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Pas d'apprentissage de lexique, pas de dictées en ce1


Nijupi

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Le 16/10/2021 à 13:09, Tide a dit :

dictée négociée, caviardée, twictéé.. la dictée peut ne pas être uniquement un outil évaluatif mais bien un outil de réflexion sur la langue.

Réfléchir sur la langue, c'est une bonne chose concernant la grammaire, mais dans le cas de l'orthographe, c'est contre productif, puisque l'orthographe française étant arbitraire, elle n'est pas le résultat d'un raisonnement. La réflexion ne mènera pas à l'othographe correcte de "loup" ou de "baptême". Il faut la connaître pour pouvoir l'écrire correctement. Pire, si l'on prépare la dictée, en ayant vu le texte avant, ou en prévenant l'élève en lui donnant l'orthographe correcte avant la dictée, on lui demandera simplement de se souvenir, ce qui est le contraire de la réflexion. Certains se souviendront mieux que d'autres pour diverses raisons, et c'est un accroissement des inégalités.

Dans le domaine de l'orthographe, réfléchir ou se souvenir, c'est-à-dire les deux actions principales mises en jeu dans la dictée quelque soit sa forme, accroit les chances de se tromper et retarde inévitablement l'acquisition de l'orthographe.

L'orthographe est une convention, elle est arbitraire, et c'est pour cela qu'elle est l'un des rares domaines scolaires dont l'étude ne doit pas être problématisée. Il faudrait plutôt accompagner l'apprentissage de l'écriture par celui du maniement intensif d'outils disponibles à tout moment d'écriture: dictionnaire d'orthographe, bescherelle, cahier de lexique élaboré collectivement ou non... Sans oublier tout ce que permet l'interdisciplinarité: copie de passages de livres documentaires pour faire des exposés, de poésie décorée en art, jeu d'écriture de toutes sortes, lecture libre et sorties bibliothèque, etc... Malheureusement, force est de constater que dans beaucoup de classes, ces outils et ces activités sont relégués au second plan au profit d'exercices contre-productifs.

Pour ces raisons, je ne crois vraiment pas que la dictée, préparée, négociée ou même twitée, soit le meilleur exercice d'orthographe qui soit.

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Il y a 14 heures, mat82 a dit :

Réfléchir sur la langue, c'est une bonne chose concernant la grammaire, mais dans le cas de l'orthographe, c'est contre productif, puisque l'orthographe française étant arbitraire, elle n'est pas le résultat d'un raisonnement.

La réflexion ne mènera pas à l'othographe correcte de "loup" ou de "baptême". Il faut la connaître pour pouvoir l'écrire correctement.

L'orthographe est -pour partie- arbitraire, comme tu l'indiques. Il me semble donc nécessaire d'apprendre / de découvrir en classe le maximum de régularités et de règles. D'où l'intérêt de listes par régularités (lettres finales muettes, listes de mots invariables par familles (cf CLEO), des rapprochement par étymologie) qui permettent de bien déblayer le terrain.

Je suis donc d'accord avec toi lorsque tu écris "Il faut la connaitre pour l'écrire correctement". Et pour la connaitre, il faut donc l'avoir apprise en ayant fourni un effort conscient de mémorisation.

Dans le domaine de l'orthographe, réfléchir ou se souvenir, c'est-à-dire les deux actions principales mises en jeu dans la dictée quelque soit sa forme, accroit les chances de se tromper et retarde inévitablement l'acquisition de l'orthographe.

L'orthographe est une convention, elle est arbitraire, et c'est pour cela qu'elle est l'un des rares domaines scolaires dont l'étude ne doit pas être problématisée.

Il ne s'agit pas de problématiser l'orthographe. Il s'agit d'apprendre de façon quotidienne à nos élèves à porter leur attention sur ce qui peut être compris dans l'écriture d'un mot. Quand tu as compris comment couper un mot en syllabes, tu deviens plus capable de bien placer les accents. Ce qui évite d'écrire bèlle, par exemple. Quand tu as appris à porter ton attention sur les lettre muettes finales, tu en oublies moins. Quand tu réfléchis quotidiennement, avec l'étayage du groupe classe, aux accords dans une phrase, ça te donne des habitudes.

Il faudrait plutôt accompagner l'apprentissage de l'écriture par celui du maniement intensif d'outils disponibles à tout moment d'écriture: dictionnaire d'orthographe, bescherelle, cahier de lexique élaboré collectivement ou non...

