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Charivari

Vos poésies préférées (cycle III) ?

Recommended Posts

evelynem

Merci beaucoup ! :D

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Charivari

Tiens, moi j'avais mis mon "recueil de mes poésies préférées" (il y a surtout les vôtres, + d'autres. 8 par page).

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misspeel
Voilà ma contribution, un recueil de toutes vos poésies, sauf celles de pitquam, et mine de rien c'est du boulot de mise en forme et j'espère que ça servira à qq

merci pour toutes ces poésies...

Merci beaucoup c'est un travail énorme! Ca nous servira sûrement!

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julfree

Merci pour ce poste formidable...je suis un féru de beaux mots et grâce à vous,j'ai trouvé mon bonheur!

Ce qui est comique

Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique,

Un pou qui parle du Mexique,

Un boeuf retournant l'as de pique,

Un clown qui n'est pas dans un cirque,

Un âne chantant un cantique,

Un loir champion olympique,Mais ce qui est le plus comique,

C'est d'entendre un petit moustique

Répéter son arithmétique.

Maurice Carême

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gandalf

j'aime énormement celui-la: :wub:

l'aurore s'allume de Victor Hugo http://poesie.moncahier.com/index.php

L'Aurore s'allume

L'aurore s'allume,

L'ombre épaisse fuit;

Le rêve et la brume

Vont où va la nuit;

Paupières et roses

S'ouvrent demi-closes;

Du réveil des choses

On entend le bruit.

Tout chante et murmure,

Tout parle à la fois,

Fumée et verdure,

Les nids et les toits;

Le vent parle aux chênes,

L'eau parle aux fontaines;

Toutes le haleines

Deviennent des voix.

Tout reprend son âme,

L'enfant son hochet,

Le foyer sa flamme,

Le luth son archet,

Folie ou démence,

Dans le monde immense,

Chacun recommence

Ce qu'il ébauchait.

Qu'on pense ou qu'on aime,

Sans cesse agité,

Vers un but suprême,

Tout vole emporté;

L'esquif cherche un môle,

L'abeille un vieux saule,

La boussole un pôle,

Moi la vérité.

Victor HUGO, Les Chants du crépuscule(1835)

------------------------------------------------------------------------------

http://www.lirecreer.org/biblio/classiques/le_mot/index.html

Celui-là je le sors en lecture plaisir au moment du premier commérage venu :) Et ensuite zou on en discute en débat

Le mot de Victor Hugo

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites !

Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;

Tout, la haine et le deuil !

Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs et que

vous parlez bas.

Écoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l'oreille du plus mystérieux

De vos amis de cœur ou, si vous aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu.

Ce mot - que vous croyez qu'on n'a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre - Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !

Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;

Il suit le quai, franchit la place, et caetera

Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,

Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive, et railleur, regardant l'homme en face,

Dit : " Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."

Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

-----------------------------------------------------------

http://www.lirecreer.org/biblio/classiques/si/index.html Si de Kipling (tu seras un homme mon fils)

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties,

Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,

Et te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles,

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles,

Sans mentir toi-même d'un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi, Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser, sans n'être qu'un penseur,

Si tu sais être dur sans jamais être en rage,

Si tu sais être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête,

Lorsque tous les autres les perdront,

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire,

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

-----------------------------------

Ariette

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur ?

O bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un coeur qui s'ennuie

O le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s'écoeure.

Quoi! nulle trahison ?...

Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon coeur a tant de peine !

Paul VERLAINE, Romances sans paroles (1874)

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Bridget68

LA POMME ET L'ESCARGOT

Il y avait une pomme

A la cime d'un pommier;

Un grand coup de vent d'automne

La fit tomber sur le pré !

Pomme, pomme,

T'es-tu fait mal ?

J'ai le menton en marmelade

Le nez fendu

Et l'oeil poché !

Elle tomba, quel dommage,

Sur un petit escargot

Qui s'en allait au village

Sa demeure sur le dos

Ah ! stupide créature

Gémit l'animal cornu

T'as défoncé ma toiture

Et me voici faible et nu.

Dans la pomme à demi blette

L'escargot, comme un gros ver

Rongea, creusa sa chambrette

Afin d'y passer l'hiver.

Ah ! mange-moi, dit la pomme,

puisque c'est là mon destin;

par testament je te nomme

héritier de mes pépins.

Tu les mettras dans la terre

Vers le mois de février,

Il en sortira, j'espère,

De jolis petits pommiers.

