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Discours sur / de vos parents d'élèves non francophones  

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Il y a 10 heures, Choup90 a dit :

Ce que je constate c'est qu'il y a 2 poids 2 mesures dans le discours de beaucoup de collègues. Pour une famille de néerlandais (ou allemands ou anglais), ça ne gène personne que la langue parlée à la maison ne soit pas le français. Par contre, pour d'autres langues, on (général) a tendance à inciter les parents à parler français… 

C’est très vrai. Dans le premier cas, c’est considéré comme un plus pour l’enfant.
Dans le cas de langues d’Afrique, du Maghreb ou d’Asie, en particulier lorsque les parents sont de milieu ouvrier, cela évoque tout de suite le risque d’échec scolaire 

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Ce qui est jugé, ce ne sont pas les langues, mais ce qu'elles représentent.

L'anglais, l'allemand ou le néerlandais évoquent spontanément des pays proches culturellement, des systèmes scolaires valorisés, des perspectives de mobilité, de réussite. Alors que certaines langues d’Afrique, du Maghreb ou d’Asie sont associées, à tort ou à raison, à des trajectoires migratoires plus fragiles, des milieux sociaux défavorisés, des difficultés scolaires déjà observées chez certains élèves.

Tout cela relève en fait du contexte social.

Pour ce qui est de parler plusieurs langues, ce n’est pas un obstacle si :

  • la première langue est suffisamment structurée et valorisée,
  • l'enfant est exposé à un français riche, régulier et explicite à l’école,
  • les deux langues ne sont pas mises en concurrence mais en complément.

Par contre, si aucune des langues n’est vraiment stabilisée, avec un langage pauvre dans les deux, si le français est peu pratiqué hors de l’école, et si la langue familiale est dévalorisée (ce qui fragilise l’enfant sur le plan identitaire et cognitif), les difficultés apparaîtront.

Posté(e)

Dans notre école, nous encourageons au moins à regarder plutôt des dessins animés en français.

Le fait est qu'il y a une forte communauté dans notre secteur. Les enfants sont tous élevés ensemble et arrivent à constituer le tiers de chaque classe. Le bain de langue n'est pas suffisant car ils restent entre eux toute la journée, et malgré la scolarisation en TPS, nous avons régulièrement des élèves qui ne comprennent pas et ne forment pas de phrases simples avant au moins le CM. Nous sommes un peu démunis face à cela. 

A la maison, nous remarquons qu'il y a toujours au moins un des 2 parents né ici, et la langue maternelle est mal maitrisée également pour la plupart (ce que nous confirme le professeur EILE). Nous avons parfois confié certains de nos élèves à la maitresse FLE quand cela a été possible, et on a vu ces enfants progresser beaucoup moins que les primo arrivants. Alors nous ne savons plus que faire. Souvent les grands frères et soeurs (qui servent de traducteurs lors des rdv parents) nous disent qu'ils ont été dans la même situation en primaire, et force est de constater qu'ils s'expriment parfaitement bien une fois au lycée. 

Mais que les journées sont longues pour eux, dans une classe où ils ne comprennent pas ce que l'on attend d'eux :cry: 

 

Posté(e)
Il y a 9 heures, André Jorge a dit :

Ce qui est jugé, ce ne sont pas les langues, mais ce qu'elles représentent.

L'anglais, l'allemand ou le néerlandais évoquent spontanément des pays proches culturellement, des systèmes scolaires valorisés, des perspectives de mobilité, de réussite. Alors que certaines langues d’Afrique, du Maghreb ou d’Asie sont associées, à tort ou à raison, à des trajectoires migratoires plus fragiles, des milieux sociaux défavorisés, des difficultés scolaires déjà observées chez certains élèves.

Tout cela relève en fait du contexte social.

Pour ce qui est de parler plusieurs langues, ce n’est pas un obstacle si :

  • la première langue est suffisamment structurée et valorisée,
  • l'enfant est exposé à un français riche, régulier et explicite à l’école,
  • les deux langues ne sont pas mises en concurrence mais en complément.