Chercher souvent un mot dans le dictionnaire est certes un bon exercice, mais qui, à mon sens, ne garantit pas à lui seul la mise en mémoire de ce mot. Outre l'énergie déployée pour le chercher, combien d'élèves seront ensuite assez autonomes pour faire le travail de mémorisation, plutôt que de se dépêcher d'écrire leur trouvaille pour pouvoir passer à la suite ? A un moment ou à un autre, il faut mémoriser. Et apprendre à mémoriser.

 

Sans oublier tout ce que permet l'interdisciplinarité: copie de passages de livres documentaires pour faire des exposés, de poésie décorée en art, jeu d'écriture de toutes sortes, lecture libre et sorties bibliothèque, etc...

Entièrement de ton avis concernant le fait de faire écrire et copier le plus possible, dans des situations ayant du sens.

Malheureusement, force est de constater que dans beaucoup de classes, ces outils et ces activités sont relégués au second plan au profit d'exercices contre-productifs.

Pour ses raisons, je ne crois vraiment pas que la dictée, préparée, négociée ou même twitée, soit le meilleur exercice d'orthographe qui soit.

 

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Tout à fait d'accord pour s'appuyer sur les régularités et faire sortir des règles de fonctionnement de la langue en s'appuyant sur son observation et sa manipulation. Mais la dictée, puisque c'est ce dont nous parlons, dans la mesure où elle demande de transcrire un énoncé donné oralement, s'éloigne totalement de ce travail.

Quand je parlais de dictionnaire, je le plaçais au sein d'un groupe d'outils divers et adaptés aux situations diverses. La coopération reste le premier outil, mais il y a aussi les affichages, le lexique personnel (petit répertoire de poche qu'on enrichit en mots et expressions au fur et à mesure), le classeur des textes libres corrigés où l'enfant va pouvoir piocher des groupes de mots (il était une fois, il y avait, qu'est-ce que) et constater qu'un texte commencé au passé reste au passé, etc... Les outils sont multiples, et le dictionnaire a le mérite de répondre à un besoin: l'enfant rencontre l'orthographe du mot au moment précis où il à besoin de la connaître. Ainsi, c'est beaucoup plus efficace qu'on ne le croit pour la mémorisation. La mémorisation sur le long terme ne passe en réalité pas souvent par l'apprentissage par coeur. Les outils comme ça, pour ne pas devenir un travail fastidieux supplémentaire, doivent être disponibles très tôt (CP) et en CE2, leur utilisation est devenue réflexe. Peu de mes élèves écrivent sans mettre en même temps le nez dans les dicos, les cahiers, les répertoires. Ils mettent alors tout le monde sur un pied d'égalité car le travail sur les syllabes, par exemple, fonctionne... lorsqu'on l'a compris.

Mais outre ces détails, je suis entièrement de ton avis sur la teneur générale de ton propos: observer la langue, en dégager les régularités pour obtenir des règles de fonctionnement reste le meilleur moyen d'en acquérir l'écriture... On peut le faire au moyen d'une dictée, mais ce n'est à mon avis pas le meilleur.

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Tout au long de ma carrière, de manière factuelle, ce que j'ai pu observer:

- des élèves ( parfois avec de gros troubles de comportements et/ou scolaires) avaient un niveau d'orthographe lexical meilleur que l'élève lambda "scolaire".

- les élèves friands de livres écrivent mieux.

D'où ma conclusion tout à fait personnelle: l 'orthographe lexical ( je le précise) relève à mon sens uniquement de la capacité de tout à chacun à "photocopier" un mot dans sa mémoire et cela sans aucun processus d'apprentissage particulier. Plus l'élève lit, plus il rencontre les mots... D'autres ont besoin d'une ou 2 rencontres pour les intégrer.

Je me rappelle à mes débuts avoir essayé de faire réfléchir un élève avec une orthographe "naturelle" correcte. La cata! Il n'a pas compris pourquoi j'avais rendu difficile quelque chose qu'il vivait de presque naturel.

 

Concernant l'orthographe grammatical c'est une autre histoire...

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Le 15/10/2021 à 19:20, mat82 a dit :

la dictée est un exercice d'évaluation, pas d'apprentissage.

Ben les enfants ont une liste de mots à apprendre avant la dictée, non?

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