Charles Vildrac

Je sais que celle-ci a déjà été postée (page 4 du post) mais je voulais ajouter que l'an dernier, avec mes CE2, après l'avoir apprise, nous l'avons "découpée" en 8 tableaux et mes élèves en ont fait une planche de BD ; ils ont adoré et mes CM étaient jaloux !!

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gandalf

L'Albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)

-------------------------------------------------------------

Chanson d'automne

Les sanglots longs

Des violons

De l'automne

Blessent mon coeur

D'une langueur

Monotone.

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure,

Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

Deçà, delà

Pareil à la

Feuille morte.

Paul VERLAINE, Poèmes saturniens (1866)

------------------------------------------------------

Ce poème parle de la guerre de 1870 mais c sympa pour faire un lien aux moments des grandes guerres.

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent, où le soleil, de la montagne fière,

Luit ; c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort : il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme.

Nature, berce-le chaudement : il a froid !

Les parfums ne font pas frissonner sa narine

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD, Poésies 1870-1871

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gandalf

Celui-là je le fais en lien avec ma séance sur: pourquoi existe-t-il différentes couleurs de peau ?

(cf Vivre avec le soleil de la Main à la pâte.guide péda gratuit là: http://forums-enseignants-du-primaire.com/...howtopic=196982 ).

Cher frère blanc,

Quand je suis né, j'étais noir,

Quand j'ai grandi, j'étais noir,

Quand je suis au soleil, je suis noir,

Quand je suis malade, je suis noir,

Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,

Quand tu es né, tu étais rose,

Quand tu as grandi, tu étais blanc,

Quand tu vas au soleil, tu es rouge,

Quand tu as froid, tu es bleu,

Quand tu as peur, tu es vert,

Quand tu es malade, tu es jaune,

Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,

Qui est l'homme de couleur ?

Léopold SEDAR SENGHOR

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Charivari

J'adore les tiennes Gandalf (j'ai des gouts assez classique, et je tiens beaucoup à ce que les textes que jje fais apprendre en poésie soient de la "belle langue". Pour cela, je ne suis pas trop fan de "La pomme et l'escargot" ("T'as défoncé ma toiture", bof, ça va pour une chanson, mais ce n'est pas de la "poésie", dans ma tête un peu vieux-jeu, je le reconnais :lol: )

Ceci dit, j'adore ton utilisation en BD !

Dans mes bonheurs, il y a (déjà cité, mais tout le monde ne va pas relire tout le post :

A ma mère

Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,

Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

En nous baisant au front, tu nous appelais fous,

Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes

De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,

Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps, nous restions là blottis,

Heureux, et tu disais parfois : ô chers petits !

Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux,

Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille

Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

Théodore de Banville

---------

Après la bataille

Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.

Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.

C'était un Espagnol de l'armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.

Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "

Mon père, ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,

Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "

Le coup passa si près que le chapeau tomba

Et que le cheval fit un écart en arrière.

" Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.

Victor Hugo

----

Les roses de Saadi

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes Valmore

---------

L'enfant de lune

La lune en maraude au coeur des vergers

Grimpait aux pommiers en jupon d'argent ;

Surgirent des chiens rauques, déchaînés :

La lune s'enfuit, laissant un enfant.

Il vint avec nous en classe au village,

Tout à fait semblable aux autres garçons

Sauf cette clarté nimbant son visage

Sous le feu de joie de ses cheveux blonds.

Il aimait la pluie, les sources, les marbres,

Tout ce qui ruisselle et ce qui reluit ;

Le soir il veillait très tard sous les arbres

Regardant tomber lentement la nuit.

La lune en maraude au coeur des vergers

Vint chercher l'enfant un soir gris d'automne :

Vite, il s'envola. J'entends à jamais

Le bruit de son aile amie qui frissonne.

Marc Alyn

-

Naissances

Le ciel retient son souffle à chaque vie qui prend.

Pour lui, toute naissance est un événement:

Une étoile, un enfant, un faon, un éléphant,

Baleine, écureuil, fleur,girafe ou froment.

Tout retentit, sans fin dans l'univers immense,

Et l'agneau étonné qui sur la paille danse,

S'essayant à marcher pour la première fois,

Compte autant que l'ainé dans le berceau des bois.

Les anges, ce matin, comme des chats ronronnent,

Se racontant,joyeux, la belle information:

Sur la Terre, là-bas, pareille à une pomme,

Près d'un ruisseau sans nom est né un hanneton.

