Jump to content
Charivari

Vos poésies préférées (cycle III) ?

Recommended Posts

Charivari

Bonjour,

je suis en train de me constituer un recueil de poésies pour des cycles III.

Je cherche des textes dont les thèmes s'adressent un peu "spécifiquement" à des enfants.

Par exemple, j'ai cette fable de la guenon qui veut gouter une noix sans l'ouvrir (Florian) :

La guenon, le singe et la noix

Une jeune guenon cueillit

Une noix dans sa coque verte ;

Elle y porte la dent, fait la grimace... ah ! Certes,

Dit-elle, ma mère mentit

Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.

Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes

Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !

Elle jette la noix. Un singe la ramasse,

Vite entre deux cailloux la casse,

L'épluche, la mange, et lui dit :

Votre mère eut raison, ma mie :

Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie,

Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.

Et du même auteur :

Le danseur de corde et le balancier

Sur la corde tendue un jeune voltigeur

Apprenait à danser ; et déjà son adresse,

Ses tours de force, de souplesse,

Faisaient venir maint spectateur.

Sur son étroit chemin on le voit qui s'avance,

Le balancier en main, l'air libre, le corps droit,

Hardi, léger autant qu'adroit ;

Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance,

Retombe, remonte en cadence,

Et, semblable à certains oiseaux

Qui rasent en volant la surface des eaux,

Son pied touche, sans qu'on le voie,

À la corde qui plie et dans l'air le renvoie.

Notre jeune danseur, tout fier de son talent,

Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant

Qui me fatigue et m'embarrasse ?

Si je dansais sans lui, j'aurais bien plus de grâce,

De force et de légèreté.

Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,

Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe.

Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.

Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit

Que sans règle et sans frein tôt ou tard on succombe ?

La vertu, la raison, les lois, l'autorité,

Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ;

C'est le balancier qui vous gêne,

Mais qui fait votre sûreté.

Victor Hugo, sur le thème de l'enfant puni, de la bonté, de l'innocence... Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,

Et aussi (toujours Hugo), sur le thème de la bonté, du courage, de l'honneur (ça plait aux garçons ;) ) : Après la bataille

Evidemment il y a aussi La Biche Brame au clair de lune

A quoi pensez-vous d'autre ?

Share this post


Link to post
Share on other sites
kiki78

Voici quelques titres que je trouve sympas.

LITANIE DES ECOLIERS De Maurice Carême

MON STYLO De Robert Gélis

En sortant de l’école de Jacques Prévert

La Fée de Victor Hugo

Les enfants de Victor Hugo

Chevaux de bois de Paul Verlaine (Mais j'aime beaucoup Verlaine en général. Avec mes CE2, nous avons travaillé en littérature sur plusieurs poèmes, et ils en ont appris 3 en poésie. )

Share this post


Link to post
Share on other sites
lola33

charivari peux tu me donner l'auteur des 2 poésies que tu proposes?

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari

Jean-Pierre Claris de FLORIAN

C'est le fabuliste le plus connu après Jean de La Fontaine, parait-il (mais j'avoue l'avoir découvert il y a peu !)

Share this post


Link to post
Share on other sites
lilie2fr

Familiale de Prévert sur l'absurdité de la guerre.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari
Familiale de Prévert sur l'absurdité de la guerre.

J'ai pô compris ce message :(

Share this post


Link to post
Share on other sites
vali51
Familiale de Prévert sur l'absurdité de la guerre.

J'ai pô compris ce message :(

Je pense que c'est ce poème:

Familiale

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu'est-ce qu'il fait le père?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père

Et le fils et le fils

Qu'est-ce qu'il trouve le fils?

Il ne trouve absolument rien le fils

Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre

Quand il aura fini la guerre

Il fera des affaires avec son père

La guerre continue la mère continue elle tricote

Le père continue il fait des affaires

Le fils est tué il ne continue plus

Le père et la mère vont au cimetière

Ils trouvent ça naturel le père et la mère

La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires

Les affaires la guerre le tricot la guerre

Les affaires les affaires et les affaires

La vie avec le cimetière.

