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lecavalier

L'effondrement en cours

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rose45

Oui je l'ai compris de la même façon.

Enfin du coup, selon lui il faudra trouver une autre voie.

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lecavalier

Changer de paradigme pour échapper à l’extinction

https://www.les-crises.fr/changer-de-paradigme-pour-echapper-a-lextinction/

Une analyse intéressante et des idées à retenir:

 

Citation

...

Pourtant, alors que la planète brûle sous nos pieds, nous ne nous soucions que de questions essentiellement non pertinentes dont les réponses n’offrent rien de substantiel pour faire face à la véritable crise – à laquelle, à toutes fins pratiques, nous sommes aveugles.

Il n’est pas étonnant que, suivant l’exemple enthousiasmant de Greta Thunberg, certains n’aient eu d’autre choix que de descendre dans les rues au travers de mouvements de protestation comme la Rébellion contre l’Extinction [Extinction Rebellion, abrégé en XR, est un mouvement social international qui vise à susciter par le biais d’actions directes et d’une résistance non violente un changement radical afin de limiter le réchauffement climatique et de minimiser le risque d’extinction de l’humanité et d’effondrement écologique, NdT]. L’espoir est qu’une résistance non-violente persistante puisse contraindre les gouvernements à prendre d’urgence les mesures nécessaires pour passer rapidement à des sociétés sans combustibles fossiles.

Il y a cependant une sérieuse faille dans cette approche. XR a souffert d’un sérieux manque de réflexion concertée. Non fondé sur une compréhension de la crise climatique en tant que crise systémique, le mouvement n’a donc pas réussi à relier explicitement l’action climatique à d’autres systèmes clés comme l’austérité, la nourriture, l’eau, la politique, la culture et l’idéologie. Voilà pourquoi XR n’a pas réussi à séduire la classe ouvrière et a largement bloqué les personnes de couleur et divers groupes confessionnels.

L’autre faille est que la cible de l’action – le gouvernement national – n’a peut-être pas compris l’essentiel. Les gouvernements ne sont que les nœuds d’un système de pouvoir plus large qu’ils ne contrôlent pas vraiment, mais auquel ils ont tendance à se plier – un système de pouvoir duquel nous sommes tous complices, à des degrés divers et de différentes manières.

C’est précisément par l’intermédiaire des gouvernements que le système dominant a, au cours des dernières décennies, soigneusement construit une résistance particulière au pouvoir des manifestations de rue. Voilà pourquoi les plus grandes manifestations n’ont pas réussi à faire avorter la guerre en Irak. Les doctrines anti-insurrectionnelles affinées sur les théâtres de guerre sont de plus en plus appliquées dans les contextes nationaux pour contrer, perturber et neutraliser toute forme d’action de protestation. La crainte de ce que Samuel Huntington a appelé la « crise de la démocratie » signifie que les gouvernements se sont engagés à faire en sorte que les actions directes de protestation aient le moins d’impact tangible possible. Descendre dans la rue et espérer que les pouvoirs en place feront ce que vous voulez n’est donc pas une stratégie viable.

Ce qui ne veut pas dire que XR n’a pas toute sa place dans une stratégie plus large.

Mais à l’heure actuelle, il n’y a pas de stratégie plus large, il n’y a pas de coordination croisée entre les groupes et les secteurs pour créer une meilleure compréhension de la crise au niveau des systèmes, et donc permettre une vision de solutions au niveau des systèmes. Et il y a une raison très importante à cela. La réponse qui considère que la « rébellion ouverte » est la seule forme de réaction possible est une conséquence directe de l’impact néfaste d’un système dont toute la construction même est de susciter chez les citoyens un sentiment d’impuissance et d’apathie.