Marc Alyn, L'arche enchantée (1979)

Et sur "Tu seras un homme, mon fils", j'avais fait une chouette séquence qui a très bien marché au CM2 : http://charivari.eklablog.com/article-4297...ls-kipling.html

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gandalf

extrait de "dans ma maison" de Prévert:

Et puis je jouais avec mes pieds

C'est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Il faut être bête comme l'homme l'est souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

Que bête comme ses pieds

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gandalf

Ulysse

- Ulysse, Ulysse, arrête-toi,

Écoute la voix des sirènes

Plonge, va trouver notre reine,

Dans son palais, deviens le roi

Mais Ulysse préfère au toit

Des vagues celui des nuages,

Dans la direction d'Ithaque

Son regard reste fixé droit

Et les filles aux longs cheveux

Ont beau nager dans son sillage,

Il demeure sourd, il ne veut

Que la chanson, que le visage

Conservé au fond de ses yeux,

De Pénélope toujours sage.

Louis Guillaume

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gandalf

Voici que la saison

Voici que la saison décline,

L’ombre grandit, l’azur décroit,

Le vent fraichit sur la colline,

L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

Aout contre septembre lutte;

L’océan n’a plus d’alcyon;

Chaque jour perd un minute,

Chaque aurore pleure un rayon.

La mouche, comme prise au piège,

Est immobile à mon plafond;

Et comme un blanc flocon de neige,

Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo

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gandalf

Il s’en passe des choses dans ma cité

Il s’en passe des choses dans ma cité.

Il n’y a qu’à regarder.

Moi, un jour, j’ai dit: “J’arrête, je regarde.”

J’ai posé par terre mes deux sacs.

Je me suis assis. J’ai regardé.

Les gens venaient

Les gens marchaient

Les gens passaient

Les gens tournaient

Les gens filaient

Les gens glissaient

Les gens dansaient

Les gens parlaient

Gesticulaient

Les gens criaient

Les gens riaient

Les gens pleuraient

Disparaissaient.

Il s’en passe des choses dans ma cité.

Il n’y a qu’à regarder.

On voit de tout, on peut tout voir.

Mais ce qu’on ne voit jamais dans ma cité, c’est un regard.

Un regard qui vous regarde et qui s’attarde.

Les gens naissaient

Les gens vivaient

Les gens mourraient.

Et moi, je restais sur mon banc de pierre, encadré par mes deux sacs.

Je regardais.

C’est merveilleux: partout où il y a des femmes, partout où il y a des hommes,

Partout il y a la vie.

J’aurai dû me lever. Leur tendre la main.

Leur dire: “Salut. Bonjour! J’existe.

Et vous? Vous existez?”

Je suis resté assis.

Le plus souvent, c’est ainsi que les choses se passent.

Guy Foissy

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gandalf

L'école

L'école était au bord du monde,

L'école était au bord du temps.

Au dedans, c'était plein de rondes ;

Au dehors, plein de pigeons blancs.

On y racontait des histoires

Si merveilleuses qu'aujourd'hui,

Dès que je commence à y croire,

Je ne sais plus bien où j'en suis.

Des fleurs y grimpaient aux fenêtres

Comme on n'en trouve nulle part,

Et, dans la cour gonflée de hêtres,

Il pleuvait de l'or en miroirs.

Sur les tableaux d'un noir profond,

Voguaient de grandes majuscules

Où, de l'aube au soir, nous glissions

Vers de nouvelles péninsules.

L'école était au bord du monde,

L'école était au bord du temps.

Ah ! que n'y suis-je encor dedans

Pour voir, au dehors, les colombes.

Maurice Carême ("La flûte au verger")

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gandalf

up!

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isafav

J'aime bien aussi celle-là:

L'enfant qui battait la campagne

Vous me copierez deux cents fois le verbe :

Je n'écoute pas. Je bats la campagne.

Je bats la campagne, tu bats la campagne,

Il bat la campagne à coups de bâton.

La campagne ? Pourquoi la battre ?

Elle ne m'a jamais rien fait.

C'est ma seule amie, la campagne.

Je baye aux corneilles, je cours la campagne.

Il ne faut jamais battre la campagne :

On pourrait casser un nid et ses oeufs.

On pourrait briser un iris, une herbe,

On pourrait fêler le cristal de l'eau.

Je n'écouterai pas la leçon.

Je ne battrai pas la campagne.

Claude Roy

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lissoute

En voici une moins courante,que j'aime beaucoup et qui a eu du succès l'an passé:

Anibeaux animoches

Le concours de beauté approche.

