition de termes qui l'étaient mieux ("antisémitisme", "sexisme"), pour ensuite se poser en seuls arbitres légitimes de leur emploi, voire en procureurs si on les emploie différemment. Pour moi, c'est un puissant vecteur de confusion, voire d'obscurantisme et à terme de décadence, contre lequel un enseignant doit lutter de toutes ses forces.

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Je respecte ta façon de voir les choses, qui est différente de la mienne.

Les opposants de la laïcité ( à la française je l entends) utilisent ton raisonnement. Cqfd: "nous ne sommes pas d accord avec son sens, allons le dire à qui veut l entendre."

Un mot a forcément une réalité pour des individus, pas forcément pour d autres.

Je conçois la violence pour des milliers d individus musulmans ( français ou pas d ailleurs) à se voir expliquer que la réalité de leur violence vécue au pire, n existe pas, au mieux, n est pas à mettre sur le même plan que les autres.

L antisémitisme est justifié selon le professeur grenoblois par une réalité historique ( Shoah). Très bien.

En ce moment, une autre réalité historique se déroule sous nos yeux: des camps de concentration et des crimes de guerre des populations selon, non pas leur couleur de peau, mais leur seule religion. Je parle des Rohingyas et des Ouïgours.

Je persiste sur le fait que les mots sont précieux et n ont pas à être galvauder par des mouvances politiques dans un climat de violence.

Chaque mot doit être sous-pesé, exploré et validé par un consensus, ce qui a été fait pour le mot "islamophobie" et pas encore pour "l islamo-gauchisme". 

Intéressant également : les termes "islamo-fascisme" ou "islamo-nazisme" ont longtemps circulé dans les sphères d extreme droite avant qu on se rende compte ( peut-être) du non sens de parler à la fois d islamo-gauchisme et d islamo-nazisme ( grand écart idéologique périlleux).

 

 

 

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il y a 37 minutes, pimouss690 a dit :

...

Un mot a forcément une réalité pour des individus, pas forcément pour d autres.

...

Ça, c'est le relativisme: la réalité est subjective. Chacun la sienne, chaque communauté la sienne.

Or non, la réalité est la seule chose partageable par tous, quelles que soient les origines, les identités, les contraintes des histoires personnelles, les choix individuels plus ou moins libres.

Et partager la réalité (scientifique, historique, économique, sociale, politique, psychologique, ...) nécessite l'emploi de mots strictement définis: le signifié doit être le même pour tout le monde pour qu'il puisse y avoir un dialogue sur les idées (et donc une culture partagée: une civilisation démocratique).

Si on ne définit pas les mots, on ne peut que se chamailler sur leur sens au lieu de dialoguer et chacun s'enferme dans sa subjectivité. C'est le chacun pour soi et l'hostilité générale: la guerre de tous contre tous. La fragmentation du monde.

 "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde." (Albert Camus)

"Chaque générationsans doutese croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pasMais sa tâche est peut-être plus grandeElle consiste à empêcher que le monde se défasse." (Albert Camus)

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il y a 5 minutes, lecavalier a dit :

Ça, c'est le relativisme: la réalité est subjective. Chacun la sienne, chaque communauté la sienne.

Or non, la réalité est la seule chose partageable par tous, quelles que soient les origines, les identités, les contraintes des histoires personnelles, les choix individuels plus ou moins libres.

Et partager la réalité (scientifique, historique, économique, sociale, politique, psychologique, ...) nécessite l'emploi de mots strictement définis: le signifié doit être le même pour tout le monde pour qu'il puisse y avoir un dialogue sur les idées (et donc une culture partagée: une civilisation démocratique).

Si on ne définit pas les mots, on ne peut que se chamailler sur leur sens au lieu de dialoguer et chacun s'enferme dans sa subjectivité. C'est le chacun pour soi et l'hostilité générale: la guerre de tous contre tous. La fragmentation du monde.

 "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde." (Albert Camus)

"Chaque générationsans doutese croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pasMais sa tâche est peut-être plus grandeElle consiste à empêcher que le monde se défasse." (Albert Camus)

Tout à fait, c est pourquoi, à la fin de mon argumentation, j expliquais ceci :

 

"Je persiste sur le fait que les mots sont précieux et n ont pas à être galvauder par des mouvances politiques dans un climat de violence.

Chaque mot doit être sous-pesé, exploré et validé par un consensus, ce qui a été fait pour le mot "islamophobie" et pas encore pour "l islamo-gauchisme". 

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Le 15/03/2021 à 11:11, Argon a dit :

...

C'est Léon Brillouin, je crois, qui disait que la science commence là où les mots ont un sens bien déterminé.

 

Très juste, je retiens la citation.

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Il y a 2 heures, pimouss690 a dit :

Tout à fait, c est pourquoi, à la fin de mon argumentation, j expliquais ceci :

 

"Je persiste sur le fait que les mots sont précieux et n ont pas à être galvauder par des mouvances politiques dans un climat de violence.

Chaque mot doit être sous-pesé, exploré et validé par un consensus, ce qui a été fait pour le mot "islamophobie" et pas encore pour "l islamo-gauchisme". 

Oui, bien d'accord.

Pour nous, les mots ont un sens et permettent ainsi l'échange d'idées.

Mais je dirais qu'ils sont souvent bien plus que ça. C'est le cas des 2 mots que tu cites. Ils sont de création récente, par des groupes sociaux (donc porteurs d'une idéologie) et ce sont des mots qui ont un objectif politique. Les partisaneries politiques essaient d'avancer par création de clivages et de regroupements dans la population, et ils utilisent les mots pour cela. Beaucoup de mots lancés dans l'espace des médias ont des charges émotionnelles et idéologiques très fortes, pour un contenu sémantique assez flou. Ce sont des "mots-coquilles" assez creux, mais avec une coquille très 'décorée'. Ou on pourrait dire des 'mots-images'. On peut s'interroger sur les mots 'psychiatrisés' avec le suffixe -phobie, et réinvestis dans le domaine politique. Évidement les -phobies existent et font des victimes (comme d'autres affections mentales). Mais la psychiatrie et le politique sont des domaines différents.

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