JACQUES PREVERT

"Familiale", poème tiré de l'ouvrage "Paroles"

Share this post


Link to post
Share on other sites
lilie2fr
Familiale de Prévert sur l'absurdité de la guerre.

J'ai pô compris ce message :(

Je pense que c'est ce poème:

Familiale

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu'est-ce qu'il fait le père?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père

Et le fils et le fils

Qu'est-ce qu'il trouve le fils?

Il ne trouve absolument rien le fils

Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre

Quand il aura fini la guerre

Il fera des affaires avec son père

La guerre continue la mère continue elle tricote

Le père continue il fait des affaires

Le fils est tué il ne continue plus

Le père et la mère vont au cimetière

Ils trouvent ça naturel le père et la mère

La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires

Les affaires la guerre le tricot la guerre

Les affaires les affaires et les affaires

La vie avec le cimetière.

JACQUES PREVERT

"Familiale", poème tiré de l'ouvrage "Paroles"

Voui pardon, c'est la poésie "familiale" de Prévert, sur l'absurdité de la guerre :blush: désolée, sans ponctuation ce n'était pas clair.

Share this post


Link to post
Share on other sites
celin

Moi c'est "Rock-Monsieur" de Boris Vian :); j'ai fait apprendre ce qui etait en gras; un bon moment

Rock-monsieur -- Boris VIAN

Dans un café des boulevards

Une famille arriva tard

Voulant dîner frugalement

de sardin' au fromage blanc

Mais le maître d'hôtel en noir

Répondit: nous avons ce soir

Potage: Rock en bol

Poisson: Rockillages

Dessert: Rockignoles

Rockfort comm' fromage

Mais si vous aimez mieux

Voilà des rock-monsieur

(choeur polka)

Rock-monsieur, rock-madame

Rock les p'tits enfants

(stupeur générale)

Très irrité, l'père de famille

Voyant ses garçons et ses filles

Se mettre à danser la polka

Donna des gifles dans le tas

Puis boxant le maître d'hôtel

Il grogna ces mots cruels:

Potage: soupe aux gnons

Poisson: moules raclées

Dessert: gros marrons

Volaille: en volée

Mais si vous aimez mieux

Va pour le rock-monsieur

(choeur polka)

Rock-monsieur, rock-madame

Rock les p'tits enfants

(stupeur générale)

Puis voulant mettr' un point-virgule

A cette chanson ridicule

Avec ses pauvres enfants

Le papa sortit en pleurant

Tandis que les larbins ravis

Braillaient tout autour de lui

Va donc, consommé

Allez, change de thon

Sortez, choux paumés

Oust! Filez, mignons

Nous ferons des heureux

Avec nos rock-monsieur

(choeur-polka idem, et

apothéose dans le délire.)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Lapin bondissant

MOi j'aime bien les fabulines............

Et Les conquérants de José Maria de Hérédia

DD

Share this post


Link to post
Share on other sites
Nath

Liberté de Paul Eluard

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari
MOi j'aime bien les fabulines............

Pourriez vous nous mettre vos Fabulines préférées ? Je ne les trouve pas sur internet...

Share this post


Link to post
Share on other sites
Princesse Dézécole

J'aime beaucoup ce poème :

Le cerf-volant

Soulevé par les vents

Jusqu'aux plus haut des cieux,

Un cerf-volant plein de superbe

Vit, qui dansait au ras de l'herbe,

Un petit papillon, tout vif et tout joyeux.

- Holà ! minable animalcule,

cria du zénith l'orgueilleux,

Ne crains-tu pas le ridicule ?

Pour te voir, il faut de bons yeux

Tu rampes comme un ver...

Moi je grimpe je grimpe

Jusqu'à l'Olympe,

Séjour des dieux.

- C'est vrai, dit l'autre avec souplesse,

Mais moi, libre, à mon gré,

je peux voler partout,

Tandis que toi, pauvre toutou,

Un enfant te promène en laisse.