On nous a appris à croire que le fait de voter de temps à autre dans les systèmes parlementaires suffisait à une action démocratique efficace qui serve nos intérêts légitimes. Nous savons maintenant que ce n’est pas suffisant. Nos démocraties ne sont pas seulement démantelées, elles sont redevables à des intérêts particuliers appartenant à un réseau imbriqué de conglomérats énergétiques, de la défense, agroalimentaires, biotechnologiques, de communications et d’autres conglomérats industriels dominés par une petite minorité.

Nos démocraties sont dans un état d’effondrement : incapables de faire face à la complexité systémique de la crise de la civilisation. Alors qu’elles échouent, elles s’orientent vers le rejet de leur propre ethos démocratique, vers un autoritarisme croissant, renforçant les pouvoirs étatiques centralisés pour écarter les « Autres » dangereux et les citoyens indisciplinés. Il est donc naturel que nous pensions que la réponse la plus immédiate soit de réagir contre cet état d’échec lamentable. Pourtant, cette réponse elle-même est justement fonction de cette sensation d’impuissance et de paralysie induite par le système lui-même.

Le problème est que les démocraties libérales, dans leur forme actuelle, sont dans cet état d’effondrement pour une raison claire : elles sont, en effet, incapables de faire face à la complexité systémique de la crise de la civilisation. Aucune résistance non violente ne donnera à nos institutions politiques existantes la capacité de faire face à la crise. Parce que le problème est beaucoup, beaucoup plus profond.

Tant que nous n’aurons pas abordé la question de la transformation des ressorts et des structures mêmes du capitalisme néolibéral contemporain tel qu’on le connaît, le paradigme économique qui définit notre civilisation mondiale, nous ne parlerons pas le langage adéquat.

Mais même là, cette transformation n’est pas seulement une question d’économie. Il s’agit de tout notre paradigme d’existence. Et c’est ici – en reconnaissant que la crise actuelle nous appelle non seulement à une transformation fondamentale de nos relations extérieures, mais aussi à une transformation simultanée de notre être intérieur – que la voie de l’action se dessine.

Au cours des quelques 500 dernières années, l’humanité a érigé une civilisation à « croissance sans fin » fondée sur un patchwork particulier de visions idéologiques du monde, de valeurs éthiques, de structures politiques et économiques et de comportements personnels. C’est un paradigme qui élève la vision de l’être humain en tant qu’unité matérielle déconnectée, atomistique et rivale, qui cherche à maximiser sa propre consommation matérielle en tant que mécanisme principal d’auto-gratification. C’est le paradigme qui définit la façon dont nous vivons dans notre vie de tous les jours et qui déteint constamment sur la façon dont finalement nous entretenons des relations avec notre famille et nos amis, dans notre milieu de travail et au-delà. C’est le paradigme qui a cimenté notre trajectoire actuelle vers l’extinction massive.

Il ne s’agit pas seulement de systèmes externes. Il s’agit aussi des systèmes internes de pensée avec lesquels l’extérieur est coexistant, et au sein desquels nous nous sommes emprisonnés. Tout notre modèle réductionniste et mécanique du sens que nous donnons à l’être humain doit être réécrit.

Pour briser ce paradigme, il faut bien plus que des exigences envers des institutions défaillantes. Parce que, disons les choses en toute honnêteté, pour la plupart des Blancs de la classe moyenne qui ont participé aux manifestations du XR, ce n’est pas si difficile que ça. La plus grande lacune ici est que cela n’exige pas nécessairement un acte de changement transformateur de la part des manifestants eux-mêmes.

Et c’est ce qui manque dans notre réponse à la crise de civilisation. Nos réponses sont basées sur l’exigence d’un changement de la part de « l’Autre ». Qu’il s’agisse de gouvernements, de philanthropie ou d’entreprises, il s’agit de demander des comptes à tout le monde, sauf à nous-mêmes. Le problème est là, et nous devons crier et nous scotcher au sol pour qu’Eux nous écoutent.

...

 

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nonau

Le dénominateur commun à tous les maux du monde (réchauffement climatique, pollution, mal bouffe, santé, précarité, inégalités...) c'est le capitalisme mondialisé. 

