Parcours GS · Étape 2 sur 6
Étape 2 — Identifier les émotions et les actions
Une fois clarifié ce que signifie « comprendre », il devient possible de travailler plus précisément sur deux appuis essentiels de la compréhension des récits : les actions des personnages et leurs émotions. Ce sont souvent elles qui permettent aux élèves d’entrer réellement dans l’histoire.
En grande section, les élèves ne comprennent pas toujours spontanément ce que font les personnages, ni pourquoi ils agissent de telle ou telle manière. Ils perçoivent parfois un détail, une image ou un mot, sans parvenir à reconstruire la logique du récit. Aider les élèves à repérer les actions et à mettre des mots sur les émotions, c’est donc les aider à mieux organiser le sens.
Pour comprendre une histoire, les élèves doivent peu à peu apprendre à :
- repérer ce que font les personnages ;
- comprendre ce qui leur arrive ;
- identifier ce qu’ils ressentent ;
- faire le lien entre actions, événements et émotions.
Les actions aident à suivre le fil du récit
Dans un récit, les actions constituent une trame essentielle. Elles permettent de comprendre ce qui se passe, dans quel ordre, et comment l’histoire avance. Pour de jeunes élèves, ce repérage n’est pas toujours simple : certains retiennent un événement isolé, mais perdent la succession des actions ou la cohérence de l’ensemble.
Travailler les actions des personnages, c’est donc aider les élèves à répondre à des questions simples mais structurantes : Qui agit ? Que fait-il ? Que se passe-t-il ensuite ? Qu’est-ce qui change dans l’histoire ?
Ce travail est fondamental, car il prépare déjà la compréhension plus fine des liens entre cause et conséquence, difficulté et résolution, intention et résultat.
Les émotions donnent du sens aux comportements
Les émotions jouent elles aussi un rôle central. Elles permettent souvent de comprendre pourquoi un personnage agit, hésite, s’éloigne, se cache, demande de l’aide ou se met en colère. Or, ces émotions ne sont pas toujours explicites pour les élèves.
Certains enfants identifient facilement une émotion lorsque l’illustration la rend très visible. Mais ils ont plus de mal à la relier à l’histoire : pourquoi le personnage a-t-il peur ? pourquoi est-il triste ? qu’est-ce qui a provoqué sa joie ou sa colère ?
Aider les élèves à verbaliser les émotions ne consiste donc pas seulement à nommer « la peur », « la joie » ou « la colère ». Il s’agit aussi de relier ces émotions aux événements du récit et aux actions des personnages.
Après la lecture d’un album, l’enseignant peut guider les élèves avec quelques questions simples :
- Que fait le personnage au début de l’histoire ?
- Que lui arrive-t-il ensuite ?
- Comment se sent-il à ce moment-là ?
- Pourquoi se sent-il ainsi ?
- Que fait-il alors ?
Ce type de questionnement aide les élèves à relier l’action, l’émotion et la situation vécue par le personnage.
Mettre les élèves en situation de reformuler
Pour que ce travail soit réellement efficace, les élèves doivent être amenés à reformuler avec leurs propres mots. Il peut s’agir de redire ce que fait un personnage, d’expliquer pourquoi il agit ainsi, ou de préciser ce qu’il ressent.
Cette reformulation ne doit pas être réservée aux élèves les plus à l’aise. Tous les élèves ont besoin de ce temps de verbalisation, même si leurs réponses sont d’abord hésitantes, incomplètes ou très simples.
En grande section, ces échanges oraux réguliers jouent un rôle important : ils permettent d’affiner la compréhension et d’enrichir progressivement le langage des élèves.
- Ne pas se limiter à demander « comment il se sent » sans revenir à la situation vécue par le personnage.
- Éviter de réduire les émotions à un simple exercice de vocabulaire.
- Ne pas s’appuyer uniquement sur les illustrations : le texte et le récit doivent rester au centre du travail.
- Veiller à faire verbaliser les liens entre ce que fait le personnage et ce qu’il ressent.
- Ne pas attendre des formulations très élaborées : des réponses simples peuvent déjà montrer une réelle compréhension.
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Programme de l’école maternelle
Repères sur le langage oral, la compréhension de textes entendus et la progressivité des apprentissages. -
Ressources Eduscol
Pistes pédagogiques et ressources d’accompagnement pour travailler la compréhension en maternelle.
Ce que cette étape prépare
Lorsque les élèves commencent à mieux repérer les actions et les émotions des personnages, ils peuvent progressivement accéder à une compréhension plus fine de ce qui n’est pas dit explicitement. Cela prépare le travail sur l’anticipation et les inférences, qui constitue l’étape suivante du parcours.
Je retiens
Pour aider un élève à mieux comprendre un récit, il est utile de l’amener à :
- retenir tous les détails de l’histoire ?
- relier ce que fait un personnage à ce qu’il ressent ?
- décrire uniquement les illustrations ?
Réponse attendue : clique ici si tu ne l’as pas trouvée.
Relier ce que fait un personnage à ce qu’il ressent.
Je me situe
Après cette étape, je peux me demander :
- Est-ce que j’aide mes élèves à repérer ce que font les personnages ?
- Est-ce que je relie suffisamment les émotions aux événements du récit ?
- Est-ce que mes questions amènent les élèves à verbaliser ce qu’ils comprennent ?
Je transpose dans ma classe
Lors de votre prochaine lecture d’album, quelle question pourriez-vous poser pour aider les élèves à faire le lien entre ce que ressent un personnage et ce qu’il fait dans l’histoire ?

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