Jean-Luc Moreau

Share this post


Link to post
Share on other sites
Princesse Dézécole

Et puis aussi celui-ci :

J’écris

J'écris des mots bizarres

J'écris des longues histoires

J'écris juste pour rire

Des choses qui ne veulent rien dire.

Ecrire c'est jouer

J'écris le soleil

J'écris les étoiles

J'invente des merveilles

Et des bateaux à voiles.

Ecrire c'est rêver

J'écris pour toi

J'écris pour moi

J'écris pour ceux qui liront

Et pour ceux qui ne liront pas.

Ecrire c'est aimer

J'écris pour ceux d'ici

Ou pour ceux qui sont loin

Pour les gens d'aujourd'hui

Et pour ceux de demain.

Ecrire c'est vivre.

Geneviève Rousseau

Share this post


Link to post
Share on other sites
doude

"L'heure du crime de Maurice Carême : assez courte mais les enfants adorent.

L'heure du crime

Minuit. Voici l'heure du crime.

Sortant d'une chambre voisine,

Un homme surgit dans le noir.

Il ôte ses souliers

S'approche de l'armoire

Sur la pointe des pieds

Et saisit un couteau

Dont l'acier luit, bien aiguisé.

Puis masquant ses yeux de fouine

Avec un pan de son manteau,

Il pénètre dans la cuisine

Et, d'un seul coup, comme un bourreau

Avant que ne crie la victime,

Ouvre le coeur d'un artichaut.

Maurice Carême

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari

up parce que je continue mon recueil ... ;)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Gelsomina31

Bonjour!

Auriez vous des poèmes courts? Je débute en CE2... :ninja:

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari

J'aime celles-ci :

Automne

Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux

Et son bœuf lentement dans le brouillard d'automne

Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

Et s'en allant là-bas le paysan chantonne

Une chanson d'amour et d'infidélité

Qui parle d'une bague et d'un cœur que l'on brise

Oh ! l'automne l'automne a fait mourir l'été

Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises

Guillaume APOLLINAIRE (1880 - 1918)

____________________________

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire (Les Fleurs du mal)

________________________

Automne en forêt

Un écureuil sur la bruyère

Se lave avec de la lumière

Une feuille morte descend

Doucement portée par le vent

Et le vent balance la feuille

Juste au-dessus de l'écureuil

Le vent attend pour la poser

Légèrement sur la bruyère

Que l'écureuil soit remonté

Sur le chêne de la clairière

Où il aime se balancer

Comme une feuille de lumière.

Maurice Carême (1899-1978)

_______________________

La biche brame au clair de lune

La biche brame au clair de lune

Et pleure à se fondre les yeux :

Son petit faon délicieux

A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune

A la forêt de ses aïeux,

La biche brame au clair de lune

Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,

A ses longs appels anxieux !

Et, le cou tendu vers les cieux,

Folle d'amour et de rancune,

La biche brame au clair de lune.

Maurice Rollinat

_________________________

Il a neigé

Il a neigé dans l'aube rose

Si doucement neigé ,

Que le chaton noir croit rêver.

C'est à peine s'il ose

Marcher.

Il a neigé dans l'aube rose ,

Si doucement neigé ,

Que les choses

Semblent avoir changé.

Et le chaton noir n'ose

S'aventurer dans le verger ,

Se sentant soudain étranger

A cette blancheur où se posent ,

Comme pour le narguer

Des moineaux effrontés.

Maurice Carême (1899-1978)

__________________

Les larmes du crocodile

Si vous passez au bord du Nil

Où le délicat crocodile

Croque en pleurant la tendre Odile,

Emportez un mouchoir de fil.

Essuyez les pleurs du reptile

Perlant aux pointes de ses cils,

Et consolez le crocodile :

C'est un animal très civil.

Sur les bords du Nil en exil,

Pourquoi ce saurien pleure-t-il ?