On s'agite chez les petites bêtes,

anibeaux, animoches s'apprêtent.

Si le millépatant est encore en chaussettes,

L'escarbeau astique sa coquille,

la fourmignonne se maquille, se pomponne,

le ver-séduisant met ses Ray-Bans

et la coccibelle repeint ses ailes …

Qu'est-ce qu'on apprend ?

Le millépatant est maintenant

dans le cirage ?

Dommage,

le défilé commencera sans lui. ...

Très vite sont éliminés

La moche tsé-tsé et ses yeux cernés,

l'affrelon, qui a piqué un fard,

le poubeau, à cause de sa poubelle,

et bien sûr la punase (on l'a sentie venir !) ...

Le millépatant, épuisé,

fait son entrée en grandes pompes.

Trop tard,

la Coccibelle a raflé tous les points !

Antoine Bial

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marionlag

Le cosmonaute et son hôte

Sur une planète inconnue,

un cosmonaute rencontra

un étrange animal ;

il avait le poil ras,

une tête trois fois cornue,

trois yeux, trois pattes et trois bras !

"Est-il vilain ! pensa le cosmonaute

en s'approchant prudemment de son hôte.

Son teint a la couleur d'une vieille échalote,

son nez a l'air d'une carotte.

Est-ce un ruminant ? Un rongeur ?"

Soudain une vive rougeur

colora plus encor le visage tricorne.

Une surprise sans bornes

fit chavirer ses trois yeux.

"Quoi ! Rêvé-je ? dit-il. D'où nous vient, justes cieux,

ce personnage si bizarre sans crier gare !

Il n'a que deux mains et deux pieds,

il n'est pas tout à fait entier.

Regardez comme il a l'air bête, il n'a que deux yeux dans la tête !

Sans cornes, comme il a l'air sot !"

C'était du voyageur arrivé de la terre

que parlait l'être planétaire.

Se croyant seul parfait et digne du pinceau,

il trouvait au Terrien un bien vilain museau.

Nous croyons trop souvent que, seule, notre tête

est de toutes la plus parfaite !

Pierre Gamarra

j aime beaucoup celle-ci, pensez vous que ce soit exploitable avec mes Cm1/cm2 ? (J ai peur qu elle soit "trop simple" peut être...)

PE2 2009 2010

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Bridget68
En voici une moins courante,que j'aime beaucoup et qui a eu du succès l'an passé:

Anibeaux animoches

Le concours de beauté approche.

On s'agite chez les petites bêtes,

anibeaux, animoches s'apprêtent.

Si le millépatant est encore en chaussettes,

L'escarbeau astique sa coquille,

la fourmignonne se maquille, se pomponne,

le ver-séduisant met ses Ray-Bans

et la coccibelle repeint ses ailes …

Qu'est-ce qu'on apprend ?

Le millépatant est maintenant

dans le cirage ?

Dommage,

le défilé commencera sans lui. ...

Très vite sont éliminés

La moche tsé-tsé et ses yeux cernés,

l'affrelon, qui a piqué un fard,

le poubeau, à cause de sa poubelle,

et bien sûr la punase (on l'a sentie venir !) ...

Le millépatant, épuisé,

fait son entrée en grandes pompes.

Trop tard,

la Coccibelle a raflé tous les points !

Antoine Bial

Celle-ci est géniale ! Merci, je l'adopte tout de suite...

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Charivari

Je viens de tomber sur un trésor :

L’enfant et l’étoile

Un astre luit au ciel et dans l’eau se reflète.

Un homme qui passait dit à l’enfant-poète :

« Toi qui rêves avec des roses dans les mains

Et qui chantes, docile au hasard des chemins,

Tes vains bonheurs et ta chimérique souffrance,

Dis, entre nous et toi, quelle est la différence ?

— Voici, répond l’enfant. Levez la tête un peu ;

Voyez-vous cette étoile, au lointain du soir bleu ?

— Sans doute !

— Fermez l’œil. La voyez-vous, l’étoile ?

— Non, certes. »

Alors l’enfant pour qui tout se dévoile

Dit en baissant son front doucement soucieux :

« Moi, je la vois encor quand j’ai fermé les yeux. »

Catulle Mendès (1841-1909)

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elsa.uzy
En voici une moins courante,que j'aime beaucoup et qui a eu du succès l'an passé:

Anibeaux animoches

Le concours de beauté approche.

On s'agite chez les petites bêtes,

anibeaux, animoches s'apprêtent.