Par contre, si aucune des langues n’est vraiment stabilisée, avec un langage pauvre dans les deux, si le français est peu pratiqué hors de l’école, et si la langue familiale est dévalorisée (ce qui fragilise l’enfant sur le plan identitaire et cognitif), les difficultés apparaîtront.

Oui c’est ce que je voulais exprimer 

Posté(e)

Pour répondre à la question initiale, je dirais qu'il faut tenir compte du fait qu'on n’aide vraiment pas un enfant à mieux apprendre le français en demandant à ses parents de mal le parler.

Posté(e)
Il y a 23 heures, YoupLaHoup a dit :

Pour répondre à la question initiale, je dirais qu'il faut tenir compte du fait qu'on n’aide vraiment pas un enfant à mieux apprendre le français en demandant à ses parents de mal le parler.

Un parent qui parle français, même mal, fait passer le message que c'est une bonne langue et que son enfant a le droit de l'apprendre.

Pour les fratries dont j'ai parlé plus haut (née en France, maternelle en France, et pas francophone au CE1) je pense que ce n'est pas le cas. D'ailleurs la mère de famille ne parle ni ne comprend le français, donc elle ne risque pas de parler français aux enfants.

J'ai conseillé aux parents des activités de loisirs (foot, etc...) le mercredi et aux vacances et la télé française. Je ne leur évidemment pas conseillé de parler français, ce serait une blague...

 

Posté(e)
Le 18/04/2026 à 23:55, cath056 a dit :

J'ai dans ma classe un enfant de 10 ans, né en France, scolarisé dès la maternelle en France, et qui parle un français encore un peu approximatif ("je vais m'assir", "il est mignonne").

Alors, est-ce que c'est un enfant "lambda" ou est-ce qu'il y a d'autres difficultés ? :idontno: Je sais juste qu'il ne parle français ni à la maison ni avec les copains du quartier, et qu'un suivi orthophonique est demandé depuis plusieurs années mais toujours pas mis en place. Et je ne vois pas comment je pourrais demander à la maman de parler français à la maison avec lui, puisqu'elle ne le parle pas elle-même. 

J'ai les mêmes. Des fratries de cousins et cousines, tous avec cette particularité. Ce n'est donc pas un dys quelconque, mais un mode de vie. Au bout d'un moment (plusieurs années...) avec les collègues, on a jeté l'éponge. 

Posté(e)

J'ai toujours perçu le bilinguisme (ou plus) comme une richesse pour l'enfant, quelles que puissent être ses difficultés momentanées en langue française. Cela fait partie de son histoire, il est prouvé scientifiquement que c'est positif pour le développement du cerveau (un peu comme jouer d'un instrument de musique). De plus, lorsque chaque langue finit par se stabiliser, ça ouvre l'esprit sur le monde et plus généralement, ça ouvre des portes. 

Toutefois, lors de mes premières années d'enseignement, je croyais bien faire en conseillant aux familles à peu près bilingues de prévoir des plages où ils parlent français avec leur enfant. Par la suite, j'ai compris que ça n'avait pas beaucoup d'intérêt (à part dans ce que dit Borneo, sur le rapport à la langue française transmis des parents aux enfants). 

Désormais je préfère, comme les collègues, orienter vers des activités où les enfants passent du temps avec d'autres enfants qui parlent le français (que ce soit au périscolaire, en activités sportives ou autre en fonction des infrastructures de la ville), et j'explique aux familles qu'apprendre une langue ne leur fera pas oublier une autre, car elles craignent souvent que la langue maternelle se perde. 