C'est qu'il a les larmes faciles

Le crocodile qui croque Odile.

Jacques Charpentreau

_______________________

L’oreiller d’une petite fille

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,

Plein de plume choisie, et blanc! et fait pour moi !

Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,

Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants pauvres et nus, sans mère,

Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir;

Ils ont toujours sommeil. O destinée amère !

Maman! douce maman! cela me fait gémir.

Marceline Desbordes-Valmore (1786–†1859)

______________

Pour apprendre aux enfants l’usage des gros mots

Prenez un gros mot : éléphant

et découpez-le en rondelles

regardez ce qu’il y a dedans.

Il y a l’aile, il y a le faon

et le total c’est l’aile et faon.

Mais direz-vous c’est étonnant

les éléphants ont-ils des faons ?

Non les éléphants n’ont pas d’ailes

puisqu’ils voyagent en avion

et ils n’ont pas non plus de faons.

Mais ils ont des petits éléphanteaux.

Ils ne vont jamais à l’école

mais ils vont parfois au zoo...

C. Guillot

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari

Un poil plus long mais tout à fait accesibles en CEII il y a aussi :

Les roses de Saadi

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore

________________

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir

Ta tête et ton dos élastique,

Et que ma main s'enivre du plaisir

De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,

Comme le tien, aimable bête,

Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,

Un air subtil, un dangereux parfum,

Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire

_________________

Bleu et blanc

Un petit chat bleu

Semé de pois blancs

Vit un gros rat blanc

Semé de pois bleus.

Leurs mignonnes queues

Différaient de peu.

Oui, mais seulement

Le nez du chat bleu

Etait tout tout blanc,

Le nez du rat blanc

Etait tout tout bleu.

Leurs joues et leurs yeux

Différaient de peu.

Oui, mais seulement

Un cil du chat bleu

Etait tout tout blanc,

Un cil du rat blanc

Etait tout tout bleu.

A cause de ce peu,

De ce petit peu

De blanc et de bleu,

Ils continuèrent

A se faire la guerre.

Maurice CAREME

___________________

Le Pélican

Le Capitaine Jonathan,

Etant âgé de dix-huit ans

Capture un jour un pélican

Dans une île d'Extrême-orient,

Le pélican de Jonathan

Au matin, pond un oeuf tout blanc

Et il en sort un pélican

Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican

Pond, à son tour, un oeuf tout blanc

D'où sort, inévitablement

Un autre, qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps

Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos

____________________

L’écureuil peu soigneux

Un écureuil prit pour peindre

Sa jolie queue panachée

Puis, il lui fallut s’astreindre,

Bien sûr, à la nettoyer.

Je ferai cela plus tard

Dit l’animal peu soigneux

Et il fila sans retard

Prendre part à d’autres jeux.

La peinture ayant durci

Dans les poils resta collée

L’écureuil vécut, contrit,

Avec la queue bariolée.

Moralité

Ne remets pas à plus tard

Ce qu’il faut faire au présent

Mieux vaut agir sans retard

Que risquer d’être perdant.

Yvon Danet (Fabulines)

______________

Le blaireau sans gêne

Lui offrait-on quelque gâteau ?

C’est simple il en réclamait deux.

Devant un cadeau, ce blaireau

Faisait la moue, remerciait peu.

Partout il se sentait à l’aise

Se glissant à la meilleure place.

On le vit devenir obèse

Mais toujours faisant la grimace.

Un jour chez la Dame Belette

Il dit un gros mot incongru ;

Alors sa renommée fut faite :

Désormais nul ne le reçut.

Moralité

Soyez polis, soyez courtois

Dites bonjour, dites merci

On vous recevra avec joie,

Et vous aurez beaucoup d’amis

Yvon Danet (Fabulines)

_______________

La moufette imprévoyante

« Dès demain je ferai cueillette

De ce qu’il me faut pour l’hiver ».

Ainsi parlait une moufette

Au reste de ses congénères.

