André Jorge Posté(e) jeudi à 07:45 Posté(e) jeudi à 07:45 Bonjour En écoutant les interventions des journalistes sur les chaînes d’information, il m’arrive de relever régulièrement des formulations qui me surprennent et qui, je l’avoue, me dérangent beaucoup (déformation professionnelle oblige). C’est un sujet qui me semble important et que j'avais envie de lancer sur le forum depuis longtemps. Par exemple, j’ai entendu aujourd’hui un journaliste dire : « Ce sont des informations à prendre avec beaucoup de conditionnel. » Personnellement, j’aurais plutôt dit : « Ce sont des informations à prendre avec des pincettes. » Ce genre de formulation est probablement lié au direct, à la spontanéité du langage oral ou au mélange de plusieurs expressions (« prendre avec des pincettes » / « utiliser le conditionnel »). Mais dans la mesure ou cela arrive quotidiennement, pour l'enseignant que je suis, c'est un problème... Pendant longtemps, la radio et la télévision ont été considérées comme des modèles de langue française. Aujourd’hui, on y entend de plus en plus de formulations approximatives, d’anglicismes ou de tournures maladroites. Bien sûr, les langues évoluent. Mais où placer la limite entre l’évolution naturelle de la langue et de simples erreurs de langage ? En tant qu’enseignants, la question peut nous interpeller : nous demandons aux élèves d’être attentifs à la précision de la langue… alors que les médias, eux, ne semblent pas aujourd'hui toujours s’imposer la même exigence. Avez-vous déjà remarqué ce type de formulations dans les médias ? Quelles sont celles qui vous font le plus réagir ? Pour éviter tout problème, merci de ne pas citer le nom de journalistes ou de chaînes. L’objectif de ce sujet est de discuter de certaines formulations entendues dans les médias, et non de critiquer des personnes en particulier.
Lady Lady Posté(e) jeudi à 09:26 Posté(e) jeudi à 09:26 Bonjour, Oui je remarque une accélération de ces observations. Je n'ai pas d'exemple précis mais lorsque je lis le bandeau en bas de l'écran, il m'arrive régulièrement de me dire qu'ils devraient éviter de laisser les stagiaires s'en charger! Les formulations familières qu'on retrouvaient dans les émissions de divertissements se retrouvent désormais dans les propos des journalistes. Je constate aussi régulièrement qu'ils ne vérifient pas leurs sources (par ex: photo du prof contractuel d'anglais de la star académie sur un sujet qui parle de William Lafleur "msieurleprof"). Pour faire un parallèle avec l'école: je dois régulièrement gentiment reprendre des stagiaires (de licence) pour leur langage familier voir grossier devant les élèves. C'est un phénomène récent de quelques années. Il y a 20 ans, même les stagiaires de MFR parlaient correctement. Ca s'est dégradé au fil des années. Et maintenant ce sont les stagiaires qui souhaitent devenir enseignants qui ne contrôlent pas leurs propos. A croire que c'est un phénomène de société... 1
nonau Posté(e) jeudi à 09:47 Posté(e) jeudi à 09:47 il y a 17 minutes, Lady Lady a dit : Bonjour, Oui je remarque une accélération de ces observations. Je n'ai pas d'exemple précis mais lorsque je lis le bandeau en bas de l'écran, il m'arrive régulièrement de me dire qu'ils devraient éviter de laisser les stagiaires s'en charger! Les formulations familières qu'on retrouvaient dans les émissions de divertissements se retrouvent désormais dans les propos des journalistes. Je constate aussi régulièrement qu'ils ne vérifient pas leurs sources (par ex: photo du prof contractuel d'anglais de la star académie sur un sujet qui parle de William Lafleur "msieurleprof"). Pour faire un parallèle avec l'école: je dois régulièrement gentiment reprendre des stagiaires (de licence) pour leur langage familier voir grossier devant les élèves. C'est un phénomène récent de quelques années. Il y a 20 ans, même les stagiaires de MFR parlaient correctement. Ca s'est dégradé au fil des années. Et maintenant ce sont les stagiaires qui souhaitent devenir enseignants qui ne contrôlent pas leurs propos. A croire que c'est un phénomène de société... On parle de professeurs ou de stagiaires... Mais les nouveaux conseillers pédagogiques qui utilisent des formulations inadmissibles à ce niveau comme "en vrai", "de base" et s'expriment dans un langage familier sont hélas aussi de plus en plus nombreux. Je constate une différence énorme entre les conseillers pédagogiques des années 90, 2000 et les actuels dans leur posture et leur langage. 1 1
Torque Posté(e) jeudi à 10:30 Posté(e) jeudi à 10:30 De plus en plus courant, les quatre z'enfants, les cent z'otages, le cinq z'intervenants, les vingt z'accusés, sept z'attaques de drônes, huit z'alertes......j'en passe. 1 1