Mais les vautours au pouvoir préféreront voir un Trump, un Bolsonaro ou une Le Pen au pouvoir plutôt que de changer le disque dur...

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Argon
Il y a 9 heures, jeanounette a dit :

L'article est absurde. Il argumente des scénarios à un siècle sur la base d'arguments comme « impossible technologiquement pour l'instant ».  Ben tiens. Ca met les prédictions au niveau de celles du XXe Siècle de Robida, imaginé à la fin du XIXe, à un moment où les plus lourds que l'air, la télévision, les ordinateurs, internet, l'énergie nucléaire, et cetera ad libitum, étaient « impossible technologiquement pour l'instant ». La seule information, c"est que des gugusses ont décidé de jouer avec leurs modèles en entrant des paramètres un peu plus audacieux que d'habitude.

Le GIEC a développé la notion de « faisceau de scénarios plausibles », qui est un outil merveilleux sur le moyen terme, mais sans intérêt ni à très court terme (où les idiosyncrasies n'ont pas le temps de se moyenner), ni à long terme, dominé par des scénarios singuliers (au sens de "très improbables", donc non plausibles..) — des inventions géniales, des révolutions scientifiques, des guerres... En 1919, personne ne pouvait anticiper ni l'aviation commerciale, ni la voiture pour tous, ni la seconde guerre mondiale, ni l'explosion démographique, ni  en général rien de ce qui fait le monde de 2019 ce qu'il est.

Ce qui ferait sens, c'est de travailler à ce qu'on pourrait effectivement faire aujourd'hui pour limiter les dégâts : développer un droit de l'environnement qui fasse sens, avec un principe pollueur-payeur réellement mis en œuvre et une police de l'environnement pour le faire respecter ; développer les outils théoriques nécessaires à des modélisations un peu plus sérieuses du climat, processus hautement non linéaire s'il en est ; développer et tester des outils d'ingénierie climatique globale, etc.

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prof désécol

 

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Torque

Et parmi tous ces génies il n'y en a pas un pour se dire tiens on va chercher des solutions pour stocker toute cette nouvelle bonne chaleur en trop qui nous arrive afin de la redistribuer dans tous les foyers pendant les mois d'hiver, ou pour cultiver des fruits tropicaux au lieu de les faire venir du monde entier en permanence ? Ce genre de choses permettrait de grosses économies et diminuerait les besoins énergétiques polluants... Faudrait peut-être se bouger un peu là, les grands penseurs, au lieu de chercher à nous foutre la trouille assez pour nous faire accepter les taxes et impôts qu'on s'apprête à nous imposer pour financer le report de l'apocalypse.

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lecavalier

Température mondiale : record de chaleur pour la période juin-juillet-août 2019, d’après la NASA

https://www.les-crises.fr/temperature-mondiale-record-de-chaleur-pour-la-periode-juin-juillet-aout-2019-dapres-la-nasa/

Citation

Le mois d’août 2019 a été marqué par la 2e plus grosse anomalie des relevés de la NASA remontant à 1880. Cela conclut la période juin-juillet-août la plus chaude de l’histoire instrumentale, devant 2016.

Avec +0,90°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en août 2019 est en baisse par rapport à juillet (+0,94°C). Le mois d’août 2019 n’en reste pas moins le 2e plus chaud des annales. Fait assez remarquable, depuis 1880, les 6 mois d’août les plus chauds ont été observés ces 6 dernières années.

En outre, l’anomalie n’avait jamais été aussi élevée sur juin-juillet-août, avec une moyenne de +0,92°C, devant le précédent record de 2016 (+0,89°C).

Les derniers chiffres de la NASA confirment les données satellitaires de RSS et celles des réanalyses ERA5 (ECMWF-Copernicus) et NCEP-NCAR, qui placent août 2019 à la 2e ou la 3e place. Pour ERA5, le trimestre juin-juillet-août est également le plus chaud des archives.