L’été passa, l’automne vint

Elle repoussait à plus tard

Et quand il gela, un matin,

Toujours vide était son placard !

Elle quémanda, payant cher

Ce qu’elle aurait pu amasser

Et pour pouvoir fair’ bonne chère

Elle s’endetta dix années.

Moralité

Jamais on ne travaille en vain ;

D’incidents nul n’est à l’abri

Et nul n’aura à faire demain

Ce qu’il a su faire aujourd’hui.

Yvon Danet (Fabulines)

_________

L’éléphant raciste

Un jour un éléphant d’Asie

Rencontra un autre éléphant

De grandes oreilles muni.

Il s’en moqua fort méchamment.

Quelque temps après il partit

En Afrique et vit sur le champ

Que ce que lui avait petit

Chez tous les autres était fort grand.

Là-bas, les éléphants sont sages :

Aucun ne lui fit remarquer

Qu’il était le seul des parages

Avec des oreilles tronquées.

Moralité

Races et gens sont dissemblables

Mais tous ont le droit au respect !

Si le mépris est exécrable

Pratiquons amour et bonté.

Yvon Danet (Fabulines)

__________

Les hiboux

Ce sont les mères des hiboux

Qui désiraient chercher les poux

De leurs enfants, leurs petits choux,

En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d'or valent des bijoux

Leur bec est dur comme cailloux,

Ils sont doux comme des joujoux,

Mais aux hiboux point de genoux !

Votre histoire se passait où ?

Chez les Zoulous ? Les Andalous ?

Ou dans la cabane bambou ?

A Moscou ? Ou à Tombouctou ?

En Anjou ou dans le Poitou ?

Au Pérou ou chez les Mandchous ?

Hou ! Hou !

Pas du tout, c'était chez les fous.

Robert Desnos

_____________

Share this post


Link to post
Share on other sites
Gelsomina31
Un poil plus long mais tout à fait accesibles en CEII il y a aussi :

Les roses de Saadi

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore

________________

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir

Ta tête et ton dos élastique,

Et que ma main s'enivre du plaisir

De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,

Comme le tien, aimable bête,

Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,

Un air subtil, un dangereux parfum,

Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire

_________________

Bleu et blanc

Un petit chat bleu

Semé de pois blancs

Vit un gros rat blanc

Semé de pois bleus.

Leurs mignonnes queues

Différaient de peu.

Oui, mais seulement

Le nez du chat bleu

Etait tout tout blanc,

Le nez du rat blanc

Etait tout tout bleu.

Leurs joues et leurs yeux

Différaient de peu.

Oui, mais seulement

Un cil du chat bleu

Etait tout tout blanc,

Un cil du rat blanc

Etait tout tout bleu.

A cause de ce peu,

De ce petit peu

De blanc et de bleu,

Ils continuèrent

A se faire la guerre.

Maurice CAREME

___________________

Le Pélican

Le Capitaine Jonathan,

Etant âgé de dix-huit ans

Capture un jour un pélican

Dans une île d'Extrême-orient,

Le pélican de Jonathan

Au matin, pond un oeuf tout blanc

Et il en sort un pélican

Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican

Pond, à son tour, un oeuf tout blanc

D'où sort, inévitablement

Un autre, qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps

Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos

____________________

L'heure du crime

Minuit. Voici l'heure du crime.

Sortant d'une chambre voisine,

Un homme surgit dans le noir.

Il ôte ses souliers

S'approche de l'armoire

Sur la pointe des pieds

Et saisit un couteau

Dont l'acier luit, bien aiguisé.

Puis masquant ses yeux de fouine

Avec un pan de son manteau,

Il pénètre dans la cuisine

Et, d'un seul coup, comme un bourreau

Avant que ne crie la victime,

Ouvre le coeur d'un artichaut.

Maurice Carême (1899-1978)

_____________

L’écureuil peu soigneux

Un écureuil prit pour peindre

Sa jolie queue panachée

Puis, il lui fallut s’astreindre,

Bien sûr, à la nettoyer.