Si le millépatant est encore en chaussettes,

L'escarbeau astique sa coquille,

la fourmignonne se maquille, se pomponne,

le ver-séduisant met ses Ray-Bans

et la coccibelle repeint ses ailes …

Qu'est-ce qu'on apprend ?

Le millépatant est maintenant

dans le cirage ?

Dommage,

le défilé commencera sans lui. ...

Très vite sont éliminés

La moche tsé-tsé et ses yeux cernés,

l'affrelon, qui a piqué un fard,

le poubeau, à cause de sa poubelle,

et bien sûr la punase (on l'a sentie venir !) ...

Le millépatant, épuisé,

fait son entrée en grandes pompes.

Trop tard,

la Coccibelle a raflé tous les points !

Antoine Bial

Celle-ci est géniale ! Merci, je l'adopte tout de suite...

merci de partager toutes vos poésies!! pour ma part je vais commencer avec le poete et la tache de la page 2.

celle ci-dessus est pas malnon plus, ce serait sympa d'aller plus loin en faisant de l'écrit, en inventant d'autres noms d'animaux beaux ou moches. est-ce que certains ont essayé?

coment avez vous fait pour le mettre en place? faire une liste des animaux et chercher tous ensemble dans les syllabes pour ajouter une caracteristique physique?

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Charivari

Celle-ci, de Victo Hugo, me fait hurler de rire :

L'Ogre et la Fée

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,

Était fort amoureux d'une fée, et l'envie

Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut

Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut ;

L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,

Se présente au palais de la fée, et salue,

Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.

La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.

Elle était, ce jour-là, sortie, et quant au mioche,

Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,

Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,

Il était sous la porte et jouait au cerceau.

On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.

Comment passer le temps quand il neige, en décembre

Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?

L'ogre se mit alors à croquer le marmot.

C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,

Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,

Que de gober ainsi les mioches du prochain.

Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.

Quand la dame rentra, plus d'enfant ; on s'informe.

La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme :

As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?

Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.

Or c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,

Jugez ce que devint l'ogre devant la mère

Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin.

Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;

Adorez votre belle et soyez plein d'astuce;

N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe,

Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien...

Victor Hugo

Et j'ai découvert celle-ci récemment :

Une semaine

Lundi, lundi, pauvre lundi,

Aux yeux pleins de sommeil, pardi !

Va-t-en voir si monsieur monsieur mardi

S’apprête à passer par ici…

Monsieur mardi, monsieur mardi,

Vous croirez que je suis hardi,

Monsieur mardi, je vous en prie :

Laissez la place à mercredi !

Mercredi sent la pomme frite

Le caramel et le lilas

Et le chou vert dans la marmite

Et la neige où glissent les pas.

Adieu, beau mercredi léger,

Couleur de rose et de verger,

Je t’aime bien et je le dis

Lorsqu’arrive monsieur jeudi.

Monsieur jeudi est très sérieux,

Il a des cheveux d’encre noire,

Il a des cheveux d’encre bleue

Comme la Garonne et la Loire.

Autrefois il sentait la poire

La tarte qui se dore au four.

Maintenant, c’est un autre jour.

A très bientôt monsieur jeudi

Voici compère vendredi.

Il est fatigué, moi aussi,

il resterait bien dans son lit.

Ca lui dit, et moi ça me dit

De dormir jusqu’à samedi.

Petit samedi vient et court,

Traverse la classe et la cour.

Petit samedi disparu,

On se retrouve dans la rue,

On se retrouve sous les branches,

Au football ou au cinéma.

Comment ça va, mon cher dimanche ?

Restez ! Restez ! Ne partez pas !

Pierre Gamarra.

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coralie02720

"L'heure du crime de Maurice Carême : assez courte mais les enfants adorent.

L'heure du crime

Minuit. Voici l'heure du crime.

Sortant d'une chambre voisine,

Un homme surgit dans le noir.

Il ôte ses souliers

S'approche de l'armoire

Sur la pointe des pieds

Et saisit un couteau

Dont l'acier luit, bien aiguisé.

Puis masquant ses yeux de fouine

Avec un pan de son manteau,

Il pénètre dans la cuisine

Et, d'un seul coup, comme un bourreau

Avant que ne crie la victime,

Ouvre le coeur d'un artichaut.

Maurice Carême

J'adore celle-ci!!!!

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tsukushi91

Merci beaucoup pour tous ces poèmes. Il y en a beaucoup qui me plaise.

Voici ma contribution:

Anagrammes

Par le jeu des anagrammes,

Sans une lettre de trop,

Tu découvres le sésame

Des mots qui font d'autres mots.