A noter que les anomalies mensuelles sont régulièrement révisées rétrospectivement car des données qui étaient jusqu’alors indisponibles sont prises en compte. Des changements dans les méthodes de calcul peuvent aussi modifier légèrement les chiffres sans affecter de manière significative le classement des mois les plus chauds.

Pour le mois d’août, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,10°C/décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération à +0,24°C/décennie. On peut voir ci-dessous la tendance de long terme au réchauffement avec un lissage sur 10 ans (courbe rouge) :

...

2019 toujours à la 2è place

Pour l’année en cours (janvier-août), 2019 se situe à +0,97°C, juste derrière le record de 2016 (+1,02°C) et devant 2017 (+0,93°C). A noter que l’on compare ici janvier-août 2019 à des années complètes (sur 12 mois) pour le reste de l’archive.

Cette année a été marquée par un épisode El Niño de faible intensité, suivi d’une transition vers une phase ENSO neutre.

 

Les anomalies régionales

En août, les anomalies de température observées sont à la 2e place des archives pour l’hémisphère nord et à la 6e place pour l’hémisphère sud. Le refroidissement s’est poursuivi dans les Tropiques avec la phase ENSO neutre.

Des anomalies positives ont été relevées pour l’Arctique et l’Antarctique, sans atteindre les niveaux plus exceptionnels signalés par la réanalyse NCEP-NCAR.

+1,15°C au-dessus de la période préindustrielle

Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980 mais on peut aussi calculer les anomalies par rapport aux données les plus lointaines, à savoir la période 1880-1920, une période où les émissions de gaz à effet de serre anthropiques n’avaient pas encore profondément modifié le climat.

Cela permet de comparer la situation actuelle aux objectifs que se sont fixés les Etats pour contenir le réchauffement climatique en-dessous du niveau considéré comme dangereux. Par rapport à la période 1880-1920, l’anomalie a été de +1,15°C en août 2019.

Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible.

Source : Global Climat, Johan Lorck, 16-09-2019

 

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prof désécol

 

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lecavalier

Je ramène ce sujet, ouvert par prof désécol:

Le 28/02/2019 à 15:36, prof désécol a dit :

Une idée qui pourrait se développer durablement ?

https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-par-guillaume-erner-du-jeudi-28-fevrier-2019

Citation

Peut-on encore avoir des enfants ?

...

 

... avec une réponse du Comptoir:

L’écologisme comme désamour du monde

Citation

« Nos enfants nous accuseront ? Qu’à cela ne tienne, n’en faisons pas. » Fort de sa fatuité doublée d’illettrisme, l’écologisme bon genre, urbain et connecté, n’en finit pas de nous asséner ses solutions innovantes et disruptives « pour sauver la planète ». Dernière lubie en date : refermer le registre des naissances. Si l’idée ne nous dit pas grand-chose du monde de demain (et pour cause), elle demeure éclairante sur les soubassements psychiques de notre apôtre de l’éphémère présent.

Telle une fulgurance comme il s’en opère parfois par la grâce des réseaux sociaux, au hasard d’un scrolling ennuyé – ô intelligence collective, qui fait se répandre les bonnes idées comme les grumeaux dans le lait – une évidence a récemment frappé la conscience béate du jeune Européen déchristianisé avide de rédemptions abordables : les enfants ont une empreinte écologique. Stupeur et tremblements ! Se peut-il qu’une idée si simple ait mis si longtemps à naître dans l’esprit des hommes ? Gageons qu’il aura fallu à notre jeune Occidental post-historique un certain temps pour méditer ce fait, qui semble tout de même remettre en cause trois cent mille ans d’allègres sauteries. Rien à faire : un enfant, c’est l’équivalent par an, dit-on, d’une demi-douzaine de Paris-New York, ni plus ni moins. C’est clair, c’est net, c’est attesté. Éclairage scientifique d’une déconcertante simplicité, et preuve s’il en fallait encore de l’éminence du temps présent, qui décidément simplifie bien des choses.