Je ferai cela plus tard

Dit l’animal peu soigneux

Et il fila sans retard

Prendre part à d’autres jeux.

La peinture ayant durci

Dans les poils resta collée

L’écureuil vécut, contrit,

Avec la queue bariolée.

Moralité

Ne remets pas à plus tard

Ce qu’il faut faire au présent

Mieux vaut agir sans retard

Que risquer d’être perdant.

Yvon Danet (Fabulines)

______________

Le blaireau sans gêne

Lui offrait-on quelque gâteau ?

C’est simple il en réclamait deux.

Devant un cadeau, ce blaireau

Faisait la moue, remerciait peu.

Partout il se sentait à l’aise

Se glissant à la meilleure place.

On le vit devenir obèse

Mais toujours faisant la grimace.

Un jour chez la Dame Belette

Il dit un gros mot incongru ;

Alors sa renommée fut faite :

Désormais nul ne le reçut.

Moralité

Soyez polis, soyez courtois

Dites bonjour, dites merci

On vous recevra avec joie,

Et vous aurez beaucoup d’amis

Yvon Danet (Fabulines)

_______________

La moufette imprévoyante

« Dès demain je ferai cueillette

De ce qu’il me faut pour l’hiver ».

Ainsi parlait une moufette

Au reste de ses congénères.

L’été passa, l’automne vint

Elle repoussait à plus tard

Et quand il gela, un matin,

Toujours vide était son placard !

Elle quémanda, payant cher

Ce qu’elle aurait pu amasser

Et pour pouvoir fair’ bonne chère

Elle s’endetta dix années.

Moralité

Jamais on ne travaille en vain ;

D’incidents nul n’est à l’abri

Et nul n’aura à faire demain

Ce qu’il a su faire aujourd’hui.

Yvon Danet (Fabulines)

_________

L’éléphant raciste

Un jour un éléphant d’Asie

Rencontra un autre éléphant

De grandes oreilles muni.

Il s’en moqua fort méchamment.

Quelque temps après il partit

En Afrique et vit sur le champ

Que ce que lui avait petit

Chez tous les autres était fort grand.

Là-bas, les éléphants sont sages :

Aucun ne lui fit remarquer

Qu’il était le seul des parages

Avec des oreilles tronquées.

Moralité

Races et gens sont dissemblables

Mais tous ont le droit au respect !

Si le mépris est exécrable

Pratiquons amour et bonté.

Yvon Danet (Fabulines)

__________

Les hiboux

Ce sont les mères des hiboux

Qui désiraient chercher les poux

De leurs enfants, leurs petits choux,

En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d'or valent des bijoux

Leur bec est dur comme cailloux,

Ils sont doux comme des joujoux,

Mais aux hiboux point de genoux !

Votre histoire se passait où ?

Chez les Zoulous ? Les Andalous ?

Ou dans la cabane bambou ?

A Moscou ? Ou à Tombouctou ?

En Anjou ou dans le Poitou ?

Au Pérou ou chez les Mandchous ?

Hou ! Hou !

Pas du tout, c'était chez les fous.

Robert Desnos

_____________

Merci pour toutes ces belles poésies! :)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari

De rien, à part les quelques "trésors" de mon enfance, je les ai presques toutes trouvées grâce à des Edpiens ! ;)

Share this post


Link to post
Share on other sites
stepfan

Le poète et la tache ;)

post-95-1157319028.jpg

Share this post


Link to post
Share on other sites
hiddenplace

Ce dernier poème est super chouette! Je l'utiliserai peut-être un peu plus tard, je prendrai le soin de bien le préparer!

(mais personnellement, j'adore la poésie, et celles que vous mettez sont vraiment sympas)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Charivari
:lol: oui, et la dernière strophe est particulièrement chouette !

Share this post


Link to post
Share on other sites
Héloïse44
:lol: oui, et la dernière strophe est particulièrement chouette !