Posté(e)
Il y a 13 heures, Blagjackette a dit :

J'ai toujours perçu le bilinguisme (ou plus) comme une richesse pour l'enfant,

C'est une vraie richesse quand les langues sont maîtrisées. Mais quand ni l'une ni l'autre ne l'est, c'est négatif. C'est ce qui est arrivé aux esclaves noirs débarqués aux USA. Ils ont perdu leur langue d'origine, car ils se sont retrouvés avec d'autres esclaves d'origines différentes, et ils n'ont pas appris l'anglais correct. Ils sont devenus des gens sans langue. Par la suite, ils ont créé un créole assez différent de l'anglais.

https://journals.openedition.org/droitcultures/2969

 

Posté(e)
il y a 7 minutes, borneo a dit :

C'est une vraie richesse quand les langues sont maîtrisées. Mais quand ni l'une ni l'autre ne l'est, c'est négatif. C'est ce qui est arrivé aux esclaves noirs débarqués aux USA. Ils ont perdu leur langue d'origine, car ils se sont retrouvés avec d'autres esclaves d'origines différentes, et ils n'ont pas appris l'anglais correct. Ils sont devenus des gens sans langue. Par la suite, ils ont créé un créole assez différent de l'anglais.

https://journals.openedition.org/droitcultures/2969

 

Là tu parles de populations opprimées qui ont perdu leur langue non pas par choix mais par contrainte, et qui ont fini par faire un rejet de la culture états-unienne, assimilée à la culture de l'oppresseur. 

Posté(e)

Je conseille toujours aux familles de regarder la télé en français et d'inscrire leurs enfants à des activités périscolaires pour qu'ils parlent français au maximum,  mais pas à parler français à la maison. (Sauf dans le cas peut-être où l'un des parents parle bien français et se sent suffisamment à  l'aise pour le faire.) Comme dit plus haut ça dépend vraiment de la situation.  En revanche il m'est déjà arrivé de donner des contacts aux parents pour des cours de fle gratuits. 

Quelques anecdotes. 

- Je connais un monsieur dont les parents sont des immigrés italiens. Ils ont appris le français et quand ils ont eu des enfants, ils voulaient tellement s'intégrer qu'ils ne leur ont toujours parlé qu'en français.  Résultat ce monsieur ne parle pas un mot d'italien. C'est dommage...

- j'ai eu une famille dont les parents asiatiques ne parlaient que très très peu le français.  Ils parlaient dans leur langue à leurs enfants qui nés et scolarisés en France parlaient parfaitement le français.  Je ne sais pourquoi mais les enfants ne parlaient à leurs parents qu'en français (ils comprenaient la langue maternelle mais ne l'utilisaient pas pour parler). La communication était très compliquée au sein de cette famille...

- je parle couramment anglais.  Pour autant si je devais vivre dans un pays anglophone avec mes enfants, sauf si réelles difficultés pour apprendre la langue,  ou les premiers temps pour leur mettre le pied à l'étrier, je leur parlerai français.  La langue maternelle c'est la langue des émotions !!

Ceci ne m'empêche pas de m'interroger sur des enfants qui bien que scolarisés en France depuis la PS, ne parle que très peu français et ne comprennent pas grand chose... les deux élèves auxquels je pense sont respectivement au CM1 et CE1. Sans lien de parenté ( ni amicaux😉). Pas de pb d'audition. Pas de difficultés scolaires en maths ( où la barrière de la langue est moins forte).

En vous lisant je me dis que le pb doit être lié à leur représentation de la langue...

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Posté(e)

Ou des problèmes cognitifs?

Entre un enfant de QI normal/+, stimulé-éveillé (on lui parle, lui explique ce qui se passe autour de lui, dans sa vie, qui a des activités culturelles/sportives/sociales) et un enfant de QI sous la norme/faible, nourri aux écrans et à qui on ne parle pas, il y a un monde, rien qu'avec la même langue maternelle.

Alors, les mêmes, qui doivent gérer 2 langues, n'auront pas les mêmes compétences à la fin...:idontno:

Quant à l'utilisation de la langue des parents, ça dépend de plein de choses, même au sein d'une même famille, où les enfants ne réagiront pas forcément de la même façon...

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