...

https://comptoir.org/2019/09/19/lecologisme-comme-desamour-du-monde/

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lecavalier
Citation

680 millions de personnes chassées par la montée des eaux, prévoit le Giec

Hausse du niveau des mers, fonte accélérée de la banquise, dégel du pergélisol : le rapport du Giec publié mercredi 25 sur les océans, la banquise et les glaciers revoit dans un sens pessimiste ses prévisions. Une piste de prévention urgente : protéger les écosystèmes.

La hausse du niveau des mers s’accélère, les projections s’affolent

...

Réchauffement, acidification et manque d’oxygène bouleversent la répartition des espèces marines

...

Les glaces du globe fondent à grande vitesse

...

Le pergélisol, une bombe à retardement

...

Une solution urgente : protéger les écosystèmes

...

 

https://reporterre.net/680-millions-de-personnes-chassees-par-la-montee-des-eaux-prevoit-le-Giec

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lecavalier

Greta, la menace ?

Citation

Ce n’est pas la jeune fille sincère, qui alerte les leaders de ce monde sur l’urgence climatique, mais la campagne mondiale de propagande pour accélérer la financiarisation de la nature qui doit nous inquiéter.

 

Lancée depuis la Suède, aidée par une machinerie internationale d’associations ou de fondations de milliardaires philanthropes aux objectifs mercantiles assumés, masquée derrière le bien commun de la jeunesse, la plus grande campagne de manipulation des opinions de tous les temps bat son plein. Et comme souvent, les idiots regardent le doigt, plutôt que la lune.

Derrière les tresses de Greta Thunberg se découvre une nébuleuse de l’influence et du lobbying inédite par son ampleur et l’utilisation des nouveaux outils de propagande.

L’idée en est simple : Pour sauver la planète, nous devons tous, ensemble, changer.

Tous ?  Vraiment ?

Pas vraiment, il s’agit surtout de créer un nouveau marché de la transition écologique en poussant l’argent public à abonder dans un fond vert mondial pour assurer la pérennité du modèle capitaliste financier. Les responsables politiques de la gouvernance internationale ne souhaitent qu’une chose : assurer le statuquo  de l’équilibre des pouvoirs par la transhumance des investissements du carbone vers le renouvelable.

Il est illusoire de croire que la création monétaire financière, à l’origine des déséquilibres, va assurer un avenir radieux aux générations anxieuses.

L’épopée venue du Nord

...

Les aventuriers du Green Washing

...

La démocratie, c’est ringard, vive la startup nation !

...

Une alerte sincère pour une campagne de manipulation

Alors oui, Greta est sincère dans son alerte dramatique sur le climat, oui la jeunesse mondiale veut un changement de monde, mais sans se soucier de qui seront les porteurs des solutions? Sont-ils au courant qu’aucun des protagonistes de Davos, à l’ONU en passant par la Commission Européenne, ne souhaitent une révolution écologique?

Après tout, Greta n’appelle pas à une révolution, elle demande simplement aux responsables de son malheur de trouver les solutions à son malheur. En répétant qu’elle ne leur fait pas confiance, en réalité, elle les légitime dans leurs rôles de démiurges, où seules les élites pourront apporter les solutions au réchauffement climatique. Derrière elle, se déploie en parallèle une campagne mondiale de culpabilisation des citoyens dans leurs habitudes de consommation climaticides : avion, voiture, agriculture et alimentation.