Spécial Alsaco!!! ;) :P

Quand j'étais au CM2, j'ai bcp aimé Le cèpe de Fernand Gregh

LE CEPE

J'aime à chercher le cèpe obscur, dans le mystère

Des feuilles, sous la mousse et les brins de bois mort,

Parmi l'ombre où, charnu, rond et secret, il dort.

J'arrache au sol son pied tout renflé, sans effort,

Je l'élève en riant d'un rire solitaire,

Et je respire en son parfum subtil et fort

Toute la moisissure exquise de la terre.

Fernand Gregh

Je m'imaginais, loin de l'école, dans la forêt de la Hardt, main dans la main avec mon grand-père... :wub: Quoique, que des cèpes, dans cette forêt en particulier, il n'y en a guère... :P

Edit: http://www.takatrouver.net/poesie/index.ph...p;profil=poesie

Share this post


Link to post
Share on other sites
amandine38

Up !! POur encore un peu de poésie !

Share this post


Link to post
Share on other sites
Navi

La nièce attentionnée

Séraphine, dans sa main,

Tient QUATRE fleurs du jardin

Qu’elle a cueillies à QUATRE pattes,

QUATRE FOIS UN, QUATRE,

Va au marché, choisit des truites,

QUATRE FOIS DEUX, HUIT,

Qu’elle pose dans sa blouse

QUATRE FOIS TROIS, DOUZE,

Achète un panier de fraises,

QUATRE FOIS QUATRE, SEIZE,

Une bouteille de vin,

QUATRE FOIS CINQ, VINGT,

Un cornet de belles dattes,

QUATRE FOIS SIX, VINGT-QUATRE,

Puis une douzaine d’huîtres,

QUATRE FOIS SEPT, VINGT-HUIT,

Puis un ananas juteux,

QUATRE FOIS HUIT, TRENTE-DEUX,

Enfin, des grappes de cassis,

QUATRE FOIS NEUF, TRENTE-SIX

Pour la fête de sa tante,

QUATRE FOIS DIX, QUARANTE.

Jean TARDIEU

Share this post


Link to post
Share on other sites
~didou~
Le poète et la tache ;)

C'est chouette, je ne connaissais pas!

Moi j'aime bien:

- le cancre

- mon cartable

- en sortant de l'école

Share this post


Link to post
Share on other sites
cesia

quelques poésies courtes... (suis en CE1-CE2)

Pomme Poire

Dans l’armoire

Fraise et noix

Dans le bois

Sucre et pain

Dans ma main

Plume et colle

Dans l’école

Et le faiseur de bêtises

Bien au chaud dans ma chemise

Luc Bérimont

Bientôt, je n’aurais plus de voix

Bientôt, je n’aurais plus de voix

Disait le voiturier

Bientôt, je n’aurais plus de chats

Disait le châtaignier

Bientôt, je n’aurais plus de rats

Disait le râtelier

Bientôt, je n’aurais plus de poux

Disait le poulailler

Regardez, je n’ai plus de rampe

Disait le rempailleur

Mais tous ceux qui ne disaient rien

Tous ceux-là n’en pensaient pas moins.

Luc Bérimont

Fabliette du hérisson

Il paraît qu’un hérisson

Monta sur un paillasson

Et descendit assez vite

Avec cet air qu’on évite

Quand on veut n’avouer pas

Qu’on vient de faire un faux pas

Mais lui, sans fanfaronnade

S’écrie à la cantonade :

Ce n’est pas pour les rieurs

Qu’est fait le droit à l’erreur.

Guillevic

Hérissons

Mère hérisson et ses enfants :

Fagots d’épines, trois châtaignes,

S’en vont sur l’herbe des champs

Que le vent peigne et dépeigne,

Grognent comme des porcelets,

Grattent leurs puces, hochent la tête

Et viennent boire le lait

Du chat dans son assiette.

Si le chat veut les manger,

Il se piquera le nez !

Jean Joubert

On n’est pas n’importe qui

Quand tu rencontres un arbres dans la rue, dis-lui bonjour

Sans attendre qu’il te salue. C’est distrait, les arbres.