Me croiras-tu si je m'écrie

Que toute NEIGE a du GÉNIE?

Vas-tu prétendre que je triche

Si je change ton CHIEN en NICHE?

Me traiteras-tu de vantard

Si une HARPE devient PHARE?

Tout est permis en poésie.

Grâce aux mots, l'IMAGE est MAGIE.

Pierre Coran

Le caméléon

Quand je serai caméléon

je prendrai la couleur d'érable

en automne ou celle de sable

aux plages de l'île d'Oléron

je serai lampe de néon

pour éclairer ma propre table

je serai couleur cartable

à l'automne ou jaune crayon

et le jour des compositions

noir sur blanc en belle écriture

je copierai les solutions

mais j'aurai la conscience pure

agissant selon nature

quand je serai caméléon.

Jacques Roubaud

contes et légendes

Nos vieilles cantilènes

Nos légendes d'autrefois

En déroulant la laine

Au coin du feu benoît

Nos livres de sorcières

Nos contes de lutins

En allumant torchère

Tout au fond du jardin

nos baisers à la reine

Nos volées aux félons

Au doux chant des sirènes

le matelot répond

et si le feu décline

Sache le ranimer

Pour que rêve chemine

En nos têtes charmées

Claude Haller

Dans le regard d'un enfant

J'ai vu des continents

des îles lointaines

de fabuleux océans

des rives incertaines

dans le regard d'un enfant

j'ai vu des châteaux

des jardins à la française

des bois des coteaux

de blancs rochers sous la falaise

Dans le regard d'un enfant

j'ai vu les Champs-Élysées

L'Arc de Triomphe la Tour Eiffel

Le Louvre et la Seine irisée

Comme un arc-en-ciel

dans le regard d'un enfant

Claude Haller

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Mogwli

Quelques poésies qui n'ont pas encore été citées me semble-t-il, parmi celles que mes loulous avaient adorées.

C'est incroyable la fascination qu'exerce sur les élèves la poésie "classique". Les mots riches, un vocabulaire qui ne fait pas toujours partie de leur quotidien, les tournures recherchées, la métrique rigoureuse... ne les rebutent pas, bien au contraire. Quant à la magie de l'alexandrin... :smile: J'adore écouter mes élèves les interpréter ! :wub:

Heureux qui, comme Ulysse...

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée : et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux :

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre Latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la doulceur Angevine.

Joachim DU BELLAY

L'Homme et la Mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

Se distrait quelquefois de ta propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

Homme, nul n'a sondé la profondeur de tes abîmes ;

Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles BAUDELAIRE

Le Vent

Sur la bruyère longue infiniment,

Voici le vent cornant Novembre,

Sur la bruyère, infiniment,

Voici le vent

Qui se déchire et se démembre,

En souffles lourds, battant les bourgs,

Voici le vent,

Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,

Les seaux de fer et les poulies

Grincent ;

Aux citernes des fermes,

Les seaux et les poulies

Grincent et crient

Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l'eau,

Les feuilles mortes des bouleaux,

Le vent sauvage de Novembre ;

Le vent mord, dans les branches,

Des nids d'oiseaux ;

Le vent râpe du fer

Et peigne, au loin, les avalanches,

Rageusement, du vieil hiver,

Rageusement, le vent,

Le vent sauvage de Novembre.

Emile VERHAEREN

Saison des semailles. Le soir

C'est le moment crépusculaire.

J'admire, assis sous un portail,

Ce reste de jour dont s'éclaire

La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,

Je contemple, ému, les haillons

D'un vieillard qui jette à poignées

La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire

Domine les profonds labours.

On sent à quel point il doit croire

À la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,

Va, vient, lance la graine au loin,

Rouvre sa main, et recommence,

Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,

L'ombre, où se mêle une rumeur,

Semble élargir jusqu'aux étoiles

Le geste auguste du semeur.

Victor HUGO

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tsukushi91

pour heureux qui comme Ulysse tu peux en plus leur faire écouter la chanson de ridan "Ulysse" qui reprend le texte de ce poème

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Olivia36

Génial ce topic ! Merci à tous pour vos contributions ! Je pense y piocher pour la rentrée prochaine, en CM1 et CM2. :)

Une petite question toutefois : faites-vous une progression ou prenez-vous ce qui vous plait, juste parce que ça vous plait ? ;)

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Olivia36

up !

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Olivia36

Bon... tout simplement : pas de prog en poésie alors ? :idontno:

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