Culpabiliser les consommateurs-pollueurs, c’est ce qu’ont fait dans les années 1970 Coca-Cola et les entreprises productrices de canettes de boisson, pour éviter de revenir à un modèle vertueux mais couteux de bouteilles en verre recyclables et consignées. En faisant porter la charge sur les consommateurs comme seuls pollueurs, les entreprises se dédouanaient en tant que producteurs et responsables. C’est grâce à ces campagnes de culpabilisation des consommateurs qu’est née l’économie du recyclage.  [... ]

Les déclaration du champion de la terre Emmanuel Macron appelant les jeunes français à dépolluer les plages Corse – « On doit rentrer dans une forme d’action collective. Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses» – font parti du même système de culpabilisation morale. Cette pensée voudrait que par l’addition des comportements vertueux des contestataires, le problème climatique soit réglé. Il s’agit surtout de faire diversion sur les origines de la pollution et du problème climatique: industrialisation déréglementée et compétition mondiale pour les ressources.

Grégoire Chamayou, chercheur au CNRS détaille cette stratégie du contrôle développé par les multinationales dans “La Société ingouvernable” (La Fabrique, 2018). Les stratégies déployées dans les années 1970 pour conjurer une crise de gouvernabilité ont convergé vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société s’accompagnait d’une verticalisation accrue du pouvoir. Un « État fort » pour une « économie libre ».

Ce pouvoir vertical continue de se mettre en scène de sommet du G7 en sommet de Davos, et à l’ONU, en se posant en grand juge et arbitre des inquiétudes. La campagne climatique d’influence des communicants financiers n’est que la suite logique de la stratégie du contrôle par la culpabilisation élaborée en 1970 tandis que la jeunesse de l’époque s’insurgeait déjà contre la pollution et inventait le no future punk.

God save Greta.

https://www.lemondemoderne.media/greta-la-menace/

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jeanounette

Lettre d'un collègue PE, trouvée sur FB :

Citation

 

Passé le moment de "surprise" et après quelques réécritures plus apaisées, voici ma réponse envoyée à M. Blanquer en retour à son courrier nous "informant" de l'urgence écologique et nous enjoignant à mener des projets dans le cadre de l'Education au Développement Durable. Une hypocrisie qui ne pouvait rester sans suite.

Monsieur le Ministre,

En cette rentrée scolaire, je dois vous confier que j’ai été à la fois meurtri et profondément révolté en prenant connaissance de votre courrier relatif à l’Éducation au Développement Durable. Vous nous y expliquez que : « la transition écologique, la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la biodiversité » serait devenu, après deux épisodes de canicule estivaux « un enjeu majeur et une priorité ».
Sincèrement, M. le Ministre comment accueillir dans nos écoles ce discours au regard des actions menées ces deux dernières années par votre gouvernement en matière de « comportements respectueux de l’environnement » et de « lutte contre le réchauffement climatique » ?
En voici, pour mémoire, un rappel loin d’être exhaustif :
- M. Hulot, ministre de l’écologie, poussé vers la sortie par des lobbies capitalistes invités à la table de toutes les négociations et par un gouvernement sourd aux problématiques environnementales.
- La prolongation de l’utilisation du glyphosate, malgré les promesses de campagne du président.
- L’importation massive de gaz de schiste américain et d’huile de palme issue de la déforestation à usage de biocarburants.
- La production pour l’exportation de pesticides interdits en Europe depuis des décennies pour leur dangerosité.
- La réduction sévère de notre réseau ferré.
Et tout récemment :
- La signature du CETA : en dehors de son impact social dramatique, est-il nécessaire de rappeler les effets climaticides et biocides de cet accord ?
- L’autorisation renouvelée de chasse sur des dizaines d’espèces d’oiseaux pourtant protégées en Europe…
Enfin, et de façon plus anecdotique mais tellement symbolique :
- Le refus de nos députés de montrer l’exemple en abandonnant l’usage des couverts et les bouteilles d’eau en plastique dans leur cafétéria et dans l’hémicycle, avant que la loi n’entre en vigueur.
- Ces mêmes députés qui demandent à leur chauffeur de « laisser tourner le moteur » devant l’Assemblée pour que leur véhicule reste climatisé.