Chakana Posté(e) jeudi à 11:19 Posté(e) jeudi à 11:19 Je me suis fait le même genre de réflexion cette semaine, à la lecture d'un roman. Un peu différent, mais qui a un rapport avec l'appauvrissement de la langue. Auteur jeune (35 ans), présenté comme "féru de littérature et d'écriture ayant publié plusieurs romans contemporains". Ayant étudié les Lettres, Musique, Cinématographie. Pianiste et compositeur (c'est ce qui est écrit dans sa biographie). Roman recommandé par ma bibliothécaire. Et à l'arrivée : aucune notion du niveau de langue. Un langage parlé actuel, dans la bouche de personnages du début XXème... 1
Ljub Posté(e) jeudi à 16:59 Posté(e) jeudi à 16:59 Il y a aussi les confusions sémantiques, comme par exemple le fait de qualifier d'acronymes tous les sigles, en ne distinguant pas les acronymes (qui se prononcent comme un mot) des sigles, qui se prononcent lettre par lettre. Je déteste aussi l'abus du conditionnel : si on n'est pas sûr d'une info, on ne la répand pas. Comme disait Coluche : "quand un journaliste n'en sait pas plus que ça, il devrait être autorisé à fermer sa gueule". Il y a aussi (et surtout) les expressions toutes faites qui reviennent en boucle et qui permettent aux journalistes de ne pas trop perdre de temps sur le travail de l'écriture. Pour info, Frédéric Pommier a recensé dans L'assassin court toujours toutes ces expressions devenues insupportables : c'est à la fois drôle et affligeant de voir à quel point la paresse journalistique est ancrée dans tous les média (publics et privés). Quant aux anglicismes, n'en parlons pas : le mot enquête a disparu au profit d'investigation, draconien a disparu au profit de drastique, etc...Les Québécois, eux, n'ont pas honte de leur langue et les francisent tous. 2
BrunoXXX Posté(e) jeudi à 18:01 Posté(e) jeudi à 18:01 Ce que vous relevez est une chose, mais moi, ce qui me met vraiment hors de moi, c'est quand on remplace un mot par un autre à dessein, dans un but politique : par exemple, aujourd'hui, plus aucune entreprise n'a d'employés, ce sont tous des "collaborateurs", comme si l'esclave salarié et le PDG étaient potes, appartenaient au même monde, et avaient des intérêts communs... 2
Ljub Posté(e) jeudi à 18:29 Posté(e) jeudi à 18:29 C’est vrai. Je me demande même si ce n’est pas de la provoc’, vu ce que connote ce mot.
André Jorge Posté(e) jeudi à 19:46 Auteur Posté(e) jeudi à 19:46 Entendu sur une chaîne TV : "La frégate a été abattue." Le verbe abattre peut s’employer pour un avion, ou encore un hélicoptère, l'idée étant celle de faire tomber quelque chose qui est en l’air ou debout. Pour un navire de guerre, je pense qu'on dirait plutôt : couler, envoyer par le fond, torpiller, détruire. 5
nonau Posté(e) vendredi à 08:19 Posté(e) vendredi à 08:19 Il y a 14 heures, BrunoXXX a dit : Ce que vous relevez est une chose, mais moi, ce qui me met vraiment hors de moi, c'est quand on remplace un mot par un autre à dessein, dans un but politique : par exemple, aujourd'hui, plus aucune entreprise n'a d'employés, ce sont tous des "collaborateurs", comme si l'esclave salarié et le PDG étaient potes, appartenaient au même monde, et avaient des intérêts communs... La nov langue managériale. Comme pour tout, ils utilisent des termes pour définir une réalité qui n'existe pas ou tout autre. La notion de subordination qui est effective n'est pas dans l'air du temps et a une connotation négative pour eux. Et puis derrière la notion de salariat, ce sont des droits, des garanties ainsi qu’une forme de protection. L'enfer pour eux. La collaboration ? Aucun. Ils préparent les esprits ?
André Jorge Posté(e) vendredi à 08:45 Auteur Posté(e) vendredi à 08:45 Il y a 14 heures, BrunoXXX a dit : Ce que vous relevez est une chose, mais moi, ce qui me met vraiment hors de moi, c'est quand on remplace un mot par un autre à dessein, dans un but politique : par exemple, aujourd'hui, plus aucune entreprise n'a d'employés, ce sont tous des "collaborateurs", comme si l'esclave salarié et le PDG étaient potes, appartenaient au même monde, et avaient des intérêts communs... il y a 27 minutes, nonau a dit : La nov langue managériale. Comme pour tout, ils utilisent des termes pour définir une réalité qui n'existe pas ou tout autre. La notion de subordination qui est effective n'est pas dans l'air du temps et a une connotation négative pour eux. Et puis derrière la notion de salariat, ce sont des droits, des garanties ainsi qu’une forme de protection. L'enfer pour eux. La collaboration ? Aucun. Ils préparent les esprits ? Je suis d'accord avec vous, mais quel rapport avec le sujet ?
nonau Posté(e) vendredi à 08:48 Posté(e) vendredi à 08:48 il y a 2 minutes, André Jorge a dit : Je suis d'accord avec vous, mais quel rapport avec le sujet ? C'est une forme de déformation de la langue française non ? 2
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