Si c’est un vieux, dis-lui « Monsieur » ? de toute façon,

Appelle-le par son nom : Chêne, Bouleau, Sapin, Tilleul…

Il y sera sensible.

Au besoin, aide-le à traverser. Les arbres, ça n’est pas

Encore habitué à toutes ces autos.

Même chose avec les fleurs, les oiseaux, les poissons :

Appelle-les par leur nom de famille. On n’est pas n’importe

Qui ! Si tu veux être tout à fait gentil, dis « Madame la

Rose » à l’églantine ; on oublie un peu trop qu’elle y a droit.

Jean Rousselot

A l’aube du printemps,

Comme un coucou malin,

Dans le douillet du nid

D’une grive insouciante,

Entre les œufs bleutés,

J’ai glissé mon poème

Pour qu’il sache chanter.

Et maintenant j’attends

L’éclosion avec hâte

Pour savoir si mes mots

Sauront aussi voler.

Paul Bergèse

L’épicéa

Non non non

Trois fois non

En dépit de son nom

L’épicéa

Ne produit pas

D’épices

Vous trouvez ça bizarre

Dites-moi (au hasard)

Si monsieur Leroi

Est roi

Si madame Labiche

Est biche

Si les enfants Prunier

Sont prunes

Si mon oncle Justin

Est teint

Si ma tante Agnès

Est nièce

Jean-Claude Touzeil

Regarde le brin d’herbe

Tout petit, presque rien

Il connaît déjà tout

La pluie, le vent

Le soleil de midi

Ton pas dans le jardin

Ton ombre, ta voix douce

Ton souffle sur sa peau

La main qui le caresse

Sans toi, sans lui

Le monde serait moins beau

Marc Baron

La marmite

Sur le feu jaune et bleu

Chante la grosse marmite

La marmite au pot au feu.

La marmite au pot au feu

De temps en temps souffle un peu

De sa vapeur : « teuf, teuf, teu »

Comme une locomotive

Et quand il l’entend – mon Dieu !

Le chat qui dort dans la cendre

Entr’ouvre à demi les yeux.

Le feu lèche la marmite

Sans bruit et la soupe cuit.

Et l’horloge va moins vite :

Elle écoute la marmite.

La marmite au pot au feu.

Maurice Fombeure

Histoire salée

La douce rivière

Sortant de son lit

S’est jetée ma chère

Dans les bras mais oui

Du beau fleuve

L’eau coule sous les ponts

Et puis les flots s’émeuvent

- n’êtes-vous pas au courant ?

Il paraît que la rivière

Va devenir mer !…

Roland Bacri

Share this post


Link to post
Share on other sites
Princesse Dézécole

L'une de mes préférées qui est en plus mon arme secrète pour calmer les bavardages intempestifs ;) (après le dix millièmes "chut" pour faire taire un ou une bavarde invétérée, je dis "chut" puis j'enchaîne en récitant cette poésie puis je finis par dire "je crois que X à un petit rouge gorge dans la gorge qui gazouille la joie" ;) Plus tard, il suffit de dire "Dis à ton petit rouge gorge d'attendre la récréation pour gazouiller ;) " ça vaut tous les "chut" du monde ! ;):D )

Le silence est d'or

« Oui, le silence est d'or »,

Me dit toujours maman.

Et pourquoi pas alors,

En fer ou en argent ?

Je ne sais pas en quoi

Je puis bien être faite :

Graine de cacatois

M'appelle la préfète.

D'accord ! Je suis bavarde.

Mais est ce une raison

Pour que l'on me brocarde

En classe, à la maison,

Et que l'on me répète

Et me répète encor

A me casser la tête

Que le silence est d'or ?

Est ce, ma faute à moi

Si j'ai là dans la gorge,

Un petit rouge gorge

Qui gazouille de joie ?

Maurice Carême

Share this post


Link to post
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

×
×
  • Create New...