Je vous épargne l’étayage de cette liste sur les dizaines de pages qu’elle mériterait…

Mais le pire n’est pas là, le pire c’est votre double discours. Priorité à l’écologie dans les écoles ? L’année scolaire passée, au moment où vous nous encouragiez à faire rentrer des banquiers dans nos classes, vous avez, par le biais des DASEN, fait interdire la diffusion de la documentation pédagogique de l’association L214, seul « lobby » écologiste tentant vainement une ingérence dans le milieu scolaire. À contrario, vous avez malencontreusement « omis » d’en faire de même à l’égard de ceux de la pêche industrielle, de la filière viande « Interbev » et de la marque « Bonne Maman » qui ont pu sereinement envoyer leur propagande « pédagogique » et soit disant « conventionnée EN » dans mon établissement. Ironie du sort, à l’instant où j’écris ces lignes, je reçois par mail la proposition d’abonnement gratuit au magazine « Epok Epi, l’école des céréales », financé par FranceAgriMer et Intercéréales ! Dans votre élan écologique, censurerez-vous ces associations interprofessionnelles, représentant les principaux responsables de l’effondrement de la biodiversité et de la pollution des sols et des rivières ? Permettez-moi d’en douter…

Sincèrement, de quel côté êtes-vous Monsieur le Ministre ? Excusez mon cynisme, mais si vous vouliez vraiment prendre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité à bras le corps, voici quelques thématiques très étayées scientifiquement que vous pourriez entre autres faire figurer dans nos programmes scolaires :
- Conséquences du modèle capitaliste sur le Vivant.
- Effets environnementaux de la consommation des pays riches en dehors de leurs frontières.
- « Transition énergétique des pays riches » ou « délocalisation de leur pollution vers les pays pauvres » ?
Et enfin, celle où peut être réside le cœur du problème :
- Utopie d’une quête de croissance infinie dans un monde aux ressources limitées.
Qu’en dites-vous, Monsieur le Ministre ? Trop ambitieux et trop risqué pour vous ? Certainement…
Alors soyons plus modestes. Vous pourriez par exemple, en un bulletin officiel, épargner aux milliers d’écoles n’ayant qu’une liste aux élections de parents de ne pas organiser ladite élection et ainsi éviter des dizaines de milliers de photocopies véritablement inutiles… Vous pourriez également « inciter » les mairies à passer les cantines 100% bios et locales, à créer des pistes cyclables sécurisées aux abords de chaque école, à mieux isoler nos bâtiments (mon école vosgienne, chauffée aux énergies fossiles est équipée de simples vitrages ; imaginez l’exemplarité quand je parle d’isolation des logements à mes élèves de CM) …
Tout cela est possible M. le Ministre. Est-il nécessaire de vous rappeler combien ont couté les réformes du temps scolaire, et qui en a réglé la facture ?

Bref, pour conclure, je vous demande simplement ne pas nous manquer de respect en affichant un discours de façade auquel je pense que vous n’adhérez malheureusement pas vous-même et vous enjoins de prendre sérieusement la mesure des responsabilités qui vous incombent en matière d’écologie.
Nous, enseignants du premier degré, peut être parce que nous sommes à la base de la formation des générations futures, sommes certainement ceux qui portons la vision à plus long terme de notre société.
Cela suppose évidemment une prise en compte sérieuse des enjeux écologiques. Nous y sensibilisons au quotidien, grâce à notre palette d’entrées pédagogiques, les élèves de la petite section au CM2. Ainsi, par nos convictions et nos actions, une très large majorité de notre profession constitue l’un des derniers remparts de la protection de l’environnement depuis des années.

Par conséquent, je déplore que votre gouvernement tente de masquer son inaction en récupérant médiatiquement les actions que nous menons la plupart du temps de notre propre chef, en faveur de l’environnement. Imaginez ce que nous ressentons, quand en vous servant de faire valoir, nous participons à entretenir dans l'esprit collectif l’idée que vous agissez pour la planète alors qu'objectivement c'est exactement le contraire que nous observons dans les faits. Dès lors que les caméras ne sont plus braquées sur vous, vous encouragez ou au mieux vous vous faites complice d’un système dont les effets vont à l’encontre de ce que vous déclarez aujourd’hui comme une priorité nationale. Ne vous méprenez pas, je mesure bien l’ampleur de la tache et les obstacles insurmontables qui se dressent devant vous, l’impossible équation entre croissance, pouvoir d’achat et résilience écologique, l’impopularité des nécessaires mesures à prendre. Seulement, à en croire les derniers rapports des scientifiques, l’heure n’est plus aux faux semblants. L’urgence écologique actuelle est bien trop préoccupante pour que nous perdions du temps à participer à un jeu de dupes.

Soyez certain, M. le Ministre, que ma réaction n’a rien de politique. Quel que soit le gouvernement en place, je ne pourrais que saluer une prise en compte sincère et surtout courageuse des enjeux environnementaux, mais face à vos propos, je ne pouvais rester sans réagir.

En vous remerciant du temps passé à me lire, et qui sait, à me porter une réponse…

Stéphane PITOY, Professeur des Écoles et Directeur du Groupe Scolaire Camille Claudel – 88100 Saint-Dié-des-Vosges

 

 

  • Thanks 3

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nonau

Rien à dire de plus! Bravo pour votre courage et vos convictions! Ça n'arriverait pas à certains ici qui préfèrent se battre pour un pseudo statut de petit chefaillon.

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Mirobolande

Ouf!! On est sauvés!

https://www.facebook.com/aeroportdebiarritzpaysbasque/?__tn__=%2CdkCH-R-R&eid=ARAO49Q4XAOGBr_yPrXI7T2VexhGE70I7bjKhd__ZvAi3vxePdGMAeKkCAYjlUAiz-TCVKvWOVyZNyir&hc_ref=ARRJVaoaKkdATf5zQ7-dhZULQXzfYlFT4r4GEBhsREOCVQdVK14gVCq6X_l2a7gJPdg&fref=nf&hc_location=group

Chaque année en France, nous jetons près de 5 milliards de gobelets en plastiques 🥤, au mieux seulement 1 % d'entre eux sont recyclés... Et il faut 500 ans à un gobelet en plastique pour se dégrader complétement. 🛑

A partir du 1er janvier 2020, la vente et la distribution de gobelets en plastique sera interdite. 🚫

L'aéroport de Biarritz Pays Basque, soucieux de s'inscrire dans une démarche éco-responsable ne fournit plus de gobelet en plastique depuis le 1er août 2019 ♻️ et les employés amènent leur propre mug et/ou thermos  😌

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Argon
il y a une heure, Mirobolande a dit :

L'aéroport de Biarritz Pays Basque, soucieux de s'inscrire dans une démarche éco-responsable ne fournit plus de gobelet en plastique depuis le 1er août 2019 ♻️ et les employés amènent leur propre mug et/ou thermos  😌

Bref : « Tant pis pour eux, qu'ils se démerdent  ! »

C'est sûr que c'est beaucoup plus « éco-responsable » que de fournir des gobelets biodégradables, et d'organiser leur recyclage...

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prof désécol
Il y a 3 heures, Mirobolande a dit :

  L'aéroport de Biarritz Pays Basque, soucieux de s'inscrire dans une démarche éco-responsable ne fournit plus de gobelet en plastique depuis le 1er août 2019 ♻️ et les employés amènent leur propre mug et/ou thermos  

S'il était réellement soucieux, il interdirait aux avions de décoller.

 

 

 

Edited by prof désécol

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lecavalier
il y a 37 minutes, prof désécol a dit :

S'il était réellement soucieux, il interdirait aux avions de décoller.

 

 

 

Si on pouvait compter en "équivalent pollution", un seul décollage équivaudrait à combien de gobelets ?

Mais les aéroports investissent tous sur leur développement et l'augmentation du trafic.

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nonau

Interdiction des vols intérieurs et instauration d'un quota de vol internationaux par habitant et par an.

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